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L’absence de public dans les salles NBA déséquilibre-t-elle les stratégies défensives ?

La question peut paraître étonnante mais des observateurs se demandent si ce n’est pas la pression des fans qui permet aux défenses NBA de faire des impasses sur certains shooteurs à 3-points ?

Il semble se produire un drôle de basculement en ce début de saison. Comme noté par exemple par Kevin Pelton, sur son compte Twitter, on dirait en effet qu’il y a une corrélation entre le nombre de 3-points laissés à l’adversaire et l’efficacité défensive d’une équipe. En gros, plus on laisse l’adversaire shooter de loin (parce qu’on préfère protéger la peinture), plus on souffre défensivement. C’est ce qu’illustre ce schéma.

Mais si on parle de basculement, c’est que la corrélation semblait inversée la saison passée ! Les Bucks et les Raptors avaient ainsi les meilleures défenses, alors qu’ils laissaient le plus de 3-points à leurs adversaires…

Pas de fans = un bonus d’efficacité sur les tirs ouverts ?

Comment expliquer un tel basculement ? On peut en premier lieu souligner que les trois équipes qui laissaient le plus de 3-points à leurs adversaires l’an passé ont connu pas mal de changements à l’intersaison. Milwaukee doit ainsi encore intégrer Jrue Holiday, alors que Toronto a perdu ses deux pivots stabilisateurs (Marc Gasol et Serge Ibaka) tandis que Miami a été plombé par les blessures et les absences liées au Covid-19.

Néanmoins, sur Twitter, Jake Reetz explique plutôt bien qu’il s’agit d’une tendance générale, qui s’explique selon lui par deux facteurs : le fait que les équipes aient globalement développé des stratégies pour punir le « drop coverage », soit le fait pour le pivot de rester bas sur le pick-and-roll pour protéger la peinture, et l’absence de fans.

En quoi l’absence de fans pénaliserait-elle les équipes qui veulent avant tout protéger leur cercle ? C’est que les stats tendent à prouver que si l’adresse sur les tirs bien défendus (un défenseur à moins de 60 centimètres) et moyennement défendus (un défenseur à moins de 1m20) n’a pas vraiment évolué, celle sur les tirs très ouverts (un défenseur à plus de 1m80) a par contre décollé cette saison. Si on représente ainsi le pourcentage d’adresse de ces tirs très ouverts à l’extérieur, depuis 2013, on voit que ce début de saison est très particulier, avec une médiane à 39.2% de réussite et un quart des équipes qui shootent à plus de 42.4% ! C’est absolument énorme…

Il faut tout de même se méfier des conclusions hâtives, cette saison étant très particulière avec une préparation extrêmement courte, perturbée par les cas de Covid-19 et les quarantaines. Clairement, les défenses ne sont pas en place et les attaques qui s’en sortent le mieux sont celles qui privilégient le « drive & kick », avec un jeu très direct.

Néanmoins, la pandémie est un formidable laboratoire et on peut observer que la saison passée, avant l’arrêt imposé par le Covid-19, les équipes à domicile gagnaient 55% des matchs, avec plus de 2.2 points d’écart en moyenne. Dans la « bulle », l’avantage du terrain existait encore bien, avec 52% de victoires pour l’équipe qui recevait avec 1.4 point d’écart de moyenne. Cette saison, il est quasiment nul, avec 51% de victoires et 0.6 point d’écart.

Les fans virtuels de Disney World, au bord du terrain, ont-ils joué un rôle pour recréer artificiellement l’avantage du terrain, ou bien est-ce simplement le fait que la « bulle » a surtout vu des matchs de playoffs, où la hiérarchie était plus claire avec des équipes qui « recevaient » sans doute intrinsèquement meilleures ?

Les fans sont-ils un véritable « sixième défenseur » ?

C’est encore très difficile de trancher, les joueurs admettant tout de même ressentir beaucoup moins de pression dans les salles vides, où ils sont comme à l’entraînement, que face à 20 000 fans adverses.

Et c’est un sujet tactique passionnant : le « drop coverage », et ses impasses sur certains shooteurs adverses, n’est-il efficace que parce qu’il y a la pression des fans pour faire baisser le pourcentage de réussite des joueurs à qui on laisse le maximum d’espace et de temps pour dégainer ?

Dans ce cas, les Bucks devraient par exemple faire évoluer leur stratégie défensive en attendant le retour des fans…

Encore une fois, il y a sans doute de multiples facteurs qui rentrent en jeu, et il est très difficile de mesurer l’impact réel des fans sur la réussite des joueurs, notamment ceux de l’équipe adverse.

« Lorsqu’une équipe se rend dans certaines villes, il y a toujours des pièges, des boîtes de nuit et tout ça », rappelait également Mike Malone après la large victoire de ses Nuggets à Miami, une ville réputée très « piégeuse » grâce à sa vie nocturne. « Maintenant, quand vous allez dans une ville, il n’y a pas vraiment de distractions. »

La seule certitude, c’est que l’avantage du terrain est en chute continue depuis les années 1970.

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