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Alors, Euro ?

Par  — 

L’EuroBasket 2015, c’est fini ! L’Espagne règne à nouveau sur l’Europe. La France s’y est malheureusement heurtée en demi-finale. Les Bleus terminent néanmoins avec la médaille de bronze, une quatrième breloque en cinq ans de compétitions internationales. Peut-on dire pourtant que c’est un Euro réussi ?

« Le minimum syndical », la pérennité de la plus grande équipe de l’histoire

L’essentiel est donc assuré. Les joueurs ont parlé de « belle consolation », voire de « minimum syndical », et c’est bel et bien le cas : le succès de cette génération dorée est pérennisé sur le long-terme. Depuis 2011, la France est une nation forte sur l’échiquier mondial du basket. Quel changement radical après les interminables années de vache maigre qu’ont connues les plus sages d’entre nous !

A la question posée d’emblée, il faut cependant avoir le courage de répondre. Et objectivement, on ne peut répondre que par la négative. La réussite totale aurait été la médaille d’or et une fête historique du basket en France. A court-terme, cette troisième place, qui est un bon résultat en soi, est évidemment dommageable. Car elle marque à nouveau au fer rouge cet acte manqué du basket français… et puis surtout, elle empêche de penser sereinement à la suite, à savoir les Jeux Olympiques de Rio.

Sans la qualification directe, les Bleus sont un peu les dindons de la farce (de la FIBA en l’occurrence qui n’octroie que deux places directes pour l’Europe, de loin le continent le plus compétitif). Ils repartent gros-jean comme devant d’un Euro qu’ils ont fort bien organisé – compte tenu des circonstances – et où tout concordait pour qu’ils puissent communier victorieux avec leur public (pour faire passer un nouveau cap médiatique à notre sport chéri ?).

L’inévitable étape de l’autocritique

Face à ce constat d’échec, il est de bonne guerre de faire son autocritique. Et pourquoi n’aurait-on pas le droit de brûler nos idoles, de remettre en question les performances moyennes, voire mauvaises, de nos stars ?

boris-diawLa première erreur est semble-t-il celle du discours public. Le lendemain même de la défaite en demi, Vincent Collet a longuement expliqué en conférence de presse que son staff était « hanté » par la pensée de rater la finale. Non pas parce que cela signifiait la fin du rêve de doublé mais parce que cela voulait dire qu’on ne se qualifiait pas directement pour les JO.

C’est en cela que j’ai pu avancer récemment que les Bleus ont été aveuglés par la quête de la médaille d’or plutôt que par la qualification olympique parce qu’in fine, la médaille d’or et la qualification olympique allaient main dans la main… oui, mais le clamer haut et fort, et pas qu’une fois, dans foule de médias différents, ce n’est pas se mettre dans la situation de confort la plus idéale pour cette compétition à domicile.

C’est dans la nature humaine de se poser de tels objectifs, sans aucun doute, mais d’un point de vue stratégique, annoncer qu’on veut aller en finale, qu’on vise d’abord et avant tout la qualification olympique, c’est quand même plus humble et moins décevant dans le scénario de la défaite. Et ce double discours quant à l’objectif affiché, d’une part des joueurs et d’autre part du staff, n’en demeure pas moins troublant. C’est de l’ordre du détail a posteriori, c’est une évidence. Mais c’est dans le détail que se révèlent les failles du système. Le micro au service du macro.

Dans le même registre, dire que l’Espagne était plus forte est faux ! Elle l’était bel et bien l’an passé mais cette année, c’est la France qui avait la meilleure équipe. Tout aussi objectivement, Charles Kahudi l’a évoqué sans détour dans le Tony Parker Show… mais elle ne l’a pas prouvé sur le terrain ! En demi-finale, ce sont deux joueurs qui ont en fait battu l’Equipe de France: Sergio Rodriguez et Pau Gasol. Parfaitement préparés par Sergio Scariolo pour réaliser le coup qu’ils ont déjà subi (l’an passé face à la France en quarts ; mais aussi chez eux, face à la Russie en finale de l’Euro 2007 qui se jouait en Espagne, tiens, tiens), les Espagnols ont été plus forts le jour J ! Avec toute l’expérience des grands événements et le talent inédit de cette équipe, il m’est difficile de comprendre cette inadéquation entre la force affaiblie de l’adversaire et la richesse de la France.

La terrible faillite des tauliers

Une des raisons principales en est la baisse de tension des trois cadres, des tauliers. Tony Parker, Boris Diaw et Nicolas Batum ont raté leur Euro. Cela n’enlève rien à leur immense carrière, et à ce qu’ils feront pour la suite, mais avec des stats indigentes, indignes de leur talent, force est de constater qu’ils sont passés à côté de l’immense échéance qui était la leur, celle de toute leur génération dorée. Comme ils l’ont dit, et on doit aussi l’accepter, ça fait partie du sport de haut-niveau. On ne peut pas toujours gagner. Les plus grands champions doivent aussi avoir le droit de se rater.

« C’est clair que je n’ai pas été bon, lors du match le plus important. Faut pas se cacher. J’ai été très déçu de ma performance. Je me suis peut-être mis trop de pression sur cette compétition. J’essaye de comprendre ce qui est arrivé. Je n’ai jamais été dans un bon rythme. (…) C’était une compétition vraiment bizarre pour moi parce qu’en tant que compétiteur, je me suis préparé comme jamais. Après un match comme ça, on se demande ce qu’on a fait aux Dieux du basket. »

Et les coachs aussi à cet égard. Vincent Collet a fait plusieurs choix controversés lors de la demi-finale. D’abord, il a préféré laisser ses joueurs-cadres sur le terrain (« le choix du respect » justifiera-t-il plus tard) pour terminer le match face à l’Espagne. Ensuite, il a choisi de ne pas faire prise à deux sur Pau Gasol et ce, jusqu’à la dernière possession du temps réglementaire où Gasol joue son un-contre-un face à un Rudy Gobert, héroïque avec ses 4 fautes au compteur alors.

france-espagne

« En 2012, à Londres, on avait fait prise à deux presque systématique sur Pau Gasol parce qu’on avait décidé de donner d’autres choses. L’an passé, tout le monde se souvient de la défense de Rudy Gobert en particulier et de nos intérieurs, qui l’avaient limité avec des petites aides des joueurs extérieurs, mais sans se sacrifier. Ça avait très bien fonctionné et c’était notre plan. Lorsqu’il a entamé son chantier dans le troisième quart-temps, on aurait probablement dû basculer sur une autre alternative tactique. C’est ce qu’on se dit a posteriori, bien sûr. Je veux assumer cette défaite. Ça fait partie des choix qui nous ont fait gagner, comme l’an passé, et qui cette fois ont abouti à l’inverse. »

Alors, l’attitude de Vincent Collet après le match est belle, respectable, magnifique. Tout comme celle de Tony Parker. Les deux assument leur part de responsabilité, et franchement, on ne peut que les en féliciter ! Mais dire que c’est « le choix du respect » qui commande des décisions aussi importantes que d’aller aux JO, c’est un peu léger comme explication ! On voit mal Gregg Popovich laisser Parker et Diaw sur le terrain si ces derniers cumulent un 6/24 aux tirs…

Quand coach Collet nous explique qu’il a fait confiance à ses joueurs cadres pour aller chercher la victoire dans les ultimes minutes, c’est difficilement acceptable quand on voit ce qu’ils en ont fait sur le terrain. Certes, on ne pouvait pas le prédire, et dans l’absolu, c’est une décision justifiable… mais une demi-finale (comme une finale), ça se gagne. Par tous les moyens, en usant de plusieurs solutions de préférence (car il le fallait) ! On aurait eu moins de regrets…

Des erreurs humaines… déjà pardonnées !

Du coup, cadre ou pas cadre, star ou pas star, « favori ou pas favori », comme a aimé à le dire lui-même Collet tout au long de l’Euro, il faut gagner ! On ne peut que relever cette incohérence entre le discours du coach et son application sur le terrain. En l’occurrence, Nando De Colo, Mickael Gelabale, Evan Fournier, Florent Pietrus et Charles Kahudi (ça fait quand même du monde) auraient certainement pu avoir plus d’opportunités de jouer leur jeu dans cette fin de match où les Bleus ne trouvaient plus le cercle. Collet a modifié sa rotation au pire moment. C’est une erreur de jugement ponctuel. Elle fait mal mais elle est humaine. Comment en vouloir à l’entraîneur qui a amené à cette période dorée de 2011 à 2015 ? Impossible !

Néanmoins, et ce sera une dernière remarque, on peut se demander si le choix de faire venir Mam Jaiteh dans le groupe était vraiment utile. C’est évidemment beaucoup plus facile à dire a posteriori mais quitte à ne pas utiliser du tout ce joueur, autant amener un joueur de mission, comme par exemple un pivot défensif exclusivement dédié à ralentir Pau Gasol (et partager les fautes de Rudy et Joffrey), tel que Ian Mahinmi voire même Kevin Séraphin. Après la blessure d’Alexis Ajinça, le 27 août (soit 15 jours avant le début de l’Euro), le staff aurait peut-être pu faire un autre choix. La gestion du dossier Alexis Ajinça a globalement été assez floue…

Et puis, rappel historique, en 2003, les Bleus (Tony Parker, Boris Diaw et Flo Pietrus étaient déjà là) avaient commis la même erreur de flagornerie en annonçant monts et merveilles avant de se crasher en beauté, finissant 4e de la compétition en Suède, ratant les JO malgré un effectif qui faisait saliver tout l’Hexagone. Cette sélection-là avait pris les foudres de la presse, pour diverses raisons, mais notamment celle de son échec après ce type d’annonces, pourquoi cette équipe 2015 serait-elle protégée des critiques ?

Critiquer, c’est une saine activité. Il faut pouvoir débattre, pour s’entendre et mieux comprendre. Pour avancer. Manquer à ce devoir fondamental ne rend service à personne, surtout pas au basket français… qui doit désormais se qualifier pour les JO de Rio ! Pour ce qui sera, cette fois c’est sûr, le dernier sommet des Bleus, génération Parker-Diaw.

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