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Portrait | Robert Parish, vol au-dessus d’un nid de coucou

NBA – Surnommé « The Chief » en référence à un personnage du film avec Jack Nicholson, le pivot emblématique des Celtics est longtemps apparu renfermé et peu souriant. Le pendant, à Boston, de son grand rival Kareem Abdul-Jabbar…

A son âge, il pourrait jouer en vétérans le dimanche matin. Mais il en décide autrement. Dernier vestige de l’époque glorieuse des Celtics, membre du trio le plus fameux de la NBA avec Larry Bird et Kevin McHale, Robert Parish décide de mettre le cap sur Charlotte. Nous sommes en 1994.

A 41 ans, c’est alors le joueur le plus âgé de la NBA. En Caroline du Nord, Bob entame sa 19e saison. Le secret de sa longévité ? Plusieurs règles draconiennes.

On commence par l’interdiction des viandes rouges. « Trop de toxines. » Peu de vices connus. Et un penchant très marqué pour la solitude. « Je n’ai jamais été sociable, admet le natif de Shreveport (Louisiane). La vie en société a tendance à me fatiguer. » Autre règle : ne jamais regarder en arrière. « Ça ne sert à rien. Ce qui est fait est fait. »

Loyal envers les Celtics

Né le 30 août 1953, le Parish quadragénaire est encore capable de maîtriser des pivots qui pourraient être ses gamins. Sa longue carrière est faite évidemment de moments inoubliables (trois titres NBA en 1981, 84 et 86) mais aussi d’épisodes douloureux. Comme la disparition tragique de Reggie Lewis, victime d’une attaque cardiaque lors d’un entraînement en juillet 1993, à seulement 27 ans.

« Ce fut terrible. Maintenant, à chaque fois que j’entre sur un terrain, je pense à Reggie. Même avec lui, la saison aurait été difficile. Alors sans lui… »

Le 8e choix de la Draft 1976 aurait déjà pu, à l’époque, quitter les Celtics pour une équipe jouant le titre. Il fit preuve d’une certaine loyauté envers le club qui lui avait tout donné. « Les Celtics ont toujours été bons et corrects avec moi. Je ne voulais pas partir en les laissant dans la merde. »

En cet été 1994, Parish devient donc un Hornet. « The Chief », comme l’a surnommé Cedric Maxwell en référence au silencieux Chief Bromden, l’Indien géant du film « Vol au-dessus d’un nid de coucou », ne rit jamais. Son visage reste fermé. Il apparaît stoïque en toutes circonstances. Parish ne s’exprime que rarement mais il le fait toujours à bon escient. Certains, à Shreveport, se souviennent d’un jeune garçon timide, gêné par ses centimètres. Le petit Parish ne trouve jamais pantalon à sa taille. Sa mère fait des petits boulots supplémentaires pour pouvoir lui faire tailler des vêtements sur mesure. Pourtant, même avec cette taille, on dut le forcer à jouer au basket.

« Mon plus gros problème était la maladresse. Je grandissais tellement vite que je n’avais pas le temps de m’habituer à ma taille. Je me cognais partout. Si je levais un bras, je touchais une lampe. Je renversais des tas de choses, je me prenais les pieds dans les tapis. C’était une catastrophe… »

L’entraîneur de l’Union Junior High School, Coleman Kidd, reconnaît les bienfaits du basket dans le cas de Parish. « Il était renfermé sur lui-même. Le basket l’a aidé à résoudre son complexe de taille. Même si, à l’époque déjà, il ne souriait jamais, il était très concentré et travailleur. »

Malgré ses 2,16 m, le futur pivot des Celtics n’est pas approché par les grandes universités. Il possède un dobermann qui effraie peut-être les recruteurs… « Un très bon chien », glisse-t-il avec un humour particulier.

Drafté par les Warriors

Parish reste donc à la maison. Il va au Centenary College (Louisiane). Cela lui permet de s’occuper de ses deux jeunes sœurs puisque sa mère travaille énormément. La NCAA, étonnée de voir un grand espoir dans une fac aussi petite, mène l’enquête. On découvre que les examens d’entrée ont été truqués. L’organisme propose à Parish de choisir une autre université. Il refuse. Centenary est interdit de compétition officielle pendant six ans. Quatre ans plus tard, en 1976, Robert est drafté par les Golden State Warriors (8e, donc). L’expression de son visage et son comportement donnent à croire qu’il se fout de tout. Il devient la cible favorite des médias et du grand public.

« On me rendait responsable d’erreurs qui n’étaient pas les miennes. Je suis devenu encore plus introverti. La situation s’est détériorée. Mon transfert à Boston m’a sauvé. »

En 1980, les Warriors échangent Parish et un premier tour de draft (qui sera Kevin McHale) contre Joe Barry Carroll et Ricky Brown. Tout le monde connaît la suite : Bird, McHale et Parish remportent trois titres NBA. Cet échange reste le plus mauvais de l’histoire de la Ligue. K.C. Jones, qui coacha les Celtics pour deux de ces titres, explique que Parish était l’élément qui collait le plus à sa philosophie.

« C’est le joueur d’équipe par excellence. Il était la colonne vertébrale de Boston. Il sacrifiait ses performances individuelles pour le bien du club. Sans lui, nous n’aurions pas été champions. »

Quelques années plus tard, celui qui portait un double zéro chez les Celtics est donc toujours là. Lors de sa dernière saison dans le Massachusetts, il s’est affiché à 11.7 points (49.1%), 7.3 rebonds et 1.3 contre sur 27 minutes. Il n’y a pas de raison que cela s’arrête à Charlotte, pense-t-on, puisque Robert sort d’autres armes pour perdurer : le kung fu – « pour la souplesse et les réflexes » -, la natation, le racquetball (différent du squash en ceci qu’on peut frapper la balle contre le mur aussi bas qu’on le souhaite, il n’y a pas de filet imaginaire) et le jogging – « pour rester en forme ». Pas d’alcool. « Il m’a fallu 15 ans pour réaliser que l’alcool déshydrate le corps. »

Pas d’alcool mais du ginseng tous les jours, de la méditation et du jazz, « pour favoriser la relaxation ». Le tableau aurait été idyllique sans la découverte, durant l’hiver 1992-93, de marijuana dans un courrier qui lui était destiné… Kareem Abdul-Jabbar mit un terme à sa carrière à 42 ans. Robert Parish le battra tranquillement. « Tant que je peux faire mon boulot sur le terrain, je continue, explique-t-il alors. L’âge ne veut rien dire pour moi. Quand j’aurai 50 ans, là oui, ça comptera. Cela signifiera que j’aurai vécu un demi-siècle… »

Parish ignore à l’époque qu’il n’a plus que trois ans à passer dans la Ligue. Dans l’ombre d’Alonzo Mourning, il tombe à 4.8 points de moyenne (4 fois starter, 16 minutes de temps de jeu). Le départ de « Zo » pour Miami en 1995 ne change rien. Il est titulaire à 34 reprises mais son temps de jeu baisse encore et sa production aussi. En 1996, « The Chief » rejoint Chicago. Son apport est totalement anecdotique mais il décroche une quatrième bague de champion à titre personnel.

Quatre bagues et une place au Hall of Fame

A 43 ans, Parish tire sa révérence. C’est le troisième joueur le plus âgé à avoir disputé un match NBA après Nat Hickey (46 ans, très précisément 45 ans et 363 jours en 1948…) et Kevin Willis (44) qui traînait encore sa carcasse sur les parquets US il y a quelques saisons. Son record de 1 611 matches joués – étalés sur 21 saisons – n’a pas été battu.

En 1996, le trio Bird-McHale-Parish, considéré comme le meilleur frontcourt de tous les temps, intégra le fameux club des 50 plus grands joueurs de l’histoire. Boston a retiré son maillot 00 en janvier 1998 à la mi-temps d’un match Celtics-Pacers, ce qui permit à Larry Bird, alors entraîneur d’Indiana, de participer à la cérémonie. Cinq ans plus tard, « The Chief » devenait Hall of famer.

Parish s’essaya au coaching en 2001 dans une équipe de ligue mineure (les Maryland Mustangs en USBL). Vingt-cinq ans après la fin de sa carrière, il laisse une image double. Celle d’un homme ombrageux et peu accessible. Et celle d’un joueur neuf fois All-Star (plus de 23 000, plus de 14 000 rebonds et plus de 2 300 contres en carrière), pilier d’une équipe légendaire et pivot atypique : longiligne, polyvalent, rapide en contre-attaque et adroit à mi-distance.

Comme Abdul-Jabbar avec le skyhook, Parish inventa sa spéciale, un tir en suspension très courbé. Bill Walton, qui fut son coéquipier de 1985 à 87, parla un jour du « meilleur big man shooteur de tous les temps » en s’appuyant sur l’adresse de l’intéressé (53.7% aux tirs en carrière et 72.1% aux lancers francs).

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