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Au coeur de la folie de la March Madness : un samedi à Jacksonville

Par  — 

L’un de nos photographes, Thomas Savoja, était à Jacksonville ce week-end pour le premier tour de la March Madness. Il vous emmène au coeur de la folie du tournoi NCAA, et ça commence par la première journée avec quatre matches au programme.Jacksonville, Florida – C’est un soir de décembre dans la grisaille parisienne que le virus du College Basketball m’a finalement rattrapé. Bloqué dans les embouteillages du périphérique, une évidence s’impose à moi : « Et si je retournais sur les parquets de la March Madness ? ». Ma précédente expérience datant de 2012 en Caroline du Nord m’avait laissé un souvenir indélébile avec notamment la victoire épique de la petite Fac de Lehigh emmenée par un certain CJ McCollum face au géant Duke d’Austin Rivers. Le tournoi NCAA est l’occasion d’un tel déferlement de passion autour de la balle orange que j’ai dû me résoudre à replonger !

Pour joindre l’utile à l’agréable, j’ai finalement jeté mon dévolu sur la Floride et le site de Jacksonville, certes loin d’être une terre de basket mais qui a d’autres atouts, tant climatique que logistique. Le dimanche précédent mon départ, au beau milieu de la nuit, c’est avec une certaine anxiété que je suis le « Selection Sunday » depuis mon canapé afin de connaitre les équipes dont j’allais hériter. Kentucky sera finalement la tête d’affiche et je dois admettre une pointe de déception car j’espérais Duke et son épouvantail Zion Williamson.

Il est 15h45 lorsque que je débarque à Miami sous un temps orageux. Après un rapide crochet par Fort-Myers le lendemain pour shooter un match de « Spring Training » MLB entre les Twins et les Pirates, je m’installe à Jacksonville pour quatre jours au cœur de la March Madness. Plus grande ville de l’état de Floride avec ses 1.3 million d’habitants, l’agglomération nommée en l’honneur d’Andrew Jackson, gouverneur militaire du territoire de Floride puis Président des États-Unis est le poumon économique de la région avec une intense activité financière et de services.

La Jacksonville Veterans Memorial Arena est blottie au cœur du complexe sportif de Downtown. Je connais bien les lieux puisque j’ai eu la chance de couvrir à plusieurs reprises les Jaguars en NFL, dont le stade est attenant à l’Arena. J’avoue que je suis agréablement surpris par la qualité des infrastructures. La salle qui héberge habituellement l’Université de Jacksonville dispose d’une excellente lumière et de toutes les commodités usuelles. J’arrive quatre heures avant le tip-off pour prendre mes marques et vérifier mes accréditations. Le responsable média me fait comprendre que les places vont être chères sur le bord du parquet avec la présence de Kentucky et il me conseille de sympathiser avec les gars d’AP et de Getty qui monopolisent les meilleurs spots sans forcément les utiliser ! La salle de presse ressemble à un hall d’aéroport et le nombre de dossiers papier mis à disposition des médias est une insulte à la forêt amazonienne.

Les hostilités débutent à 13h avec dans la région Est un Yale – LSU des plus alléchants puisqu’incarnant l’opposition de deux mondes. D’un côté, une fac de la prestigieuse Ivy League et de l’autre une université sudiste à la réputation sulfureuse dont le coach, Will Wade, est d’ailleurs suspendu pour de sombres affaires de paiement de joueurs.

La fanfare de Yale assurée par… North Florida !

Tremont Waters, le meilleur marqueur de LSU vient d’ailleurs de New Haven dans le Connecticut où se trouve l’Université de Yale. C’est peut-être lui le trait d’union entre ces deux mondes ! Chose amusante, Yale n’a pas déplacé son orchestre car en raison du « Spring break » il n’y avait plus assez d’étudiants disponibles ! Du coup c’est l’Université de North Florida qui s’y colle après que ses musiciens ont enfilé un t-shirt bleu marine arborant le fameux « Y ».

Il y a deux rangées de photographes sous les panneaux et il faut jouer des coudes pour se forger une place ! J’hérite finalement d’un spot au second rang ce qui signifie que mes genoux vont souffrir toute la journée pour rester en position surélevée.

Ce premier match est passionnant du début à la fin et j’adore l’ambiance dans l’enceinte. Les bands donnent le tempo, les mascottes sont omniprésentes et les Cheerleaders au taquet ! LSU s’impose sur le fil grâce à un bel effort de son leader de jeu Skylar Mays qui marque quatre lancers-francs dans les 15 dernières secondes pour donner la victoire aux siens 79-74. « Geaux Tigers ! » scandent les fans. La salle est scindée en quatre parties où s’installent respectivement les supporters de chaque université. Le public est chauffé à blanc !

J’ai été impressionné par la classe d’Alex Copeland, le meneur de Yale, qui inscrira 24 points sur des mouvements emprunts d’un équilibre félin. Yale mené de 18 points a pourtant passé quatre tirs à 3-points dans les derniers instants mais cela n’aura pas suffi. La journée commence sur d’excellentes bases.

Maryland au bout du suspense

À peine trente minutes plus tard débute la rencontre entre Belmont et Maryland. J’ai tout juste le temps de repasser en salle photo pour vider mes cartes mémoires que les joueurs foulent déjà le parquet. Le deuxième meilleur marqueur de l’équipe de Belmont, Kevin McClain, est le premier joueur issu de Floride du Nord à recevoir une bourse en Division 1. Il faut dire que cette partie de l’état est très rurale et que la Floride est plutôt une terre de football. Il a pourtant de nombreux supporters dans les gradins !

Les deux équipes vont nous proposer un match de haute volée qui se dénouera que dans les derniers instants. Les Terrapins de Maryland vont survivre à une défaite annoncée lorsque leur meneur Eric Ayala parvient à détourner in extremis une passe, la transformant en interception décisive. Maryland s’impose sur le fil (79-77) face à une équipe de Belmont qui jouait son second match en 48 heures après sa victoire dans le tour de qualification.

À noter la grosse perf de Dylan Windler côté Belmont, qui enquillera a lui tout seul 35 points dont 7 tirs à 3-points dans un style très inspiré des « step-back » de James Harden. Respect pour le garçon qui n’est pas sorti du match, terminant la rencontre littéralement épuisé ! Et dire que Belmont menait de 12 points à la pause… Malgré cette déception, les Bruins de Belmont pourront rentrer à Nashville la tête haute après une saison hors norme qui les a vus remporter 14 victoires de rang, dont plusieurs matchs références comme le succès à UCLA.

Un coach avec un trou au derrière…

C’est l’heure de la seconde session. Le public est évacué du stade pour laisser place à une nouvelle fournée de spectateurs. Les hostilités reprennent à 19h10 avec Kentucky face à Albinese Christian, ce qui me laisse le temps d’avaler une série de tacos au buffet média.

Malgré l’absence de leur meilleur joueur PJ Washington blessé lors du tournoi final de la SEC, les Wildcats écraseront littéralement les pauvres Texans 79-44. Il y a clairement une classe d’écart entre les deux formations tant techniquement que physiquement : 39 rebonds à 13 sur le match, cela ne pardonne pas !

Anecdote amusante : le coach d’Albinese Christian, Joe Golding, a un seul costume et il a fait un trou dans son pantalon dimanche dernier en célébrant un peu trop activement le « Selection Sunday ». Mais pas question de changer d’habits, et le voilà donc sur le bord de touche avec un trou béant dans le derrière !

La disparité de cette rencontre se reflète dramatiquement dans l’opposition entre les deux meneurs. Alors que Kentucky possède le prometteur freshman Ashton Hagans, ACU aligne le modeste Damien Daniels, 1m73, qui ratera les cinq shoots qu’il tentera !

En conférence d’après-match, Joe Golding reviendra avec humour sur la collecte de crowdfunding qui s’est montée sur Internet pour lui offrir un nouveau costume. Il fera don de la recette pour des œuvres de charité mais pas question de quitter son habit fétiche même si pour le coup il ne lui a pas porté chance.

Seton Hall accompagné d’un prêtre

Il est 21h30 lorsque débute le dernier match de cette journée marathon. Les Pirates de Seton Hall affrontent les Terriers de Wofford. Les joueurs de Seton Hall, université catholique du New Jersey, sont accompagnés sur le parquet par un prêtre. J’ose imaginer que c’est là une tentative de s’accorder les grâces divines pour la rencontre ! Les Pirates arrivent en tous les cas avec de belles références dont des victoires face à Kentucky, Villanova ou encore Marquette.

Si vous n’avez jamais entendu parler de Fletcher Magee et bien c’est l’occasion d’apprendre à la connaitre ! Le joueur de Wofford passera la bagatelle de 7 tirs à 3-points, battant ainsi le record NCAA avec 509 tirs primés en carrière universitaire, soit 100 de plus qu’un certain Steph Curry ! Wofford s’imposera facilement 84-68 malgré les efforts dantesques de l’arrière des Pirates, Myles Powell, auteur de 24 points et que l’on pourrait revoir à la draft NBA.

Il quittera la salle en larmes pour sa dernière apparition sous le maillot des Pirates. C’est aussi cela la March Madness. Wofford, avec ses 1 650 étudiants, avait déjà écrit une page d’histoire en devenant la plus petite école à être classée dans le Top 25 depuis VMI en 1977. Les voici désormais avec leur première victoire en tournoi final.

Il est 1h00 du matin lorsque je rentre dans ma chambre d’hôtel, éreinté mais heureux comme un gamin. Et je n’ai qu’une hâte, retrouver les parquets le surlendemain pour les matchs du second tour !

Toutes les photos de la journée : Flickr

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