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Dennis Rodman à Dallas… Les coulisses de sa « Dernière Danse » en NBA

Personnage incontournable de la « Dernière Danse » des Bulls de Michael Jordan, Dennis Rodman a en fait quitté la piste aux étoiles sous une autre tunique. Celle des Mavs, chez lui à Dallas.

Laissé libre après la dissolution des Bulls en 1998, Dennis Rodman a terminé sa carrière par deux piges que l’histoire fait bien d’oublier le plus souvent. Car, que ce soit chez les Lakers pour 22 matchs en 1999 ou les Mavericks pour 12 rencontres en 2000, il ne retrouvera plus la flamme.

À défaut d’avoir pu briller aux côtés d’un jeune Dirk Nowitzki, Dennis Rodman aura au moins pu symboliquement bouclé la boucle d’une carrière aussi chaotique que riche en succès. Lycéen sans avenir quand il grandissait à Dallas, le rebondeur/défenseur y aura joué ses derniers matchs NBA…

« Ça va être un beau bordel »

C’est le 25 janvier 2000 que les Mavs signent Dennis Rodman pour un contrat jusqu’en fin de saison. Dallas était alors à 19 victoires et 27 défaites avec un effectif qui s’organisait autour d’un jeune trident encore en quête de reconnaissance : Michael Finley, Dirk Nowitzki et Steve Nash.

Michael Finley est le leader de l’équipe avec ses 22 points de moyenne, alors en route vers sa première sélection All-Star. Dirk Nowitzki n’est lui que dans sa deuxième saison, en pleine métamorphose, passé de 8 points et 3 rebonds pour sa saison rookie à 17 points et 6 rebonds. Quant à Steve Nash, il est encore remplaçant pour l’essentiel, à 9 points et 5 passes de moyenne dans sa quatrième campagne en NBA. Avec des « vétérans » tels Cedric Ceballos, Gary Trent ou encore Robert Pack pour encadrer cette jeune troupe, Dallas est encore une franchise en chantier.

« On avait très mal commencé la saison et on commençait à jouer un peu mieux, mais on voulait essayer d’accrocher les playoffs. On devait tenter un truc », se souvient Mark Cuban pour The Athletic.

En janvier 2000, Dennis Rodman a 38 balais et il sort d’une bien mauvaise expérience avec les Lakers (23 matchs dont 11 seulement dans le cinq, pour 2 points et 11 rebonds de moyenne). Mais le nouveau propriétaire des Mavs, un certain Mark Cuban donc, veut frapper un grand coup… médiatiquement au moins !

« Je me souviens discuter avec Nellie et dire qu’on avait besoin de rebondeurs. À chacune de nos défaites, le débat revenait sur la table. Pourquoi pas Dennis Rodman ? Nellie a fait voter l’équipe pour décider, mais il m’a répondu : ça va être un beau bordel… »

Shawn Bradley en panique

À la faveur de la jeune génération, le vote populaire penche finalement pour le oui. Michael Finley est le leader du groupe : « La jeune garde était plutôt en faveur, menée par Michael Finley, qui était de Chicago et qui avait grandi avec les Bulls », ajoute Charlie Parker, assistant de Don Nelson à l’époque. « C’était sa troisième ou quatrième année quand Rodman est arrivé et il était fan de tous les joueurs qui venaient de Chicago. »

Mais un jeune Dirk Nowitzki (21 ans alors) se laisse aussi envoûter par la possibilité de côtoyer une des légendes des Bulls. « Dirk a grandi en étant fan des Bulls, je suis sûr qu’il le regardait avec beaucoup d’admiration », souligne Sarah Melton, l’ancienne chargée des relations publiques chez les Mavs.

À vrai dire, un seul joueur semble particulièrement réticent à l’arrivée du « Ver » : Shawn Bradley.

Il faut bien dire que le géant mormon a un passif face à Dennis Rodman… « Shawn Bradley était très religieux et je suis sûr qu’il était en panique avec sa perception de Dennis », avance Chad Lewis, le préparateur physique de l’époque. Coach Parker en remet une couche : « Bradley est arrivé dans la ligue à Philadelphie et il me disait : Rodman abusait toujours face à moi, il essayait toujours de me blesser, il me disait que j’étais mauvais. Il m’a manqué de respect de tellement de manières. »

Hébergé par Mark Cuban lui-même, dans sa maison d’ami dans le jardin de son immense villa texane, Dennis Rodman débarque donc à Dallas, la ville où il a grandi (dans la misère des « projects »), terminant notamment le lycée à South Oak Cliff High School. La première impression était déjà tout un programme.

Alors que Dirk Nowitzki était en pleine session avec son gourou, Holger Geschwinder, Don Nelson annule l’entraînement. Dennis Rodman en profite alors pour s’entrainer à sa manière. En l’occurrence, il allait d’un panier à l’autre en balançant le ballon de toutes ses forces, obligé de courir dans tous les sens pour récupérer ses propres rebonds. Un drôle d’exercice de soliste qui allait donner le ton de son séjour texan…

Le Ver s’enterre

« Il était aussi discret qu’une souris », affirme Greg Buckner, alors rookie des Mavs. « C’était incroyable. On s’attendait à ce qu’il arrive et soit un gars qui parle beaucoup et qui veut toute l’attention, qui serait dilettante à l’entraînement, mais c’était tout le contraire en fait. »

À vrai dire, ce n’était pas complètement « tout le contraire ». En ce qui concerne le silence et la discrétion, Greg Buckner a bien raison. Mais pour ce qui est de l’entraînement, il faut bien remettre les choses en contexte.

D’entrée de jeu, le vétéran tatoué et percé a posé ses jalons. « Dennis est arrivé et il nous a immédiatement dit qu’il ne s’entraînerait pas », précise Scott Roth, un autre assistant des Mavs. « Il voulait bien faire du vélo mais c’était tout. Il disait, je ne shoote pas donc je n’ai pas besoin de m’entraîner. Et ça a évolué jusqu’à ce qu’il ne se douche plus avec les gars, et à ce qu’on doive lui trouver un autre vestiaire. »

Non seulement en fin de carrière mais également sans grande motivation, Dennis Rodman était certes encore une superstar pour le fan lambda. Mais son meilleur basket était loin derrière lui… Surtout, mis au défi d’intégrer une équipe jeune pour l’aider à progresser, « The Worm » s’est rapidement enterré.

« Il n’était pas malpoli avec nous, pas du tout, » précise le pivot croate, Bruno Sundov. « Je n’ai rien à dire de négatif sur lui. Il était simplement très réservé et étrange. Même dans l’avion ou les bus, il ne parlait à personne. Zéro conversation. Une fois dans l’avion, ils ont mis un film dans lequel il jouait, je ne sais plus lequel, mais il a dit : éteignez ça ! Il ne voulait pas le voir : non, non, non, éteignez moi ça ! »

« Il arrivait un quart d’heure avant le match »

Là où ça se compliquait nettement, c’est que Dennis Rodman ne parlait pas davantage à son coach qu’à ses coéquipiers.

« Je ne suis pas sûr qu’il connaissait les noms de tout le monde, honnêtement », suppose quant à lui Keith Grant, l’ancien assistant GM. Une situation qui deviendra rapidement intenable quand Don Nelson se met lui aussi à faire dans la communication indirecte.

« Il ne disait pas grand-chose à Nellie, qui voulait pourtant lui donner des instructions », détaille Dwayne Wilson, le préparateur physique qui lui arrivait à discuter avec Rodman. « Mais Nellie me regardait et me disait : Dee, va lui dire de poser cet écran comme ça. Alors que Dennis est juste là ! Je me suis retourné, je lui ai transmis le message et il m’a dit : ‘Ok, j’ai compris’. Je me marrais de cette situation trop bizarre. Mais d’un point de vue basket et QI basket, Dennis était encore super fort. Il connaissait le jeu et il savait ce qu’il avait à faire avant même que la plupart des joueurs comprennent ce qui se passe. »

Encore capable de gober 21 rebonds face à New Jersey dans une défaite d’un petit point, Dennis Rodman assurera 10 de ses 13 matchs avec les Mavs à 12 rebonds ou plus ! Mais le traitement spécial qui lui était réservé – ou qu’il se réservait à lui-même, finissant donc par occuper un autre vestiaire que ses propres coéquipiers – plombait clairement l’alchimie collective naissante du vestiaire texan.

« Il arrivait 10-15 minutes avant le match. On était déjà en pleine préparation mentale sur le tableau avec tout le staff », se souvient Damon Jones. Pendant que ses coéquipiers s’échauffaient quelques heures avant le match, Dennis Rodman était simplement introuvable.

Se déclarant hors-jeu pour les entraînements, il a poussé la limite encore plus loin à Dallas. « Nellie était prêt à faire son discours et tu as Rodman qui arrive et traverse la pièce pour aller prendre une douche », énonce Scott Roth. « Il y a l’eau qui coule, il prend sa douche pendant que Nellie nous présente son plan de match. » Dans le même temps, Dennis Rodman a été titulaire à chacun de ses 12 matchs, ce qui restait en travers de la gorge de Bradley notamment…

Un coup marketing

Pour son premier match à domicile, dans la vieille Reunion Arena, il attira pourtant la deuxième plus grosse foule de l’histoire de la franchise (18 203 spectateurs). Les Mavs se sont inclinés face aux Supersonics (117-106) mais l’effet Rodman était en marche.

« L’autre jour, les Mavs n’ont même pas pu trouver une place sur la Une du Dallas Morning News. On a signé Dennis, et le lendemain, on était à la Une du Figaro », s’extasiait alors Mark Cuban pour Sports Illustrated, « on était sur la BBC, dans chaque journal du monde. »

Fidèle à lui-même, Dennis Rodman termine avec 0 point (un tir tenté), 13 rebonds, 1 passe et 1 interception en 31 minutes. « Les gens s’attendaient à un miracle », déclarait-il pour le Dallas News. « Mais ils ne comprennent pas que ça ne marche pas comme ça. C’est difficile. Prendre des rebonds est facile pour moi. Je peux entrer en jeu et attraper 13 ou 14 rebonds, facile. Mais c’est plus dur de jouer en équipe, surtout avec une équipe jeune qui se cherche encore. C’est difficile. Ce soir, on a eu une chance. On était à -4 et puis 50 secondes plus tard, on était à -12. C’est ce qui va être le plus dur pour moi, après avoir été avec autant d’équipes qui gagnent… »

Élevé dans la marmite du succès des Pistons avec deux titres dès le début de sa carrière, puis de nouveau chez les Bulls qui établiront le record de 72 victoires en une saison et qui lui permettront d’accumuler trois nouvelles bagues, Dennis Rodman savait pourtant où il mettait les pieds en signant avec les Mavs.

Mais, comme son deuxième match en atteste, il ne s’était clairement pas préparé mentalement en conséquence, se faisant expulser, et même suspendre, après être resté assis sur le terrain en protestation. « Il a pété un plomb parce qu’on n’a pas sifflé une faute », rappelle Charlie Parker, « donc il s’est simplement assis par terre. »

« Il se met à poil, je me mets à poil et on règle ça ! »

De retour dans la ville qui l’a vu grandir, Dennis Rodman a permis aux Mavs de retrouver les faveurs des grands médias, pour un temps au moins. À vrai dire, les discussions et les rumeurs qui ont précédé sa signature auront finalement été plus savoureuses que ces 13 matchs disputés avec la tunique de Dallas. Tout comme ce fameux jersey qui n’a jamais vu le jour…

« Cuban est un génie du marketing », reprend Greg Buckner, l’ancien arrière des Mavs. « Il savait que ça allait aider les ventes des Mavericks, et ça allait se vendre partout dans le monde. Un maillot de Dennis Rodman avec le numéro 69 !? Ça allait se vendre comme des petits pains dans la boutique de la Reunion Arena. Il pensait à ça… Même moi, j’en aurais acheté un ! »

Finalement, Dennis Rodman n’aura pas droit à son maillot floqué du 69, la faute à un veto de David Stern. Déjà délogé de chez Mark Cuban par David Stern qui y voit un net conflit d’intérêt, l’intérieur était même prêt à en venir aux mains une fois pour toutes avec le Comish’…

« On devrait enfiler des foutus gants et se mettre sur un ring pour voir qui sortira gagnant », s’emportait alors « The Worm ». « Je m’attends à ce que David Stern prenne des sanctions, mais je m’en fous ! David Stern et moi, on doit éclaircir nos différends. Comme je l’ai dit, retrouvons-nous dans un ring. Il se met à poil, je me mets à poil et on règle ça ! »

Ayant déjà collaboré avec les superstars du catch, Dennis Rodman cherchait peut-être un dernier contrat, un ultime frisson à défaut de pouvoir relancer sa carrière NBA. Même Steve Nash, qui incarne pourtant la courtoisie canadienne, a peu goûté l’épisode : « Dennis voulait les projecteurs mais il n’a jamais vraiment voulu être un Maverick. »

Rodman en clown triste

Sans victoire ni étincelle, l’aventure a tourné court au bout de 43 jours. Avec une 9e défaite en 12 matchs, le 7 mars 2000, Dennis Rodman s’en prend directement à Mark Cuban en déclarant que le propriétaire est beaucoup trop intrusif dans l’entourage de l’équipe, sachant que cette dernière aurait besoin « d’un pivot remplaçant, d’un pivot titulaire, d’un vrai ailier fort et de deux arrières ».

« Il n’a pas besoin d’être avec les joueurs tout le temps comme s’il était un des coachs », envoie Dennis Rodman. « C’est comme [le propriétaire des Dallas Cowboys en NFL] Jerry Jones et c’est stupide. C’est pour ça que les Cowboys se sont écrasés. Il doit être le propriétaire, prendre un pas de recul et placer des gens qui mettent sa franchise dans la bonne direction. »

Le lendemain, le 8 mars, Dennis Rodman se fait virer ! Mark Cuban niera que cette déclaration était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Les résultats des Mavs ont suffi à justifier le renvoi du quintuple champion.

Et, preuve que tout s’est bien fini entre les deux hommes, Dennis Rodman n’en a jamais tenu rigueur à Mark Cuban de l’avoir congédié si abruptement. « Il a été cool avec moi, il avait foi en moi. Il aimait comment je jouais et comment j’arrivais à me marketer », a déclaré le basketteur bien des années après. « Il se sentait mal pour moi parce que ça n’avait pas marché, mais je lui ai dit que j’avais apprécié mon expérience, et je l’ai remercié. »

Peut-être le savait-il déjà, ou pensait-il encore qu’il pouvait rebondir une énième fois, mais on ne reverra plus le caméléon Rodman sur un terrain NBA. Cette aventure de courte durée avec les Mavs, en superstar isolée et esseulée, sera le dernier tour de piste de Dennis Rodman, aux faux airs de clown triste.

Son premier match à domicile

Son deuxième match, terminée par l’expulsion

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