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Saga Grizzlies (#2) – Une première saison à oublier

Dernier volet de notre trilogie rétro sur le basket dans le grand Nord-Ouest avec l’histoire, brève mais mouvementée, des Grizzlies de Vancouver. Aujourd’hui, gros plan sur la première saison de leur histoire, au milieu des années 90.

Aussi disparate et bancal soit son effectif pour sa saison inaugurale, l’équipe des Grizzlies commence son histoire par deux victoires des plus inattendues : ils remportent de fait leur premier match de la saison le 3 novembre en battant les Blazers de 12 points, à Portland, avant de battre les Wolves à la maison deux jours plus tard.

Plus improbable encore, c’est Benoit Benjamin qui sort une performance herculéenne à 29 points et 13 rebonds face à Arvydas Sabonis et les Blazers, tandis que Chris King réussit la claquette de la victoire face à Minnesota pour le tout premier match NBA de l’histoire à Vancouver, et ce, en prolongation !

Episode 1 : La genèse d’une franchise sortie de nulle part

« J’ai encore une photo de ce match sur mon mur », affirme Rich Manning, le pivot remplaçant des Grizz de 1995 à 1997. « Il y avait une photo prise depuis le plafond, où l’on voit tout le monde hurler et crier. C’était un moment fantastique. »

La greffe semble prendre à Vancouver dans ce tout début d’aventure. Le coach des Clippers, Bill Fitch, qui en a vu d’autres durant l’époque glorieuse des Celtics, s’en réjouissait après un match quasiment à guichets fermés au « Garage » du General Motors Place : « S’il s’agit d’une ville de hockey, on n’aurait pas su le dire en les entendant ce soir. »

Ces débuts encourageants vont cependant être rapidement douchés par la suite de la saison. « C’était un match serré et on courait après le score », se souvient Lionel Hollins, assistant coach à l’époque et nouvel assistant chez les Lakers. « Et puis, Chris King a réussi un tir au buzzer pour gagner le match. On a commencé à 2 victoires en 2 matchs et tout le monde était très enthousiaste. On s’est dit qu’on ne serait peut-être pas aussi mauvais que les autres équipes d’expansion… Mais on s’est retourné et on a perdu 19 matchs de suite. On était aussi mauvais que les autres au final ! »

Une très courte lune de miel

Bien qu’ils en soient friands, la lune de miel entre la NBA et les Grizzlies aura effectivement été de (très) courte durée.

« Je me souviens de ce premier match à Portland, quand on a battu les Blazers. Et puis on est revenu à la maison pour battre les Wolves en prolongation », rappelle également Noah Croom, l’assistant GM de 1995 à 2000. « Je crois que les gens ont pensé que ça serait facile. Mais évidemment, ça ne l’était pas… »

Symbole de cet apprentissage à la dure, chouchou du public et premier choix de draft de la franchise en 1995, Bryant Reeves est à la peine. Le pivot sorti de la fac d’Oklahoma State est quasi littéralement l’incarnation de la nouvelle équipe canadienne avec son physique de gros nounours à 2m13 et 132 kg.

Cela dit, comme tout rookie, Reeves n’a pas vécu sa première campagne sans accroc. Malgré son physique de panzer, « Big Country » a effectivement été rapidement critiqué pour son côté trop tendre dans les batailles des raquettes.

« C’est en grande partie une question de force », analyse alors le coach Brian Winters pour SI. « Il doit aussi perdre 5 ou 6 kilos. Avec un corps plus musclé, son jeu changera, mais ce n’est pas quelque chose qui va arriver en 6 mois ou un an. Ça va prendre deux ou trois ans mais il va devenir un des meilleurs pivots de la ligue. Avec de la musculation et du travail de fond, son corps va progressivement changer sur les trois ou quatre prochaines années »

Gamin de Gans dans le fin fond de l’Oklahoma, une bourgade d’à peine 250 âmes, Reeves a eu besoin de temps pour s’adapter aux demandes du monde professionnel. Et encore plus aux exigences d’un rookie appelé à devenir le centre d’attention, le fameux « franchise player » d’une équipe qui vient tout juste de voir le jour.

« Ce n’était pas un grand causeur », avoue même un des employés des Grizzlies, « et on pouvait à peine comprendre ce qu’il disait »,

Timide et réservé, Reeves ne se sentait jamais vraiment à l’aise ailleurs que dans ses champs ou autour d’un étang avec ses copains d’enfance à tailler le bout de gras. Parfois trop littéralement en l’occurrence pour « Big Country » qui avait tendance à revenir au camp d’entraînement avec des kilos en trop.

« C’est la première fois que je viens à Vancouver et c’est magnifique », commentait alors Country. « Ma seule inquiétude était le climat, je pensais que ça serait toujours froid avec beaucoup de neige. Mais le temps a été super, peut-être un peu pluvieux. Mais ce n’est pas froid et il n’y a pas d’élans qui traînent dans les rues. »

Bryant a galéré pour s’adapter en NBA. Malgré ses 21 points par match en NCAA, le pivot n’arrivait plus à scorer à l’étage supérieure, tenu à seulement 2 sorties en double figure pour son premier mois de compétition. Il n’attrapera plus de 10 rebonds que lors de sa 22e sortie, avec un match enfin convaincant à 25 points et 17 rebonds au cours d’une nouvelle victoire contre Portland… pour mettre un terme à la série noire de 19 revers de rang !

Le crime de lèse-majesté de Darrick Martin

Parmi ces 19 défaites consécutives, il y a eu la venue des Bulls à Vancouver, des Bulls en reconquête qui n’ont pas fait de cadeaux aux nouveaux venus. Au lieu de ça, ils ont eu droit à une intronisation en règle de la part de Sa Majesté.

Cette dernière anecdote résume même parfaitement la saison inaugurale des Grizzlies à Vancouver. En route pour leur record à 72 victoires, les coéquipiers de Michael Jordan sont malmenés par les Grizz, en dernier quart !

Ils sont menés de 12 points quand Darrick Martin, le meneur remplaçant des Grizz qui vient de passer l’été au contact de Jordan sur le tournage de Space Jam, passe alors devant le banc des visiteurs et vient défier son Altesse : « Ça ne veut pas rentrer ce soir… Je t’avais dit qu’on allait vous battre ce soir. » Grossière erreur !

Jordan se lève aussi sec du banc et procède à son entrée en jeu revancharde. Il s’approche de Martin et réplique : « Petit bonhomme, je t’avais dit de ne pas me faire de trash talk. » La suite : Jordan remet Chicago dans le sens de la marche à lui seul, avec 19 de ses 29 points dans les 6 dernières minutes du match.

« C’est vraiment regrettable », en rigole aujourd’hui le coach de l’époque, Brian Winters. « Je ne sais pas quels ont été ses mots exacts mais il a bien dit un truc à Michael Jordan. Les Bulls étaient un peu sur leur vitesse de croisière ce soir-là et nous on jouait bien. Michael a scoré 25 points en dernier quart [19 en vérité] et il est venu vers notre banc et Darrick en remuant le doigt : ne me parle plus jamais comme ça ! Il a empoché une nouvelle victoire, et nous une nouvelle défaite. »

Si près et pourtant si loin, Vancouver retombe violemment sur terre après sa première saison et l’optimisme d’origine.

« Le plus important est qu’on soit meilleur à la fin de saison qu’on ne l’était au début », proclamait Stu Jackson à l’orée de la campagne inaugurale des Grizzlies en 1995. A 15 victoires en 82 tentatives, il faudra repasser…

Le documentaire de Kat Jayme, « Finding Big Country »

 

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