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Nicolas Batum : « Comme les grands joueurs, Pau Gasol a gagné ses coups de sifflets »

nicolas-batumDouze heures après la défaite, les Bleus ont la gueule de bois ! Après le sélectionneur Vincent Collet, Tony Parker, Boris Diaw et Nicolas Batum se sont succédés au podium pour exprimer leurs sentiments forcément mitigés après leur contre-performance de la veille. Pour Batum, la déception est immense mais il faut passer à autre chose.

Nicolas, comment s’est passée la soirée et la nuit après cette défaite ?

J’ai connu mieux. On se refait le match, on se refait les scénarios. On essaye de chercher des explications. On se refait sa routine aux lancers-francs. On arrive enfin à s’endormir à 8h du matin. Et quand on se réveille à 10h, on se dit, ce soir, il y a match… mais non, en fait, c’était hier ! On croit que c’était un cauchemar. On espère qu’on pourra faire l’entraînement et repartir mais non. C’est dur sachant qu’on porte une énorme responsabilité dans la défaite d’hier, comme j’ai pu le faire en fin de match. Chose qui m’était rarement arrivée. Voilà, c’est très dur de se réveiller ce matin quand on fait 0/2 au lancer, parce que le dernier, je le rate volontairement pour jouer le rebond. C’était pour emmener la France en prolongation. C’est dur mais il faut se relever, il faut finir le job.

Que t’ont-dit tes coéquipiers après tes lancers ratés ?

Il n’y a que Boris qui a dit qu’on ne perdait pas le match sur ces lancers-francs. On a eu 44 minutes avant pour gagner ce match. Après, je comprends que le grand public va se souvenir de ça. Mais on était à +11 avant et on devait plier le match avant. Je ne pense pas que mes coéquipiers m’en veulent par rapport à ça. Je pense qu’on est une équipe assez grande et on a vécu pas mal de choses pour passer au-dessus de ça. Je peux comprendre que le public m’en veuille. J’ai toujours voulu apporter mon maximum à l’Equipe de France, je viens chaque été depuis 2009. L’été dernier, je suis arrivé fatigué et je l’ai payé cette saison. J’espère ne pas être jugé sur ça quand même.

Tu t’es plaint de l’arbitrage sur Twitter rapidement après le match, est-ce que tu maintiens tes propos ?

Je voulais m’excuser par rapport à ça. J’étais dans la rage, c’était à chaud. Il s’est passé ce qui s’est passé mais ça n’enlève rien à la classe de Gasol. Il a quand même fait un gros match et même s’il y a quelques coups de sifflet litigieux, il les a gagnés. Le respect et la classe de Gasol font qu’il peut obtenir ces coups de sifflet. C’est normal, ça se passe dans toutes les grandes compétitions, dans toutes les grandes équipes, les grands joueurs ont des coups de sifflet par rapport aux autres joueurs. Pau Gasol, avec sa carrière, a gagné ces coups de sifflets. Il y a deux ans, Tony était comme ça, il était quasiment intouchable. C’est normal que ces grands joueurs aient ça. Même s’il y a beaucoup de lancers, on aurait dû gagner le match. On a fait beaucoup trop d’erreurs, nous de notre côté.

« On ne peut pas repartir sans rien, on le doit à la France »

Vous avez maintenant une médaille de bronze à aller chercher, est-ce que les trois jours à attendre avant ce match sont trop longs ?

L’année dernière, on n’a pas eu le temps de gamberger. Là, on a plus le temps de gamberger mais physiquement, ça sera plus facile car on a plus de temps. L’année dernière, on avait galéré physiquement dans le match pour la troisième place. On a une équipe qui a de l’expérience. Ça a été les premiers mots de Flo et de Boris, c’est ce qu’on s’est dit hier soir à table, on ne peut plus revenir en arrière. Tout ce qu’on peut contrôler maintenant, ça va être ou la Lituanie, ou la Serbie. Et de les battre pour finir sur une bonne note, avec une médaille autour du cou. On a vu l’état d’esprit que les Espagnols avaient cette année après avoir été battus chez eux, pourquoi ne serait-ce pas nous l’année prochaine ?

Tony Parker passe à côté de son Euro, et il l’a reconnu lui-même, comment tu vis ses difficultés actuelles ?

J’ai tellement de respect pour ce mec-là, pour tout ce qu’il a pu accomplir pendant ces quinze ans, que jamais je lui en voudrais. Même s’il tourne à 2 points de moyenne sur un Euro. Il a fait de moi un champion d’Europe quand même, il y a deux ans. Grâce à lui, j’ai une médaille d’or au championnat d’Europe. Il m’a amené aux JO, il m’a fait vivre des choses extraordinaires. Lui en vouloir parce qu’il n’est pas à 20 points de moyenne et n’a pas marqué 35 points hier, comme il l’a fait auparavant, jamais ! C’était à nous de l’aider. C’était à nous de lui rendre ce qu’il nous a donné. Il a fait tellement pour le basket français, pour le sport français en général, qu’il a le droit d’avoir un coup de mou de temps en temps. Je pense que dimanche, on verra un grand Tony Parker.

Pour revenir sur tes lancers francs ratés, que se passe-t-il dans ta tête à ce moment-là ? 

C’est difficile à expliquer. Quand je viens sur la ligne, je suis à 6/6 et j’en ai mis deux en fin de match déjà. J’en mets deux en prolongation une minute avant. C’est pas forcément la pression. J’ai fait le vide dans ma tête, sur le premier, j’étais dans ma bulle, et ce geste que je fais à chaque fois, j’en rêvais de ce moment-là. Et ça fait gamelle et ça ressort. Là où je n’ai pas été bon, c’est sur le deuxième parce que j’ai trop pensé au premier au lieu de me refocaliser sur mon geste. Le deuxième, je l’ai totalement loupé. Ça fait quinze heures que ça tourne en boucle dans ma tête. Je pense que ça va continuer pendant un long moment. J’ai vécu 2005 et 2007 devant ma télé et je m’étais juré à cette époque-là que quand je serai en Equipe de France, si j’ai des lancers en fin de match, je ne les louperai pas. Et voilà, je rentre dans la tradition malheureusement.

Ce match pour la troisième place est très important car il doit confirmer la pérennité des résultats de l’Equipe depuis quatre ans, comment vous l’abordez ?

Il faut juste bien finir. Il y a eu énormément de travail de fait pour l’organisation de cet Euro en France, les bénévoles, la fédération, le staff. En moins d’un an, ils ont fait un travail remarquable pour mettre en place cet événement basket extraordinaire. On n’avait jamais vu ça en Europe. On ne peut pas repartir sans rien. On le doit à la France. Par respect pour tout le monde, envers nous-mêmes également, on doit gagner ce match. Et on gagnera ce match.

Propos recueillis à Lille

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