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Giannis, LeBron, le Rookie Wall, les échanges à Detroit… La grosse interview de Sekou Doumbouya

Après un petit recadrage de son coach, Sekou Doumbouya a repris sa place dans un cinq des Pistons en reconstruction. Pour Basket USA, il revient sur cette première partie de saison en NBA.

Certains l’imaginaient passer la saison en G-League et jouer quelques minutes en NBA, mais Sekou Doumbouya est carrément devenu titulaire dès sa saison rookie.

Plus jeune joueur de la NBA, le Français a aussi vu ses dirigeants faire exploser le groupe, et il sait désormais qu’il aura davantage de responsabilités. Défendre sur des superstars, l’acclimatation au rythme de la saison régulière, mais aussi le souvenir de son passage à Poitiers… L’ailier des Pistons a répondu à nos questions.

Sekou, vous avez vécu bien résisté face à Portland mais au final, c’est une nouvelle défaite. Et sur ce match, on vous a surtout senti frustré après deux fautes rapides, et très sévères contre Carmelo Anthony. Comment avez-vous vécu cette rencontre ?

Elles n’y étaient pas du tout ces fautes, mais bon, c’est le traitement réservé aux rookies. C’est ce que mes coéquipiers m’ont dit. J’étais frustré de prendre ces fautes parce qu’il n’y avait rien mais comme je suis un rookie, c’est moi qui les prend. Ça jouait physique avec Melo et c’est lui qui demandait ça, donc j’étais obligé d’y aller. Mais c’est une superstar hein, ils obtiennent les fautes.

Vous étiez donc face à Melo, était-ce un moment particulier pour vous ? Est-ce que vous vous autorisez même à y penser ?

Je ne me pose pas la question, j’y vais. C’est après que j’y repense. J’y pense un peu avant aussi si je suis honnête mais sur le moment, il faut y aller.

Vous l’avez-dit, c’était un duel plutôt physique. Était-ce le plus physique que vous avez expérimenté cette saison ? 

Non, LeBron est le plus physique. Clairement. C’est quelque chose de l’affronter. J’ai tout eu : le post up, le jeu en face, la transition, tout ! En plus, il court beaucoup. Sur les contre- attaqued…

« Je dois passer à l’action suivante plus vite »

Vous aviez plutôt bien débuté ce match avec un panier plus une interception, mais vous ratez deux tirs consécutifs et vous sortez un peu de la partie, non ? 

C’est ça. Ce sont mes shoots ratés. Il faut que je mette mes shoots dedans. Quand ça rentre, je suis bien. Ça ne m’a pas trop frustré car j’ai continué à être bien. Mais je finis à 1/4 à 3-points et 1/2 à 2-points. Il faut que j’arrive à rentrer mes tirs.

On vous sent hésiter parfois offensivement, arrivez-vous à passer à autre chose après un raté pour rester concentré sur votre match jusqu’au buzzer final ?

Mmmmh [longue hésitation]… Je suis entre les deux. Je n’arrive pas à passer à la prochaine action tout de suite [il claque des doigts] et c’est ça que je dois faire. Je dois le faire plus vite.

Après le match, votre coach nous a dit que votre été sera très important, physiquement surtout, pour préparer votre corps au mieux. On a été un peu surpris par ce commentaire, qu’en pensez-vous ? Pensez-vous avoir besoin de remodeler votre corps pour être plus performant ?

Je ne sais pas quoi dire. Je me sens bien physiquement, je n’ai pas particulièrement de graisse corporelle non plus. Je ne me rappelle plus du chiffre exact mais ça va… C’est l’avis du coach. Il fera ce qu’il a à faire. Je ne sais pas quoi dire à ça. C’est la première fois que j’en entends parler.

Peut-être pensait-il à l’aspect diététique : en tant que rookie, avez-vous déjà fait le tri dans votre alimentation et engagé un cuisinier pour un régime particulier ?

C’est en cours. J’ai déjà mis en place une routine avec la diététicienne de l’équipe. J’essaie de mettre ça en place.

« Ce n’est pas devenu normal car ce n’est pas normal ! »

Plus globalement, ça fait maintenant deux mois pleins que vous êtes avec les Pistons après avoir démarré en G-League, comment vous sentez-vous dans ce groupe ?

Je me sens de mieux en mieux. Beaucoup de choses ont changé autour de l’équipe depuis mon arrivée. Ils sont en train de faire plus confiance aux jeunes, et je suis impliqué dedans. C’est positif pour la suite.

De fait, il y a eu de gros échanges avec les départs coup sur coup de Andre Drummond et Reggie Jackson, mais aussi Markieff Morris; les Pistons sont désormais lancés dans un projet de reconstruction, c’est une énorme opportunité pour vous on imagine. Est-ce que cela change votre mentalité ou il faut simplement garder le même état d’esprit ?

Clairement, c’est une très grosse opportunité et il faut la saisir. Mais ça ne change pas ma mentalité. Ça change au niveau de la rigueur. Il faut être encore plus rigoureux et en faire deux fois plus qu’avant à l’entraînement, parce que c’est place aux jeunes. C’est à nous de jouer.

Sentez-vous concrètement qu’il y a tout de même plus de ticket shoots, plus de responsabilités à prendre sur le terrain ?

Oui, c’est sûr. Les tirs qu’ils prenaient eux, il faut bien que quelqu’un les prenne et maintenant, on essaie de trouver le juste milieu dans l’équipe, de savoir qui fait quoi.

La vie NBA est-elle devenue normale pour vous maintenant ?

C’est devenu… non, en fait, ce n’est pas devenu normal car ce n’est pas normal [sourire]. Je pense que ça prend plus de temps pour s’y habituer. Il y a des joueurs qui sont dans leur 4e année et qui n’y sont pas encore habitués. Ça va me prendre encore un peu de temps. Mais c’est sûr que ce n’est pas la même chose du tout [par rapport à la France]. C’est super d’avoir des services de cette qualité, tout est très bien organisé et ça facilite beaucoup les choses au quotidien.

Personnellement, vous avez un petit coup de moins bien ces dernières semaines, est-ce le fameux rookie wall, la fatigue ?

Oui, c’était plus difficile mais là, ça revient. Je sens que la confiance revient petit à petit. Je le sens aux entraînements aussi. J’ai eu une petite baisse de régime et c’est peut-être due à la fatigue, un petit peu. Le mois de janvier et le début février ont été très difficiles à enchaîner. Je me sens mieux maintenant et c’est comme si j’avais trouvé mon deuxième souffle. Ça fait du bien.

C’est intéressant car on aurait tendance à penser que les mois de novembre – décembre quand vous faisiez l’ascenseur avec la G League auraient peut-être été plus fatigants…

Ça a joué car à un moment donné, j’étais très fatigué, c’était incroyable. En plus, à ce moment-là, on avait un road trip sur la Côte Ouest avec LA. Avec le décalage horaire et la fatigue, c’était incroyable.

Vous avez probablement joué autant de matchs en quelques mois qu’à Limoges sur toute la saison, non ?

J’en ai fait plus… C’est incroyable.

« Quand je ne me pose pas de questions, je fais ce que je veux »

Quels sont les coéquipiers qui sont le plus proches de vous, qui vous aident au quotidien ? Avez-vous un mentor (ou plusieurs) ?

Lui [Christian Wood] et lui là-bas [Bruce Brown]. On a un peu le même délire, on est jeune et on se comprend en fait. Lui [Wood] est dans sa 4e année je crois et lui [Brown] dans sa 2e donc on débute ensemble pour ainsi dire et ils m’aident. Ils me disent quoi faire et c’est plutôt cool. Ils ne me le disent pas comme vétéran de la NBA mais simplement en tant qu’ami. Ça passe mieux comme ça.

Vous dites que vous êtes dans le même délire mais vous êtes tout de même plus jeune qu’eux, et vous débarquez de France : est-ce facile de vous intégrer et trouver des points communs ?

[rires] Oui, c’est un peu pareil au final et je suis quelqu’un qui est ouvert d’esprit. Je m’adapte vite aux situations. Je suis obligé de m’adapter et de me fondre dans la masse. Il faut passer par là.

Pour en revenir au jeu, votre tir à 3-points est en amélioration ce mois-ci (à 34%), comment évaluez-vous l’évolution de ce chantier ?

C’est ça, c’est un chantier et ça prend du temps. C’est un processus et il faut rester patient, ça va venir. Mais c’est beaucoup de la confiance. Quand tu fais des mauvais matchs, tu te mets dans une bulle et si tu n’en sors pas rapidement, c’est pas bon pour toi. C’est là que tu te poses beaucoup de questions, sur ta sélection de tirs, sur ce que je voulais faire : est-ce que je drive, est-ce que je tire, est-ce que je fais la passe ? A un moment donné, je me suis dit de juste jouer. De faire confiance à ce que je sais faire. C’était le match contre Denver et j’ai juste joué mon jeu.

Comment sentez-vous en l’occurrence que ça peut bien tourner pour vous quand vous débutez un match ? 

Quand je ne me pose pas de questions, je fais ce que je veux. C’est là où je me sens bien mais il faut réussir à garder ce truc-là. Après, il y a le coaching aussi. Tu peux réussir à faire certaines choses mais tu te rappelles que le jeu doit être comme ça normalement, tu vois ? Il faut faire avec et essayer de trouver le juste milieu entre l’équipe et les initiatives individuelles.

« Défendre sur Giannis, c’est hors-normes »

Vous avez eu la lourde tâche de défendre face à Giannis Antetokounmpo récemment, le MVP en titre, comment c’était ?

C’est hors-normes. Tu ne peux rien faire d’autre qu’essayer de le limiter, de le ralentir. Au final, tu sais qu’il aura mis ses points, pris ses rebonds et fait ses passes. Il faut juste essayer de le faire travailler le plus possible et le sortir de sa zone de confort. Des fois, tu y arrives mais avec le mental, il revient toujours sur ses bases.

Sinon, qui est le prochain sur la liste après Tristan Thompson ? On veut davantage de posters…

[rires] C’est vrai, c’est vrai. Peut-être ce soir [sourire en coin]. [Contre Hassan Whiteside ?] Ouh, lui c’est un gros contreur. On verra, si j’ai l’occasion, j’irai. Même si je me prends un contre, j’y vais !

Pour finir, un mot sur Poitiers… Vous pensez à quoi quand on évoque cette ville et ce club ?

Que de chemin parcouru ! C’est du bonheur. En plus, les gens de Poitiers sont super sympas. J’ai que des bons souvenirs là-bas, avec le coach, les coéquipiers, le public. Je suis arrivé là-bas à 15 ans. J’y étais de 15 à 17 ans avant d’aller à Limoges. Parfois, ça me manque. Mais quand je rentre en France, j’essaie toujours d’y retourner parce que j’ai mon pote, Christopher Dauby, qui joue là-bas. Il a un an de plus que moi mais on était ensemble à Poitiers. Il joue en Nationale et aussi avec l’équipe Pro.

Propos recueillis à Portland

Sekou Doumbouya Pourcentage Rebonds
Saison Equipe MJ Min Tirs 3pts LF Off Def Tot Pd Fte Int Bp Ct Pts
2019-20 DET 38 20 39.0 28.6 67.4 0.5 2.6 3.1 0.5 2.1 0.5 0.9 0.2 6.4
Total   38 20 39.0 28.6 67.4 0.5 2.6 3.1 0.5 2.1 0.5 0.9 0.2 6.4

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