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Saga Grizzlies (#1) – La genèse d’une franchise sortie de nulle part

Dernier volet de notre trilogie rétro sur le basket dans le grand Nord-Ouest avec l’histoire, brève mais mouvementée, des Grizzlies de Vancouver. Aujourd’hui, on s’intéresse à la création improbable de la franchise canadienne en Colombie Britannique.

Ça se passe entre 1995 et 2001. Six saisons courtes et longues à la fois dans la cité canadienne de Vancouver. Sortis de leur tanière à la surprise générale en 1995, à la suite de leurs compatriotes Raptors, les Grizzlies n’ont malheureusement pas pu s’installer durablement dans le paysage de la Grande Ligue. Un hiver sans fin. Un hiver sans hibernation…

A l’inverse de leurs compatriotes de la Côte Est qui, de manière assez ironique, ne sont toujours pas espèce disparue mais au contraire champions NBA en titre, les Grizzlies ont quant à eux quitté leur région natale de Colombie Britannique pour migrer dans le Tennessee : à Memphis, le berceau d’un bon coup de blues pour des fans canadiens encore meurtris.

Signe d’ouverture de la part de la NBA, qui n’avait plus compté de franchises hors du sol américain depuis la disparition des Toronto Huskies en 1947, les Grizzlies ont connu un engouement mitigé à leur arrivée à Vancouver mais ils ont encore plus tristement fini par devenir le contre exemple de la franchise modèle.

Ainsi que nous l’a confié notre interlocuteur privilégié, Kat Jayme, la réalisatrice du documentaire « Finding Big Country », Vancouver n’a pas eu de chance avec son équipe NBA : « Tout ce qui aurait pu mal tourner a mal tourné »

Comble de la frustration : la Draft de Pau Gasol intervient l’été même où la franchise déménage de Vancouver à Memphis. Quand on sait l’importance de l’intérieur catalan dans l’envol graduel des Grizz’ dans le Tennessee, et les conséquences à long terme (Marc Gasol notamment) de l’échange de Gasol à Los Angeles, les fans de Vancouver peuvent l’avoir mauvaise…

Avec des joueurs aussi « mythiques » que Bryant « Big Country » Reeves, Mike Bibby, Shareef Abdur-Rahim ou encore Blue Edwards, Byron Scott, Cherokee Parks et même Mahmoud Abdul-Rauf, les Grizzlies ont perpétuellement oscillé entre des jeunes joueurs au talent à confirmer et des « anciens » plus ou moins aptes à encore assurer leur place en NBA. Un sacré numéro d’équilibriste qui a vu le nounours tomber de haut…

Les Grizzlies à Vancouver, c’est l’histoire d’une franchise NBA qui a disparu aussi rapidement qu’elle était apparue. Sans laisser de trace derrière elle. Sinon un bilan catastrophique et des illusions perdues de toutes parts…

Notre premier volet sur les Jail Blazers

Notre deuxième volet sur les SuperSonics

DES GRIZZLIES SORTIS DE NULLE PART

Imaginez l’annonce : Recherche directeur artistique. Objet : campagne de publicité pour une équipe professionnelle de basket au Canada. Détail qui tue : elle a fini sa saison inaugurale avec 67 défaites en 82 matchs.

Pas de miracle au final pour le clip qui doit présenter la deuxième saison des Grizzlies à Vancouver, soit la campagne 1996-97. On se range derrière un vieux classique du genre « perdre mais apprendre ».

Sortis du bois sans vraiment crier gare, les Grizzlies ont pris le train de la NBA en route. A la bourre par rapport aux Raptors, le groupe de Vancouver a dû se démultiplier pour envoyer son dossier à temps. Une course contre-la-montre qui a eu du bon et du moins bon…

Une franchise NBA ex nihilo

Ingénieur spécialisé dans les tremblements de terre, Nelson Skalbania a radicalement changé de branche en s’installant à Vancouver. Vivant le « rêve américain » au Canada, ce fils d’immigré polonais se lance dans le foncier et fait rapidement fortune. Dans cette ville en pleine explosion démographique depuis les années 1960, et plus précisément avec une majorité de populations asiatiques qui tendent vers le basket, l’entrepreneur sent un filon.

Ayant déjà investi dans plusieurs équipes pros, et notamment les Calgary Flames dont il devient propriétaire majoritaire au cours d’une opération assez intrigante, un investissement négatif (autrement appelé, gain) de 200 000 dollars en jouant les intermédiaires entre plusieurs gros investisseurs canadiens. En 1981, après avoir été dans plusieurs combines sur de nombreux tableaux et autres ligues sportives, Skalbania approche la NBA.

Il fait une offre à 16 millions de dollars pour faire venir la balle orange dans la Baie Burrard… mais l’appât ne prend pas. Skalbania n’a pas assez d’argent et doit jeter l’éponge.

Mais, s’il faut attendre la décennie suivante, à partir de 1993, le rêve reprend peu à peu forme.

A première vue, Artur Griffiths s’occupe seulement de ses Canucks en posant la première pierre d’un nouveau stade à Vancouver le 13 juillet 1993 (20 000 places pour 150 millions de dollars de budget). Mais le cahier des charges de la General Motors Place, qui sera inaugurée le 21 septembre 1995, inclut aussi bien des rencontres de hockey, des concerts, les inévitables spectacles de catch… mais aussi des matchs de basket !

Dès 1992 en effet, Griffiths a commencé à considérer sérieusement la possibilité de s’associer à l’initiative de Toronto pour rejoindre la NBA. Mais il l’a fait en toute discrétion. Il a en fait demandé conseil à Gary Bettman, l’actuel commissionnaire de la NHL, et plus intéressant pour Griffiths encore, un ancien vice-président de la NBA (il a bossé pour la Ligue de 1981 à 1993).

« C’était l’époque de Michael Jordan et la Ligue était incroyablement populaire », rappelle un associé de Griffiths, Dave Cobb, dans l’ouvrage de Brian Daly intitulé Canada’s Other Game. « Quasiment toutes les équipes, nous a-t-on assuré, enregistraient des bénéfices. »

Le souci, c’est qu’il fallait assumer un sacré ticket d’entrée : 125 millions de dollars américains. Une somme colossale, surtout comparée à la précédente taxe de 32,5 millions payée par les Hornets, le Heat, puis les Wolves et le Magic, les dernières équipes apparues en NBA – respectivement en 1988 et 1989.

Une somme que la compagnie de Griffiths, Northwest Sports Enterprises, ne pouvait en tout état de cause pas débourser après avoir déjà cassé sa tirelire pour construire le nouveau stade. Bref, il fallait des investisseurs. Bientôt trouvés du côté de Seattle avec les frères McCaw, John et Bruce, patrons d’un empire du cellulaire estimé à 11 milliards.

Après que chaque franchise a donné son accord pour s’acquitter de ces fameux 125 millions de dollars de péage à l’entrée, c’est ainsi que le 4 novembre 1993, et par la suite, le 27 avril 1994, Toronto et Vancouver obtiennent respectivement le droit de lancer leur franchise NBA.

« C’était mon idée d’avoir Vancouver en même temps que Toronto », souffle Jerry Colangelo pour Global News. « Beaucoup de gens considérait Vancouver comme un candidat improbable mais ils ont réussi à remobiliser leurs troupes et à présenter leur projet en même temps que Toronto. Je pense que le timing a été très important, pour avoir une représentation à la fois à l’Est et à l’Ouest. »

L’équilibre était parfait sur le papier. Ça donnait bien sur la carte, Toronto qui s’ajoutait à une région dense en clubs NBA dans le Nord-Est et Vancouver qui donnait au Nord-Ouest un joli trident avec Portland et Seattle.

Mais dans les faits, il y avait un net contraste entre les deux franchises canadiennes.

D’un côté, il y a les Raptors qui prennent le parti du glamour et du clinquant avec leur nom déjà, inspiré du blockbuster de Steven Spielberg, Jurassic Park, sorti en juin 1993. De l’autre, les Grizzlies qui récupèrent les restes d’une identité visuelle envisagée dans un premier temps pour Toronto mais qui l’acceptent bien volontiers (et poliment) en y ajoutant leur touche locale.

Ensuite dans leur choix de stratégie, les Raptors ont frappé fort d’entrée en recrutant Isiah Thomas aux manettes. Le futur Hall of Famer devient vice-président des opérations basket à Toronto quand c’est Stu Jackson, un coach presque inconnu au bataillon, passé furtivement en NBA (aux Knicks) et en NCAA (Wisconsin) qui est gentiment poussé par la Ligue au poste de GM à Vancouver.

Le contraste se ressent également au niveau de la couverture médiatique. Les Grizzlies sont littéralement à l’opposé du centre médiatique du pays qui se situe, dans le mille, à Toronto ! A domicile, entourés des plus grands médias nationaux, les Raptors partent clairement avec une longueur d’avance sur leurs homonymes de la Côte Ouest. Et c’est sans parler de l’évidente puissance du marché de Toronto, facilitée par la proximité des grandes agglomérations américaines dans le Nord-Est (Cleveland, Philadelphie, New York voire Boston).

Réalisatrice du documentaire intitulé « Finding Big Country » qui retrace le parcours de Bryant Reeves, l’ancien pivot des Grizz devenu le symbole de son déclin rapide et inexorable, Kathleen Jayme est une fan de la première heure. Âgée de 7 ans à l’arrivée de la franchise, Jayme peut attester du total anonymat de Vancouver.

« Quand les Grizzlies sont arrivés, la ville a explosé. On n’était clairement pas une ville de basket à l’époque et ils ont même dû imprimer un lexique du basket pour expliquer les règles aux fans. On a appris au fur et à mesure et on est devenu de grands fans des Grizzlies », nous a-t-elle confié durant un long entretien téléphonique avant d’ajouter, sur une note plus personnelle. « J’avais 6 ou 7 ans à l’époque donc je n’étais pas vraiment consciente de ce que ça voulait dire. Mon grand-père avait acheté des tickets pour le tout premier match, ça c’est sûr ! Je suis allée voir plusieurs matchs lors de cette première saison et j’étais instantanément accro. J’aimais déjà le basket à ce moment-là et donc, pour moi, c’était le moment idéal pour que l’équipe arrive. »

Alors plus connu comme décor de cinéma que comme destination pour la NBA, Vancouver a encore tout à faire. Une identité à créer ex nihilo.

Une identité visuelle créée en 90 jours 

« Alors qu’on était en bonne voie sur le projet des Raptors, ayant commencé à dessiner les logos et tout ça, je reçois un coup de fil du Commissionnaire qui me dit : fais ta valise et va à Vancouver, on va avoir une 29e franchise. Je ne savais pas quoi répondre. On a tous été pris par surprise qu’on allait non seulement ajouter une mais deux franchises la même année, et elles allaient toutes deux être au Canada. »

Déjà réquisitionné pour le projet Raptors, et impliqué auparavant dans le lifting des Hawks, des Bucks et des Suns durant les années 90 – sans parler du site internet de la NBA alors en plein chantier, le premier directeur artistique de la Ligue, Tom O’Grady, était forcément de la partie pour créer l’identité visuelle des futurs Grizzlies. A commencer par trouver ce nom !

Dans les sessions de brainstorming des bureaux de la Ligue, les idées s’entrechoquent souvent et dans cette brume créative, une des deux franchises canadiennes aurait très bien pu finir avec le nom de l’autre.

« Quand on a commencé à plancher sur les noms possibles, on avait les T-Rex, les Raptors, les Bobcats, les Dragons et les Grizzlies », énumérait Tom Mayenknecht un ancien dirigeant passé par les deux équipes, dans une interview sur TSN. « On avait créé des images pour les Grizzlies de Toronto qui ont fini par être le logo des Grizzlies de Vancouver. On travaillait en collaboration rapprochée avec la NBA, et ce, tant et si bien que les Grizzlies ont simplement adapté ce qu’étaient les Grizzlies de Toronto et on en a fait les Grizzlies de Vancouver. »

Heureusement, la raison a primé. Les Grizzlies ont été le choix sage voulue par la nouvelle franchise, malgré la pression de la NBA étonnamment enamourée avec les Dragons…

Pour la petite histoire, le nom de Dragon a été un fil rouge des expansions successives de la Ligue. Il a ainsi été apposé à New Jersey d’abord (les Swamp Dragons : les dragons des marais) puis à Toronto et Vancouver, et même à Charlotte.

« Au final, le nom de Grizzlies était bien plus adapté à Vancouver, sachant que l’animal vit dans cette région, et même si la NBA penchait davantage en faveur des Dragons pour Vancouver à un moment. »

Alors qu’il avait plusieurs mois pour trouver l’identité visuelle de Toronto, O’Grady a eu seulement 90 jours pour s’occuper de trouver celle de Vancouver.

« C’était une tâche énorme, de faire tout ce travail pour créer une identité toute nouvelle », rappelle O’Grady dans un article d’époque. « La franchise voulait présenter une image provinciale et rester liée à la Colombie Britannique. Ils voulaient quelque chose de classique, qui puisse s’inscrire dans la durée. »

Une des demandes expresses était effectivement de lier la franchise à l’histoire de la côte Pacifique. A l’inverse des Raptors qui lui ont laissé plus de libertés, quitte à faire dans l’abstrait, O’Grady avait des directives plus claires de la part du groupe de Vancouver qui visait une identité directement en rapport avec l’histoire locale.

Ce qui a mené à la possibilité, heureusement vite oubliée, des Vancouver Mounties, du nom des policiers à cheval.

En tout cas, les créatifs ont dû s’affairer dans ce laps de temps réduit. Résultat : plus de 300 croquis et autres ébauches de grizzlis au crayon de bois, avec les dessinateurs qui reprennent les sketchs des uns et des autres…

« On dessinait souvent ensemble en réunions, et on ajoutait des dessins les uns par dessus les autres. Car il y avait tellement de nuances possibles. Est-il féroce ? Est-il intrépide ? Et comment le rendre au dessin ? »

Il fallait intégrer des éléments de la culture indienne locale, et notamment des motifs Haida. La palette de couleurs choisie n’est d’ailleurs pas autre chose qu’un clin d’œil à ces influences des tribus natives de la région : le turquoise, le sarcelle, le marron et le rouge : « Ces couleurs représentent l’air, le ciel, et la mer, et puis le sang rouge est censé représenter la passion. »

Au cours de ses (brèves) recherches sur place à Vancouver, O’Grady a néanmoins pris le temps de discuter directement avec un chef Haida, la tribu historique de cette région côtière. Une étape décisive pour accélérer le processus de création au final !

« On a été présenté à un chef Haida qui a étroitement collaboré avec moi pour expliquer la culture et l’histoire de son peuple », souligne O’Grady dans un récent article de The Athletic. « Il m’a même fourni plusieurs croquis afin de montrer comment rendre hommage à la région. Ils nous ont vraiment aidé à comprendre le rôle des couleurs et des noms. Donc on n’a pas eu à se demander quelle palette de couleurs on allait utiliser ; ils nous ont vraiment guidé sur une série de couleurs qui seraient le reflet de la culture locale, surtout par rapport à la symbolique du grizzli dans la région. » 

Nés en plein boom de la mode cartoon, les Grizzlies n’ont pas échappé à une représentation « enfantine » qui n’a pas plu à tout le monde de prime abord. A vrai dire, la réaction première de la population locale n’a pas été très positive. Les joueurs comme les fans n’ont pas adhéré tout de suite, c’est le moins qu’on puisse dire…

« C’est marrant parce qu’à l’époque, personne n’aimait vraiment leur logo ni leur maillot. Les joueurs comme les fans les détestaient », souffle Jayme. « C’est seulement a posteriori que ça a plu. Il y avait les motifs Haida qui rappellent l’influence indienne du territoire sur lequel on a la chance de vivre actuellement. Dans les années 1990, les logos avec des animaux représentés à la façon cartoon étaient en vogue. Il y avait les Anaheim Ducks, les Raptors et les Grizzlies. Nous avons suivi la mode mais personne n’était vraiment emballé par ce logo. Dans le même temps, on était reconnaissant de ne pas être ce stupide dinosaure ! »

En tout état de cause, au bout d’un marathon de trois mois, l’identité visuelle des Grizzlies était fin prête pour les six mois suivants, période durant laquelle la franchise pourrait retenir un pourcentage élevé de bénéfices sur tous les produits dérivés qui seront vendus.

Là encore, il ne fallait pas traîner pour essayer d’éponger les 125 millions déboursés pour s’asseoir à la table de la NBA.

Un effectif fait de bric et de broc

Créés en un temps record, les Grizzlies de Vancouver devaient toutefois encore se construire un effectif. Comme par le passé pour les Wolves ou le Magic, la NBA a mis en place une « expansion draft » qui s’est tenue le 25 juin 1995.

Ayant remporté le pile ou face avec Toronto, Vancouver a décidé de choisir plus haut lors de la Draft 1995, laissant en conséquence les Raptors choisir en premier lors de l’expansion draft qui concerne seulement les deux équipes canadiennes.

Le fonctionnement de la draft d’expansion n’est pas sorcier. Chacune des 27 autres franchises NBA a le droit de protéger 8 joueurs de son effectif, et tous les autres qui ne l’ont pas été sont alors reversés dans un pool de joueurs parmi lesquels Raptors et Grizzlies vont piocher pour former leur effectif.

Chronologiquement, le premier joueur intégré à l’effectif de Vancouver a été Kevin Pritchard (qui ne jouera jamais en match officiel), puis c’est Bryant Reeves qui a été sélectionné en 5e position de la draft 95.

La draft d’expansion voit ainsi atterrir Greg Anthony, le meneur gaucher des Knicks qui en a marre de son temps de jeu limité sous Pat Riley. Réduit à sortir du banc derrière Derek Harper et Doc Rivers, Anthony vit son transfert à Vancouver comme une résurrection après quatre saisons frustrantes à 6 points et 4 rebonds de moyenne dans la Grosse Pomme.

« C’est une véritable renaissance pour moi », savourait Greg Anthony dans Sports Illustrated en 1995. « J’ai toujours pensé que j’avais le talent pour être un titulaire dans cette ligue. »

Viennent ensuite des « role player » tombés depuis dans les oubliettes de l’histoire tels que Rodney Dent, Antonio Harvey (dont on vous parlait néanmoins dans notre série Jail Blazers), Reggie Slater ou Derrick Phelps et Trevor Ruffin… Ou encore Chris King qui évoluait la saison précédente en Grèce, à l’Aris Salonique. Un effectif littéralement fait de bric et de broc !

Un tantinet plus connu, Vancouver accueille aussi d’anciens premiers tours de draft, mais là encore, avec des guillemets ! Arrive ainsi Benoit Benjamin, le pivot fainéant et « grand ami » de George Karl lors de son passage à Seattle ; et puis les vétérans Byron Scott (34 ans) et Gerald Wilkins (32 ans), vieilles gloires de la Ligue clairement sur le déclin. Wilkins sortait même carrément d’une saison blanche après une grave blessure au tendon d’Achille et il ne disputera que 28 matchs avec Vancouver…

Comme pour toute équipe qui vient de se construire en un clin d’œil, l’effectif des Grizzlies ressemblait davantage à une collection hétéroclite d’anciennes stars sur le retour, de seconds couteaux plus ou moins affûtés et de jeunes joueurs qui ont encore tout à prouver. Et, de cette expansion draft au final, seuls Greg Anthony et Blue Edwards resteront après la première saison des Grizzlies !

 

UNE CHRONOLOGIE DES GRIZZLIES

22 juillet 1994 : Le propriétaire des Grizzlies, Arthur Griffiths engage Stu Jackon au poste de GM. Chouchou des cercles dirigeants de la Ligue, Jackson accepte un rôle qu’il n’a jamais connu, après un an et 15 matchs seulement d’expérience en tant que coach (chez les Knicks en 1989-91).
11 août 1994 : Le Partenariat Basket de Vancouver devient officiellement Vancouver Grizzlies, durant des cérémonies qui ont lieu au milieu des totems, au musée d’anthropologie de l’Université de Colombie Britannique.
30 mai 1995 : Free agent, Kevin Pritchard signe avec les Grizzlies et devient le premier joueur officiel de la toute nouvelle franchise canadienne de Vancouver. Le futur GM des Blazers et des Pacers notamment ne pèsera pas lourd puisqu’il sera échangé le 1er novembre suivant, sans avoir disputé la moindre minute sous ces couleurs… Un premier symbole.
30 novembre 1995 : La presse locale se prend un sacré coup au moral avec la visite des Bulls et une défaite rageante après le crime de lèse majesté de Darrick Martin. Mais pour ajouter à l’insulte, les journalistes voient leurs demandes d’interviews carrément moquées et méprisées.
26 juin 1996 : Les Grizzlies draftent Shareef Abdur-Rahim en 3e choix, puis Roy Rogers en 22e choix au 1er tour et enfin Chris Robinson en 51e choix, au 2e tour.
25 juin 1997 : Malgré le pire bilan de la saison précédente (14 victoires pour 68 défaites), les Grizzlies sont privés du 1er choix (un certain Tim Duncan) par le règlement NBA et doivent se rabattre sur Antonio Daniels en 4e choix. Le meneur ne restera qu’une saison à Vancouver, envoyé par les Grizzlies chez les Spurs du même Duncan (contre Carl Herrera et Felipe Lopez)… Une nouvelle erreur de parcours !
26 juin 1997 : Brian Hill devient le 3e coach des Grizzlies après le renvoi de Brian Winters et le piètre intérim de Stu Jackson. L’ancien du Magic apportera un semblant de légitimité dans le vestiaire des Grizzlies et restera en place plus de deux saisons. Mais avec un bilan toujours aussi faiblard : 31 victoires pour 123 défaites !
7 juillet 1997 : Bryant Reeves signe une extension de contrat de 6 ans pour 65 millions de dollars, après une solide saison à 16 points et 8 rebonds. Il ne fera pas mieux que 9 points et 5 rebonds les 3 saisons suivantes, ces dernières dans la Ligue.

7 août 1997 : Stu Jackson cherche des joueurs vétérans pour épauler sa jeune troupe. Il échange un 1er tour de draft à Detroit contre Otis Thorpe (un choix de draft en 2003 qui sera… Darko Milicic). Plus que mécontent, Thorpe torpille son équipe et se fait re-échanger dans la foulée, 47 matchs seulement, vers Sacramento (contre Michael Bradley et Bobby Hurley). Stu Jackson plombe encore un peu plus sa réputation de GM…

18 février 1998 : Echangé de Minnesota à Vancouver, Doug West ne rend clairement pas service à son nouveau club en déclarant aux médias qu’il a descendu « 17 Heineken » quand il a appris son transfert en Colombie Britannique.
24 juin 1998 : Avec leur 2e choix, les Grizzlies comblent leur manque au poste de meneur en sélectionnant Mike Bibby de la fac d’Arizona. Ils passent notamment sur Vince Carter, Antawn Jamison ou encore le spectaculaire mais fantasque, Jason Williams.
30 juin 1999 : Nouvelle draft, nouveau meneur pour Vancouver. Steve Francis est choisi en 2e position mais la jeune star de Maryland a déjà prévenu les Grizzlies qu’il ne mettrait pas un pied au nord de la frontière. Un échange est inévitable… alors que Baron Davis, Lamar Odom voire Andre Miller étaient disponibles à la draft.
27 août 1999 : Dans un échange à trois équipes qui implique pas moins de 14 joueurs au total, Steve Francis est échangé à Houston contre Michael Dickerson, non sans être devenu l’ennemi n°1 à Vancouver. Ancien d’Arizona comme Mike Bibby, Dickerson arrive en Colombie Britannique en compagnie d’Othella Harrington, Brent Price et un futur choix de draft (2003).
Eté 1999 : David Stern met le holà sur la possible vente des Grizzlies à Bill Laurie, l’héritier de Walmart, qui aurait pu engendrer un déménagement à St Louis.
11 avril 2000 : Le financier chicagoan, Michael Heisley, achète la franchise des mains de Orca Bay Sports & Entertainment, la compagnie de Griffiths. Il promet d’essayer de garder la franchise à Vancouver…
28 juin 2000 : Avec le 2e choix de la draft, Vancouver jette son dévolu sur l’hyper explosif intérieur, Stromile Swift. Lors de son unique saison canadienne, Swift aura beaucoup de mal à assumer son statut avec 5 points et 4 rebonds de moyenne seulement…
Décembre 2000 : Président des opérations basket de la franchise depuis 1999, Dick Versace informe les GM de la Ligue qu’il doit alléger sa masse salariale et que tous ses joueurs, sans exception, sont sur le marché.

Les médias reprennent l’information au vol et Shareef Abdur-Rahim demande bientôt un échange. Mais ni lui, ni Bibby ne seront échangés. Seul Othella Harrington fera ses valises (bien content).

9 février 2001 : David Stern pense avoir trouvé en un certain Daniel Chiang, nouveau riche d’Internet, un acheteur qui pourrait garder les Grizzlies à Vancouver. Mais la communication entre les deux hommes est rompue le lendemain même !
12 février 2001 : Le couperet tombe. Sans autre solution, David Stern autorise le départ de la franchise à Memphis.
Fin février 2001 : L’inénarrable Dick Versace balance quelques perles en quittant la Colombie Britannique – et son loft de 830 m² avec piscine intérieure et vue panoramique sur la Baie Howe : « Toronto sera dans la même situation que nous dans un an », faisant référence à la fin de contrat d’un certain Vince Carter. Sanctionné d’une amende de 10 000 dollars, Versace ira même jusqu’à essayer de faire payer les responsables presse de l’équipe à sa place…
27 juin 2001 : Les Grizzlies ont déjà quitté le Canada et le vent tourne comme par enchantement à la draft. Ils sélectionnent Shane Battier en 6e choix, puis Jamal Tinsley en 27e choix.

Puis arrive les gros transferts attendus : Shareef Abdur-Rahim est envoyé (avec Tinsley) à Atlanta contre Pau Gasol, Brevin Knight et Lorenzen Wright ; tandis que Mike Bibby (et Brent Price) sont soldés contre Nick Anderson et Jason Williams. Le tandem Williams – Gasol sera la locomotive des Grizzlies à leur arrivée à Memphis…

Prochain épisode : une première saison à… 15 victoires

Le documentaire de Kat Jayme, « Finding Big Country » :

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