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Sa saison, Stephenson, LeBron, l’évolution du jeu… L’interview bilan de Kevin Séraphin

Pourtant battu et sweepé par une équipe de Cleveland et un LeBron James déjà en très grande forme, Kevin Séraphin n’a pas à rougir de ce coup de balai. Pendant toute la série, il fut l’un des meilleurs remplaçants des Pacers, et pour Basket USA, il revient sur cette première saison à Indiana ainsi que sur son futur avec la franchise de Larry Bird.

Indiana peut nourrir énormément de regrets sur cette série ? 

« Oui, mais malheureusement c’est le sport qui est comme ça. Le premier match, on le perd d’un point et en plus de ça on a la balle de match pour l’emporter. Le seul match où je pense que l’on se fait vraiment dominer, c’est le match 2. Même si on revient sur la fin, celui-là, nous n’avons jamais été en mesure de l’emporter. Le game 3, on est quand même à plus 25 à la mi-temps et à +26 dans le troisième quart temps et on se prend cette remontée… Et puis, dans le Game 4, on a le shoot ouvert sur la fin et ça ne rentre pas. C’est comme ça, on a tout donné au moins, c’est le principal. Maintenant ça n’a pas été suffisant pour les battre, à nous de bien travailler, de retenir les leçons et de revenir plus forts la saison prochaine. »

Quelle défaite face à Cleveland est selon vous la plus navrante ? 

« Le premier et le dernier match. Le premier car si on le prend, la série est complètement différente car tu rentres à Indiana avec l’avantage du terrain et surtout mentalement ils peuvent être touchés. Mine de rien, revenir à la maison à 2-0, face à un adversaire comme Cleveland, c’est très compliqué pour toi. Dans le Game 4, même si on a couru après le score, on a quand même eu les ressources de revenir dans la partie… On a eu les occasions de les faire douter dans cette série, mais à chaque fois ils nous a manqué ce brin de chance. C’est dommage, mais je le répète, on a tout donné. »

« C’est difficile de jouer contre quelqu’un d’aussi intelligent que LeBron »

Votre avis justement sur les Cavaliers ?

« On a l’impression que c’est beaucoup de jeu d’isolation, mais en fait c’est calculé. Quand LeBron prend les écrans et que tu changes sur les écrans, il sait que tu ne pourras pas l’arrêter. Soit il va marquer, soit on va venir aider sur son drive et il va libérer un shooteur. Tout est calculé. Il y a toujours un mec ouvert. Leur jeu est bien huilé, et LeBron est l’homme en plus.  »

Et LeBron James, ça reste le patron ?

« C’est une machine, et comme on dit en français, il a porté ses cou****. C’est clairement ça. Il a beaucoup de pression sur ses épaules, c’est le joueur qui a le plus de pression dans cette ligue. Il porte son équipe, sans jamais s’affoler et c’est impressionnant. Tu sens que sans lui ce n’est pas la même équipe. C’est quand il n’est pas sur le terrain, que tu peux faire un écart, je le dis aux gars à chaque fois. « Les gars LeBron n’est pas la, on doit faire l’écart, on doit en profiter. » Il change l’équipe. »

Encore plus fort en playoffs qu’en saison régulière…

« Chaque année il progresse, chaque année il est de plus en plus fort. C’est une superstar et c’est normal qu’il soit protégé par les arbitres, mais le shoot à la fin c’est lui qui le met, les contres à la fin c’est lui qui les met. Il fait tout sur un terrain de basket ! Ce n’est pas évident de jouer contre quelqu’un de si intelligent. Il sait utiliser toutes les situations à la perfection, il sait où et quand faire mal à son l’adversaire. C’est comme s’il y avait deux coachs, un sur le banc et lui sur le terrain. Ce n’est pas qu’une bête physique, il est très fort. »

Sur un plan de vue personnel, on peut dire que ce sont des playoffs réussis… 

« C’est la première fois que je joue les playoffs avec un rôle bien défini. Je suis dans la rotation, je sais que j’ai mes minutes, et donc c’est plus facile. Mes prestations ne sont pas mauvaises, je sais que je peux faire mieux, je sais que je dois faire mieux, et je sais que je vais faire mieux. Mais c’est vrai que pour le rôle que j’ai et ce que l’on me demande, je pense quand même avoir apporté. Maintenant, je ne me contente pas de ça et j’espère pouvoir faire encore mieux la saison prochaine.

« Ça me tue un peu de voir comment la NBA a évolué »

Vous étiez en rotation de Myles Turner, mais vos profils sont différents ? 

Myles c’est plus un poste 4. Il s’écarte beaucoup, plus que moi et c’est le nouveau style ici en NBA. Des grands capables de s’écarter. Moi quand je joue, j’essaie vraiment de jouer à l’intérieur, de demander les ballons poste bas. Je pourrais aussi passer mon temps à l’extérieur et shooter mais non j’essaie de bagarrer dessous, comme ça a été le cas sur la série avec Tristan (Thompson). Ce soir j’ai pris une technique, ma première, ce qui montre bien mon envie et ma détermination à savoir combattre le plus possible, et d’avoir les ballons le plus près possible du cercle pour soit marquer ou soit ressortir les ballons.

Vous défendez l’utilisation d’un vrai poste 5…

Tu ne peux pas être performant sur le terrain si le ballon ne vient pas à l’intérieur. À la rigueur, si tu as quatre Stephen Curry, tu n’as pas besoin d’avoir un secteur intérieur dominant. Mais tu ne peux pas passer ta vie à l’extérieur. Il faut varier : « In and Out ». Tu dois donner la balle aux gros dessous. Tu crées les fixations à l’intérieur du coup, tu permets à tes extérieurs d’avoir des solutions de tirs plus faciles et plus propres. Ça me tue un peu de voir comment la NBA évolue, comment le jeu a changé, le fait que les intérieurs soient moins mis en valeur. On souhaite avoir des 4 fuyants, des 5 qui shootent à 3 points, donc délaisser le jeu poste bas. C’est dommage.

Pour en revenir aux Pacers, qu’avez-vous pensé de l’apport de Lance Stephenson sur cette fin de saison ?

Il m’a apporté énormément sur un plan personnel mais aussi énormément à l’équipe. Lance, c’est un bon gars et un super coéquipier. Ici c’est sa maison, il a fait de bons playoffs. C’est un plaisir de jouer avec lui. C’est quelqu’un qui m’a vu quand j’étais au top de ma forme à Washington et qui sait ce que je peux apporter quand je suis en confiance et en forme.

On a vu que vous étiez complices sur et en dehors du terrain…

Au départ quand il a signé, je jouais peu ou pas du tout même, mais tout de suite, il m’a dit : « Ecoute, je joue comme ça, je vais te faire ci, je vais te faire ça. Tu as juste à croire en toi, car moi je crois en toi ». Il a cru en moi dès le départ, du coup une vraie relation de confiance s’est installée entre lui et moi sur et en dehors du terrain. On passe beaucoup de temps ensemble et c’est devenu un ami. Je pense que l’an prochain, on va faire mal.

Avec un public qui ne demande que ça…

La ville et les fans ont répondu présent. Ils nous ont supportés jusqu’au bout. L’ambiance aurait pu être bizarre dans le Game 4. À 3-0 et malgré le scénario du match de jeudi, les fans ont quand même mis le feu à la salle. C’est pour cette raison, que je suis déçu qu’on n’ait pas pu leur rendre ce qu’ils attendaient, c’est-à-dire une victoire.

« J’ai envie de rendre leur confiance aux Pacers »

À propos d’Indiana, quel bilan tirez-vous par rapport à vos expériences à Washington et New York ? 

Je me sens bien ici. Je suis mis en confiance, on m’utilise et on me donne l’opportunité de jouer. C’est vrai que ça n’a pas toujours été le cas, il y a des moments où je ne jouais pas, mais dernièrement c’est nettement mieux. J’ai la direction et j’ai le coaching qui sont dernière moi, qui m’encouragent à continuer comme ça. C’est hyper motivant de se sentir apprécié pour ce qu’on l’est vraiment. Paul (George) croit en moi, toute l’équipe croit en ce que je peux faire sur un terrain et ça c’est ce que je recherche. Me sentir à l’aise dans un environnent qui me convient et qui me permet d’être à 100 % de mes capacités.

C’était différent l’an passé aux Knicks ?

« Ça change mentalement, quand j’étais à New York ce n’est pas que l’on ne croyait pas en moi, mais tu es un joueur comme un autre. Tu n’as pas spécialement de rôle. Ici, mon jeu est apprécié, ils veulent me développer, il veulent que je grandisse et j’ai envie de leur rendre cette confiance l’an prochain sur le terrain. C’est pour cette raison que cet été je vais bosser très dur, pour revenir encore plus fort. »

L’an passé, on vous annonçait en Europe (Barcelone) et finalement votre place est en NBA… 

Honnêtement, j’y ai pensé. J’étais même très proche de repartir en Europe cet été. Mais attention je n’allais pas repartir en Europe en me disant : « Ok Kev, tu n’as pas le niveau NBA, tu es donc obligé de rentrer en Europe ». Non, j’allais aller en Europe car dans ma tête je me disais, il faut que tu joues mec. Je ne peux passer ma vie sur un banc, j’aime trop le basket, je suis un compétiteur et j’ai besoin de jouer. Les gens ne comprennent pas que les athlètes de haut niveau et je ne parle pas que pour moi, on a tous un ego surdimensionné et une très grosse confiance en nous. Certains pensent que j’accepte d’être sur le banc, que c’est cool car je suis en NBA et que je gagne bien ma vie. Mais non ! J’essaie tous les jours depuis 7 ans que je suis en NBA de gagner ma place, tous le temps que je pousse la porte du gymnase c’est pour travailler et tout faire pour jouer.

La saison aux Knicks n’avait pas été facile…

C’est vrai que ça commençait l’an dernier à devenir compliqué. Surtout après Washington, j’avais beaucoup de clubs intéressés, mais ma saison à New York, malheureusement je n’ai pas été bon et en plus de ça je me suis blessé donc il était compliqué pour moi de jouer. Maintenant c’est pas évident, il y a beaucoup de choses qui rentrent en compte. S’il y a des gens qui ne croient pas en moi et qui pensent que je n’ai pas le niveau pour jouer en ici, ce n’est pas mon problème. Je ne peux rien faire contre eux. Moi je crois en moi, je sais que j’ai le niveau… Si je suis en forme pour jouer, je peux aider mon équipe à gagner. Le jour où je ne croirai plus en moi, plus en ma personne alors oui je serai foutu. Là, je me poserai des questions… Mais c’est de l’histoire ancienne, je suis motivé, et n’oublions pas que je n’ai que 27 ans…

Propos recueillis à Indianapolis

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