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Randy Foye, le coeur à l’envers

Randy Foye a 7 ans lorsque le corps médical découvre qu’il « souffre » d’un situs inversus : son cœur est situé à droite ! Une anomalie rare qui n’a jamais réellement hypothéqué la carrière sportive de l’ancien arrière des Nets et des Wolves.

On ne le sait pas mais Randy Foye est un spécimen unique dans le sport professionnel puisu’il présente en effet un cas rare de « situs inversus ». Traduction : son cœur est situé à droite… Le foie, la vésicule biliaire et les vaisseaux sanguins occupent eux aussi une place inhabituelle. En médecine, le situs inversus (par opposition au « situs normal » ou « situs solitus ») désigne une anomalie caractérisée par la position inverse d’un organe ou de tous les organes du corps. Dans le cas qui nous intéresse, le cœur occupe une position « en miroir » par rapport aux standards habituels. Théoriquement, cette anomalie n’augmente pas les risques de malaises cardiaques, du moins quand elle est isolée. Pour preuve, elle n’a pas empêché Randy Foye de mener une carrière professionnelle de haut niveau. Tous les médecins consultés par l’ex-Timberwolve se sont d’ailleurs montrés rassurants : ce situs inversus ne devrait pas avoir d’impact sur son parcours sportif. Randy Foye peut donc mener une vie tout à fait normale. Enfin, à peu près normale…

Orphelin à 6 ans

On ne peut pas dire, en effet, que le destin a été tendre avec cet arrière natif de Newark (Etat du New Jersey). Randy a 3 ans quand son père Antonio se tue dans un accident de moto. Trois ans plus tard, sa mère Regina l’emmène au jardin d’enfants en compagnie de son frère. Il ne la reverra jamais… Regina Foye aurait été kidnappée puis assassinée. Randy sera élevé par ses deux grands-mères dans le New Jersey.

« Si je trouvais la lampe d’Aladin, mon vœu le plus cher serait de faire revenir mes parents », confie-t-il au sujet de cette double tragédie.

L’image de sa mère ne le quitte jamais : il s’est fait tatouer son visage sur ses pectoraux, côté gauche. D’ailleurs, il ne désespère pas de la revoir un jour. A 7 ans, Randy Foye souffre d’une pneumonie. Sa famille le fait hospitaliser pour deux semaines. Un docteur tente de l’ausculter et cherche en vain les battements de son cœur côté gauche. Il les trouve côté droit.

« Ils ont tout de suite rassuré ma grand-mère en lui disant que tout fonctionnait normalement. Il n’y avait pas lieu de s’inquiéter. »

Foye est le seul sportif connu touché par cette pathologie qui serait liée à une déformation génétique. Une personne sur 10 000 est concernée par un situs inversus. A l’école, Randy garde son secret.

« Je ne voulais pas qu’on me pointe du doigt en raison de ma différence. »

Un jour pourtant, son institutrice, Mrs Goldstein, l’encourage à ouvrir son cœur pour apaiser son esprit.

« Randy a quelque chose de très spécial à vous dire », annonce-t-elle devant la classe. « Une fois mon secret révélé, tout le monde voulait me toucher », raconte Foye.

Quand Randy rencontre Joakim

Au lycée, à la East Side High School, sa scolarité se poursuit normalement. Randy Foye compte parmi les meilleurs espoirs de basket du pays. Intérieurement, sa grand-mère s’inquiète en le voyant dépenser son énergie sur les parquets sans compter.

« Mais j’étais complètement mordu de sport, objecte Randy. Elle n’aurait pas pu m’enlever ça. »

La preuve : il décroche le titre de Joueur de l’année de l’Etat du New Jersey. Jay Wright, coach de la fac de Villanova, près de Philadelphie, le convainc de rejoindre les Wildcats. A son arrivée sur le campus, le staff médical donne son feu vert sans hésitation : Foye ne court absolument aucun danger. De fait, il mènera une carrière universitaire brillante (15 points, 4.8 rebonds et 3.2 passes de moyenne sur 4 ans). Au terme de sa saison senior, en 2006, il est élu Joueur de l’année de la Conférence Big East. Durant la « March Madness », Villanova s’incline 75-62 contre le Florida de Joakim Noah, en route vers le premier de ses deux titres NCAA. Pour sa dernière année à la fac, Foye s’est affiché à 20.5 points, 5.9 rebonds et 3.3 passes de moyenne. Il est temps de faire le grand saut en NBA.

Un secret bien gardé

Randy ressent un nœud à l’estomac en imaginant que son dossier médical puisse constituer un obstacle insurmontable.

« Dans un premier temps, j’ai essayé d’en parler le moins possible. J’avais peur que ça fasse reculer des équipes avant la draft. Si ça ne sortait pas au grand jour, je n’avais aucune raison d’en faire état. Et puis mon agent, Steve Heumann, m’a dit : « Si la moindre équipe émet des réserves, je t’emmènerai voir le meilleur cardiologue au monde pour prouver que tu peux tenir ta place ». C’est vrai : j’avais joué normalement avec ça jusque-là. Pourquoi ce situs inversus m’aurait-il subitement empêché de jouer ? »

La vérité éclate à Orlando durant un camp pré-draft. Les tests médicaux trahissent une fois encore son secret.

« Chez moi, tout est inversé, confie-t-il à l’infirmière, médusée, qui s’occupe de lui. Mon coeur est de l’autre côté… »

Les craintes de Foye ne sont finalement pas fondées.

« Aucune équipe ne m’a appelé pour me parler de son dossier médical », assure Steve Heumann.

Retenu en 7e position de la draft 2006 par Boston, Randy Foye est transféré deux fois au cours de la soirée pour finalement revêtir le maillot de Minnesota. Le staff des Timberwolves mène des examens approfondis pour aboutir à un constat simple.

« Il n’y a aucune contre-indication relative à une pratique sportive de haut niveau, expliquait à l’époque Jim Stack, GM de l’équipe. Physiquement, Randy a parfaitement réussi les tests. Son potentiel athlétique est satisfaisant. C’est même l’un des meilleurs joueurs du groupe en termes d’endurance et de résistance. Ce constat s’est imposé à nous comme une évidence. »

Cité sur Wikipédia

Le magazine américain « Sports Illustrated » a fait référence au cours de l’année 2006-07 à la trajectoire singulière du basketteur débutant de Minneapolis. Un joueur déjà nanti, à l’époque, d’une solide réputation. Foye a dû apprendre très tôt à affronter l’adversité. C’est sur le bitume, dans des parties de basket endiablées, qu’il s’est forgé un mental en acier doublé d’un caractère bien trempé. En dehors des parquets, Randy redevient un nice guy. Un mec bien, avec le cœur sur la main.

« Je ne me suis jamais préoccupé de mon anomalie, assure-t-il. Je me suis contenté de jouer mon jeu. Si quelque chose doit arriver, eh ben ça arrivera… Je ne peux pas contrôler ça. Je veux juste pouvoir dire que je me suis donné à 100% quand j’étais sur un parquet. Je rencontre beaucoup de gens qui sont dans le même cas que moi. Des gamins m’écrivent des lettres et des e-mails pour en parler. J’essaie de leur répondre et de leur envoyer des petits trucs. Je veux qu’ils sachent que je suis là pour eux. »

Dans l’encyclopédie Wikipédia consultable sur le Net, une note consacrée à Randy Foye accompagne l’article sur le « situs inversus » en version anglaise. C’est la seule personnalité connue atteinte de ce trouble.

« C’est bon d’entrer dans l’histoire, commente, amusé, Randy. Pas seulement l’histoire du basket. »

L’histoire du basket, elle, retiendra que Kevin McHale préféra Randy Foye à Brandon Roy. Puis qu’il refusa de céder Randy Foye le jour où on lui proposa Allen Iverson. Kevin Garnett avait milité pour la venue de « The Answer » dans la région des Grands Lacs. Quelques mois plus tard, Garnett quittait son club de toujours, direction Boston. Il ne s’en est jamais plaint. Allen Iverson, si.

Basket USA

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