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Tony Parker : ô vieillesse mon amie…

NBA: NOV 10 Spurs at Clippers

Très bon depuis le début de la saison, Tony Parker démontre que son déclin n’est pas encore d’actualité. À 33 ans, le meneur des Spurs est néanmoins bien conscient que le temps le rattrape. Désireux de jouer 20 saisons à San Antonio, le Français suit donc un programme particulier afin d’optimiser sa fin de carrière, des précautions bien éloignées de ce qu’il a pu connaître à son arrivée dans la ligue, lorsque de simples échauffements lui semblaient futiles.

« Je dois venir une heure avant l’entraînement »

 « Je dois tout faire différemment. » explique t-il au San Antonio Express-News. « Je dois venir une heure avant l’entraînement pour mes échauffements, différentes choses que le staff me fait faire. Je dois comprendre que je n’ai plus 25 ans. La réalité est que si je veux jouer au niveau où j’étais plus jeune, je dois prendre plus de temps, faire plus de sacrifices. Je ferai n’importe quoi pour revenir à un niveau de champion. »

À l’instar de Tim Duncan, son modèle en terme de gestion de carrière, Tony Parker a presque tout connu. En NBA depuis 2001, il a affronté un panel de générations bien différentes : de Michael Jordan à Emmanuel Mudiay, en passant par John Stockton, Karl Malone, Shaquille O’Neal, Tracy McGrady, Jason Kidd, Allen Iverson et beaucoup d’autres. Il a vu les plus grands partir, d’autres talents arriver, certains d’entre eux quitter la ligue avant l’heure et lui est toujours là. Peu de joueurs savent comme lui ce qu’il faut pour durer : en NBA, la pérennité ne vient pas qu’avec le seul talent ou même le travail, il faut aussi savoir évoluer.

« Quand on vieillit, l’intelligence de jeu prend le pas sur le reste. Ce sera toujours un avantage. » explique Jason Kidd, joueur jusqu’à ses 40 ans. « Mon jeu n’était pas axé sur le tir, donc c’est ce sur quoi j’ai travaillé pour essayer de rester dans la ligue. En vieillissant, les gens peuvent dire que vous descendez d’un cran. Devenir un shooteur vous permet de remonter. »

Alvin Gentry : « Tous les plus grands essayent de trouver un moyen de se maintenir »

Ce travail sur soi, les plus grands joueurs l’ont accompli. Comme l’explique Alvin Gentry, c’est un passage obligé pour rester dans l’élite et résister à l’épreuve du temps et des jeunes loups ambitieux.

« Beaucoup de gars voient leur carrière s’éteindre au moment où il faut changer son jeu. Tout le monde doit adapter son jeu pour devenir quelqu’un de différent. Même Michael Jordan a dû le faire à la fin de sa carrière. Il a dû devenir un joueur plus malin et utiliser la science acquise au cours de sa carrière. Tous les grands joueurs essayent de trouver un moyen de se maintenir au haut niveau. »

Tout au long de sa carrière, Tony Parker a donc travaillé en ce sens avec une progression conséquente au shoot, un meilleur investissement défensif, une meilleure utilisation de ses efforts. Cette intelligence lui a non seulement permis de rester en NBA, mais aussi de rester dans son équipe de coeur.

« On peut le voir dans la manière dont son jeu a évolué, de ses débuts à aujourd’hui, en passant par son milieu de carrière. » observe Mike Budenholzer, ex-assistant des Spurs, désormais en charge des Hawks. « Il a toujours su comprendre ce dont les Spurs avaient besoin et ce qu’ils voulaient. Indépendamment de ses prestations, il incarne sans aucun doute une part majeure de ce qu’ils font. »/blockquote>

Vingt saisons, mission impossible pour un meneur ?

Et parmi les désirs des Spurs à son sujet, il y avait notamment cette volonté de Gregg Popovich de voir son meneur s’inspirer de John Stockton afin de trouver un meilleur équilibre. Scoreur à ses débuts, le quadruple champion NBA s’est désormais mué en gestionnaire charismatique.

« Je pense qu’il est devenu un meneur plus complet, pas seulement un scoreur. Un général des parquets. » synthétise Patty Mills. « Il y a des matchs où il marquera 20 points et d’autres, non. Quand il donne le ton et implique tout le monde, nous sommes une bien meilleure équipe. Nous avons beaucoup d’armes capables de scorer. » confirme Manu Ginobili.

Ce qu’on note aussi, c’est sa superbe adresse aux tirs. Il faut remonter à John Stockton pour trouver trace d’un meneur aussi adroit. Même à 3-points, TP fait mouche.

« Je progresse d’année en année. La saison dernière, j’ai fait ma meilleure saison en tournant à 43%. Je ne focalise pas dessus mais je progresse, je travaille à l’entraînement » expliquait-il lundi soir dans son TP Show. « Je n’ai jamais pris beaucoup de tirs à trois points parce qu’on a déjà beaucoup de shooter avec Kawhi (Leonard), Danny Green ou Manu (Ginobili). Mon job est de les mettre en place. Sur les derniers matches, j’ai eu quelques opportunités parce que certains de mes partenaires étaient pris à deux. »

La question est désormais de savoir si tous ses efforts seront aidés par le fameux facteur chance pour réaliser son objectif de jouer cinq saisons de plus. Ce serait une véritable prouesse. Dans l’histoire de la ligue, seuls cinq joueurs ont joué 20 saisons ou plus : Robert Parish, Kevin Willis, Kevin Garnett (21 saisons chacun), Kareem Abdul-Jabbar et Kobe Bryant (20 saisons).  Dans ce quintet aucun meneur de jeu, et à cette position si difficile physiquement, seuls John Stockton et Jason Kidd ont atteint les 19 saisons, tandis que Steve Nash s’est arrêté à 18.

Le chemin est encore long pour le Français mais celui qui fut le petit poucet du Centre Fédéral a toujours su défier les pronostics.

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