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D’Oklahoma à Portland, en passant par Roanne… Les meilleurs souvenirs de Terry Stotts

NBA: DEC 02 Pacers at Trail BlazersSi on ne fait pas de requins avec des dauphins (copyright Laurent Sciarra), Terry Stotts n’est ni de la première ni de la seconde catégorie. Dauphin de Steve Kerr à la dernière élection du coach de l’année, le technicien des Blazers a en tout cas réussi du superbe boulot en Oregon

« Beaucoup de fierté dans notre équipe »

Ces employeurs l’ont évidemment noté et ont sorti le carnet de chèques pour le garder avec eux. Stotts est ainsi lié à Portland jusqu’en 2020, à hauteur de 5 millions la saison à partir de 2017.

« C’est très gratifiant. Par le passé, j’avais eu des expériences de moins de deux ans, à Atlanta et à Milwaukee. Je suis très heureux d’avoir pu obtenir une seconde prolongation de contrat à Portland. »

Finissant la saison à 44 victoires pour 38 défaites, avec une percée jusqu’en demi-finale de conférence en playoffs, les Blazers ont complètement déjoué les pronostics. Preuve du savoir-faire de coach Stotts. Pourtant, ce dernier se défend d’avoir utilisé les projections d’avant-saison pour remonter ses troupes.

« Pas une seule fois. On avait beaucoup de fierté dans ce groupe. Et en fait, dès le début de la saison, chaque joueur savait ce qu’on disait de notre équipe. Ils le savaient tous et je ne voulais pas enfoncer des portes ouvertes. En général, ce genre de rancoeur peut aider pendant une saison mais je n’ai pas eu à l’utiliser. »

Mais la maximisation d’un effectif pas forcément très talentueux (sur le papier), c’est un peu le fonds de commerce de Terry Stotts.

La douceur de vivre du Vieux Continent

En tant que joueur déjà, l’arrière formé à Oklahoma avait expérimenté les joies des « cinderella stories » en NCAA. Par la suite, ce sera la douceur de vivre à la française…

« [Mon meilleur souvenir], c’est la victoire au tournoi Big Eight, lors de mon année junior à Oklahoma. C’était la première fois qu’Oklahoma gagnait un titre de division en 31 ans. On avait un super groupe qui avait largement dépassé les attentes. On avait gagné le titre, puis le tournoi de conférence après. En tant que pro, je dirai mon année à Roanne, en France. On avait fini deuxième de deuxième division et on avait donc pu accéder à la première division. Les succès collectifs sont ceux que je retiens le plus. Et je peux vous assurer qu’on avait fait une bonne soirée après ça… »

Et oui, passé par la Chorale, à l’époque en Nationale 2, Stotts faisait partie des pionniers. De ces rares américains qui osaient s’aventurer sur le Vieux Continent pour jouer à la balle orange.

« Je suis parti seul. A l’époque, je ne dirais pas que j’étais le premier américain car il y en avait déjà quelques uns mais on n’était pas nombreux, ça c’est sûr. J’ai commencé à Cantu, pas loin du lac de Côme et ils sont très passionnés là-bas. C’était une petite ville. J’avais Bruce Flowers, un ancien de Notre Dame [et champion Euroligue avec Cantu en 1982, ndlr], comme coach. J’ai certes été coupé en novembre mais c’était une expérience très positive pour moi. »

Au début des années 1980, ce n’était pas forcément bien vu… ni bien payé…

« J’ai vraiment beaucoup apprécié de vivre en Europe. Je suis arrivé avant l’explosion des contrats pour les américains, comme Danny Ferry par exemple [1 million de dollar la saison à la Roma car Ferry, tout juste drafté, ne voulait pas jouer chez les Clippers, ndlr]. Mais j’ai eu l’occasion de vivre à Madrid et à Paris un an, et puis j’ai connu des villes plus petites en Italie [Cantu] et en France [Voiron, Roanne]. J’ai connu la ville et la campagne, et j’ai vraiment apprécié la culture, les gens, la gastronomie. Je n’ai jamais gagné beaucoup d’argent mais ça m’a suffi pour me consolider un filet de sécurité. Et c’était vraiment plus pour l’expérience. »

Le seul diplômé en zoologie de NBA !

Joueur lambda, Stotts a longtemps hésité sur sa carrière de basketteur.

« Ça dépendait de la draft en fait. A l’époque, il y avait dix tours de draft… Et j’ai été sélectionné pendant le deuxième. Si j’avais été choisi plus tard, je n’aurais pas continué dans le basket. Mais là, c’était pas mal et j’ai pu avoir de bonnes opportunités de jouer en Europe, comme au Real Madrid [Estudiantes en fait, ndlr]. L’hiver d’avant, je n’étais pas du tout certain de continuer à jouer. Mon plan était de devenir dentiste. »

En fait, durant toute la décennie 1980, il a eu des opportunités de réorientation assez radicales… Diplômé de zoologie, Stotts a bien failli devenir dentiste, puis représentant en produits pharmaceutiques.

« Je pense que je suis le seul [en NBA avec un tel diplôme]. Je ne pense pas prendre le moindre risque en l’annonçant » se marre Stotts dans le podcast The Vertical. « En fait, je faisais des études pour devenir dentiste et il fallait d’abord obtenir un diplôme en science pour arriver à l’école. J’avais le choix entre la chimie, la physique, microbiologie, botanique, ce genre de cours. Et moi, j’ai choisi les animaux. J’ai eu mon diplôme et j’étais accepté à l’école de dentistes. Mais je n’y ai jamais mis les pieds ! »

Un destin se joue parfois à peu de choses…

Sans sa belle fin de saison senior sur le campus de Norman, Terry Stotts aurait de fait troqué son ardoise de coach pour les ustensiles de torture du dentiste. Comme quoi un destin se joue parfois à peu de choses…

Comme sa rencontre avec George Karl en CBA, dans le fin fond du Montana au début des années 1980.

« J’ai joué pour George pendant trois saisons à Great Falls [en CBA] et on est devenu bons amis. On a gardé le contact et chaque été, je le voyais. A Cleveland pendant des ligues d’été [entre 1984 et 1986, ndlr]. Et puis, je l’ai vu aussi à Golden State après [de 1986 à 1988, ndlr]. Lors de mon année à Paris, je savais que j’allais arrêter ma carrière pro, et lui était coach à Madrid. Je l’ai appelé et je lui ai dit que je voulais devenir son assistant coach l’année suivante, où qu’il soit. Il m’a dit : pas de problème. Et c’était chez les Albany Patroons [en CBA]. On a vécu une superbe saison et c’était le départ idéal pour moi dans le coaching. »

Une deuxième année en CBA à Fort Wayne suffira à Stotts pour recevoir un nouveau coup de fil de son pote Karl. Ce dernier, récemment nommé à Seattle, l’invitait cordialement à rejoindre son staff technique.

Et depuis l’été 1992, le fameux été de la Dream Team à Barcelone, Terry Stotts n’a plus jamais quitté le circuit NBA. Il est même devenu un de ses meilleurs entraîneurs en activité. Un sacré parcours pour ce nomade du basket, enfin sédentarisé à Portland.

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