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Entre blessures et déceptions, Blake Griffin revient sur son parcours accidenté jusqu’à Brooklyn

NBA – Ancien All-Star reconverti en joueur de complément chez les Nets, Blake Griffin se sent bien pour sa douzième rentrée en NBA.

Clipper de longue date, pendant neuf saisons, Blake Griffin ne se sera pas inscrit dans la même durée du côté de Detroit. Tombé à 12 points et 5 rebonds de moyenne en début de saison passée, les Pistons ont rapidement compris qu’il fallait tourner la page, trois ans seulement après l’avoir ouverte.

Après avoir réussi une première saison de toute beauté, dont un record en carrière à 50 points et une qualification en playoffs (aux forceps), Blake Griffin a dû passer sur le billard pour une opération du genou gauche. Le début de sa fin dans le Michigan…

D’autant que les dirigeants ont entamé une phase de reconstruction avec un effectif très rajeuni. L’ancien Clipper raconte ainsi son arrivée au « training camp », aux côtés de Derrick Rose. Il y a dix ans, ils étaient des superstars de la NBA et les voilà appelés à encadrer une classe biberon.

« Ils nous disent qu’on veut encore être compétitif. Qu’est-ce que tu veux dire d’autre en même temps ? »

« Quand on arrive la saison passée, avec Derrick [Rose], on est les derniers vétérans encore en place après qu’ils ont échangé Andre Drummond, et racheté le contrat de Reggie Jackson. Markieff Morris était parti aussi, tous les vétérans pour ainsi dire », raconte Blake Griffin dans le podcast The Old Man & the Three. « Ils nous disent qu’on veut encore être compétitif. Qu’est-ce que tu veux dire d’autre en même temps ? Ils nous font venir au deuxième ou troisième jour du camp d’entraînement et ils nous disent qu’ils veulent qu’on soit des mentors pour les jeunes joueurs. On savait déjà à quoi s’attendre donc [rires]… Mais sérieusement, on était tous les deux d’accord avec ça. Il y avait beaucoup de respect pour Coach Casey, et Arn Tellem [l’ancien agent actuel vice-président]. »

À leur âge, et alors qu’ils sont sur la pente descendante, on leur annonce qu’ils vont jouer les mentors…

« Derrick était plus facilement échangeable et il était plutôt content de partir [rires]. Mais j’ai accepté mon rôle et je voulais continuer à aider les jeunes. Je ne voulais pas prendre tous les tirs et être ce vétéran qui tire la couverture sur lui. À vrai dire, j’ai pris le moins de tirs de ma carrière, autour de la dizaine. Je jouais peu mais je ne jouais vraiment pas bien honnêtement. En février, ils sont venus me voir pour me dire qu’ils allaient passer en mode « tanking ». J’étais prêt pour une nouvelle situation mais en même temps, je me sentais mal car je n’avais pas réussi à retrouver mes jambes. Je me sentais bien en début de camp mais après ça, j’ai eu énormément de mal à retrouver du jus. Au final, je pense que c’était bon pour les deux camps : j’ai pu récupérer un peu d’argent et passer à autre chose et eux ont pu se concentrer sur leur reconstruction et leurs jeunes joueurs. »

« Tout le monde disait que je n’avais pas mis le moindre dunk depuis un an. Mais je n’avais pas joué le moindre match depuis un an ! »

Après plusieurs semaines de tractations, et surtout de remise en forme, l’ancien voltigeur des raquettes est coupé, et il décide de signer en faveur des Nets, aux côtés de Kyrie Irving, Kevin Durant et James Harden qui s’était ajouté à l’équipe en provenance de Houston. Passé d’un projet de reconstruction à un favori au titre, Blake Griffin a apprécié la différence. Surtout, il était enfin requinqué physiquement !

« J’ai eu six semaines pour m’entraîner et me remettre en forme. Et ensuite, j’ai eu deux semaines d’entraînement avec les Nets avant de jouer mon premier match officiel. Et ça a fait une énorme, énorme différence pour moi. Dès que tu peux avoir six semaines sans être blessé, tu peux vraiment travailler. »

Avec les Nets, il a surtout pu mettre fin à l’infamante (pour lui) série de 464 jours consécutifs sans le moindre dunk. Une donnée anecdotique qui a fini par agacer Blake Griffin car c’était simplement une question d’optique.

« Pour être honnête, ça m’a vraiment gêné. Ils balançaient cette stat que je n’avais plus dunké depuis plus de 400 et quelques jours. Oui, c’est vrai [rires]… mais je n’ai pas joué dans la « bulle » et j’ai été opéré en janvier dernier. Le dernier match que j’avais joué avec les Pistons, c’était avant la pandémie, le 28 décembre 2019 je crois. Ensuite, on n’a pas été dans la « bulle », et je n’ai plus rejoué avant le 24 décembre 2020. Résultat : tout le monde disait que je n’avais pas mis le moindre dunk depuis un an. Mais je n’avais pas joué le moindre match depuis un an ! J’ai effectivement joué 19 matchs avec les Pistons sans dunker, donc ça a suffi pour lancer ce truc. Mais ça m’a énervé car ils savaient très bien ce qu’ils faisaient. Ils avaient la stat en nombre de matchs, 19. Mais ils ont préféré en parler en jours comme ça, c’est plus impressionnant. »

« Je suis content d’avoir commencé à ce moment-là car, si je ne l’avais pas fait, j’aurais peut-être bien raté ma fenêtre de tir »

Arrivé sur la pointe des pieds à Brooklyn, après une fin de parcours très délicate à Detroit et des blessures à soigner, Blake Griffin a peu à peu pris ses marques. Mais, à l’image de son premier panier (un dunk) avec les Nets, il a rapidement trouvé sa place dans l’effectif ultra-talentueux de Coach Nash.

« Pour moi, il s’agissait surtout de m’intégrer au groupe et de remplir les vides. Ils avaient déjà suffisamment de talent offensif en place. Surtout à ce stade de ma carrière, je peux remplir des missions spécifiques : étirer les défenses un petit peu, faire des passes en sortie de pick & roll, défendre et prendre les rebonds, et éventuellement lancer le jeu rapide. Pour moi, c’était surtout une équipe où je pouvais jouer des matchs importants et remplir un rôle. J’ai parlé à plusieurs bonnes équipes mais je pensais que c’était le meilleur choix pour moi. »

Dans la lignée de ce qu’il produisait à Detroit sur ses deux dernières saisons, mais avec un plus petit temps de jeu et de meilleurs pourcentages d’adresse, Blake Griffin a tourné à 10 points, 5 rebonds et 2 passes de moyenne pour les Nets qui ont craqué, pour une pointure de chaussure, face au futur champion, Milwaukee, en demi-finale de conférence. À 38% de réussite à 3-points avec sa nouvelle équipe, en saison comme en playoffs, il revient de loin aussi au niveau du tir extérieur.

« Tout a commencé après ma saison rookie, j’ai embauché un spécialiste du tir et on a complètement transformé ma gestuelle. C’était le truc le plus frustrant de ma carrière. Il me disait de continuer à travailler et de lui faire confiance, ça allait venir… Je l’adore, il s’appelle Bob Thates, et je lui parlais encore récemment. Mais je lui répondais : ‘Bob, je dois rentrer des tirs maintenant ! Je ne sais pas si tu sais ce que je fais pour gagner ma vie…’ On a commencé par changer trois ou quatre aspects : j’avais tendance à sauter en arrière sur mes tirs, à tirer sur la phase descendante, ce genre de trucs. On a commencé comme ça et on a répété, répété, répété. Il a gardé un tableau de tous les tirs que j’ai pris un été, c’est de la folie. C’était n’importe quoi, c’était beaucoup trop. Chaque été, chaque saison, après les entraînements, je faisais mes gammes. Et je suis content d’avoir commencé à ce moment-là car, si je ne l’avais pas fait, j’aurais peut-être bien raté ma fenêtre de tir. »

« Je me sentais le plus en contrôle de mon jeu durant la fin de saison 2014-15 »

À l’aube de sa douzième saison dans la ligue, Blake Griffin a effectivement bien fait évoluer son jeu, lui qui était surtout connu pour exploser les arceaux et décrocher les lustres durant ses premières saisons. Sur ses quatre premières campagnes en l’occurrence, il n’avait jamais fait mieux que 29% à 3-points. Depuis, si l’on excepte sa très courte saison 2019/20 (19 matchs) arrêtée par la pandémie, il n’est jamais tombé sous les 33% derrière l’arc.

De la même manière, Blake Griffin s’est bonifié dans sa relation avec les officiels. Faisant partie d’une des équipes les plus contestatrices avec les arbitres, ce que reconnaissent d’ailleurs volontiers et JJ Redick et Blake Griffin dans ce podcast, chez les Clippers de Chris Paul et Doc Rivers, il expose sa vision des choses sur le sujet.

« Je me suis amélioré avec les années mais je peux être un sale con. En fait, c’est surtout avec quelques arbitres. J’ai une très bonne relation avec certains arbitres, et ça se passe bien à chaque fois. On peut aller leur dire quelque chose mais ils vont te répondre honnêtement. J’ai un problème avec ceux qui se prennent trop au sérieux et à qui tu ne peux pas parler. Ils font comme s’ils étaient trop bons pour répondre à tes questions. Surtout si tu arrives avec la bonne approche et qu’ils ne prennent pas le temps de t’écouter, ça m’énerve vraiment. Parfois, je peux encore envoyer certains regards aux arbitres mais je me suis amélioré. Et je pense que les arbitres diraient la même chose. »

Connu pour ses arabesques et sa puissance dans les airs, Blake Griffin a tout de même été un des meilleurs joueurs de sa génération. Elu meilleur joueur universitaire du pays après sa saison sophomore à Oklahoma (à 24 points, 14 rebonds, 4 passes), puis rookie de l’année en NBA (après sa saison blanche), sextuple All-Star et vainqueur du concours de dunks au passage, il a également flirté avec le titre de MVP en 2014, terminant troisième. Mais « loin derrière » Kevin Durant et LeBron James, se marre-t-il tout de même…

« Je me sentais, je ne vais pas dire dominant, mais le plus en contrôle de mon jeu durant la fin de saison 2014-15 et dans la foulée pendant les playoffs 2015, quand on a joué San Antonio et Houston. À ce moment-là, je pense que j’avais plusieurs aspects de mon jeu qui étaient vraiment à un niveau élevé. Pas vraiment à 3-points, je n’en shootais pas encore. La saison précédente était bonne aussi, car j’avais enfin compris comment mieux gérer l’aspect mental du jeu. Je prenais plus mon temps, j’essayais davantage de disséquer le jeu. Mais la saison 2014-15 est celle où je me sentais le mieux, même si j’ai eu cette infection au coude qui m’a fait manquer des matchs. »

« 2015 était simplement un craquage complet »

Au sommet de son art dans ses années californiennes, entre 2011 et 2015, Blake Griffin n’aura malheureusement pas pu connaître l’ivresse du titre, ni même des Finales NBA.

Certaines aventures de playoffs ont été minées par les blessures, mais d’autres par une véritable défaillance. Comme en 2015, après avoir battu les Spurs, champions en titre en sept manches, les Clippers s’écroulent à leur tour au deuxième tour, à nouveau au Game 7, face aux Rockets de James Harden.

« 2015 était simplement un craquage complet. Je ne pense pas que la mesquinerie ait été ce qui nous a empêchés de gagner cette année-là. C’est à partir de 2016 que l’équipe a commencé à se désunir un petit peu. Quand on était à Oklahoma City pour le Game 5 [en 2014], on était devant. On a foutu en l’air notre avance et c’est après ce match qu’on aurait dû montrer notre force mentale. On était tellement défait après ce match qu’on n’a pas réussi à se remettre en selle pour la suite et on n’a même pas réussi à en gagner un pour avoir un Game 7. »

Toujours placés mais jamais vainqueurs, les Clippers du duo Griffin – Paul finiront par péricliter avec le départ de CP3 pour Houston en 2017, puis l’échange de Griffin l’année suivante en 2018. Mais la carrière de Blake Griffin se définit aussi par une autre constante : les blessures. Joueur explosif s’il en est, l’ailier fort n’a pas été épargné par les pépins, aux genoux en particulier. Mais c’est sa blessure au pied durant les playoffs 2017, face à Utah, qui restent son pire souvenir…

« Le moment le plus difficile était à Utah, quand j’ai senti que j’avais déchiré quelque chose dans mon pied. J’ai essayé de jouer un peu mais j’ai dû sortir et on est allé directement faire une IRM. Le docteur m’a expliqué ce qui se passait quel type d’opération j’allais avoir. Et je me suis complètement effondré, tout seul dans cette pièce. Je me souviens dire à mon agent ou quelqu’un de mon entourage qui était là : mais pourquoi je me fais chier à faire tout ce que je fais ? Pourquoi je m’emmerde à faire tous ces bains froids, à suivre un régime strict, à prendre tous ces suppléments alimentaires ? J’ai utilisé des machines à oxygène, j’ai fait de la cryothérapie… Tu dépenses beaucoup d’argent et de temps, du temps que tu ne passes pas avec ta famille. Mais bon, une fois que je suis sorti de ce trou, je me suis dit que j’avais réussi auparavant à revenir de blessure. Et j’avais réussi à retrouver un niveau de jeu qui me convenait. Après, l’âge rattrape tout le monde, à moins que tu t’appelles LeBron James [rires]. Mais il faut simplement adopter une nouvelle perspective, tu ne peux pas t’apitoyer éternellement sur ton sort. Peut-être même que je ne serais plus capable de jouer maintenant si je n’avais pas fait tous ces efforts en amont. Si ça se trouve, j’aurais déjà fini ma carrière. »

Toujours à la poursuite d’une bague NBA, Blake Griffin peut se consoler en se disant qu’il lui reste encore quelques cartouches dans le barillet, à 32 ans, et dans la meilleure forme qu’il ait connu ces trois dernières années. S’il ne sera certes plus qu’un joueur de complément à Brooklyn, il a une opportunité en or de jouer le titre. Et ça lui convient parfaitement à ce stade…

Blake Griffin Pourcentage Rebonds
Saison Equipe MJ Min Tirs 3pts LF Off Def Tot Pd Fte Int Bp Ct Pts
2010-11 LAC 82 38 50.6 29.2 64.2 3.3 8.8 12.1 3.8 3.1 0.8 2.7 0.6 22.5
2011-12 LAC 66 36 54.9 12.5 52.1 3.3 7.6 10.9 3.2 3.3 0.8 2.3 0.7 20.7
2012-13 LAC 80 33 53.8 17.9 66.0 2.3 6.0 8.3 3.7 2.9 1.2 2.3 0.6 18.0
2013-14 LAC 80 36 52.8 27.3 71.5 2.4 7.1 9.5 3.9 3.3 1.2 2.8 0.6 24.1
2014-15 LAC 67 35 50.2 40.0 72.8 1.9 5.7 7.6 5.3 2.9 0.9 2.3 0.5 21.9
2015-16 LAC 35 33 49.9 33.3 72.7 1.5 6.9 8.4 4.9 2.7 0.8 2.4 0.5 21.4
2016-17 LAC 61 34 49.3 33.6 76.0 1.8 6.3 8.2 4.9 2.6 0.9 2.3 0.4 21.6
2017-18 * All Teams 58 34 43.8 34.5 78.5 1.3 6.1 7.4 5.8 2.4 0.7 2.8 0.3 21.4
2017-18 * LAC 33 35 44.1 34.2 78.5 1.4 6.6 7.9 5.4 2.4 0.9 3.0 0.3 22.6
2017-18 * DET 25 33 43.3 34.8 78.4 1.1 5.6 6.6 6.2 2.4 0.4 2.6 0.4 19.8
2018-19 DET 75 35 46.2 36.2 75.3 1.3 6.2 7.5 5.4 2.7 0.7 3.4 0.4 24.6
2019-20 DET 18 29 35.2 24.3 77.6 0.9 3.7 4.7 3.3 1.5 0.4 2.2 0.4 15.5
2020-21 * All Teams 46 26 42.3 34.1 74.4 0.8 4.1 4.9 3.0 2.4 0.7 1.4 0.3 11.0
2020-21 * BRK 26 22 49.2 38.3 78.2 1.1 3.6 4.7 2.4 2.7 0.7 1.2 0.5 10.0
2020-21 * DET 20 31 36.5 31.5 71.0 0.4 4.9 5.2 3.9 2.1 0.7 1.6 0.1 12.3
2021-22 BRK 1 23 40.0 0.0 100.0 1.0 4.0 5.0 0.0 1.0 1.0 1.0 0.0 6.0
Total   669 34 49.5 33.4 69.6 2.1 6.5 8.6 4.3 2.8 0.9 2.5 0.5 20.9

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