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Covid-19 : quel impact et quelles séquelles sur le physique des joueurs ?

En plus des symptômes, quels effets ont eu les quarantaines imposées aux joueurs positifs au Covid-19 sur leurs performances dans la « bulle » ? Et quid des séquelles à long terme ?

Alors qu’on pouvait légitimement s’interroger sur le niveau physique des joueurs NBA à la reprise, tout le monde a plutôt été agréablement surpris par les matchs dans la « bulle ». Malgré quelques tâtonnements logiques, l’intensité a été bonne, et il n’y a pas eu trop de blessures, voire même aucune blessure grave à Disney World.

La NBA a réussi à tenir le Covid-19 hors de la « bulle », mais le virus a-t-il tout de même eu un effet sur la reprise ? Par souci du secret médical, la ligue n’a pas communiqué le nombre de joueurs contaminés entre mars et juillet, mais GQ a estimé qu’une trentaine de joueurs l’ont été juste avant l’arrivée en Floride. Ces contaminations étaient ainsi plus faciles à repérer car les joueurs ont dû patienter avant de rejoindre leurs coéquipiers et leurs équipes.

Et elles ont peut-être été celles qui ont eu le plus de conséquences car les joueurs contaminés début juillet ont dû être isolés avant leur entrée dans la « bulle », puis de nouveau dans celle-ci.

« C’est très frustrant pour moi, honnêtement, de venir à Houston et d’attraper le Covid », explique Russell Westbrook, qui n’a pourtant quasiment pas eu de symptômes. « J’ai dû m’arrêter 20 à 21 jours sans pouvoir m’entraîner. » Alors que le meneur de Houston avait beaucoup travaillé durant le confinement, et s’estimait dans la forme de sa vie, ce coup d’arrêt juste avant la reprise lui a-t-il coûté cher ? C’est possible, surtout que GQ rappelle que sur les 30 joueurs arrivés en retard à Disney World à cause d’une contamination au Covid-19, 10 ont subi des blessures des tissus mous (ligaments, tendons…), à l’image d’ailleurs de Russell Westbrook.

Frank Kuhn : « Même si on fait du fitness, on ne s’entraîne pas à ces gestuelles, à ces enchaînements à haute intensité. Même si les joueurs se sont maintenus en forme, ils sont désentraînés pour le basket »

« Quand ces gars étaient en quarantaine, et même s’ils pouvaient parler à leur préparateur physique sur Facetime, ce que je faisais avec beaucoup de joueurs, ce n’était pas la même chose que ce qu’ils pouvaient faire dans leur préparation habituelle », explique David Alexander, qui travaille avec LeBron James, Chris Paul et plus de 30 autres joueurs NBA. « Les gars qui ont été placés en quarantaine ont été extrêmement désavantagés parce qu’on leur a enlevé ces ressources. Je ne dirais pas que c’est le Covid qui les a pénalisés. C’est la quarantaine. »

Pour Frank Kuhn, assistant coach et responsable performance de Strasbourg et préparateur de l’équipe de France, cette immobilisation, qui s’ajoutait à celle déjà connue lors du confinement, a en effet posé de vrais problèmes.

« La différence, c’est que le métabolisme basal (la dépense d’énergie minimum quotidienne) n’a pas fonctionné de la même manière. Dans l’immobilisation, il y a une perte de force mais également moins d’efforts produits durant la journée. La marche, c’est déjà un effort, par exemple pour aller travailler. Puis après il y a l’activité basket, et tout ça, c’était en moins. On consomme moins de calories, on fait moins d’efforts, le corps est moins stimulé donc logiquement, il y a un impact sur l’organisme. Et en plus de ça, les efforts qui sont faits ne sont pas spécifiques au basket. Donc même si certains se sont entraînés, les efforts qu’ils ont produits n’étaient pas des efforts de basket. La réception au sol après un saut, le changement de direction à haute intensité, les pivots… Tous ces efforts spécifiques au basket, même si on fait du fitness, on ne s’entraîne pas à ces gestuelles, à ces enchaînements à haute intensité. Même si les joueurs se sont maintenus en forme, ils sont désentraînés pour le basket. »

Mais alors, comment expliquer le peu de blessures dans la « bulle » ?

« Ils avaient tout sur place, à savoir des équipements de récupération, d’entraînement », rappelle Frank Kuhn. « Quelque part, la bulle, c’était un peu comme entraîner l’équipe nationale sur une campagne d’été. On est en autarcie. Quand on a les joueurs du matin au soir, qu’on peut les faire déjeuner ensemble, on fait attention niveau alimentaire et diététique. On fait attention à la récupération. On a des physios (masseur kinésithérapeute), des préparateurs physiques et on optimise la performance. Les premiers matchs ont été compliqués pour tout le monde, avec des faux rythmes et des équipes qui lâchaient très vite, mais ça s’est vite amélioré et ça ne m’étonne pas du fait qu’ils étaient en autarcie. À mes yeux, c’est l’avantage de la bulle. »

Pas d’anomalies cardiaques ou pulmonaires détectées chez les joueurs

Interrogée par GQ, la pneumologue Heather Strah évoque par ailleurs de vieilles études sur les soldats de l’armée américaine, qui expliquent qu’une immobilisation d’un jour entraîne un travail de deux à trois jours ensuite, pour revenir au même point musculaire. C’est-à-dire que Russell Westbrook, isolé 20 à 21 jours, aura eu besoin de 40 à 60 jours pour retrouver son niveau musculaire. Frank Kuhn tempère cette analyse, les études portant sur des individus alités, en position allongée et qui ne peuvent donc pas du tout bouger.

Le meneur des Rockets et les autres contaminés de dernière minute n’ont donc pas tout perdu musculairement avant d’entrer dans la « bulle », d’autant que d’autres joueurs touchés par le Covid-19 (Nikola Jokic, Bam Adebayo…) début juillet n’ont pas eu de problèmes physiques, et ont au contraire brillé lors de la reprise.

Les conséquences ont donc été individuelles car, avec ce virus, il est très compliqué de faire des prédictions.

Restent les séquelles pulmonaires et cardiaques. Des études allemandes montrent en effet que celles-ci peuvent être importantes, même chez des patients qui ont eu des formes peu sévères. Le Covid-19 pourrait ainsi entraîner « une insuffisance cardiaque, une maladie chronique et progressive dans laquelle la capacité du cœur à pomper le sang dans tout le corps diminue », ce qui serait encore plus désastreux pour des athlètes de haut niveau.

« Au bout du compte, vous ne savez pas ce qui va se passer si un joueur a été testé positif puis qu’il se sent bien. Prenez Russell Westbrook par exemple, qui joue aussi vite et aussi dur que n’importe qui et dont le rythme cardiaque peut monter jusqu’à 170 battements par minute », reprend David Alexander. « Nous ne savons pas s’il ne peut pas faire une crise cardiaque. Et c’est bien là le problème. C’est le problème avec cette maladie. »

Le point rassurant, c’est que Matthew Martinez, un cardiologue qui travaille pour le syndicat des joueurs, explique que la NBA a fait passer des tests à tous les joueurs, pour détecter notamment les séquelles cardiaques chez les basketteurs ayant contracté le Covid-19, et que les résultats n’ont montré aucune anomalie.

« En juillet, nous pensions en trouver beaucoup », explique-t-il. « Nous n’en avons pas trouvé. Et en utilisant ce protocole de dépistage, nous n’avons pas trouvé de complications, avec une réhospitalisation ou un nouveau symptôme cardiaque chez ceux qui ont été dépistés et jugés aptes à jouer. Nous avons beaucoup appris, et je pense que nous en apprendrons davantage au cours des trois à six prochains mois en parcourant les données. Mais pour l’instant, rien ne laisse penser que cela va changer dans les trois à six mois à venir. » Croisons les doigts.

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