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Jimmy Butler, itinéraire d’un enfant pas gâté

NBA – Mis à la porte de chez lui à 13 ans, l’arrière du Heat n’a jamais voulu qu’on ait pitié de lui mais son parcours est hors normes, et quelques rencontres lui ont permis de s’en sortir et de devenir l’un des meilleurs joueurs de sa génération.

« Je n’aime pas ton regard. Va-t’en ». Ce sont les derniers mots que Jimmy Butler a entendus de la part de sa mère. Il avait 13 ans. Son père était parti des années auparavant et le jeune adolescent était jeté dans les rues de Tomball, au Texas, sans argent et sans famille chez qui se réfugier. Avec le seul sentiment d’être abandonné de tous.

« S’il vous plait, je sais que vous allez écrire quelque chose sur moi. Mais je vous le demande, n’écrivez pas quelque chose pour que les gens me prennent en pitié« , demandait-il à Chad Ford en 2011. « Je déteste ça. Il n’y a rien sur quoi s’apitoyer. J’aime ce qui m’est arrivé. Ça a fait de moi ce que je suis. Je suis content d’avoir affronté tout ça. S’il-vous-plait, que vos lecteurs ne me prennent pas en pitié« .

Recueilli à 17 ans par une famille avec sept enfants

Pourtant, l’adolescence de Jimmy Butler ressemble bien à un cauchemar. Pendant des années, il va dormir chez des amis en allant d’une famille à l’autre, espérant juste passer la nuit au chaud.

« Ça a été exagéré de manière disproportionnée, fois mille. Je ne vivais pas non plus sous un pont, ça, c’est être sans domicile. Ou à un coin de rue à demander des pièces, ce n’était pas ça non plus. Je ne vais pas dire que c’était une période facile, ne vous méprenez pas, mais j’avais une maison. Voire plusieurs maisons. J’avais des gens autour de moi, j’adore Tomball pour ça. »

Jusqu’à ce qu’à ses 17 ans, il passe donc de famille en famille, de canapé en canapé, jusque ça ce qu’il croise Jordan Leslie sur les terrains de basketball. Les deux lycéens s’affrontent dans un concours à 3-points et deviennent amis. Jimmy Butler en profite pour rester coucher le plus souvent possible. D’habitude, cela ne dure que quelques semaines mais cette fois, il obtient une vraie place dans la famille, fait ses corvées et finit par devenir le huitième enfant de Michelle Lambert.

« Je lui ai dit que mes enfants le voyaient comme un exemple« , confie cette femme d’abord réticente car la famille ne roule pas sur l’or et il y a déjà du monde à nourrir. « Il devait éviter les problèmes. Il devait travailler dur à l’école. Il devait être un modèle. Et vous savez quoi ? Jimmy l’a fait. Tout ce que je lui demandais, il le faisait sans poser de questions« .

A l’étage, dans la chambre de son copain Jordan, pour ne pas être vu (et ne pas déranger), le jeune Jimmy va petit à petit retrouver un équilibre. Enfin stabilisé, le jeune basketteur doit rattraper son retard. Mais ses exploits au lycée n’attirent pas les grosses universités.

Mississippi State aurait été intéressé, mais sans aller jusqu’à lui proposer une bourse scolaire. Du coup, sans avoir l’embarras du choix, c’est à Tyler Community College, dans le Nord du Texas, qu’il décide de poursuivre son rêve. « C’est littéralement comme ça que je vis : au jour le jour », déclarait alors le jeune Jimmy. « La NBA est un de mes objectifs. Mais je n’y suis pas encore. Je ne peux pas me permettre de relâcher ma concentration. »

Le coup de fil de Marquette

Jimmy Butler doit donc emprunter les chemins de traverse pour poursuivre son rêve de NBA, et ça passe par un « junior college », comme Dennis Rodman ou Ben Wallace en leur temps. Le chaînon manquant est alors Joe Fulce, un joueur qui s’était engagé à la fac de La Nouvelle-Orléans pour jouer sous la direction de Buzz Williams en 2007. Mais Williams ne restera qu’un an en Louisiane afin de rejoindre le staff de Tom Crean à Marquette. Au lieu de NOLA, Joe Fulce atterrira ainsi à Tyler Community College. Son collègue de chambrée ? Jimmy Butler…

« J’ai appelé Joe pour lui faire savoir que je venais d’être nommé head coach, et Joe m’a demandé si je ne voulais pas signer Jimmy », se souvient Buzz Williams sur CBS Sports. » Je lui ai répondu : ‘je ne sais pas, qu’est-ce que tu en penses ?’ Il m’a dit qu’il était bon et j’ai alors accepté car, bien sûr, on peut signer sept joueurs. Il me l’a alors passé au téléphone et j’ai discuté un peu avec lui. ‘Hey, Jimmy, tu veux venir à Marquette’ et il a dit : ‘Oui, monsieur, je veux venir’. OK, je t’envoie les papiers. Le jour de la signature était la semaine suivante, le 15 avril, et Jimmy est allé au McDonald’s pour faxer sa lettre. »

Incrédule dans la voiture garée sur le parking du McDo local, Jimmy Butler, alors meilleur marqueur de son équipe avec 18 points, 8 rebonds et 3 passes de moyenner à Tyler JuCo, voit un premier de ses rêves se réaliser : « Je vais pouvoir aller à l’université, et obtenir un diplôme. C’était un de mes rêves, un de mes objectifs. »

Naïf, Jimmy Butler débarque dans le Wisconsin en provenance du Texas, sans doudoune ou manteau d’hiver. Un sacré changement climatique pour le Texan au sang chaud. Jimmy Butler détonne dans le paysage de Marquette.

« Un jour, il portait une grenouillère rose, et le suivant, il portait des bottes et un chapeau de cowboy », sourit Junior Cadougan. « Il portait ce pyjama rose toute la journée, en classe comme à l’entraînement. Un autre jour, il pouvait arriver en portant ses vêtements de skateboard, et le suivant, il avait ses ongles peints en noir. » 

 « C’était l’anti-Jimmy. Il était crevé, hors de forme. Il a même essayé d’abandonner sept ou huit fois. Après un entraînement, il est venu me voir pour me dire qu’il arrêtait »

Un tantinet Dennis Rodman pour les choix discutables de garde-robe, Jimmy Butler a également conservé son franc-parler et les bravades : « Il utilisait le mot putain comme adjectif, verbe, adverbe, nom et pronom », se marre Rob Frozena, son coéquipier.

« J’ai une vidéo de Jimmy lors de notre saison junior », rappelle l’ancien joueur de Nanterre, Dwight Buycks. « On avait une salle informatique dans les dortoirs et il fallait qu’on finisse un devoir pour une classe. Et ce gars-là était en bottes de cowboy, avec le chapeau, un jean bien serré – Wranglers – et une chemise à manches longues boutonnée jusqu’en haut. Je l’ai mis au défi de porter ça toute la journée sur le campus. Et il l’a fait ! »

Barré par Wes Matthews lors de sa première année à Marquette, Jimmy Butler va par contre devenir un joueur complet pour ses saisons junior et senior, avec autour de 15 points, 6 rebonds et 2 passes par match. Mais ça ne s’est pas fait en un claquement de doigts.

À vrai dire, c’est à Marquette, sous l’autorité inflexible de Buzz Williams (lui aussi un dur à cuire) que Jimmy Butler s’est forgé sa nouvelle identité. « Le Jimmy que tout le monde connaît maintenant n’est pas celui qu’on a vu arriver ici », se souvient Dale Layer, l’assistant coach de Marquette à l’époque. « C’était l’anti-Jimmy. Il était crevé, hors de forme. Il a même essayé d’abandonner sept ou huit fois. Après un entraînement, il est venu me voir pour me dire qu’il arrêtait. Et je lui disais simplement : reviens demain. Et il voulait encore arrêter : Buzz me fait trop courir. Mais c’est parce que tu es un bon joueur, Jimmy, mais tu n’es pas en forme et pas suffisamment dur. Deux jours plus tard, il revient encore à la charge : je suis de nouveau prêt à tout arrêter. Qu’est-ce qui ne va pas maintenant, Jimmy ? Je n’arrive pas à trouver des grits. On est à Milwaukee, il n’y a pas de gru [une purée de maïs moulu] ici. Je lui ai alors dit de venir à la maison et ma femme lui a cuisiné des « grits » pour le petit déjeuner. »

Enfant du Sud des Etats-Unis s’il en est, par ailleurs grand amateur de musique country, Jimmy Butler a dû se réinventer dans le Wisconsin et ses hivers interminables. Sous la houlette de Buzz Williams, l’ailier maigrelet s’est transformé en joueur complet. Non sans heurts à l’instar de leur première rencontre.

« Il m’avait dit que j’étais nul à chier », se marre Jimmy Butler. « Que j’étais juste bon à faire le show. Que je me souciais seulement de moi et qu’il me montrerait comment faire si jamais je jouais pour lui. »

Il devient « franchise player » à 30 ans

D’abord envoyé au charbon sur des missions défensives, notamment face à Marshon Brooks de Providence, ou Kemba Walker de UConn, Jimmy Butler finira par être une des options principales de l’attaque de Marquette. Un sacré tour de force pour le gamin de Tomball au shoot tordu…

« Les habitudes ont changé Jimmy », conclut Layer dans The Athletic« Jimmy a tout de suite accepté les habitudes de Buzz et elles sont devenues les siennes. C’est ça qui l’a changé. Il n’y a aucune raison que Jimmy Butler soit un des dix meilleurs joueurs du monde, sinon qu’il ait changé ses habitudes pour devenir aussi dur qu’il l’est aujourd’hui. »

Après deux belles dernières saisons à Marquette, Jimmy Butler s’est finalement présenté à la Draft 2011. Là, il a impressionné lors des camps avant d’être choisi par Chicago en 30e position. Dix ans plus tard, il est devenu une superstar de la NBA, l’un des joueurs les mieux payés, et alors qu’il fête ses 32 ans, il est le « franchise player » du Heat. En NBA, il est aussi passé de famille en famille, des Bulls aux Wolves, puis aux Sixers. On lui a collé l’étiquette d’un joueur difficile à gérer, et il est même allé jusqu’au bras de fer pour quitter Minnesota.

Finalement, Butler avait juste besoin de retrouver une ambiance familiale avec des dirigeants et des joueurs qui partagent ses valeurs. Ce sera au Heat pour prendre la suite de Dwyane Wade, un ami et un mentor, passé comme lui par les Bulls et Marquette. Une manière de boucler la boucle et de prouver qu’il peut être ce joueur autour de qui on peut construire une équipe, voire une famille.

« J’ai appris des meilleurs. Ils m’ont enseigné comment jouer et comment être un homme » conclut-il. « Je savais que pour réussir, il fallait que je sois plus qu’un attaquant. Il fallait que je sois un leader. Il ne suffisait plus que je marque des points, il fallait que je fasse ce dont l’équipe avait besoin. Je voulais être l’âme de l’équipe, quelqu’un sur qui mon coach pouvaient compter. C’est ça que je voulais être ».

Crédit photo : Bulls.com

Jimmy Butler Pourcentage Rebonds
Saison Equipe MJ Min Tirs 3pts LF Off Def Tot Pd Fte Int Bp Ct Pts
2011-12 CHI 42 9 40.5 18.2 76.8 0.6 0.8 1.3 0.3 0.5 0.3 0.3 0.1 2.6
2012-13 CHI 82 26 46.7 38.1 80.3 1.7 2.3 4.0 1.4 1.2 1.0 0.8 0.4 8.6
2013-14 CHI 67 39 39.7 28.3 76.9 1.3 3.6 4.9 2.6 1.6 1.9 1.5 0.5 13.1
2014-15 CHI 65 39 46.2 37.8 83.4 1.8 4.1 5.8 3.3 1.7 1.8 1.4 0.6 20.0
2015-16 CHI 67 37 45.5 31.1 83.2 1.2 4.2 5.3 4.8 1.9 1.6 2.0 0.6 20.9
2016-17 CHI 76 37 45.5 36.7 86.5 1.7 4.5 6.2 5.5 1.5 1.9 2.1 0.4 23.9
2017-18 MIN 59 37 47.4 35.0 85.4 1.3 4.0 5.3 4.9 1.3 2.0 1.8 0.4 22.2
2018-19 * All Teams 65 34 46.2 34.7 85.5 1.9 3.4 5.3 4.1 1.7 1.9 1.5 0.6 18.7
2018-19 * PHL 55 33 46.1 33.8 86.8 1.9 3.4 5.3 4.0 1.7 1.8 1.5 0.5 18.2
2018-19 * MIN 10 36 47.1 37.8 78.7 1.6 3.6 5.2 4.3 1.8 2.4 1.4 1.0 21.3
2019-20 MIA 58 34 45.5 24.4 83.4 1.8 4.8 6.7 6.0 1.4 1.8 2.2 0.6 20.0
2020-21 MIA 52 34 49.7 24.5 86.3 1.8 5.1 6.9 7.1 1.4 2.1 2.1 0.4 21.5
Total   633 33 45.8 32.7 83.8 1.5 3.7 5.3 4.0 1.4 1.6 1.6 0.5 17.4
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