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Rudy Gobert nous détaille les ingrédients de la montée en puissance d’Utah

Le pivot français est revenu avec nous sur les raisons du succès actuel du Jazz, vainqueur de 18 de ses 20 derniers matchs, et sur un mois de février qui fera office de révélateur.


Avec l’arrivée de Mike Conley et de Bojan Bogdanovic cet été pour épauler Donovan Mitchell à la création, le Jazz s’était clairement positionné comme l’un des prétendants à la couronne de la conférence Ouest. Pourtant, au matin du 10 décembre dernier, la franchise de Salt Lake City n’en menait vraiment pas large.

Six défaites en huit matchs, dont cinq gifles prises à Indiana, à Toronto, à Philadelphie et à domicile contre les Lakers et le Thunder, les plaçaient dans le ventre mou de leur conférence avec 13 victoires pour 11 défaites.

« On a fait pas mal de changements cet été, donc on savait que pour développer l’alchimie qu’on souhaitait, ça allait prendre du temps mais on a eu un petit creux où on était dans le dur, » nous confirme Rudy Gobert après la victoire du Jazz face aux Warriors. « Défensivement, on n’était pas au niveau et offensivement, on ne partageait pas le ballon. Chacun essayait de faire son truc, on n’était pas comme ça (il joint ses mains ensemble). Donc on s’est regroupé parce que si on veut gagner le titre, parce que c’est notre objectif cette année, il fallait qu’on joue ensemble, qu’on défende ensemble. »

Le pivot des Bleus souligne toutefois que dans le vestiaire, il n’y avait aucune panique. Pas satisfaits du niveau de jeu proposé, les joueurs savaient que ce n’était qu’une question de temps. « Il y avait déjà une très bonne ambiance en dehors du terrain et il fallait juste qu’on ait le déclic sur le terrain, » explique Rudy Gobert.

La connexion Joe Ingles – Rudy Gobert au coeur du rebond d’Utah

Ce déclic est venu suite à la blessure de Mike Conley. Dans le dur depuis son arrivée à Utah, l’absence du meneur a poussé Quin Snyder à repenser sa rotation. Joe Ingles, lui aussi en difficulté lors des 25 premiers matchs, a donc retrouvé une place de titulaire, et avec celle-ci ses automatismes avec Rudy Gobert et Donovan Mitchell.

« Déjà ça a aidé Joe, » se réjouit le Français. « Je pense qu’il avait du mal à trouver son rythme en sortant du banc et quand il a fait son retour dans le cinq, il a été plus agressif, il a pris ses tirs. Et puis, Joe et moi, nous avons une super entente donc quand je lui pose des écrans, il sait qu’il va pouvoir marquer ou qu’il va pouvoir trouver la bonne passe donc c’est dur aussi pour la défense. Et c’est au même moment, qu’on a commencé à jouer ensemble. »

Ce regain d’altruisme a permis à Utah d’enchainer cinq victoires de suite, avant de perdre un match au couteau à Miami. Cette défaite n’a toutefois pas ralenti le Jazz. Avec une identité de jeu retrouvée des deux côtés du terrain, Utah a engrangé 12 victoires lors de ses 13 derniers matchs, dont neuf de 11 points ou plus.

Durant cette série, Utah a également réussi à servir beaucoup plus fréquemment Rudy Gobert à l’intérieur. Le pivot, qui s’était plaint de ne pas recevoir assez de ballons en début de saison, a mis les bouchées doubles pour gagner la confiance de ses partenaires. « En attaque, il est beaucoup plus patient. Il est capable d’attraper la balle en mouvement alors que lors des dernières saisons, ce n’était pas toujours le cas et il a vraiment mis l’accent sur ça, » nous faisait d’ailleurs remarquer Donovan Mitchell.

Un lien encore à trouver avec Mike Conley

Force est de constater que ce travail a porté ses fruits. Lors des vingt derniers matchs, Rudy Gobert a marqué 15 points ou plus à 15 reprises, dont huit matchs consécutifs, série en cours. Pour Quin Snyder, l’impact du pivot sur le « spacing » de son attaque est peut-être même plus important que la première chose qui vient à l’esprit sur la question, à savoir l’adresse extérieure.

« Il est peut être notre meilleur joueur en termes de spacing. S’il ne reçoit pas la balle, il ne reste pas trop longtemps dans la raquette quand il met son vis-à-vis dans son dos, il ne reste pas sur la même ligne que les autres, et il réussit à créer des espaces pour ses coéquipiers, » décrit-il. « Il reçoit la balle plus fréquemment qu’en début de saison même en dehors de ses zones, en particulier sur pick-and-roll. Ce n’est pas forcément sur post up mais les gars font l’effort de lui donner la balle parce qu’il a vraiment bossé dur, tout particulièrement sur ses appuis. Il reste en équilibre, il fait de bonnes passes, il parvient aussi à finir, et vous voyez le résultat. »

Face aux Warriors, le spacing du Jazz était un modèle du genre. Sur chaque pick & roll avec le Français, Joe Ingles était maitre dans l’art d’attendre le dernier moment avant de décider quoi faire. Rudy Gobert plonge alors vers le cercle, et la patience du porteur de balle force le défenseur côté faible à venir poser les pieds dans la raquette pour dissuader la passe vers le pivot. Joe Ingles peut alors alterner entre trouver un shooteur dans le corner ou envoyer Rudy Gobert au alley-oop si la défense reste à l’extérieur.

Quand le sujet est abordé dans le vestiaire après la rencontre, l’Australien, pourtant à l’opposé du casier de Rudy Gobert, prend alors un malin plaisir à rappeler à son pivot que sa forme offensive actuelle vient avant tout des caviars qu’il lui offre. Ce à quoi le Français rétorque qu’il devrait peut être arrêter de lui poser des écrans…

Alors qu’un fou rire s’empare du vestiaire, Rudy Gobert concède volontiers que ses performances individuelles sont une réflexion du jeu collectif du Jazz.

« C’est un travail d’équipe. Mes coéquipiers me cherchent et on a vraiment développé une synergie avec l’objectif de trouver les meilleurs tirs possibles, » décrit-il. « On a tellement de shooteurs et de passeurs, et c’est difficile de nous défendre. La défense doit faire un choix et vu qu’on est altruiste, la défense n’a pas le droit à l’erreur sinon on aura un tir ouvert à 3-points, ou moi sous le cercle ou Don (Donovan Mitchell) qui attaque le cercle. On est conscient de ça et ça nous permet de nous créer des tirs de qualité. »

Le Jazz peut également compter sur le retour de Mike Conley. Après un mois et demi d’absence, le meneur a fait son retour contre Sacramento. Lors de ses trois premiers matchs de reprises, Quin Snyder a d’ailleurs préféré le faire sortir du banc pour ne pas déstabiliser l’alchimie trouvée par son cinq majeur.

Avec le contrat et les performances de l’ancien Grizzly, qui réalise sa pire saison sur le plan statistique depuis l’exercice 2011-2012, les critiques se sont accumulées. L’expérience Conley est pour l’instant un échec mais le joueur a tout de même des circonstances atténuantes. Outre un nécessaire temps d’adaptation à sa nouvelle équipe, il doit également apprendre à jouer avec un pivot dont les points forts offensifs sont totalement différents de ce qu’il a connu avec Marc Gasol.

Un calendrier compliqué à venir pour confirmer ?

Les reproches faits à l’encontre de son nouveau meneur sont-ils trop sévères ? « Le problème c’est que les gens s’attendent à ce que Mike vienne et mette 20 points par match… Mais c’est pas comme ça que ça va passer avec nous. Il y a des matchs où il va en mettre 20, il y a des matchs où il va en mettre moins. Mais le truc avec Mike, c’est qu’il aime bien jouer juste. C’est pas un mec qui va forcer. Il va jouer dans le flow de notre jeu et il est vraiment bon là dedans, » nous répond le pivot, avant de conclure. « Et puis il a aussi une grosse expérience pour clôturer les matchs. C’est une autre arme à notre arsenal et c’est très très dur à défendre. Quand t’as Donovan (Mitchell), Bojan (Bogdanovic), Joe (Ingles)… Mike (Conley), Jordan (Clarkson)… On a vraiment beaucoup d’armes et c’est ce qui nous rend très dangereux. »

L’alchimie du Jazz s’apprête toutefois à passer au révélateur. Meilleure équipe de la ligue depuis Noël, selon Cleaning The Glass, Utah a tout de même bénéficié d’un calendrier clément. Lors de leurs vingt derniers matchs, ils n’ont rencontré que trois équipes avec un bilan positif (Heat, LA Clippers, et Pacers).

Cette tendance va s’inverser jusqu’à la fin du mois février. « On a des matchs difficiles qui arrivent et on doit être prêts, » remarquait Donovan Mitchell. Neuf de leurs quinze prochains matchs auront en effet lieu contre des équipes actuellement dans le Top 8 de leur conférence, dont trois face à Houston, deux contre Dallas, et deux contre Denver ! Autant dire que le mois de février aura un impact non négligeable dans la course à la deuxième place de la conférence Ouest.

Au moment de s’étalonner face à des concurrents directs, Rudy Gobert reste lui serein, estimant que le Jazz a toutes les cartes en mains pour continuer sur sa lancée.

« On n’est pas inquiets parce que peu importe notre adversaire, bien sûr il y a des équipes qui sont meilleures que d’autres, mais si on garde le même niveau de concentration et qu’on continue de jouer ensemble, ça devrait aller. »

Propos recueillis à San Francisco.

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