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[Happy Birthday] Dennis Rodman : le ver est dans le fruit

Dennis RodmanSept fois meilleur rebondeur et deux fois Défenseur de l’année, Dennis Rodman (55 ans ce 13 mai) a prouvé qu’on pouvait devenir une star NBA sans marquer de points. Pour le grand public, « The Worm » est d’abord le personnage déjanté qui défraya la chronique au cours de la décennie 90. Detroit a rendu justice au basketteur en retirant son maillot. Le monde du basket aussi en l’intronisant au Hall of Fame.

Il est des blessures qui ne cicatrisent jamais. Comme une enfance malheureuse.

« Je ne me souviens plus de moi étant jeune. J’ai quelques rares photos, c’est tout. J’étais un enfant paumé dans un univers en totale destruction. Autour, tout n’était que gangstérisme et pauvreté. »

Difficile de croire que Dennis Rodman ait pu être un garçon timide et introverti. Au début des années 90, il songea même à en finir avec la vie. A partir de cet instant, il vécut la sienne à 2 000 à l’heure. « Dennis la menace » devint l’archétype du « bad boy ». Rebelle. Indomptable. Déjanté. Extravagant. Provocateur. Inconscient. Avec sa nonchalance, son air go­guenard et son sourire narquois, Rodman amusa autant qu’il agaça. Pour la NBA, c’est une plaie permanente. Pro de l’agression physique et verbale, roi de la faute technique, prince de l’expulsion… L’énergumène a tous les talents. Et tous les culots. Perturbateur-né, il excellera dans l’art de foutre la merde.

Pour les plus jeunes, « The Worm » (le Ver) est un héros. Dennis est de toute évidence timbré. Il fait peur autant qu’il intrigue. Le look résume toute la singularité du personnage. Les percings et les tatouages ne suffisent pas. Alors, Dennis se teint les cheveux au gré de ses humeurs, de ses envies et de ses lubies. Dans l’univers très policé de la NBA, le bonhomme détonne. Rodman fait sensation là où on ne l’attend pas. Sur les plateaux de cinéma. Sur les rings de catch. Dans les magazines pour adultes. In bed with Madonna. En décembre 1996, « Rolling Stone » le propulse à sa Une, affublé de cornes, langue pendante. Rodman créature de Satan ? Pas besoin de mise en scène. Pour beaucoup, « The Worm » fut l’incarnation même du Mal. A la fois inquiétante et fascinante…

A L’AÉROPORT DE DALLAS, IL PORTE LES BAGAGES

Dennis Keith Rodman naît le 13 mai 1961 à Trenton (New Jersey). Sa maman se prénomme Shirley. Son père, Philander, est un vétéran de la guerre du Vietnam. Il fut pilote Air Force pendant 17 ans. Philander abandonne le foyer quand Dennis a 3 ans. Plus tard, on retrouvera sa trace aux Philippines, où il s’occupe d’un bar. On découvre alors qu’il a eu 27 enfants avec quatre femmes différentes… Pour nourrir la petite famille – Dennis a deux soeurs, Debra et Kim -, Shirley doit occuper plusieurs boulots. Parfois quatre en même temps. Au sujet de ce père absent, Dennis se montrera impitoyable :

« Je ne l’ai pas vu depuis plus de 30 ans. Voici ce que j’en dis : un homme a aidé à me mettre au monde. Ça ne signifie pas pour autant que j’ai un père. »

La famille Rodman vit dans l’un des quartiers les plus dangereux de Dallas. Dennis en souffre d’autant plus qu’à la maison, il n’y en a que pour ses soeurs cadettes. Sa mère les considère plus douées que lui au basket. D’ailleurs, Debra et Kim seront toutes deux All-American. Dans cet univers exclusivement féminin, Dennis étouffe. C’est un ado mal dans sa peau. Avec les filles, Dennis ne sait pas comment s’y prendre. Il connaîtra sa première expérience sexuelle à 20 ans, avec une prostituée.

« Pas un souvenir mémorable… »

Pour le jeu non plus, Dennis n’a aucune prédispo­sition particulière.

« Je n’étais même pas foutu de réussir un lay-up. »

A la South Oak Cliff High School, il passe son temps sur le banc ou dans les tribunes. Il rêvait de faire du foot américain, sa taille (1,68 m) l’en empêche. A sa sortie du lycée, il fait la plonge dans un resto avant de bosser à l’aéroport de Dallas. Il passe le balai et porte les bagages. Le jour où il vole deux montres et se retrouve au poste, sa mère lui lance un ultimatum. Soit il trouve un job ou une école, soit il intègre l’armée comme papa. Dennis ne veut pas choisir. Alors, Shirley le met à la porte. Comme il a subitement pris des centimètres (18), Rodman décide de retenter sa chance au basket.

Un ami de la famille le met en relation avec le coach d’un junior college de Gainesville. Il est bon sur le parquet mais beaucoup moins en classe. Un bulletin de notes déplorable l’expédie à Southeastern Oklahoma State. Dans cette fac de seconde zone, Rodman sera élu All-American à trois reprises (25.7 pts, 15.7 rbds en carrière). Invité au Portsmouth Invitational, camp pré-draft, il termine MVP et tape dans l’œil des recruteurs de Detroit. Les Pistons le retiendront au 2e tour de la draft 1986 (27e position).

Rien, peut-être, n’aurait été possible sans le soutien des Rich, que Rodman considère comme sa famille de substitution. Dennis rencontra Byrne Rich en bossant dans un camp de basket. Byrne est traumatisé par la perte de son meilleur pote dans un accident de chasse. Ils deviennent inséparables. Le garçon en rupture de ban est adopté par cette famille blanche de l’Amérique rurale.

A « Motown », Dennis trouve un deuxième foyer. Les hommes de Chuck Daly gagnent le surnom de « Bad boys » en pratiquant un basket physique et rugueux, pour ne pas dire violent. Ce ne sont pas des enfants de chœur. Dennis non plus. Le natif du New Jersey est un guerrier qui apporte une dimension bestiale, quasi-animale, au jeu. Il se sent très vite chez lui… Durant sa saison sophomore, Rodman démarre 32 matches. En Finales NBA, les Pistons mènent 3-2 face aux Lakers. Ils sont à -1 à 8 secondes de la fin du Game 6. Joe Dumars rate la cible. Rodman est trop court pour transformer le rebond offensif en panier du titre. Dans le Match 7, Los Angeles possède 15 points d’avance dans le dernier quart-temps. L’écart tombe à +6 avec 3’54 à jouer. Puis +2 à 1’17 de la fin. Une faute du n°10 sur Magic Johnson scelle l’issue de la rencontre.

CAPABLE DE DÉFENDRE SUR UN MENEUR ET UN PIVOT

Rodman est retenu pour la première fois dans le premier cinq défensif en 1989 (9 pts, 9.4 rbds). L’échange Adrian Dantley-Mark Aguirre conclu en février se révèle décisif. En playoffs, les Pistons déroulent. Boston et Milwaukee sont sweepés. Qualification en six manches contre l’équipe du meilleur scoreur de la Ligue, Michael Jordan. 4-0 face aux Lakers en Finales NBA. Rodman est victime de douleurs dorsales mais se montre toujours aussi intraitable en défense et vorace aux rebonds (19 dans le Game 3).
Le départ de Rick Mahorn à Minnesota dans le cadre de l’expansion draft fait craindre le pire. Mais Dennis saisit sa chance. Titulaire pour les 43 derniers matches de la saison régulière 1989-90, le néo-All-Star s’adjuge le titre de Défenseur de l’année. L’équipe se balade contre Indiana (3-0) et New York (4-1) avant d’écarter Chicago sur le fil (4-3). La domination implacable des « Bad boys » se matérialise par un deuxième titre face à Portland (4-1).
Dans sa cinquième saison NBA, « The Worm » devient définitivement titulaire au poste de small forward. En dépit de mensurations quelconques, c’est un athlète hors normes. On dit qu’il est capable d’éteindre n’importe quel adversaire, du meneur au pivot. Il est suffisamment véloce pour s’occuper d’un moustique et assez puissant pour en découdre avec un malabar. C’est un kamikaze du basket, toujours à la recherche du face-à-face, toujours prompt à plonger dans les tribunes pour sauver un ballon. Isiah Thomas se souvient de leur première rencontre en 1986 : « J’ai d’abord remarqué son regard d’excité. Puis je l’ai vu jouer et je me suis dit qu’il était complètement dingue. »

« C’est le joueur le plus détestable qui soit, tranchait Dominique Wilkins. Il te démolit physiquement et mentalement. »

Les adversaires apprennent à craindre un type qui ne passe pas inaperçu avec son corps longiligne, ses oreilles décollées et ses jambes interminables. Dennis s’imposera au fil des ans comme le meilleur ailier rebondeur de l’histoire. Il mesure moins de 2 m (1,98 m pour 100 kg) mais aucun joueur ne possède son sens du sacrifice, sa science du placement et sa faculté d’anticipation. En 1992, il termine pour la première fois meilleur rebondeur de la Ligue avec une moyenne ahurissante de 18.7 prises. Il demeurera le roi de la spécialité pendant 6 ans (record NBA).

« J’en ai fait un art. Rien ne peut m’arrêter. Je pourrais prendre des rebonds avec la tête s’il le fallait. »

« Dennis a l’air fragile mais il est très puissant, explique Chuck Daly. C’est un super athlète qui possède une intelligence et une volonté rares. Il s’entraîne avec des shorts lestés et se tape une demi-heure de vélo à la fin de l’entraînement. Il y a peut-être une bonne centaine de joueurs en NBA qui ont les mêmes capacités mais Dennis est unique. Il montre au monde entier que l’on peut devenir une star sans marquer de points. »

Ces 1 530 prises sur une année n’ont jamais été dépassées depuis. Pas même approchées. Kevin Willis plafonna à 1 258 en 1992. Depuis Wilt Chamberlain en 1972 (1 572 rbds), aucun joueur n’avait été aussi productif dans les airs. Le 4 mars au Palace d’Auburn Hills, Rodman établit son record en carrière : 34 prises face à Indiana en 45 minutes (18 offensives, 16 défensives). C’était la troisième meilleure perf du genre depuis la saison 1972-73. Moses Malone avait gobé 37 rebonds en février 1979, Charles Oakley 35 en avril 1988.

« J’AI TUÉ LA PERSONNE QUE JE NE VOULAIS PAS ÊTRE »

Au lendemain d’une défaite au 1er tour des playoffs 1992 (3-2 face aux Knicks), Chuck Daly remet sa démission. Pour Dennis, qui l’a toujours considéré comme son père de substitution, c’est un véritable drame. Il épouse Anicka Bakes en septembre. Cet ancien mannequin lui avait donné une fille, Alexis, en 1989. Le couple divorce en décembre. Dennis voit s’éloigner sa puce de 3 ans. Deuxième traumatisme. Pour avoir séché le training camp, il écope d’une amende de 68 000 $. Tous ses repères ont volé en éclats. Il est au bord du précipice. En février 1993, on le trouve endormi au volant de sa voiture sur le parking des Pistons, un fusil chargé entre les mains. Il confiera avoir songé au suicide.

« Cette nuit-là, je me suis dit : « Je vais vivre ma vie de la façon dont je l’entends et je vais être heureux avec cette vie-là ». J’ai tué la personne que je ne voulais pas être. J’ai tué le Dennis Rodman qui essayait de se conformer à ce que tout le monde voulait qu’il soit. »

Bloquée à 40 victoires en 1993, la franchise du Michigan loupe les playoffs. Le n°10 possède encore 3 ans de contrat mais il demande à être transféré. Le 1er octobre 1993, il est envoyé à San Antonio. Chez les Spurs, David Robinson est un All-Star indéboulonnable. « L’Amiral » n’a qu’un seul défaut : il est mentalement trop soft. L’arrivée de Rodman, décalé en 4, est censée y remédier. Avec ces deux-là, San Antonio tient a priori une raquette injouable. Le hic, c’est que Dennis est devenu un élément totalement incontrôlable. Affranchi de toute tutelle, « The Worm » prend des libertés avec la discipline. Il loupe des entraînements, se pointe à la salle juste avant le tip-off. Ses frasques alimentent les gazettes. Son idylle avec Madonna s’étale à la Une des journaux. Dès le début de la saison, il fit fureur en apparaissant avec les cheveux teints en blond. Au fil des semaines, ils passent au rouge, au violet, au bleu…

Dans une franchise connue pour sa tranquillité, le personnage décoiffe. Arbitres et adversaires ont droit aux coups de boule et accès de fureur de celui que l’on surnomme désormais « Demolition man », en référence au film avec Sylvester Stallone et Wesley Snipes. Quand on l’expulse, il fait tout un foin et refuse de quitter le terrain. San Antonio se classe 2e de sa division. Victoire 3-1 du Jazz au 1er tour des playoffs. Excédé par un tapage médiatique qui n’est pas dans les habitudes de la maison, le front office texan multiplie les suspensions. Au 10 décembre, l’enfant terrible du basket US a déjà loupé 19 rencontres. Pour ceux qui voient en lui un cancer ou un poison, il n’a qu’une réponse :

« If you don’t like me, kiss my ass… »

Sa saison 1994-95 est limitée à 49 matches après un accident de moto. Assez miraculeusement, Rodman dépasse la barre des 800 rebonds (823) qui permet de figurer dans le classement. Il finit pour la quatrième fois meilleur rebondeur de la Ligue. Avec le meilleur bilan de la saison régulière (62 victoires) et le MVP dans ses rangs (David Robinson), San Antonio aborde sa finale de Conférence face aux Rockets en position de force. Mais Hakeem Olajuwon se joue du frontcourt des Spurs pour tourner à 35.3 points sur la série. Qualification des Rockets, champions sortants, en six manches. Nommé GM des Spurs, Gregg Popovich commence par assainir le vestiaire en cédant l’agitateur n°1 aux Bulls, l’ex-souffre-douleur devenu bête noire.

Le 2 octobre 1995, Rodman est échangé contre Will Perdue et du cash. Cela faisait deux ans que Chicago cherchait un remplaçant à Horace Grant, parti à Orlando. Le pari du GM Jerry Krause fait grincer quelques dents. Le champion NBA 1989 et 90 a 34 ans. Le bonhomme est réputé ingé­rable. Par chance, son meilleur pote, Jack Haley, l’accompagne dans l’Illinois. Et le vestiaire des Bulls possède déjà son lot de fortes têtes.

« LA MEILLEURE PUTE DU BORDEL, PAS LA MIEUX PAYÉE… »

En quittant le Texas, Rodman ne trouva pas de mots assez durs pour critiquer l’absence de leader­ship de David Robinson. A Chicago, rien de cela. Michael Jordan et Scottie Pippen ont fait la pluie et le beau temps de 1991 à 93. Après un break de deux ans, « Sa Majesté » est revenue remettre de l’ordre en NBA. Avec un stratège et psychologue comme Phil Jackson, le locker room chicagoan est à l’abri d’une implosion. Rodman trouve immédiatement sa place dans un environ­nement qui lui rappelle Detroit. Le n°10 de Bob Love a été retiré. Alors, il se rabat sur le 91. Clin d’œil à son ancien maillot (9+1).
Pour la cinquième fois, « The Worm » se classe n°1 aux rebonds. Chicago aligne la meilleure équipe de l’histoire et poste un bilan record de 72 victoires-10 défaites. Comme toujours, Dennis juge son salaire insultant. Dans la version provoc, ça devient :

« Je suis la meilleure pute du bordel, celle qui fait le plus de passes et celle qui est la moins bien payée »

Rodman est le joueur qu’on préfère voir dans son équipe plutôt que dans celle d’en face. Mais pas forcément le coéquipier qu’on a envie d’inviter à une soirée. Au sujet de la cohabitation avec Jordan et Pippen, il expliquait :

« Sorti du jeu, Michael part dans une direction. Moi dans l’autre. Lui va au Nord, moi au Sud. Et Scottie est juste au milieu. C’est un peu l’équateur. »

Il le répéta lors de son passage sur le plateau de Canal+, en 1997 avant l’Open McDonald’s de Bercy : à chacun ses trips et délires. Ces gars s’entendaient à la perfection sur le parquet mais ne menaient tout simplement pas la même vie en dehors. Le 16 janvier 1996 contre Philadelphie, le fan n°1 du groupe Pearl Jam signe son premier triple-double en carrière (10 pts, 20 rbds, 10 pds). Avec Jordan et Pippen, il intègre le premier cinq défensif de la Ligue. Jamais une équipe n’y avait placé trois joueurs. Dans le Game 2 des Finales 1996 face aux Sonics, Rodman égale le record d’Elvin Hayes en captant 11 rebonds offensifs (sur 20). Dans la sixième manche, toujours au United Center, il réé­dite sa propre perf (11 prises offensives sur 19).

« Nous avons contrôlé Dennis durant quatre matches. Dans les Games 2 et 6, c’est lui qui a fait gagner Chicago », commente George Karl, coach vaincu.

Au printemps suivant, Rodman s’adjuge un sixième titre de meilleur rebondeur (16.1 prises à 36 ans, record d’ancienneté !). L’année est marquée par un pétage de plombs célèbre. Le 15 janvier 1997, durant un match face aux Wolves, il assène un violent coup de pied à Eugene Amos, un photographe posté au bord du terrain. Rodman échappe à la faute technique mais pas aux foudres de la Ligue : 11 matches de suspension sans salaire, soit une perte d’un million de dollars, à laquelle s’ajoute le versement d’une somme de 200 000 $ au preneur d’images en guise d’arrangement à l’amiable. Les sponsors du zèbre se frottent les mains : ses frasques ont rapporté 6,8 M$ en pubs.

En playoffs, Rodman apparaît moins saignant. Karl Malone lui pose des problèmes insolubles en Finale. La différence se fait ailleurs. Quatrième bague pour « The Worm » qui monte sur un ring de catch en juillet avec son pote Hulk Hogan. Dans les magasins de jouets, les poupées à son effigie ont fait un carton. Le « Ver » s’offre un septième et dernier titre de meilleur rebondeur en 1998. Chicago est de retour en Finales face au Jazz. Rodman mène la vie dure à Malone durant les trois premiers matches… avant de s’éclipser pour un combat de catch à Detroit avec son compère Hogan. Une pige qui couvre largement l’amende infligée par les Bulls (20 000 $). Dans le Game 4, Dennis gêne à nouveau l’ailier fort du Jazz (10/21). Il force Malone à commettre une faute et sécurise la victoire de Chicago (86-82) aux lancers francs. On connaît la suite. Bryon Russell à terre dans le Match 6. Un tir de Michael pour l’éternité. Durant l’intersaison, Malone et Rodman se retrouveront sur un ring de catch. Venant après les Finales NBA, le spectacle a tout de suite moins de saveur…

SON MARIAGE AVEC CARMEN ELECTRA DURE… 10 JOURS

Dans son autobiographie « Bad as I wanna be » (Mauvais comme j’entends l’être) parue en 1996, rien n’était épargné au lecteur le plus averti. Dennis affirmait être bisexuel et précisait que Madonna n’avait pas droit aux caresses buccales… Durant la tournée de promo, il annonça qu’il s’apprêtait à épouser une femme belle et intelligente. Le jour suivant, il arriva habillé en mariée et expliqua qu’il était l’heureux élu(e). Une autre tentative plus sérieuse – encore que… – eut lieu en novembre 1998. Son union avec Carmen Electra fut annulée au bout de 10 jours. Le mariage avait été programmé de longue date mais l’agent du joueur le dénonça en expliquant qu’on avait forcé son client à boire. L’ancienne femme de Rodman, Annie, sortit elle aussi un bouquin, « Worse than he says he is » (Pire que ce qu’il prétend être).

« J’avais de grandes attentes, y explique-t-elle. Elles ne furent pas comblées. Au lit, il restait toujours 10 secondes sur l’horloge des 24… » 

Rodman est coupé le 21 janvier 1999. Sa soeur, qui s’occupe de ses in­térêts, lui décroche un contrat chez les Lakers. Il joue 23 matches avec le n°73 avant d’être remercié suite à un accrochage avec Kurt Rambis. Le 3 février 2000, à presque 39 ans, il retourne chez lui et s’engage à Dallas. Expulsé deux fois en 12 matches, il se met rapidement à dos coéquipiers et supérieurs.

La tête brûlée des parquets demeura un aspirateur à rebonds inépuisable à un âge avancé, en dépit d’une hygiène de vie déplorable. Au final, il disputa onze fois les playoffs et ne perdit qu’une seule des six Finales auxquelles il participa. Il capta 20 rebonds au moins dans un match à 159 reprises (plus 8 en playoffs) ; 25 rebonds, 33 fois ; 30 rebonds, 5 fois. Quarante-cinq fois, il atteignit les 10 rebonds offensifs (plus 7 en playoffs).

Après sa sortie du circuit NBA, Rodman rejoua au basket à partir de 2003. On le vit en ligue mineure ABA, en Finlande, en Angleterre, aux Philippines, en Belgique… Il y a huit ans, il fit publier une autobiographie enrichie, « I should be dead by now » (Je devrais être mort maintenant). Il en assura la promo allongé dans un cercueil… Catcheur, acteur de cinéma, personnage de télé, « The Worm » a vécu mille et une vies. C’est un noceur qui aime les nuits chaudes et les trips décalés. Il courut dans les rues de Pampelune pour échapper au taureau…

On lui prêta une aventure avec les plus belles femmes du monde, de Cindy Crawford à Naomi Campbell. En 1999, il rencontra Michelle Moyer qui lui donna un fils, D.J., et une fille, Trinity. Il se marièrent en 2003, le jour de ses 42 ans. Le couple s’installa à Newport Beach (Californie)… où la police dut intervenir plus de 70 fois pour des nuisances sonores. Il fut aussi arrêté pour conduite en état d’ivresse. « The Worm » effectua plusieurs cures de désintoxication.

Les Pistons ont retiré son maillot le 1er avril 2011, même si Greg Monroe le portait encore la saison dernière. Le 13 août 2011, Rodman a signé son entrée au Hall of Fame en faisant pleurer tout l’auditoire.

« C’est juste irréel, commenta « The Worm ». Les votants ont dû oublier toutes les choses négatives et se dire que j’avais quand même changé un tout petit peu le jeu. Je n’étais pas un bon scoreur. Je n’étais pas le meilleur athlète. Mais j’ai fait partie de la machine. »

Aujourd’hui, comme sur un terrain, Rodman reste ce personnage ambivalent et insaisissable, capable de coacher une équipe de strip-teaseuses tout en jouant les diplomates avec le Président de la Corée du Nord.

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