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Trente franchises, trente questions : la défense des Rockets peut-elle compenser les pertes de l’intersaison ?

Jusqu’à la reprise des entraînements, Basket USA vous propose d’étudier la free agency des 30 franchises NBA à travers une interrogation majeure. Quel sera le rôle de LeBron James aux Lakers ? Comment les Wizards utiliseront Dwight Howard ? Le Jazz peut-il faire mieux sans recrue ? Etc…

Il y a un an, tout le monde s’inquiétait de la cohabitation entre James Harden et Chris Paul à Houston par exemple, avant que le tandem ne rassure rapidement les plus sceptiques. Et cette année, beaucoup se demandent comment la défense des Rockets va s’en sortir avec Carmelo Anthony et James Ennis en lieu et place des spécialistes Trevor Ariza et Luc Mbah a Moute.

État des lieux

La direction des Rockets avait plusieurs objectifs cet été et si Paul et Capela ont été prolongés, Ariza et Mbah a Moute, eux, ont fait leurs valises. Daryl Morey a par ailleurs réussi à se débarrasser de Ryan Anderson et son contrat en récupérant Brandon Knight et Marquese Chriss, après avoir attiré l’ailier James Ennis et le meneur Michael Carter-Williams.

Mais c’est bien la perte des deux spécialistes ès défense qui ressort de ce recrutement et qui est à l’origine des inquiétudes de nombre d’observateurs. Craintes attisées par l’arrivée de Carmelo Anthony, joueur dont les qualités offensives sont aussi louées que les carences défensives ne sont soulignées. Normalement, l’attaque de Mike D’Antoni devrait continuer à tourner à plein régime mais c’est de l’autre côté du terrain que le bât blesse, dans ce secteur défensif si important pour espérer aller chercher le titre. Concrètement, puisque c’est la question qui s’impose, les nouveaux peuvent-ils compenser le départ des anciens ?

La nonchalance de Melo

« Carmelo Anthony ne se transformera pas en grand défenseur », préfère prévenir Chauncey Billups, qui a joué avec lui à Denver puis New York, lorsqu’il est interrogé par The Athletic, qui s’est longuement penché sur le sujet. « Tout ce qu’il faut faire, c’est être un défenseur d’équipe solide. »

Mais il faut dire que l’ancien Knick fait preuve d’une véritable nonchalance par moments : ça fait quelques temps maintenant que Melo se met parfois en « off » en défense. L’avantage à Houston, c’est que la communication est reine et que Chris Paul n’aura pas peur de le rappeler à l’ordre. En donnant de la voix lui aussi, Melo pourrait se rendre utile. Quelque chose qu’il a su faire avec Team USA.

Reste que la défense texane a surtout batî sa réputation l’an passé sur sa capacité à défendre dur sur tous les postes, grâce à la polyvalence de ses joueurs et leur capacité à « switcher » sur n’importer quel adversaire. Un exercice dans lequel Melo a montré des lacunes ces dernières années, à Oklahoma City comme à New York. Et les adversaires des Rockets n’hésiteront pas à en profiter.

« Il n’a jamais été bon défenseur, ça ne changera pas, mais ce qu’il sait faire c’est garder un bon équilibre grâce à son attaque. En défense, les Rockets ont fait un super boulot en équipe l’an passé. Tout ce qu’il doit faire c’est trouver sa place et s’il y arrive, ça ira. »

Traduction : il faut limiter la casse.

Carmelo Anthony titulaire ou remplaçant ?

Un point qui aura son importance : le rôle de l’ancien Nugget lorsqu’il est sur le terrain. Sera-t-il titulaire ou remplaçant ? Rien n’est décidé du côté de Mike D’Antoni d’après The Athletic. En fonction, sa dépense d’énergie, son investissement en défense, et l’impact sur ses coéquipiers, seront bien différents.

« Il n’a jamais eu à se concentrer sur la défense car il score tellement », rappelle Dahntay Jones, l’un de ses anciens partenaires dans les Rocheuses. « Les gens ne se rendent pas compte à quel point c’est difficile de dominer en attaque comme ça, la débauche d’énergie que ça représente. »

Chris Paul, Clint Capela et potentiellement P.J. Tucker ou James Ennis sont de très bon défenseurs et à leurs côtés, les lacunes de Melo se verront forcément moins s’il leur tient compagnie dans le cinq de départ. Il pourrait alors faire parler ses qualités de « spot-up shooter », à condition de faire au moins les efforts en défense. De ces derniers dépend sûrement son rôle à Houston l’an prochain.

Le pari James Ennis

Deux indices dans ce dossier : James Ennis devrait faire partie du cinq de départ. « Il y a une bonne chance que je sois titulaire » affirme-t-il ainsi, tandis que Mike D’Antoni entend faire jouer Melo uniquement au poste 4, toujours selon la publication américaine.

Un James Ennis qui est « venu à Houston pour remplir deux rôles : défendre comme Luc Mbah a Moute et shooter comme Trevor Ariza », avec un nouveau coach qui « veut utiliser sa capacité à défendre des postes 1 à 4 » tout en arrosant de loin.

« Coach D’Antoni m’a dit quand on s’est rencontrés que si je ne doublais pas mon nombre de tentatives à 3-points, ou que je ne battais pas mon record en carrière dans la catégorie, il me mettrait sur le banc », s’amuse-t-il à raconter. « Il veut que je tire autant que possible. »

Reste que l’ancien Grizzly a clairement été choisi pour sa défense : Jeff Bzdelik, architecte de celle des Rockets, a travaillé avec lui à Memphis pendant quelques mois, le temps d’apprécier son potentiel physique de ce côté du terrain. Ennis est d’ailleurs prêt à se jeter dans cette tâche à corps perdu : son objectif est d’atteindre la « All-Defensive first team » à la fin de la saison.

Des role players au diapason

Le nouveau venu n’a pas le choix et il le sait : il devra assumer de grosses responsabilités dans ce domaine l’an prochain, et il ne sera pas le seul si Houston veut rester dans le Top 10 des meilleures défenses de NBA et prétendre au titre.

Sur la ligne arrière, Brandon Knight et Michael Carter-Williams n’offrent pas vraiment de garanties et pour cause, le premier n’a pas joué depuis un an et demi tandis que le deuxième est en pleine traversée du désert après un nouvel échec à Charlotte. Dans ce contexte, leur salut passera par leur capacité à tout donner sur les courtes séquences qui leur seront offertes.

L’autre recrue, Marquese Chriss peut lui aussi se montrer dans ce secteur : le jeune intérieur est bien plus polyvalent que celui qu’il remplace, Ryan Anderson.

Sur le papier, retrouver le même niveau défensif parait impossible. Mais autour du trio formé par Paul, Capela et Tucker, auxquels s’ajoutent des Eric Gordon, James Ennis et Gerald Green jamais avares d’efforts et polyvalents, les Rockets ont de quoi garder un niveau plus que respectable. Avec cette force de frappe offensive qu’est venu compléter Melo, les Rockets n’auront pas de souci à se faire en saison régulière. En playoffs ? Mike D’Antoni a sept mois pour trouver la bonne combinaison.

Daryl Morey a construit son équipe pour faire tomber les Warriors, mais en-est elle capable aujourd’hui ? Plus que l’an passé ? « Si on est en bonne santé, on les battra à coup sûr » affirme James Ennis. Réponse en mai.

Basket USA

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