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La grosse interview de Jaylen Hoard, le rookie français des Blazers

Non drafté en juin dernier malgré une belle saison freshman à Wake Forest, Jaylen Hoard (2m06, 20 ans) a tout de même atterri en NBA, du côté de Portland.

C’est dans les méandres du vieux Veterans Memorial Coliseum de Portland que Basket USA a retrouvé la trace de Jaylen Hoard. L’ancien pensionnaire de l’INSEP puis de la Wesleyan Christian Academy et enfin de Wake Forest était en pleine séance de dédicaces.

Aux côtés de Damian Lillard, qui ne savait pas qu’il était Français, Hassan Whiteside ou encore Pau Gasol qui s’est aussi invité à la fête, il a gentiment accepté de répondre à nos questions tout en signant plusieurs centaines de ballons et autres « cadeaux dédicacés », démontrant déjà sa polyvalence et sa capacité à faire dans le multi-tâches !

Jaylen, donnez-nous de vos nouvelles d’abord, comment s’est passé votre été ? 

Ça s’est bien passé. Après la Draft, j’ai appris qu’ils voulaient me signer avec un two-way contract donc j’étais super content. C’était quelques minutes après la Draft, ils m’ont appelé. J’ai accepté directement.

Pourquoi avoir accepté si rapidement ? Est-ce parce que c’est Portland, une grosse écurie de l’Ouest ? 

C’est Portland et quand je m’étais entraîné ici, j’avais vraiment senti qu’ils avaient aimé ce que j’avais montré. Même le ressenti que j’avais avec les coachs et le personnel, je me sentais à l’aise. Et puis, ce sont tout simplement les premiers qui m’ont appelé, donc ça montrait vraiment qu’ils me voulaient. Après, j’ai fait la Summer League avec eux et j’ai trouvé que ça s’était bien passé. Les entraînements, ça se passe bien aussi. En plus, il y a tous les vétérans qui sont déjà là. J’étais surpris d’ailleurs car ils n’avaient pas forcément besoin d’être là car c’était facultatif mais ils étaient tous là pour les entraînements, ils faisaient tous les exercices. Tout ce qui était condition physique, shooting, ils étaient tout le temps là. Jusqu’à présent, tout se passe bien.

Aviez-vous précisément d’autres options après la Draft ? 

J’avais d’autres options mais Portland était la meilleure. Mon option préférée, celle que je regardais vraiment, c’était Portland. Le truc, c’est qu’ils n’avaient qu’un choix de Draft et c’était compliqué de me prendre en 25e choix alors qu’il restait encore des joueurs qui étaient projetés plus haut. Ils étaient vraiment intéressés et ils me l’ont bien fait comprendre et j’ai signé avec eux.

Quel a été votre programme estival ? Avez-vous quand même pu rentrer en France pour un peu de repos ?

Après la Draft, j’ai fait la Summer League et après ça, il y avait le Rookie Transition Camp. Après, je suis parti en France pour dix jours. Je n’avais pas prévenu ma famille, rien ! Je me suis juste pointé. J’ai marché dans la maison comme si de rien n’était, c’était marrant. J’ai pu voir toute ma famille, ça m’a fait plaisir.

Pas plus longtemps que ça ? 

Juste dix jours.

« L’équipe de France ? Ce serait bien d’être appelé pour la préparation »

Avez-vous pu suivre les aventures des Bleus en Chine à la Coupe du Monde ? Êtes-vous plus proche d’un des joueurs en particulier ?

Oui, j’ai regardé. C’était bien. On a fini avec la médaille de bronze. C’était un meilleur résultat que ce à quoi je m’attendais. Ils ont vraiment bien joué. Evan, Rudy… Ils ont bien joué. Frank, c’est mon gars. C’était bien de le voir jouer comme ça à ce niveau sur une telle compétition.

Est-ce que cela vous donne des idées pour la suite, sachant que la France est qualifiée pour les JO de Tokyo ?

C’est un objectif. On ne sait jamais. Au moins, être appelé pour la préparation, ce serait bien. Rien que pour voir ce que je peux faire, ça serait super pour moi.

Dès votre retour aux Etats-Unis, ça a été boulot, boulot, boulot ?

Quand je suis revenu aux Etats-Unis, j’ai d’abord fait une étape à Chicago. Je me suis entraîné avec mon parrain, James Wade (ndlr : élu coach de l’année en WNBA), pendant deux ou trois semaines. Et je suis arrivé à Portland pour les entraînements facultatifs, pour m’acclimater. J’adore la ville, j’essaye de faire un maximum de choses. J’ai fait de la randonnée aux Multnomah Falls. J’ai fait tout le circuit, ça m’a pris trois heures. J’étais avec Nassir [Little] et son cousin. C’était cool.

Comment se passent vos journées depuis que vous êtes bien installé à Portland ?

Ça se passe bien. Les entraînements sont très spécifiques. Le temps est super bien utilisé. Ce que tu as besoin de faire, tu le fais en un bloc le matin. Après, le reste de la journée, tu fais un peu ce que tu veux en gros. Tu es un adulte et tu fais ta vie. Après, si tu veux faire des shoots en plus, ce que je fais, tu peux revenir à la salle qui est ouverte 24h sur 24. C’est super.

On imagine que vous avez trouvé un appartement pas loin du centre d’entraînement, à Tualatin, c’est ça ?

J’habite juste à côté de la salle. Du coup, ma seule priorité, c’est de progresser. Tout ce que j’ai à faire, c’est jouer au basket. C’est ce que j’ai toujours voulu faire.

« Il faut prendre des décisions beaucoup plus rapidement »

Revenons un peu sur la Draft, vous aviez fait une bonne saison à Wake Forest, comment avez-vous vécu cette longue soirée… sans que votre nom soit appelé ?

Je n’avais pas vraiment de regrets, mais j’étais forcément déçu, surtout parce que j’avais ma famille avec moi. Je ne pensais pas ne pas être drafté. J’avais eu de bons retours à l’époque mais ça ne s’est pas exactement passé comme je voulais. Mais, au final, je termine avec Portland, ce qui est super, je vais pouvoir apprendre beaucoup. Je suis dans une franchise qui est vraiment exceptionnelle.

Ça risque par contre de vous prendre plus longtemps pour trouver du temps de jeu dans une équipe très riche et expérimentée ?

C’est vrai que pour gagner du temps de jeu, ça va prendre un peu plus de temps parce qu’ils ont déjà une équipe qui est bien en place, avec beaucoup de vétérans, des joueurs expérimentés, des All Stars. Je pense que c’est bien pour moi aussi car je vais pouvoir apprendre, obtenir beaucoup de conseils et voir ce qu’ils font au quotidien pour avoir de longues carrières. Ça va m’apporter beaucoup pour la suite.

Vous évoquez déjà les gestes du quotidien pour avoir une longue carrière, vous êtes déjà investi sur tous ces détails importants ?

À fond. Quand les coachs voient que tu as envie de travailler, j’ai l’impression qu’ils te donnent plus. Ils vont vraiment te prendre sous leur aile et te monter les choses. J’essaye de bosser et progresser au maximum afin de gagner ma place plus rapidement.

Comment vous sentez-vous dans ces entraînements de début de saison, par rapport à ces joueurs NBA plutôt bien établis pour la plupart ?

Je me sens bien. Bien sûr, le niveau est différent, c’est bien plus élevé que ce que j’ai expérimenté auparavant. Mais c’est vachement bien, c’est vachement libre, ça joue vite, ça joue up tempo. C’est fun. La plus grande difficulté, ou en tout cas la chose à laquelle je dois encore m’adapter, c’est qu’il faut prendre des décisions beaucoup plus rapidement. Tu n’as pas vraiment le temps de réfléchir, de gamberger, il faut vraiment être agressif. Et même au niveau défensif, il faut essayer d’être agressif mais intelligent en même temps parce que des gars comme Dame et CJ, dès qu’ils passent la ligne du milieu de terrain, il faut déjà être prêt à défendre car ils peuvent tirer sur ta tête. Si tu ne fais pas attention, tu ne te rends pas compte que c’est leur distance. C’est des petites choses comme ça, il faut s’y habituer.

Avez-vous également eu à apprendre le playbook ? Y a-t-il beaucoup de systèmes (et variations) à ingurgiter ?

Pour l’instant, je n’ai pas eu trop à le faire. En fait, on a vu trois systèmes qui ont tout un tas d’options. Mais je n’ai pas encore de playbook. Le camp d’entraînement commence tout juste.

Justement, comment vous sentez-vous pour ce grand départ de la saison ? Est-ce que vous êtes prêt pour une semaine très intense ?

Je suis très enthousiaste. Honnêtement, je pense qu’en NCAA, c’était déjà très intense. Même le processus de Draft avec tous les entraînements avec les équipes, c’était déjà beaucoup. Et mon programme individuel pour m’y préparer était aussi intense ! Je pense que je suis prêt, j’ai l’habitude. La différence, c’est le talent et le niveau basket des joueurs… et bien sûr, le physique aussi !

[La légende Pau Gasol entre dans notre champ de vision] Qu’est-ce que ça vous fait de jouer aux côtés d’un joueur de cet acabit ?

Au début, ça fait bizarre mais tu t’y habitues après. Pour moi, c’est super car je peux profiter de leur expérience. Ils ont vécu plein de choses, accompli plein de choses. Il faut vraiment être curieux et leur poser des questions.

« Poste 3 ou 4 ? Peu importe, c’est à peu près la même chose en NBA »

Vous avez signé un « two-way contract » et vous allez donc jouer la plupart du temps en G-League cette saison, comment vous y préparez-vous ? 

J’en parlais avec un des gars du staff. En G-League, tout ce qui importe, c’est ton approche. Si tu n’as pas envie d’être là et que tu penses que tu mérites d’être avec l’équipe une et d’avoir des minutes, c’est là où tu vas te perdre et tu vas mal jouer. Au final, tu n’auras même plus d’équipe. Alors que si tu y vas pour progresser, pour jouer, pour prendre de l’expérience au lieu de regarder les vétérans jouer. Je suis prêt à faire ça.

Pas loin en train de signer des ballons aussi, Damian Lillard se retourne vers nous circonspect : « Quelle langue tu parles ? » Jaylen lui répond que c’est du français. « Ah mais je ne savais pas que tu étais Français. Je t’entends parler dans une autre langue, je me demandais ce qui se passait », conclut-il en rigolant.

Comment vous entendez-vous avec l’autres rookie de l’équipe, Nassir Little, sur ce tout jeune début de saison ? Apparemment, ça se passe bien si vous randonnez ensemble !

On s’entraîne souvent ensemble, on se connaît depuis l’année dernière en fait. On était ensemble au Jordan Classic et on a joué l’un contre l’autre aussi durant la saison.

Vous aviez d’ailleurs disputé le Hoop Summit à Portland dans la foulée du Jordan Classic, le souvenir de cette bonne semaine vous a-t-elle aidé dans votre décision de signer chez les Blazers ?

C’est un bon souvenir, c’est sûr. J’avais bien joué, je m’étais bien entraîné. Je me sens comme à la maison.

En discutant avec Neil Olshey, on a compris que la franchise vous suivait depuis un moment. Et il a notamment souligné que vous jouiez « plus grand que votre taille » : quel poste semble le plus adapté pour vous cette saison, le 4 ou le 3 ?

Je trouve qu’en NBA, les postes 3 et 4 sont assez similaires car dans les deux cas, tu vas être un peu vers l’extérieur alors que l’an passé, je jouais vraiment à l’intérieur. En NBA, le poste 4 joue face au cercle et il peut s’écarter derrière la ligne à 3-points. Au final, peu importe, 3 ou 4, c’est à peu près la même chose.

On imagine que vous devez envoyer à 3-points pour vous préparer à artiller durant la saison ?

Je suis en train de bosser dessus tous les jours avec les coachs. Avant la muscu, je fais du shoot. Après l’entraînement, je fais du shoot. Et je reviens le soir, je fais du shoot. Je vois vraiment la progression. Dès que tu es dans le monde professionnel, tu as le temps de pouvoir faire ça. L’année dernière, j’avais les cours, le basket, les réunions, plein de choses… Là, la seule priorité est de jouer au basket. Si tu optimises ce temps-là, tu ne peux que progresser.

Avez-vous un nombre de tirs réussis à atteindre chaque jour ?

Non pas forcément d’objectifs comme ça. Ce sont différents exercices. Ça dépend des jours en fait. Ce qui est sûr, c’est que je bosse mon tir trois fois par jour.

« Je veux profiter au maximum de la formation des Blazers »

Y a-t-il un coach, un assistant qui vous a pris en main à votre arrivée ? 

Nate [Tibbetts, le nouveau n°2 de Coach Stotts] est l’un des coachs avec qui je shoote. Il y a un autre assistant qui vient d’arriver aussi qui va m’aider avec tout ce qui est vidéo et développement personnel. Le soir, il est toujours dans son bureau, du coup, je pourrai faire du shoot avec lui aussi.

La réputation des Blazers et leur département de « player development » n’est plus à faire, était-ce aussi un argument pour vous qui arrivez sur la pointe des pieds ?

La façon dont ils forment leurs jeunes, c’est super intéressant. C’est vraiment encourageant. Je veux faire le maximum pour en profiter.

Du point de vue défensif, vous sentez-vous partir de loin ou ça va plutôt pas mal sur ces premières semaines ? Car il y aura de sacrés spécimens physiques à se coltiner soir après soir dans la conférence Ouest…

Ça va faire partie de l’apprentissage parce qu’il y a pas mal de bons défenseurs qui ne sont pas forcément des tanks mais ils sont intelligents, ils arrivent à utiliser leurs longs segments, leur vitesse d’appuis. Il y a tout un tas de trucs à apprendre pour bien défendre et dans l’équipe, on a beaucoup de bons défenseurs donc je vais pouvoir apprendre d’eux.

Y a-t-il un joueur en particulier que vous êtes impatients de rencontrer ou de jouer en chair et en os ?

Pas forcément. Je m’entraîne tous les jours face à des gros joueurs, des All Stars, des top joueurs de la ligue. Tout ce dont j’ai besoin, les exemples, je les ai au quotidien. Il y a Dame, CJ, Pau mais les autres aussi, Kent (Bazemore)… La première fois que j’ai switché sur lui, c’était assez intéressant, j’ai fait une super défense mais au final, il a juste fait un petit step back et ça a suffi ! Une autre fois, il y avait un pick & roll très, très haut et je n’avais pas switché en haut. De là où il était, il a tiré et c’est rentré…

Pour finir sur une note plus légère, est-ce que vous jouiez avec les Blazers sur NBA 2k ? 

Sur 2K, ça dépend. Je joue avec les anciens Nuggets de Carmelo et Billups, les Blazers et les Celtics 2008.

Propos recueillis à Portland

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