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[Coaching] Luka Doncic, la vision Jedi

Si Luka Doncic impressionne par son culot et son talent pour sa première saison NBA, c’est sans doute sa vision et sa lecture du jeu qui le placent parmi les joueurs à part. Décryptage.

Si certains dirigeants et scouts NBA doutaient de la capacité de Luka Doncic à lutter face aux physiques NBA, il y a une chose sur laquelle tout le monde était d’accord : sa vision du jeu. En Euroleague, dans le championnat d’Espagne et en sélection, le Slovène avait affiché d’incroyables qualités pour trouver les failles dans les défenses adverses, se permettant notamment des passes à l’opposé que peu de joueurs sont capables de voir et encore moins de réaliser…

Selon Synergy Sports, le rookie de Dallas est ainsi le joueur qui crée le plus de points sur le pick-and-roll en NBA cette saison, avec 1.647 point inscrit par possession lorsqu’il joue ce type d’actions, que ce soit lui qui conclut, DeAndre Jordan ou un des shooteurs extérieurs. Quand on connait l’importance du pick-and-roll dans la NBA actuelle, ça laisse songeur.

Le « tag », ce troisième joueur qui gêne le pick-and-roll

Pour comprendre l’intelligence de Luka Doncic, il faut avoir en tête un principe essentiel dans la défense face au pick-and-roll : le « tag ». En effet, lorsqu’elle ne « switche » pas systématiquement sur tous les écrans, la défense est obligée de faire des choix. Sur le pick-and-roll, en général, lorsque l’intérieur vient poser l’écran, l’intérieur qui défend gêne un temps le porteur du ballon, en attendant que son extérieur revienne. Dans ce laps de temps, le poseur d’écran peut rouler vers le cercle et il faut alors un « tagger », c’est-à-dire un troisième joueur qui vient gêner ce « roller ».

En général, ça libère un joueur à l’opposé mais la défense mise sur le fait qu’elle aura le temps de compenser lorsque la balle sera transférée, ou de gêner la transmission, car il est extrêmement compliqué de trouver directement le joueur démarqué.

Luka Doncic anticipe les « tags » pour les punir dans leur dos

Ce qui rend Luka Doncic vraiment unique, c’est donc sa lecture des « tag ». Car si à 19 ans, l’ancien du Real Madrid peut se créer son shoot sur le pick-and-roll, il sait de façon instinctive trouver la fenêtre de passe. Comme sur cette action face à Boston, où il attend que Terry Rozier et Gordon Hayward arrêtent leur « tag » pour trouver DeAndre Jordan.

Toujours face à Boston, Luka Doncic se sert ainsi du « tag » de Gordon Hayward pour servir Wesley Matthews.

Bien conscient des qualités de lecture de son joueur, Rick Carlisle mise ainsi beaucoup sur le « Spain Pick & Roll », c’est-à-dire que Dallas place un troisième joueur sur le pick-and-roll, chargé de poser un écran sur le « roller ».

Ça oblige la défense à faire beaucoup de choix rapides et mêmes les meilleures s’y perdent parfois, comme les Warriors…

Des joueurs qui savent mettre en place et lire le pick-and-roll, il y en a toutefois des tas en NBA. Ce qui met Luka Doncic vraiment à part, c’est ainsi sa capacité à utiliser le « tag »… avant même qu’il n’ait eu lieu !

Des passes que très, très peu de joueurs peuvent se permettre

Sur cette action du match face à Detroit, on le voit ainsi attirer la prise à deux de Langston Galloway et Andre Drummond pendant que Dwight Powell roule vers le cercle. Stanley Johnson vient « tagger » l’intérieur adverse en tête de raquette, alors que c’est Luke Kennard qui doit le « tagger » alors qu’il continue sa descente vers le cercle. Sauf qu’au moment où l’arrière s’approche pour appliquer le principe défensif, Luka Doncic envoie la balle à Dorian Finney-Smith dans son dos.

Même chose en fin de match face aux Wolves, où Karl-Anthony Towns vient aider sur Luka Doncic, Jeff Teague démarre ainsi à peine son mouvement pour venir « tagger » DeAndre Jordan que Luka Doncic a envoyé la balle à Jalen Brunson dans le corner. Le meneur de Minnesota doit changer de trajectoire mais c’est trop tard, et il ne peut que lever les bras au ciel…

Le pire, c’est qu’il s’agit de séquences que Luka Doncic réussit très souvent, et avec un vrai sentiment de facilité.

Réussir ce type de passes à l’opposé est pourtant extrêmement compliqué. Car il faut à la fois contrôler la pression défensive adverse, tout en analysant la réaction de la défense pour déclencher la passe au bon moment et avec une bonne trajectoire, afin que le ballon arrive dans des bonnes conditions au shooteur, et que le replacement ne serve à rien.

« Ce sont des gars qui anticipent et qui voient les choses avant qu’elles n’arrivent »

On peut citer très peu de joueurs capables de faire des passes de ce genre, et si LeBron James s’en est fait une spécialité au cours de sa carrière, c’est justement une des caractéristiques qui a fait de lui un joueur si précieux.

On comprend pourquoi Rick Carlisle a expliqué que Luka Doncic avait « un peu de Toni Kukoc, un peu de Manu Ginobili et un peu de Drazen Petrovic » en lui, et surtout qu’il y avait « des similarités » entre son rookie et son ancien coéquipier, Larry Bird.

« Ce sont des gars qui anticipent et qui voient les choses avant qu’elles n’arrivent », explique ainsi le coach des Mavericks. « Parfois, ça peut vous jouer des tours et devenir un peu trop précipité. Mais ça fait partie du jeu pour un rookie dans cette ligue. Ça fait partie de l’apprentissage. »

D’autant que cette capacité à « voir les choses avant qu’elles n’arrivent », comme les Jedi, est trop rare pour être bridé.

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