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Portrait | Scottie Pippen, l’éternel numéro 2

Elu au Hall Of Fame en 2010 et retenu parmi les 50 meilleurs joueurs de tous les temps, le n°33 des Bulls fut l’archétype du basketteur polyvalent et du coéquipier modèle. Se qualifiant lui même de « LeBron James avant LeBron James », « Pip » complétait parfaitement Michael Jordan. Scottie Pippen a 50 ans : l'éternel numéro 2

Il est enfin sorti de l’ombre. Michael Jordan parti s’essayer au baseball, Scottie Maurice Pippen est devenu le véritable leader des Chicago Bulls. Calife à la place du calife. Tout le monde veut savoir. L’ex-lieutenant modèle a-t-il une âme de commandant en chef ? Peut-il mener une franchise NBA au succès ? Dans la Ligue, son statut médiatique change. La star devient supertar. Fort de ses trois titres de champion, de sa médaille d’or aux J.O. de Barcelone en 1992 et de quelques distinctions valorisantes comme le titre de MVP du All-Star Game 1994 à Minneapolis, Scottie Pippen peut s’attaquer au prochain défi.

A la seconde où les Bulls avaient remporté leur premier titre NBA, en 1991 contre les Lakers, il s’était enfui dans les vestiaires avec le ballon et refusa de le rendre. « Il représente trop de choses pour moi », expliquait-il entre rires et larmes.

Pippen pleurait de bonheur en s’aspergeant de champagne. Il était simplement heureux. Il tenait sa revanche vis-à-vis d’un destin souvent contraire. Petit dernier d’une famille de onze enfants, Scottie naquit à Hamburg (Arkansas), un village de 3 400 habitants. L’été, il travaillait à l’usine. Son avenir était tout tracé. Seule l’école pouvait lui donner une chance de s’en sortir. Mais il faillit tout abandonner quand, rentrant du travail, son père s’effondra, victime d’une attaque cérébrale. L’histoire de Scottie était-elle déjà terminée ? Non. Le basket le sauva. Au lycée, il jouait meneur, sans génie particulier. Son coach, Donald Wayne, se souvient : « Peu de gens croyaient en lui et on me demandait souvent pourquoi je lui maintenais ma confiance ».

Wayne fit beaucoup plus. Il réussit à convaincre Don Dyer, le coach de l’université Central Arkansas, de prendre Pippen dans son staff technique et ainsi de lui offrir une bourse pour ses études. L’équipe évoluait en NAIA, troisième division du circuit universitaire. Mais Scottie ne pensait pas avoir le niveau. Quand deux joueurs quittèrent l’université avant le début de la saison, il courut demander une place dans l’équipe. Le coach accepta. Il ne le regretta jamais. A la fin de la première saison, Pippen fut sacré meilleur joueur de l’université. Il confirma l’année suivante en terminant avec 23 points de moyenne. L’explication de cette transformation ? En deux ans, Scottie est passé de 1,85 m à 2,01 m ! Exactement comme Anthony Davis plus tard. On le compare déjà à Dennis Rodman, lui aussi sorti d’une école NAIA. Mais Pippen ne s’imaginait pas en NBA. Jusqu’au jour où un arbitre lui dit qu’il était plus complet que « The Worm ». « Cela m’a vraiment influencé, avoue Scottie, mais j’en doutais encore en mon for intérieur. »

Drafté par Seattle, échangé à Chicago

Si Pippen n’est pas sûr de lui, les Bulls, eux, le sont. Durant la draft 1987, ils font des pieds et des mains pour le récupérer, alors que Seattle l’a déjà choisi (5e position). L’intérieur Olden Polynice sert de monnaie d’échange. Difficile de contester la justesse du choix. Son entente avec Michael Jordan est parfaite. Les Bulls font main basse sur trois premiers titres NBA. Pippen est en quelque sorte le « M. Plus » de Sa Majesté. Michael étant pratiquement incontrôlable, les coaches adverses cherchent à neutraliser le small forward de 2,03 m et 103 kg. Les chiffres semblent donner raison à ceux qui pensent que la clé du succès de Chicago, ce sont les performances du n°33. Lors des playoffs 1992, la franchise de l’Illinois a perdu cinq matches. Sur quatre des cinq matches, Pippen n’a inscrit que 13.7 points de moyenne. Il doit désormais faire face à la pression.

Pendant la Finale 1993 contre Phoenix, Charles Barkley n’a de cesse de le provoquer. Méthode habituelle : trash-talking, coups de torse, tirage de maillot. A force de se faire remuer par les pires intimidateurs de la Ligue, membres du Cercle des poètes disparus, Scottie s’est forgé un caractère. Feu Anthony Mason et Charles Oakley, n°1 absolu de la faute flagrante, ne se privent pas de l’asticoter durant les affrontements Bulls-Knicks. Pippen pète les plombs en envoyant un ballon sur l’arbitre dans le Game 2 de la finale de Conférence Est 1993. Expulsion et 250 dollars d’amende. « Scottie n’est pas aussi soft que la presse veut le faire croire. Maintenant, il joue dur et c’est un basketteur génial », affirme Pat Riley, pas trop surpris de la résistance de Pippen à son traitement de choc.

« Quand Scottie est au top, il nous marque près de 20 points, il prend une dizaine de rebonds et il délivre autant de passes décisives », déclare Phil Jackson, le coach des Bulls. « Il est notre principal meneur. C’est dans ce secteur qu’il est le plus important. »

Pippen est parfaitement conscient de la pression qu’il doit supporter. « La presse ne me pardonne rien. Si je ne marque pas beaucoup de points dans une rencontre, je me fais aussitôt descendre. C’est comme si je n’avais rien réussi de bon dans ma carrière. Avant de critiquer, il faut bien regarder toutes les colonnes de la feuille de stats. Je n’ai plus rien à prouver à personne. J’ai gagné les titres les plus importants. Ceux qui ne sont pas satisfaits ne m’intéressent pas. »

Ça, c’est envoyé ! De son côté, Michael Jordan est parfaitement conscient de ce qu’il doit au n°33. « Aucune équipe ne peut remporter un titre avec un seul joueur. Si Scottie n’avait pas autant progressé, nous n’aurions jamais été champions. »

Avant la finale de Conférence Est, l’arrière des Knicks John Starks s’était exclamé : « Je déteste les Bulls parce qu’ils ont ce que je désire le plus ».

Scottie Pippen ajoutait : « J’étais comme lui avant notre premier titre. Je détestais les Pistons. La seule différence, c’est que je déteste toujours les Pistons… »

Le roi parti, c’est donc le prince qui a pris le pouvoir en cette année 1993-94. La preuve ? Son show lors du All-Star Game de Minneapolis. Shaquille O’Neal, qui devait tout casser, s’est complètement planté. Scottie termine meilleur marqueur avec 29 points, cueille 11 rebonds et pique 4 ballons à ses adversaires. Avec ses Nike rouges, il fait un malheur. « Tout le monde regardait mes chaussures. Ils ont oublié de défendre », s’esclaffe-t-il.

Il devient le patron des Bulls après la première retraite de Jordan

Les choses sont maintenant claires. Pippen n’est plus le faire-valoir de Jordan. Comme tous ses coéquipiers, il a dû se résoudre à vivre sans lui. Maintenant, c’est lui le patron. Seuls ceux qui ne veulent pas voir ou entendre ignorent l’étonnant potentiel de ce basketteur sorti de nulle part. Bien sûr, il ne sera jamais meilleur marqueur de la Ligue ni top rebondeur. En revanche, c’est un candidat pour le titre de MVP de la saison régulière. Peu de basketteurs possèdent une telle variété de points forts. Pippen peut tout faire très bien. Surtout en défense. La densité de son jeu est exceptionnelle. Avec sa ténacité, sa rage de vaincre, sa taille et surtout sa vitesse, il a toujours posé des problèmes aux attaquants adverses. Personne n’est jamais venu contester sa place dans le meilleur cinq défensif de la Ligue. Chez Pippen, la défense est naturelle. L’après-Jordan lui offre l’opportunité d’être enfin reconnu à titre individuel.

Si Chicago sans « MJ » n’est plus tout à fait Chicago, les Bulls remportent malgré tout 55 matches, deux de moins seulement qu’en 1993. Pippen est n°1 de l’équipe aux points, aux passes et aux steals (n°1 de la Ligue dans cette catégorie). Il termine 3e dans l’élection du MVP et décroche sa première sélection en All-NBA First team. Le hic, c’est qu’il entretient des relations tumultueuses avec Toni Kukoc, ex-superstar croate du Benetton Trévise incorporée dans l’effectif en 1993 (on raconte que bien plus tard, Jordan et Pippen s’amusaient durant les entraînements à envoyer la balle à l’autre bout de la salle et demandaient ensuite à Kukoc d’aller la chercher, comme un larbin… Anecdote toujours démentie par l’intéressé qui assure n’avoir jamais subi une forme de bizutage et avoir toujours été traité avec respect).

Ambiance électrique avec Toni Kukoc

Printemps 1994. Menée 2-0 par New York en demi-finales de Conférence, la bande à Scottie parvient à égaliser à deux reprises dans la série mais elle ne survit pas à un Game 7 au Madison Square Garden (87-77). Ce que tout le monde retiendra, c’est l’incident survenu le 13 mai 1994 durant le Game 3, alors que les deux équipes sont à égalité 102-102 (New York mène donc 2-0 dans la série). Il reste 1,8 seconde à jouer. Phil Jackson décide de laisser le shoot de la gagne au rookie croate. Pippen est furax. Abasourdi. Il refuse carrément de revenir en jeu après le temps mort. Kukoc réussit son fadeaway jumper au buzzer mais le mal est fait. Scottie, le joueur d’équipe par excellence, le coéquipier dévoué d’hier, passe par une starlette égoïste en mal de reconnaissance. Sondé sur ce fâcheux épisode, Jordan lâche son lieutenant de toujours avec un commentaire lapidaire : « Transférez-le ». Pippen présente ses excuses au groupe. Sa prestation dans le Match 4 participe à sa réhabilitation. Mais son caprice du 13 mai demeurera une tâche indélébile. D’ailleurs, un trade est fortement évoqué durant l’intersaison suivante. L’idée de Jerry Krause ? Proposer Scottie à Seattle contre Shawn Kemp, faire monter Toni Kukoc comme starter au spot 3 et introniser Kemp en 4 à la place d’Horace Grant, parti à Orlando. Rumeur ou pas, le trade ne verra jamais le jour.

La saison 1994-95 est chaotique. Trop justes aux rebonds, trop perméables à l’intérieur, les Bulls peuvent, pour la première fois depuis longtemps, louper les playoffs. Ils s’affichent à 34-31 lorsque Michael Jordan annonce son retour. Chicago clôt son année sur un 13-4 mais perd en demi-finales de Conférence contre Orlando (4-2). Le retour de Sa Majesté renvoie le n°33 à sa partition historique, celle de lieutenant modèle. Notez qu’en 1995, Pippen avait terminé meilleur scoreur, rebondeur, passeur, intercepteur et contreur de l’équipe, performance seulement réalisée par quatre joueurs dans l’histoire. L’arrivée de Dennis Rodman et le repositionnement de Toni Kukoc en 6e homme donnent naissance à la meilleure équipe de basket NBA de tous les temps. Deuxième « threepeat ».

Echangé à Houston pour former un Big Three avec Olajuwon et Barkley

Au lendemain du shoot légendaire de Jordan sur la tête de Bryon Russell, l’Empire vacille. Phil Jackson et Jerry Krause ont atteint le point de non-retour. Jordan prend congé de la NBA une deuxième fois. Transféré contre Roy Rogers et deux tours de draft, Scottie Pippen prend la direction de Houston le 22 janvier 1999 pour former un « Big Three » avec Hakeem Olajuwon et Charles Barkley, l’ennemi juré d’hier. Pippen est désormais le roi. Il fait, seul, la couverture du magazine « Sports Illustrated ».

Durant cette saison écourtée par le lock-out, les Rockets sont à la traîne dans ce qu’on appelle encore à l’époque la Midwest Division. 31 victoires, c’est moins que les Spurs et le Jazz. Le double champion olympique n’est pas heureux dans le Texas. Ni dans son jeu, ni dans sa tête. La visite amicale de Michael Jordan n’y changera rien. Au lendemain d’un 1er tour de playoffs foireux contre les Lakers (1-3), le sextuple champion NBA vide son sac et lâche ce qu’il a sur le cœur : « Michael m’avait bien dit que Charles Barkley ne gagnerait jamais rien avec son gros cul… »

Barkley et Pippen, ce n’était pas l’association du feu et de la glace, c’était le mariage de l’uranium et du plutonium. Une explosion nucléaire programmée. Impossible d’empêcher le champignon atomique. « Pip » peut s’en prendre au popotin de Charles autant qu’il veut. Il n’a pas obtenu l’adhésion et l’unité complètes du vestiaire. Chez les Bulls, Michael n’aurait jamais autorisé cette forme de démission, ce début d’anarchie. Dennis Rodman l’a souvent dit : en dehors du parquet, il avait peu d’affinités, finalement, avec Michael et Scottie. Leurs modes de vie étaient à des années-lumière. Toni Kukoc, Steve Kerr et Luc Longley n’appartenaient pas au même monde. « The Worm » avait ses délires à lui. Mais une fois sur le terrain, tout ce joli monde tirait dans le même sens. La force de Michael fut (aussi) d’éviter l’implosion d’un locker room garni de fortes têtes. Pippen pouvait bien remettre en cause les prérogatives accordées à un Kukoc. Il finit par se ranger derrière l’intérêt général…

Portland et son effectif  « bandant »

A Portland, le milliardaire Paul Allen, co-fondateur de Microsoft avec Bill Gates, active la planche à billets. Les Trail Blazers bâtissent ce qui reste sans doute l’effectif le plus « bandant » (si vous nous permettez) de la décennie 2000. Rasheed Wallace, Steve Smith, Damon Stoudamire, Arvydas Sabonis, Bonzi Wells, Detlef Schrempf, Brian Grant, Greg Anthony, Stacey Augmon, Jermaine O’Neal… Auxquels s’ajoute Scottie, engagé durant l’été 1999 dans un blockbuster deal impliquant Kelvin Cato, Stacey Augmon et Brian Shaw. « The best team money can buy », lâche un peu par dépit Phil Jackson, désormais chez les Lakers. La meilleure équipe que l’argent puisse acheter.

Seulement, l’argent n’achète pas les victoires (les arbitres, si, mais ça, c’est une autre histoire…). Cette équipe de Portland aurait dû s’adjuger un ou deux titres. Peut-être même accomplir le « threepeat » réalisé par Shaq et Kobe. Mais tout bascule un soir du printemps 2000. Finale de Conférence Ouest, Game 7. Au Staples Center, les hommes de Mike Dunleavy laissent filer une avance de 15 points dans le dernier quart-temps (75-60 à 10’28 de la fin). L’histoire choisit son camp. Celui des Lakers. Les Trail Blazers loupent 13 tirs consécutifs. Les Lakers signent un 15-0. Un alley-oop de Kobe pour Shaq enfoncera le dernier clou dans le cercueil d’une équipe de Portland K.-O. debout et ne comprenant pas ce qui lui arrive. Pippen, c’est Napoléon à Waterloo. En 1815, l’empereur des Français prit la fuite après la déroute d’une armée gagnée par la panique. Scottie, lui, reste bien sur le terrain. Mais il est incapable de stopper l’hémorragie, de réveiller ses troupes ou de changer le cours du destin. Imagine-t-on Michael Jordan laisser sombrer son empire ? La superposition des images du Delta Center en 1998 et du Staples Center en 2000 fait mal pour Pippen.

Pendant deux ans, Portland sert d’amuse-gueule aux Lakers au 1er tour des playoffs (3-0). En 2003, les Trail Blazers disparaissent au même stade contre Dallas (3-4). Scottie revient chez lui, à Chicago, dans une mission d’encadrement. Blessé, il ne disputera que 23 rencontres. Son maillot 33 est retiré le 9 décembre 2005. Jeune retraité, « Pip » accomplit plusieurs « petits » boulots : consultant sur ESPN et ABC pour les matches des Bulls, assistant coach aux Lakers, pigiste en Finlande (2 matches) et en Suède (1 rencontre)…

Le coéquipier rêvé

Retenu en 1996 parmi les 50 meilleurs joueurs de tous les temps, le p’tit gars d’Hamburg occupe une place à part dans l’histoire moderne du basket. Son aisance pour mener le jeu lui valut le qualificatif de « point forward ». Attaquant et défenseur-né, archi-polyvalent, excellent finisseur et passeur, Scottie était le coéquipier rêvé pour tout franchise player. Ce fut le lieutenant idéal pour un Michael Jordan dont il ne pouvait pas contester le leadership ni partager l’aura mais dont il complétait à merveille le jeu. La force de « Pip » fit en quelque sorte sa faiblesse. Sorti de l’ombre du maître, il n’exista pas. Ou, du moins, se révéla incapable de franchir le fossé qui sépare un coéquipier légendaire d’un mythe du basket.

Aujourd’hui, Scottie Pippen n’est même plus « ambassadeur » des Bulls, mais il a toujours son buste (raté…) à l’intérieur du United Center. Mais, dehors, devant la salle, c’est la statue de Michael Jordan que tout le monde prend en photo…

STATS EN CARRIERE

17 ans

1 178 matches (1 053 fois starter)

16.1 pts, 6.4 rbds, 5.2 pds, 2 ints, 0.8 ct

47.3% aux tirs, 32.6% à 3 points, 70.4% aux lancers francs

PALMARES

Champion NBA : 1991, 92, 93, 96, 97, 98

All-Star : 1990, 92, 93, 94, 95, 96, 97

MVP du All-Star Game : 1994

All-NBA First Team : 1994, 95, 96

All-NBA Second Team : 1992, 97

All-NBA Third Team : 1993, 98

NBA All-Defensive First team : 1992, 93, 94, 95, 96, 97, 98, 99

NBA All-Defensive Second team : 1991, 2000

Champion olympique : 1992, 96

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