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Notre Dame de Portland

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À la recherche d’émotion et d’exploits dans ces playoffs 2019, la NBA a trouvé en Damian Lillard un héros qui fait l’unanimité.

« Dame est l’un des joueurs les plus sous-estimés de la NBA. J’ai le sentiment que si Dame était à New York ou… Je ne dis pas qu’il devrait quitter Portland, mais quand il y a un talent pareil à Los Angeles ou Chicago, ou dans un gros marché, il serait l’un des meilleurs joueurs de tous les temps ». Ses mots ont trois semaines, et ils sont signés DeMarcus Cousins, grand fan de Damian Lillard, le héros de la soirée avec ses 50 points et son tir de la gagne au buzzer face au Thunder

Il est évidemment trop tôt pour évaluer la place du meneur de Portland dans l’histoire de la NBA. C’est un Hall Of Famer, c’est une certitude. Au même titre qu’un Dirk Nowitzki ou un Tim Duncan, Damian Lillard tient sa franchise à bout de bras. Arrivé sur le tard en NBA, de surcroit en sortant d’une petite fac, « Dame » s’est immédiatement imposé comme un patron et l’un des meilleurs meneurs de sa génération.

Rookie Of The Year en 2012, il a, comme Dirk Nowitzki et Tim Duncan, lié son destin à celui d’un coach. Ce n’est pas Gregg Popovich ou Rick Carlisle, mais Terry Stotts. Ils sont arrivés ensemble à Portland, et ensemble ils ont traversé les tempêtes et les galères, et les voilà aujourd’hui en demi-finales de conférence, un an après avoir été sèchement balayés par les Pelicans. Certains y voyaient alors la fin d’un cycle… d’autant que le début de saison était marqué par le décès du propriétaire Paul Allen.

L’expression même du « franchise player »

Pour paraphraser Demarcus Cousins, on pourrait écrire que le francophile Terry Stotts serait l’un des meilleurs coaches de tous les temps s’il était aux Lakers ou aux Knicks. Comme Damian Lillard, il ne fait jamais les gros titres, et pourtant, il réalise des miracles à la tête de l’équipe. Dès la deuxième année, ils vont en playoffs en remportant 21 matches de plus que l’année précédente pour finir avec 54 victoires. Damian Lillard est All-Star dès sa deuxième saison, et en playoffs, il qualifie les Blazers en demi-finale de conférence sur un panier au buzzer. C’est le panier qui lui permet de changer de statut, et l’expression « Dame Time » apparaît.

Les Blazers sont au même niveau que les Warriors : une équipe jeune et sexy avec des All-Stars. Ils ont tout pour égaler leurs glorieux aînés du début des années 90, et Damian Lillard est un « franchise player » en puissance comme l’était Clyde Drexler. Mais on est à Portland, et le chat noir rode. Les blessures s’enchaînent, et l’équipe stagne. Pire, LaMarcus Aldridge s’en va ! On craint le pire pour la franchise puisque Damian Lillard est le seul titulaire restant au début de la saison 2015/16. Est-ce la fin d’une équipe ? La franchise va-te-elle replonger au classement ? C’est mal connaître Terry Stotts et son meneur : ils ne baissent pas la tête, ni les bras.

Un « One-Two Punch » construit sur la Draft

Au-dessus d’eux, le GM Neil Olshey est aussi un dirigeant sous-estimé. Comme Terry Stotts ou Damian Lillard, il n’est jamais sacré en fin d’année, mais il est toujours placé dans les votes. Il s’en va chercher Jusuf Nurkic aux Nuggets, et ça équilibre immédiatement l’équipe. Pour les aider et monter un « Big Three », un joueur monte en puissance, C.J. McCollum. Les fondations sont là, il ne reste plus qu’à bien les entourer.

« On avait la plus jeune équipe de la ligue, et la plus jeune équipe qualifiée en playoffs pour la deuxième année de suite. On s’aligne sur la progression de nos jeunes stars, Damian Lillard et CJ McCollum, qui n’ont pas encore atteint leur meilleur niveau » expliquait Neil Olshey il y a deux ans. « On peut donc être encore plus patient. On estime avoir une grande marge de progression et on n’est pas dans l’urgence. Tous nos joueurs sont sous contrat ou on contrôle leurs droits. On construit sur du long-terme. Le but est de ramener le titre à Portland. Notre objectif est de trouver d’autres stars pour entourer Lillard, McCollum et Nurkic. »

« Rare de voir un joueur de son calibre si humble et posé »

Mais comment attirer ou retenir de bons joueurs alors que les autres franchises ont plus de marge financière ? La réponse, c’est peut-être CJ McCollum qui la donne en évoquant le leadership de Damian Lillard.

« Il ne se place pas au-dessus de l’équipe ou des autres joueurs » expliquait-il en 2016. « Il ne vient pas à la salle en Uber de son côté. Il se donne à fond, en traitant les rookies comme des vétérans. Il ne démoralise pas et ne parle jamais mal à personne. C’est rare de voir un joueur de son calibre si humble et posé. On peut compter sur lui. »

C’est justement ce qui transpire de Damian Lillard sur un terrain ou en conférence de presse. Il n’est jamais arrogant. Même lorsqu’il frappe sur son poignet ou fait « bye bye » au Thunder comme cette nuit, il n’y a pas de trashtalking agressif. C’est l’anti-Westbrook. Il n’aboie pas, il fédère. Il ne snobe, il répond à tout le monde. Et comme il l’a dit cette nuit : « Il y a eu beaucoup de mots et d’échanges dans cette série… Et là, c’était le dernier mot. J’ai eu le dernier mot. »

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