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Kobe Bryant et l’Italie, una storia importante

Kobe Bryant et l’Italie, c’était « una lunga storia d’amore ». Il y vécut sept ans quand son père était joueur pro et il n’avait jamais coupé le cordon. Souvenirs transalpins là tout a commencé avec le ballon orange.

On ne sait pas si Kobe Bryant était plutôt spaghetti bolognaise ou plutôt escalope milanaise (mais il avait un faible déclaré pour le Milan AC). Ce qu’on sait, c’est que la Virtus Bologne – l’ancien club d’Ettore Messina, Antoine Rigaudeau et d’Emmanuel Ginobili- avait allongé la sauce (3 millions de dollars) en septembre 2011 pour tenter de réussir, en plein lockout, ce qui aurait constitué un coup marketing de génie : obtenir la venue du quintuple champion NBA pour un court intérim, soit une dizaine de matches. Début octobre, alors que la cause semblait perdue, l’offre grimpa à 1 million… pour un petit match, ce qui mettait la minute à 25 000 dollars et la seconde à 416 billets verts.

Kobe Bryant, l'Italien

Au-delà du coup de pouce sportif, Bologne se serait assuré un énorme coup de pub. Parce qu’à l’époque, le « Black Mamba » était la superstar du basket américain par excellence. Et parce Kobe a un véritable lien affectif avec l’Italie. Il y a vécu sept ans quand son père Joe était basketteur professionnel dans la Botte. C’est l’un des épisodes les moins connus de la vie du Laker. Et pour cause puisque Bryant était encore un bambino. Alors activons la machine à remonter le temps…

Formé à LaSalle, Papa Joe, un ailier de 2,07 m pour 84 kg, est drafté par les Warriors en 1975 (14e choix). Avant même le début de la saison, il est expédié à Philadelphie, sa ville natale. Motif : désaccord financier. Joe passera quatre ans chez les Sixers puis effectuera trois saisons chez les Clippers – alors basés à San Diego – et une à Houston. Pour Joseph Washington Bryant, l’aventure NBA s’arrête en 1983, à 28 ans. Certains prétendent qu’il a du mal à rentrer dans le moule, d’autres qu’il est trop en avance sur son temps. Pour gagner sa croûte, Joe traverse l’Atlantique, direction l’Italie.

Apprendre l’italien ne fut pas une sinécure pour le petit Kobe, ici aux côtés de sa maman. Depuis cette époque, il parle la langue de Dante quasiment à la perfection.

La famille Bryant s’installe à Rieti, dans le centre de la Botte. La « famille » puisqu’il y a là Mme Bryant, Pamela Cox, sœur de l’ancien joueur NBA Chubby Cox, les deux filles du couple – Shaya et Sharia – et Kobe, le petit dernier, né en août 1978 à Philadelphie, un an avant l’arrivée de Magic Johnson chez les Lakers. Et donc âgé de 6 ans au moment de l’exil italien.

« Je rêvais d’être Van Basten, Maradona, Baggio »

Durant les sept années passées en Italie, « Jelly Bean » a réussi 566 paniers primés (40.5% de réussite). Joe était très apprécié du public pour son jeu d’attaque fait de paniers impossibles, de dunks puissants et de missiles longue distance.« Jelly Bean » disputera cinq saisons en Série A2 – deux à Rieti (1984-86), une à Reggio Calabria, avec une pointe à 69 unités, deux à Pistoia (1987-89), en Toscane – et deux de plus en Série A1, à Reggio Emilia. Moyenne sur 7 ans : 29.7 points à 57.3%… Au début des années 90, après un détour par Mulhouse – pas très rigolo puisque Kobe et ses sœurs doivent se taper deux heures de route pour aller dans une école internationale en Suisse -, les Bryant retournent aux Etats-Unis et se posent à Philadelphie. Kobe se fera un nom avec la Lower Merion High School. Joe, lui, jouera jusqu’à un âge avancé, notamment en ligue mineure ABA, avant d’embrasser définitivement une carrière de coach en WNBA, puis en Asie (Thaïlande et Japon).

Entre 1984 (il a 6 ans) et 1991 (13 ans), le futur Laker ressemble à tous les gamins de la Terre. Il va à l’école et s’éclate avec ses copains en dehors de la classe, sauf quand il faut composer une équipe de foot (on y reviendra). Par la force des choses, il a un peu décroché du basket US. En Italie, le Calcio est roi. Kobe devient un grand fan du Milan AC. Le rachat du club par Silvio Berlusconi en février 1986 marque le début d’une irrésistible domination rouge et noire. Bryant ne sera pas le dernier à craquer pour le trio hollandais Frank Rijkaard-Ruud Gullit-Marco Van Basten. Il ne jure que par le premier. Son idole. Tout porte à croire qu’il aurait tenté sa chance au foot s’il n’était pas revenu sur le sol américain. C’est lui-même qui l’assure : « Gamin, je rêvais un jour d’être Marco Van Basten, un autre jour d’être Diego Maradona, un autre jour d’être Roberto Baggio… »

Ses grands-parents lui envoient des K7 de NBA

De passage à Milan en septembre 2011 pour une opération de promo avec Nike, Kobe s’est vu offrir le maillot de l’Inter, frappé du n°24, par Marco Materrazzi. L’Inter ? Surtout pas, malheureux ! « Depuis tout petit, je suis un tifoso milanista », souligne Kobe. « J’étais nettement moins bon au foot qu’au basket. On me faisait tout le temps jouer gardien : je n’étais pas très doué balle au pied mais j’avais de longs bras… Le joueur NBA qui touche vraiment sa bille au foot, c’est Steve Nash. »

Bryant a fait quelques infidélités au Milan AC puisqu’il a craqué – et on lui pardonne – pour le Barça sous l’ère Rijkaard-Ronaldinho, et cet été encore, on l’a vu effectuer quelques dribbles aux côtés de Neymar, Messi et compagnie. Dans une interview accordée à une télé transalpine en 2007, il expliquait – dans un italien quasi parfait – que c’est en Italie qu’il comprit combien il était important de vivre et de faire les choses avec passion. « De ces années-là, il m’est resté la passion pour le basket, la famille, les enfants, tout ce qui a de l’importance dans ta vie… L’Italie aura toujours une place dans mon cœur. »

Le basket, il s’y mit à l’âge de 3 ans, du côté de San Diego. Papa y fut transféré un an après sa naissance. Les Bryant se plaisent énormément dans le Sud ensoleillé de la Californie. Sur la côte Ouest, Kobe s’éveille au basket. Il annonce à qui veut l’entendre qu’il deviendra une star NBA. Son équipe préférée : les Lakers. Kobe est totalement fasciné par Magic.

« J’ai entraîné des pompistes, des cuistots, des géomètres… et Kobe »

Lorsque les Bryant partent vivre en Italie après avoir séjourné à Houston, ses grands-parents lui envoient les K7 des matches. Kobe les regarde avec son père. Le rêve prendra forme par-delà l’Océan atlantique. Chaque été, quand le clan revient à Philadelphie pour faire un coucou à la famille et aux amis, Kobe peut juger de ses progrès sur les playgrounds. Les conseils de Joe et de son oncle Chubby ont été utiles. Ado, il fera plus que se défendre dans la Sonny Hill summer league. « Pour moi, l’Italie représente tout. Le rêve de jouer en NBA est véritablement né là-bas. C’est là que j’ai appris les bases de ce jeu. Quand je suis retourné aux USA, je savais déjà shooter, jouer sans la balle, je connaissais les fondamentaux, j’étais en avance sur tous les gamins de mon âge. En Italie, je n’étais pas toujours fourré avec les copains. Après l’école, j’étais le seul avec un ballon de basket, à travailler mes moves. Et là, les autres arrivaient avec leur ballon de foot… Le choix était simple : je rentrais chez moi ou je jouais gardien. »

Giovanni Grattoni, coéquipier de « Jelly Bean » à la Reggiana, a gardé un souvenir très précis de cette époque. « Dès son plus jeune âge, Kobe a eu un ballon de basket dans les mains. Il était toujours fourré avec ! En 1989-90, il n’avait que 11 ans mais on savait déjà qu’on avait un petit phénomène devant soi. C’était un garçon gentil et très bien éduqué. Il passait tout son temps avec sa mère et ses sœurs. Parfois, Joe l’emmenait pour qu’il puisse jouer avec nous. »

En réalité, Koke tape souvent l’incruste l’après-midi pour les entraînements. Il ne loupe jamais une rencontre. A la mi-temps, il se pointe sur le parquet et rentre quelques paniers, épatant un public d’abord moqueur en enquillant les 3 points… On pense que le ballon est trop grand pour ses petites mimines et on se fourre le doigt dans l’œil. Quand les joueurs sont sur le terrain, il bosse ses lancers francs à part, vêtu d’un T-shirt qui lui descend jusqu’aux genoux. « D’accord, on était en Italie mais je peux vous dire qu’il baignait dans le basket, passant son temps à jouer contre des plus vieux », explique Joe. « Il était déjà tellement fort qu’il arrivait à tenir tête à des adultes, des joueurs professionnels qui plus est. C’était incroyable ! », s’exclame Giovanni Grattoni.

Mario Boni, ancien arrière-ailier de Montecatini, grand rival de Pistoia, garde un souvenir étincelant de Kobe. Nous sommes en 1990. « Je me rappelle d’un petit bonhomme qui avait pris la balle et planté deux tirs primés. Au début, personne ne le prenait au sérieux mais il rentrait panier sur panier et rendait le public complètement fou… Je le connaissais déjà parce qu’il participait au camp de Cutigliano avec son père. A la fin de la journée, il voulait toujours me défier en un contre un. On voyait qu’il avait du talent mais je n’aurais jamais cru qu’il dominerait un jour l’élite mondiale. »

Sur la photo des participants du camp, le coach apposa – sans doute bien des années plus tard – la dédicace suivante : « J’ai entraîné des pompistes, des cuistots, des géomètres… et aussi Kobe Bryant. »

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Bologne, le rêve fou

« Vivre en Italie fut déterminant pour lui », reprend Joe. « Il a vécu une expérience très différente de celle des garçons de son âge et cela a fait de lui un jeune homme plus mûr. Là-bas, Kobe a appris le sens des responsabilités. Ceux qui le critiquent ne le connaissent pas. Depuis cette époque, il sait ce qu’il veut faire de sa vie et il met tout en œuvre pour y parvenir. »

En 1986, le All-Star Game a lieu à Rome. Le fiston accompagne le papa et joue les ramasseurs de balle. Pour tuer les temps morts, il vise la cible. Et la loupe rarement. Devant ce gamin de 7-8 ans, les 7 000 spectateurs écarquillent les yeux… Le jeune Bryant goûte son premier triomphe. Très proche des Bryant, Giovanni Grattoni fit équipe avec Joe une petite saison. Il rejoignit Pesaro et vit leurs routes se séparer. « On s’est revu par la suite avec Joe durant les matches de saison régulière et on est tombait toujours dans les bras l’un de l’autre. Durant une petite année, on a construit une belle amitié. Avec le temps, on s’est un perdu de vue mais ça m’a fait hyper plaisir de voir que le petit garçon plein de talent que j’avais côtoyé sur le parquet de Reggio Emilia était devenu l’un des plus grands basketteurs américains. C’était écrit : à 11 ans, il avait déjà les moves et la technique du papa. D’ailleurs, il lui ressemble beaucoup et je crois que ce séjour de 7 ans en Italie a énormément compté dans sa formation de basketteur. Le niveau technique très élevé du basket italien à la fin des années 80 a très sûrement influencé Kobe. »

Kobe avec ses deux sœurs, Sharia et Shaya.Début octobre 2011, le président de la Virtus, Claudio Sabatini, abattit donc sa dernière carte. Une offre mirifique : 1 million de dollars pour un match, rebaptisé « Kobe Night ». Une offre clairement déraisonnable. Mais voir Bryant fouler un parquet de Lega, ça n’avait tout simplement pas de prix… Le GM, Massimo Faraoni, s’est particulièrement investi dans ce dossier. En jouant sur la fibre sentimentale : la famille Bryant résida dans la région, à Cireglio, quand papa jouait à Pistoia.

Kobe ira même jusqu’à poser avec un maillot du club. Clin d’œil au passé. C’est Marco Frosini qui lui demanda cette petite faveur. Responsable des équipes de jeunes du club, Frosini est également le créateur d’une ligne de vêtements qui séduit des stars NBA depuis plus de 20 ans – Pippen, Rodman, Shaq, Amar’e, Nowitzki et Gasol sont des clients réguliers. L’idée de concevoir des fringues taille XXXL lui vint à la fin des années 1980 durant le passage au club de Leon Douglas (vu à Limoges en 1983-84). Douglas et Bryant père étaient proches. « Je connais Kobe depuis cette époque », précise-t-il. « Quant aux vêtements, tout partit de la femme de Leon qui m’avait demandé de lui créer une chemise sur mesure ! »

Il ne faut pas croire que la Botte, ce fut toujours la dolce vita… A leur arrivée dans les années 80, les Bryant ne parlaient évidemment pas un mot d’italien. « On ne pouvait compter que sur nous. Il fallait être soudés dans la difficulté », explique Kobe.

Quand il reviennent de l’école, les kids ont des cours particuliers. Au bout de quelques mois, la barrière de la langue n’en est plus une. Et comme papa met à profit les talents développés dans la rue, du côté de Philadelphie, pour briller dans le championnat transalpin, la vie de la tribu Bryant s’adoucit très vite.

Son prof d’éducation physique lui avait conseillé d’abandonner le basket !

Arn Tellem (agent de joueurs), Joe Bryant et Kobe posent avec le maillot de l’Olimpia Milano. La star des Lakers a été socio du club lombard.Joe est un basketteur très apprécié du public pour son jeu d’attaque flamboyant, fait de paniers impossibles, de dunks puissants et de missiles longue distance. Il provoque énormément de fautes et tente donc beaucoup de lancers. La paie qu’il rapporte à la maison est bonne. Cet exil en Italie n’a plus rien d’un purgatoire… Les Bryant passent leurs journées de repos avec les familles des coéquipiers américains de Joe. Parmi ceux-ci figure Harvey Catchings, le papa de Tamika, future star WNBA.

Evidemment, le retour aux States fut brutal. Shaya et Sharia doivent aller au college, Kobe est prêt pour le lycée. Aussi, Pam et Joe décident de rentrer au pays. « Jelly Bean » accepte un poste d’assistant coach à LaSalle. Les Bryant achètent une maison à Ardmore, dans la banlieue de Philadelphie. Kobe ne s’attend pas au choc culturel. Imaginez un lycéen américain noir parlant couramment italien mais ignorant tout des codes urbains US… Il ne cause tout simplement pas le même langage que les gamins ricains de son âge.

Soyez-en sûrs : le double champion olympique ne coupera jamais le cordon avec l’Italie. « C’est vrai, ça me plairait beaucoup de finir ma carrière en Italie. J’ai tant d’amis à Milan et Reggio Emilia… J’ai dit plusieurs fois que jouer en Italie serait un rêve qui deviendrait réalité. Quel que soit le moment, ça me plairait beaucoup. »

« J’ai eu de la chance de grandir en Italie »

Reggio Emilia où tout aurait pu s’arrêter avant même d’avoir commencé. Le trouvant trop frêle, son professeur d’éducation physique lui avait conseillé de stopper le basket et de persévérer dans le foot… Kobe a eu raison de ne pas l’écouter, et en 2015, il tenait à vanter les mérites de la formation en Europe. « Je n’aurais pas été capable de dribbler et de shooter main gauche, et je n’aurais pas eu ses appuis » avait ainsi confié la star des Lakers, fustigeant la formation dans les « académies » américaines. « J’ai eu de la chance de grandir en Italie car Red Auerbach, Tex Winter et tous ces grands coaches venaient y faire des clinics. Ils ont apporté leur savoir aux coaches sur place, qui eux, ont suivi leurs conseils et ont enseigné leurs fondamentaux comme si c’était la Bible. Ils l’ont enseigné aux enfants. Moi, Manu Ginobili et les autres qui avons grandi à cette époque sommes les produits de tout ça. »

Article publié en 2015 dans Mondial Basket

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