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Rencontre avec Nav Bhatia, « superfan » le plus emblématique des Raptors

Le titre des Raptors vient le récompenser pour ses 24 années de passion pour la franchise canadienne. Une passion que cet activiste du multiculturalisme met à contribution au quotidien.

Cela fait 24 ans qu’il attendait ce moment. Vingt-quatre ans de passion pour ses Raptors dont il n’a jamais raté le moindre match à domicile, pas même la moindre minute, depuis la création de la franchise. Soit, si nos calculs sont bons… 960 matchs de saison régulière à Toronto. Et c’est sans compter les matches de playoffs, les déplacements…

Aujourd’hui, Nav Bhatia est au paradis. Ou plutôt, « au sommet du monde, comme il le disait depuis l’Oracle Arena après la victoire de son équipe. Les Warriors n’affrontaient pas les Toronto Raptors, mais les Canada Raptors. » Puis il se lançait dans une longue énumération des anciens joueurs ou dirigeants passés par le Canada qui ont tous apporté leur pierre à l’édifice de ce titre.

L’homme de 68 ans en a vu passer depuis qu’il fréquente les murs de l’Air Canada Centre, devenu Scotiabank Arena. En 1995, l’année de lancement du club, lorsque ce natif de New Delhi (Inde) assiste au tout premier match des Raptors, il est déjà bien installé au Canada. Dès le milieu des années 1980, l’homme au turban de sikh, qu’il ne quitte jamais, a dû fuir son pays natal plongé, dans de terribles émeutes contre sa communauté religieuse.

Près de 500 000 dollars de billets par an…

À son arrivée au Canada, le diplômé en génie mécanique, passé par les États-Unis plus tôt pour ses études, peine à trouver un travail. Sa barbe, son turban, la discrimination. Un concessionnaire Hyundai finit par lui donner sa chance. Il ne passe pas à côté. Ses trois premiers mois, il vend 127 voitures. Un record. C’est ainsi qu’il va faire fortune. On comprend un peu mieux comment il parvient à s’offrir près d’un « demi-million de dollars » de tickets chaque saison…

Nav Bhatia a désormais sa propre concession (180 employés) à Mississauga, à l’ouest de Toronto, là où il nous a reçus il y a quelques jours. À l’intérieur, surprise : pas la moindre référence à la franchise locale. Encore moins à son statut de supporter emblématique. « Je n’utilise pas les Raptors pour vendre des voitures », justifie-t-il. « Il y a le business d’un côté et mon activité de « superfan » de l’autre ».

Ce surnom de « superfan », il le doit au Hall of Famer Isiah Thomas qui, dans la foulée de sa retraite, est devenu le premier GM de l’équipe canadienne. Après plusieurs années à s’agiter au bord du parquet, Nav Bhatia avait attiré l’attention du dirigeant : « J’étais celui qui faisait le plus de bruit. Alors il est venu me voir, m’a donné un maillot et m’a dit : ‘Voilà, maintenant tu es le superfan des Raptors’. »

Un titre qui va parfaitement à ce drogué de basket. Une passion qui lui coûte très cher donc. « C’est pourquoi on dit de moi que je suis addict », lâche-t-il en laissant échapper un nouveau sourire. « Pour certains c’est la drogue, d’autres l’alcool. Moi c’est le basket, le meilleur sport du monde. J’accepte cette idée d’être addict même si je ne bois pas, je ne fume pas, je ne cours pas après les femmes. » Puis il montre fièrement son tee-shirt sur lequel est inscrite sa devise : « I don’t drink. I don’t smoke. I don’t womanize. I just Raptorize. »

Invité au mariage de Vince Carter

Ainsi chaque soir, il « raptorize » en se rendant à la salle. Le sexagénaire dit n’être jamais parti avant la fin d’un match et n’être jamais arrivé en retard pour un coup d’envoi. Il y a quelques années, un jour de match où le trafic routier est particulièrement important, il emprunte la voie de détresse pour s’assurer d’arriver à temps. La police locale le repère et l’arrête. Là, l’agent reconnaît l’homme en infraction, l’enjoint de ne pas recommencer puis… escorte le superfan jusqu’à l’Air Canada Centre de l’époque ! « Je ne fais plus ça », assure-t-il. « Maintenant, je pars une heure et demi en avance ! »

Direction la salle donc et son célèbre siège « A12 », juste à l’arrière de l’un des paniers de la salle. « C’est marrant parce que je regarde d’anciens matchs de la fin des années 1990 et tu vois Nav assis exactement au même endroit, en train de faire les mêmes choses », lâchait DeMar DeRozan il y a quelques années. C’est depuis ce siège qu’il aime « taquiner » les joueurs adverses pendant 48 minutes.

Toute la galaxie NBA le connaît désormais. Les visiteurs n’hésitent donc pas à le saluer. Durant cette finale, Steve Kerr ou Stephen Curry sont par exemple allés à sa rencontre. Ses liens avec les locaux sont logiquement plus forts encore. Il a par exemple été invité au récent mariage de Jonas Valanciunas ou celui de Vince Carter des années plus tôt.

Plus proche de DeMar que de Kawhi

Nav Bhatia est très proche et toujours en contact avec DeMar DeRozan, son voisin à Mississauga avant son transfert. « DeMar est vraiment un bon garçon, je le considère comme quelqu’un de ma famille », dit-il en précisant qu’il vient de recevoir une photo de la famille DeRozan qui était de passage à Orlando. Kawhi Leonard ? « Il ne parle à personne. Il faut lui donner de l’espace et respecter ça. »

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Family.

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Sa présence au bord des terrains lui permet aussi d’être au contact des grands de ce monde. En 2017, à l’occasion de la sortie d’un documentaire sur l’impact de Vince Carter sur la franchise, dans lequel il intervient, le superfan a été l’invité du célèbre Festival international du film de Toronto. Quelques jours plus tard, il prenait la pose avec un certain Barack Obama. « Je suis un type normal et je me retrouve là, avec le 44e président des États-Unis, quel honneur ! », décrivait-il.

« Je lui ai dit que je veux rassembler le monde entier grâce au basket, il a évidemment été très content de l’entendre », poursuit-il. Depuis des années, Nav Bhatia profite de son statut et son aura médiatique pour mener à bien cet objectif. Son engagement démarre après une scène personnelle survenue à la fin des années 1990. Ce jour-là, il se rend dans une enseigne pour faire réparer son téléphone. Au moment de rentrer, un homme est au téléphone, le remarque et dit : « Chérie, je dois y aller, mon taxi est arrivé. » Un cliché classique car nombre de sikhs sont conducteurs de taxi à Toronto.

Encore victime de discrimination, il pardonne

« Je n’étais pas énervé mais je me suis dit qu’il fallait changer ça et faire comprendre que les sikhs peuvent aussi être docteurs, pharmaciens, vendeurs… », énumère-t-il. Depuis, il s’active pour alimenter à sa façon le multiculturalisme de Toronto et partout ailleurs. En achetant plusieurs milliers de tickets pour ramener des jeunes dans la salle, en y introduisant les célébrations du nouvel An sikh (Vaisakhi), en lançant sa propre fondation dans l’optique de bâtir des terrains de basket partout dans le pays… « Jouer au basket ne signifie pas que vous allez devenir joueur NBA, mais cela ouvre une voie. Riche ou pauvre, tout le monde peut jouer. »

Également ambassadeur de l’ONG chrétienne World Vision, Nav Bhatia sait qu’il a encore beaucoup de boulot devant lui dans cette optique de rassemblement. À Orlando lors du premier tour, il a par exemple été l’objet de commentaires désobligeants : « La personne m’a googlé puis a voulu prendre une photo avec moi. » Quelques semaines plus tard, un fan des Bucks a lâché un tweet raciste à son encontre. Deux jours plus tard, les hommes échangeaient au téléphone et Nav acceptait les excuses du fan. « On fait tous des erreurs », relativise le superfan.

« Adam Silver va m’aider à rassembler le monde entier »

Nommé il y a quelques années ambassadeur des Raptors pour l’Asie du sud, il espère maintenant exporter sa tolérance partout où il passe : « À Toronto et au Canada, ça va. Mais dans certains endroits dans l’Amérique, c’est compliqué. Je veux m’y consacrer l’année prochaine. À New York d’abord, puis Philadelphie… Je veux aider la NBA dans l’intégration. J’en ai parlé à Adam Silver, il va m’aider à rassembler le monde entier. »

Lorsqu’on lui demande son meilleur souvenir lié aux Raptors, pas de Vince Carter ou de DeMar DeRozan. Sans hésiter, il dit : « Le fait d’avoir amené tellement de gamins à la salle au début des années 2000. Certains n’avaient que 12 ans, désormais ils en ont 30 et ils adorent le basket. » Et désormais, fans et superfan ont un titre NBA en poche.

À Toronto.

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