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Jimmy Butler, une saga et beaucoup de questions

Ça y est, les Sixers viennent d’annoncer officiellement l’arrivée de Jimmy Butler. L’ailier All-Star rejoint Philadelphie en compagnie de Justin Patton, en échange de Robert Covington, Dario Saric, Jerryd Bayless et un second tour de Draft en 2022.

L’accord met fin à plusieurs semaines de haute tension à Minneapolis, mêlée à une intense bataille de communication. Bien décidé à faire passer son message de « tough guy », Jimmy Butler s’est pourtant heurté à un Tom Thibodeau qui a peut-être la tête aussi dure que lui. De quoi faire monter la pression dans la cocotte-minute qu’était devenu le vestiaire des Wolves…

Pourquoi Jimmy Butler a-t-il voulu quitter les Wolves ?

Mais commençons par la base. Pourquoi Jimmy Butler, récupéré l’an passé (avec Justin Patton en échange de Zach LaVine, Kris Dunn et Lauri Markkanen) par le coach qui l’avait lancé à Chicago, a-t-il si rapidement voulu faire ses valises ?

Même s’il était assez compliqué de suivre les arguments de « Jimmy Buckets », il ne cachait plus qu’il était frustré par la nonchalance d’Andrew Wiggins et de Karl-Anthony Towns. Censé former un « Big Three » avec les deux jeunes Wolves, l’ex-Bull répétait son attachement à la « passion » et à « l’honnêteté », laissant clairement entendre qu’eux en manquaient.

« Est-ce que je suis dur avec KAT ? Oui ! Je suis comme ça. Je ne suis pas le joueur le plus talentueux de l’équipe. Qui l’est ? KAT. Qui a reçu le plus gros don à la naissance ? Wigs. Il a les plus longs bras, les plus longues mains, il saute plus haut, court plus vite. Mais qui joue le plus dur ? Moi », expliquait-il. « Je joue dur, je joue très dur, je donne tout à chaque entraînement, chaque match, c’est ma passion, c’est ce que je donne au basket, c’est comme ça que je montre que je suis là pour mes coéquipiers. »

Jimmy Butler aurait en effet aimé que les Wolves lui offrent le statut de leader incontesté de l’équipe… et le contrat qui va avec. Cet été, Minnesota lui a pourtant offert une prolongation de contrat de 110 millions de dollars sur quatre ans, mais l’intéressé l’a refusée. Parce qu’il peut toucher jusqu’à 190 millions sur cinq ans l’été prochain.

Mais il a aussi visiblement mal pris le fait que Minnesota ne fasse pas des changements dans son effectif afin de lui offrir encore plus d’argent, en renégociant son contrat initial.

Sauf qu’après avoir donné 147 millions de dollars sur cinq ans à Andrew Wiggins, et alors que Karl-Anthony Towns allait lui prolonger pour 190 millions sur cinq ans, les Wolves n’auraient pas pu faire le ménage dans leur roster pour lui offrir un salaire renégocié de 30 millions de dollars cette saison (à la place des 18.7 millions qu’il touche) tout en ajoutant 145 millions de dollars sur quatre ans. Pour y arriver, il aurait fallu se débarrasser de quasiment tout l’effectif, de Gorgui Dieng à Justin Patton en passant par Tyus Jones ou Josh Okogie, tout en ne recrutant que des joueurs au salaire minimum.

Si Jimmy Butler voulait que les Wolves fassent passer un message pour prouver qu’il était bien le leader de l’équipe en lui offrant un salaire supérieur à ceux de ses deux coéquipiers, il attendait un message irréalisable sur le plan financier.

Pourquoi Tom Thibodeau a-t-il tellement attendu pour négocier un échange ?

Si les envies de départ de Jimmy Butler ne sont pas totalement claires, le fait que Tom Thibodeau les ait cachées pendant tout l’été est encore plus étrange. The Athletic assure ainsi que l’arrière/ailier et son agent ont informé le coach/président des Wolves en juillet puis en août qu’il ne prolongerait pas l’été prochain. Malgré cela, le propriétaire de l’équipe, Glen Taylor, a confirmé qu’il avait appris la nouvelle en même temps que tout le monde, à l’approche du training camp.

« Il y a trois semaines, quand la demande est sortie dans la presse, Thibodeau m’a appelé pour me dire qu’il avait rencontré Butler sur la côte Ouest, et que Butler lui avait dit qu’il voulait être échangé. C’est la première fois que j’en ai entendu parler. »

Alors que Glen Taylor avait pensé se séparer de Tom Thibodeau durant l’été, l’entraîneur a-t-il enterré la situation en espérant recoller les morceaux et dissimuler les ratés de son plan, avec cette reformation bancale des TimberBulls ? Taj Gibson, qui a pris la demande de transfert de Jimmy Butler comme un « crochet du droit », souriait ainsi lorsque le coach lui expliquait « que ce n’est rien et que nous avons traversé des situations bien pires à Chicago ».

Têtu, Tom Thibodeau semblait ainsi persuadé de pouvoir convaincre Jimmy Butler de rester, une fois de retour au training camp et au sein du groupe. En jouant l’autruche, il a rendu la situation totalement ingérable.

Quelles offres les Wolves ont-ils reçues ?

Avant d’accepter l’offre des Sixers (Dario Saric, Robert Covington, Jerryd Bayless et un second tour de Draft), les Wolves ont failli envoyer Jimmy Butler à Miami. L’affaire était quasiment conclue, autour de Josh Richardson et d’un premier tour de Draft, les deux équipes en étant à s’échanger les dossiers médicaux des joueurs. Mais Tom Thibodeau a demandé davantage au dernier moment, certain que Pat Riley allait faire d’ultimes concessions. Las, le président du Heat en a vu d’autres et il a décidé de mettre fin aux négociations. Dans la foulée, il a indiqué à son groupe qu’un échange n’était plus d’actualité et il s’y est tenu, même lorsque les Wolves ont essayé de réveiller les tractations.

Ces derniers jours, après un « road trip » catastrophique à l’Ouest et avec un Jimmy Butler de plus en plus agacé, Tom Thibodeau a finalement décidé que la situation n’était plus tenable et qu’il fallait en finir au plus vite.

ESPN et The Athletic révèlent ainsi que les Wolves ont alors négocié sérieusement avec les Sixers, les Rockets et les Pelicans. Houston offrait Eric Gordon, Nene Hilario et deux premiers tours de Draft alors que les Pelicans étaient prêts à se séparer de Nikola Mirotic et d’un premier tour de Draft (non protégé) pour récupérer Jimmy Butler.

Finalement, les Wolves ont donc préféré l’offre des Sixers, certes sans premier tour de Draft, mais avec deux joueurs capables d’apporter de suite, et suffisamment jeunes pour s’inscrire dans le futur de la franchise. Une offre solide, et presque inespérée.

Quels risques pour Jimmy Butler et les Sixers ?

S’ils n’ont pas encore le droit de négocier son futur contrat, les Sixers n’ont pas fait venir Jimmy Butler pour le perdre l’été prochain. Le club veut en faire le troisième membre de son « Big Three », aux côtés de Joel Embiid et Ben Simmons.

L’ère du « Process » est définitivement terminée dans la ville de l’amour fraternel, refroidie par un début de saison mitigé et qui ne confirme pas la dernière fin de campagne. Markelle Fultz n’a toujours pas retrouvé son shoot et son association avec Ben Simmons ne fonctionne pas à l’arrière. De plus, les départs de Marco Belinelli et Ersan Ilyasova ont fait perdre beaucoup de « spacing » à l’équipe, alors que Dario Saric a payé son début de campagne raté.

L’échange pour Jimmy Butler est-il un signe d’impatience ou les Sixers avaient-ils vraiment besoin de passer un cap ? L’avenir le dira. Pour l’instant, le club a surtout besoin de shoot extérieur et la piste Kyle Korver semble de plus en plus prioritaire…

Quant à Jimmy Butler, il arrive dans un vestiaire qui a de fortes personnalités. Joel Embiid et Ben Simmons sont beaucoup moins discrets que Karl-Anthony Towns et Andrew Wiggins et il sera sans doute beaucoup plus délicat de leur mettre la pression par médias interposés. Mais comme l’explique un dirigeant anonyme à ESPN, Jimmy Butler va devoir mettre de l’eau dans son vin. À Chicago puis à Minnesota, il n’a pas obtenu ce rôle de leader « alpha » qu’il espérait tant, et il s’est deux fois mis à dos une partie du vestiaire en critiquant ouvertement et sans ménagement ses jeunes coéquipiers.

S’il recommence à surjouer ce rôle du « tough guy » entouré de joueurs qui ne sont pas aussi durs et motivés que lui, sa réputation (déjà bien établie) de joueur à problèmes risque bien de lui jouer des tours.

« Il doit se comporter au mieux [à Philadelphie], et il le sait », explique ce dirigeant anonyme. « Si ça foire dans cette équipe, ça fera trois équipes de suite. Quelqu’un le signera lors de la free agency, mais il n’aura pas tout ce qu’il demande. »

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