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Portrait | Anthony Edwards, le meilleur arrière de la Draft 2020

Plus encore que LaMelo Ball et James Wiseman, c’est Anthony Edwards qui a actuellement le vent en poupe pour décrocher la première place de la prochaine Draft NBA. Basket USA vous dresse le portrait de ce phénoménal arrière sorti de Géorgie.

Pur produit de Géorgie, Anthony Edwards avait les épaules et la carrure pour devenir footballeur. Désormais à 1m96 pour 102kg, le jeune prodige d’Atlanta a finalement choisi de se dévouer corps et âme à la balle orange, un choix fort judicieux quand on observe sa progression phénoménale au cours de son adolescence.

Après une saison NCAA de très haut niveau à 19 points et 5 rebonds de moyenne, il se présente comme un des favoris au premier choix pour la prochaine Draft NBA qui se déroulera le 18 novembre prochain. Basket USA vous propose un portrait complet de ce joueur extrêmement prometteur, au parcours douloureux.

D’abord le football

Surnommé « Ant-Man » dès l’âge de trois ans, Anthony Edwards n’était pas nécessairement prédestiné au basket. Dans le Sud qui raffole du football, le jeune Anthony fait d’abord des vagues sur les terrains de foot. Les vidéos du jeune Edwards, casque sur la tête dès l’âge de 9 ans, pullulent sur la toile.

Tailback, cornerback voire quarterback, Anthony Edwards a d’abord été un petit prodige du football (déjà très polyvalent) dans ses toutes jeunes années. En Géorgie, le football est roi et c’est seulement dans un deuxième temps qu’il va rencontrer la balle orange.

« J’aurais pu être pro au foot, j’étais vraiment bon. J’étais le meilleur running back du pays à 9 ou 10 ans. Mais j’ai arrêté de jouer parce que j’ai vu mes frères jouer au basket. Ça avait l’air beaucoup plus amusant. » Et comment !

À vrai dire, Anthony Edwards serait tombé sous le charme du basket après un alley-oop que son grand frère a attrapé en plein match. « Il l’a attrapé et je me suis dit : je veux dunker, il faut que je dunke. Je voulais être comme lui. Tout le monde à l’école l’adorait parce qu’il était super bon au basket donc je voulais faire comme lui. »

La suite, ça se passe dans le jardin de mamie Shirley. « Pendant l’été, mes frères et moi, on n’avait rien d’autre à faire à moins d’aller au camp d’été. On allait tout le temps dans son jardin et on jouait. Je ne gagnais jamais et j’en ai eu marre. Je me suis dit qu’un jour, je les battrai. »

Trois décès familiaux coup sur coup

Mais sa vie bascule pour de bon quand il est en quatrième, avec deux drames personnels. Sa mère, Yvette, puis sa grand-mère, Shirley, meurent toutes deux en l’espace de huit mois après avoir lutté en vain contre un cancer des ovaires. La famille est dévastée…

« Perdre ma mère était vraiment très difficile parce que j’avais souvent l’habitude de dormir avec elle. Et ma grand-mère était la colonne vertébrale de notre famille, elle faisait tout pour nous. Quand on n’avait pas assez d’argent pour l’électricité ou les factures, elle nous aidait. Elle travaillait à la poste donc elle avait toujours de l’argent. »

Dans le même temps, une autre de ses grandes sœurs décède également. Depuis, son grand frère, Antoine, et sa grande sœur, Antoinette, sont ses tuteurs légaux, en l’absence d’une figure paternelle absente de leur quotidien.

Dernier de la fratrie, Anthony Edwards est évidemment marqué au fer rouge par les pertes de ces proches, mais il s’accroche. « Il a encaissé ces décès et a commencé à exceller au basket après », raconte son frère Antoine dans l’AJC. « Il a évidemment beaucoup souffert, mais ça ne l’a pas brisé. Ça l’a rendu plus fort. Ça l’a poussé à travailler plus dur. Et ça a fait passer son jeu à un tout autre niveau. »

Inconsciemment, Anthony Edwards a alors fait sien l’adage : « Ce qui ne te détruit pas te rend plus fort ». Le jeune gamin de Géorgie ne joue plus seulement pour lui, il joue pour les siens, et ses deux anges disparus… « Ça m’a simplement fait travailler plus dur parce que je sais qu’elles voudraient me voir au sommet. Ça me motive car maintenant, je dois m’occuper de ma famille », explique alors le jeune Anthony. « J’ai grandi à un très jeune âge. Je pense que personne n’a traversé ce que j’ai traversé et ça m’a fait grandir plus vite, je me sens mature. C’est juste une étape de ma vie. »

Une progression spectaculaire

Rapidement repéré à Atlanta, c’est John Holland qui le prend sous son aile. Les sessions d’entraînement s’éternisent parfois jusque tard dans la nuit alors qu’Anthony Edwards n’est encore qu’au collège. Mais le garçon est déjà ambitieux. « Une de nos toutes premières sessions d’entraînement, il m’a dit que s’il apprenait à tirer, il pourrait être le meilleur joueur du pays. Je serai inarrêtable. Il m’a littéralement dit ça quand il était en troisième ! »

D’abord un peu tire au flanc, Anthony Edwards va rapidement prendre le pli et il ne s’est plus jamais retourné. Le gamin file droit et il file dur ! « La première chose avec lui, c’est qu’il était déjà un monstre physique à l’époque », reprend John Holland. « Il est né comme ça. »

Essentiellement concentrés sur la gestuelle et la technique du tir extérieur, ces entraînements font peu à peu grandir la confiance d’Anthony Edwards qui a connu une progression éclair. Il est alors à Therell, où tout a commencé, avant de prendre son envol sur le circuit AAU avec l’Atlanta Xpress durant le printemps et l’été 2016, au terme duquel il était devenu une recrue « 4 étoiles ».

Durant ce même été 2016 (puis en 2017), il mène la danse dans la ligue Under Armour. Dans la foulée, il s’inscrit à Holy Spirit, un nouveau lycée avec du basket à plein temps pour la première fois de sa vie. L’objectif est de se faire connaître sur le circuit des recrues.

Au printemps 2018, il est rentré dans le Top 20 des recrues. Alors âgé de 17 ans, Anthony Edwards « explose », selon son propre aveu. « Je m’étais mis dans un état d’esprit de tueur cet été-là parce que je savais ce que j’allais finir mon diplôme », expliquait-il pour SB Nation. « Je me suis simplement dit qu’il fallait que j’adopte cette mentalité si je voulais être un McDonald’s All-American. »

Le meilleur lycéen du pays

Sur sa lancée, Anthony Edwards affole les compteurs durant l’été 2018. Il est le meilleur joueur au Top 100 de la NBPA ainsi qu’au Pangos All-American.

Il est pour le coup récompensé du trophée co-MVP au camp de Stephen Curry, et il écrabouille la concurrence sur le circuit Under Armour, où il tourne à 22 points par match (dont des gros dunks) au Under Armour Challenge.

Anthony Edwards est également élu MVP de la UAA, l’Under Armour Association, une ligue de jeunes à Atlanta. Il y tournait à 21 points, 6 rebonds, 2 passes et autant de contres avec l’impression d’être clairement un ton, voire deux, au-dessus des autres.

« Quand je pense à cet été, je suis satisfait de comment j’ai joué », écrivait-il dans son blog sur USA Today. « Je pense avoir pris tout le monde par surprise l’été passé et cet été, je savais que tout le monde allait me regarder pour voir si je pouvais le refaire. Donc ça m’a motivé à faire encore mieux. C’est fou comme l’attention a grandi envers moi cet été, (…) le plus fou, c’était dans l’Indiana où il y avait ces deux gars qui avaient une photo de moi et me cherchaient partout. Ils demandaient à mes coéquipiers où j’étais et quand ils m’ont enfin trouvé, ils étaient hyper contents et m’ont demandé un autographe. Je n’arrivais pas à y croire… »

L’évolution dans son jeu est pour le coup notable entre l’été 2017 et 2018. Toujours aussi percutant, car au-dessus du lot physiquement, Anthony Edwards ajoute pour le coup le tir extérieur à sa domination sur sa classe d’âge.

En 2019, ses objectifs sont atteints : il est devenu All-American, participant également au Jordan Brand Classic. Il est même déjà devenu le potentiel n°1 de la Draft NBA, recevant une invitation de la fédération américaine au passage. De son point de vue, les choses semblent tellement simples : « Je pense juste que j’ai les attributs physiques [pour la NBA] », affirme-t-il sur 247 Sports. « J’ai déjà la charpente et je vais continuer à travailler à la salle pour me renforcer. Je pensais que j’allais devenir une star du foot. Mais j’ai tout donné et j’ai travaillé dur [au basket]. Et voilà où j’en suis. »

Le choix du cœur à Georgia

Dans sa dernière année de lycée à Atlanta, à Holy Spirit Prep, Anthony Edwards tourne à 26 points, quasiment 10 rebonds, 3 passes, 2 interceptions et un contre par match. Tout naturellement, les facs de tout le pays se précipitent pour manifester leur vif intérêt pour cet ancien footballeur devenu superstar du basket. Florida State, North Carolina, Kansas et Kentucky sont les plus agressives d’emblée, mais il les laisse poireauter.

Natif d’Atlanta, Anthony Edwards va finalement choisir de rester « à la maison » : « Avoir le nom de ton état natal sur la poitrine, jouer devant ta famille dans le public », souffle-t-il dans The Undefeated. « Tu peux les voir dans le public, ils sont juste là, et ils sourient quand tu réussis quelque chose. Mes frères, mes coéquipiers, mes coaches, ils sont derrière moi à chaque instant, c’est comme un rêve devenu réalité. »

Avec l’arrivée de Tom Crean en mars 2018, les étoiles se sont parfaitement alignées pour l’Université de Géorgie qui a réussi à convaincre Anthony Edwards de suivre une trajectoire similaire à Dwyane Wade et Victor Oladipo, deux jeunes joueurs sous-cotés qui ont grandi à vitesse grand V sous la tutelle de Coach Crean.

« Ils ne sont pas arrivés en étant très réputés et quand ils sont partis, l’un était 2e choix de la Draft et Dwyane Wade était le 5e choix », résume alors Anthony Edwards. « Dwyane Wade va finir comme un des meilleurs arrières de l’histoire. Ça a pesé lourd dans ma décision. »

Anthony Edwards n’a pas mis longtemps à trouver ses repères au niveau universitaire. Durant le Maui Invitational, ce tournoi de début de saison sous les tropiques, il a débuté par un match à 24 points, 9 rebonds et 4 interceptions avant d’enchaîner par 29 points, 5 rebonds et 4 passes. Il montera même jusqu’à 37 points (en 38 minutes) dans un match de prestige face à Michigan State, mais conclu sur une défaite.

Une étoile filante en NCAA

Un peu plus tard dans le tournoi, lors de leur dernier match face à Chaminade, Anthony Edwards prendra sa revanche en inscrivant le shoot de la gagne à 3-points, avec un clin d’œil à Tom Crean au passage… « Je voulais qu’il aille vers le cercle et il a pris un tir et m’a jeté un regard après », se marre le coach. « On a rigolé parce qu’il est rentré. » 

Alors à 2/7 derrière l’arc, Anthony Edwards n’a pas hésité à prendre le tir de loin pour le gain du match, preuve de sa confiance toujours plus grande en son tir extérieur. Et c’est bel et bien la « dernière frontière » pour Anthony Edwards qui, par ailleurs, a le potentiel physique pour terroriser les défenseurs adverses… pour les quinze prochaines années !

« Edwards est un pro, il a tout. Les qualités athlétiques, la technique, la capacité à scorer. Il peut défendre », énumère un scout NBA. « Il fait partie de ces joueurs qui seront encore meilleurs en NBA [qu’en NCAA] parce qu’il va être entouré de meilleurs joueurs. Quand il entre sur le parquet, il donne la sensation d’être déjà pro. Il le prouve en match avec sa polyvalence et son talent. »

Auteur d’une saison à 19 points, 5 rebonds et 3 passes de moyenne, Anthony Edwards a encore surclassé ses camarades. Que ce soit au collège, au lycée ou à l’université, il a toujours su prendre la mesure de la compétition, terminant par les dominer plus ou moins outrageusement.

« À son âge, Anthony a une force et une explosivité incroyables », commentait Crean qui, on le rappelle, a connu Wade et Oladipo. « On doit lui montrer comment il peut utiliser ses qualités athlétiques encore plus sur le terrain. Et comment utiliser sa tête pour les mettre encore davantage en valeur. Il a déjà beaucoup gagné en force. »

Une maturité exceptionnelle

Capable d’enchaîner les performances dans un calendrier rapproché, Anthony Edwards a notamment réussi 36 points contre South Carolina (plus 7 rebonds, 4 passes et 4 interceptions), dans un revers concédé en prolongation, avant de reprendre le dessus, avec 26 points (plus 7 rebonds et 2 passes) et la victoire contre Arkansas trois jours plus tard. De même, plus tôt dans la saison, il avait planté 29 points (plus 15 rebonds) dans une victoire face à  Texas A&M, avant de remettre le couvert avec 32 points (plus 6 rebonds et 3 interceptions) face à Florida, quelques jours plus tard.

« Il est très intelligent. Il a de la confiance en lui mais il est aussi vraiment humble », ajoute Tom Crean. »Il a de l’empathie et ça ne pourra qu’augmenter à mesure qu’il grandit dans sa vingtaine. Malgré tout ce qu’il a eu à surmonter dans sa vie, le succès, la tragédie et l’adversité, d’en être là où il est à 18 ans et des poussières, c’est assez incroyable. »

Malgré son jeune âge, Anthony Edwards est déjà très mature. Il sait ce qu’il veut et, poussé par les coups du sort, il ne veut surtout pas laisser tomber sa famille. Du coup, il n’était pas rare de le voir au centre d’entraînement des Bulldogs ou tard le soir, à minuit, ou très tôt le matin, à 7h.

« Mes coéquipiers me disent toujours que je suis probablement le meilleur joueur qu’ils aient vu, ou que je suis un grand joueur. Mais je n’aime pas ce genre de trucs, ce n’est pas moi. Je veux juste venir et jouer, je ne parle pas beaucoup. J’écoute ce que le coach dit, je fais ce qu’il dit et j’essaye de gagner. Je n’aime pas être autour de gens qui me disent constamment combien je suis bon. »

Déterminé et même habité par cette volonté irrépressible de progresser, encore et toujours, Anthony Edwards sait pertinemment qu’il a encore de la marge. Sur son tir comme on l’a déjà évoqué mais aussi sur sa maîtrise du dribble ou plus encore sur son effort et sa concentration en défense, surtout quand il n’est pas sur le porteur de balle…

« Je ne veux pas que ce soit une critique de mon jeu quand je vais quitter l’université pour poursuivre ma carrière en NBA. Je ne veux pas que les gens disent : il est bon mais il ne joue pas en défense. »

Un « franchise player » en NBA ?

Car, défensivement, il a tous les outils pour rejoindre l’élite : la taille, l’envergure, la rapidité latérale, les qualités athlétiques et la force. Mais c’est l’effort et la consistance qui manquaient selon les observateurs. Cela s’est estompé durant la saison, avec Anthony Edwards qui reconnait s’inspirer de Jimmy Butler, un « chien en défense », mais il faudra confirmer à l’étage supérieur…

« Le plus important est de construire sa polyvalence, être capable de faire plus sans la balle », conclut Tom Crean. « Il peut devenir un excellent joueur en défense. J’espère qu’on pourra voir ça durant sa carrière, mais maintenant, il doit continuer à insister après ce premier et deuxième effort. On doit lui apprendre à devenir aussi dominateur qu’il peut l’être. »

Si sa grande force est avant tout sa capacité à percuter et pénétrer en rapidité et en puissance, il a le profil idéal pour devenir une option n°1 à terme en NBA. Avec son premier pas et son physique de panzer sur le poste 2, Anthony Edwards devrait faire des ravages sur le jeu ouvert et face aux défenses plus élargies de la Grande Ligue.

De plus, il a déjà bien compris comment il pouvait fixer les défenseurs adverses pour donner des caviars à ses coéquipiers sous le cercle, ou mystifier le dernier défenseur par des appuis décalés déjà bien maîtrisés, le fameux « Eurostep ». Encore brut de décoffrage sur certaines lectures de jeu et ses finitions près du cercle où il privilégie souvent la puissance à la finesse, Anthony Edwards a cependant déjà bien progressé et continue de cocher les cases du joueur complet.

« J’adore faire des passes à une main pour montrer que je sais aussi passer la balle », s’enthousiasme-t-il lors de sa session vidéo avec Mike Schmitz d’ESPN. « C’est un des aspects de mon jeu que les gens ne connaissent pas forcément, mais je peux aussi faire des passes, peu importe la main. Même si je suis dans un bon soir au scoring, je peux aussi servir mes coéquipiers à la passe. »

Récemment signé par l’agence Octagon, qui représente deux double MVP, Giannis Antetokounmpo et Stephen Curry, Anthony Edwards emprunte manifestement la voie royale.

Après ses débuts compliqués par des drames familiaux, l’arrière de Géorgie s’est ouvert un horizon doré. S’il ne finit pas n°1 lors de la prochaine Draft, dans un peu moins d’un mois, il n’en sera pas loin…

« N°1 de la Draft NBA, c’est mon rêve », entonne-t-il. « Je fais tout ce que je peux en travaillant dur. L’équipe qui choisit en premier fera ce qu’elle voudra. Mais j’espère que ce sera moi. »

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