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De Rodney King à George Floyd, David Fizdale a l’impression de voir l’histoire se répéter

L’ancien coach des Knicks souhaite une réelle prise de conscience et pas une indignation momentanée, comme ça a trop souvent été le cas par le passé.

« Ma question, c’est : ‘Et après ? Quand est-ce que les gens vont agir ?’ Maintenant que la conversation a démarré et qu’il a fait du bon boulot pour ça, tout le monde le critique en disant qu’il manque de respect au drapeau et aux militaires. Ce n’est pas un manque de respect. Il essaie de montrer que quelque chose doit être fait ».

La déclaration, signée Draymond Green, date de février 2016, quelques mois après le geste de protestation du footballeur américain Colin Kaepernick contre les violences policières. Le quarterback avait osé poser un genou à terre lors de l’hymne national. Même s’il s’est fait une place dans les livres d’histoire, il n’a plus jamais joué un match de NFL depuis. Fin de la polémique.

Un éternel recommencement

Également mise au ban après avoir zappé l’hymne national en mars 1996 en protestation face au traitement fait à une autre minorité aux États-Unis, la communauté musulmane, Mahmoud Abdul-Rauf a constaté l’an dernier que « rien n’a changé » entre son époque et celle de Colin Kaepernick.

Originaire de Los Angeles, David Fizdale a pour sa part gardé en mémoire le passage à tabac de Rodney King en mars 1991 et les émeutes qui avaient suivi, lorsque les quatre policiers incriminés avaient été mis hors de cause.

« Nous avons vu cet homme se faire battre à mort et ça a fait rejaillir tous ces sentiments. Ça m’a rappelé toute cette crise, » a déclaré l’ancien coach des Knicks qui n’a, lui non plus, pas vu d’amélioration générale de la situation depuis tout ce temps. « C’est effrayant que ce genre de choses se produise encore, 28 ans plus tard ».

« Il y a une grande partie de moi qui regrette de ne pas s’être agenouillé, parce que et si nous nous étions tous agenouillés à ce moment-là, en serions-nous encore là maintenant ? »

David Fizdale craint désormais que l’histoire se répète, que le mouvement finisse par s’essouffler et que rien ne change concrètement. « J’espère que ce n’est pas une réaction d’indignation, que c’est quelque chose qui va continuer et qui finira par se concrétiser au niveau législatif. Je serais très fier de voir ça ».

À son tour, le technicien s’est demandé si la ligue, toujours tiraillée entre ses convictions et l’aspect business, avait suffisamment fait par le passé. Malgré de (nombreux) beaux discours, aucun joueur n’avait par exemple posé un genou à terre pour soutenir Colin Kaepernick. David Fizdale regrette aujourd’hui de ne pas en avoir fait davantage.

« Il y a une grande partie de moi qui regrette de ne pas s’être agenouillé, parce que et si nous nous étions tous agenouillés à ce moment-là, en serions-nous encore là maintenant ? Je ne sais pas ».

Ce que David Fizdale a compris à travers ce nouveau drame, c’est que le silence et l’inaction sont désormais perçus comme de la complicité. Et qu’il n’est tout simplement plus possible de détourner les yeux.

Libérer la parole, la première étape

Cette fois, les coaches de la ligue se sont donc mobilisés à travers leur syndicat (NBCA) en créant un collectif qui devra se pencher sur les inégalités et des violences dans les villes américaines où la NBA est présente.

« Quelles sont les étapes nécessaires pour avoir un impact sur les injustices sociales et une réforme de la police ? », s’interroge David Fizdale, qui fait partie de ce groupe notamment dirigé par Gregg Popovich, Steve Kerr, Lloyd Pearce et se réunit chaque semaine par visioconférence pour évoquer les actions à mettre en place.

Pour David Fizdale, la première étape sera de pousser pour une libération de la parole. Que les victimes soient davantage considérées et écoutées, mais aussi qu’elles puissent dénoncer une injustice sans être menacées ou sous pression de perdre leur statut ou leur travail.

« Personne ne devrait être réduit au silence ou avoir peur de perdre son gagne-pain ou de voir sa carrière compromise, » a-t-il ajouté. « Nous ne devrions pas être ici à devoir en parler, pas dans cette mesure, pas à ce niveau. C’est un triste jour pour notre pays ». Mais aussi une belle occasion de faire bouger les choses.

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