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Meneur · Alabama Crimson Tide
| Poste Meneur (PG) | Université Alabama Crimson Tide | Taille / Poids 1,93m · 85kg | Envergure 1,99m |
| 22.0 Pts (50,1%) | 39.9% 3 points | 40% C&S sur passe | 5.0 Passes | 3.5 Rebonds | 43.8% Floaters |
Rarement avait-on vu des Drafts aussi richement dotées en postes 1 et 2 aussi talentueux, appelés à figurer dans la première moitié du premier tour. Labaron Philon fait partie de ce contingent, un an après avoir déjà eu la possibilité de rejoindre la NBA. Le joueur de 20 ans a fait le bon choix en passant une année de plus à Alabama, un État dans lequel il a passé la quasi-totalité de sa vie. Annoncé en fin de premier tour après une saison freshman prometteuse, il est désormais un candidat crédible à la Lottery, après une deuxième saison de haute volée.
Avec le Crimson Tide, le meneur a pris une autre dimension ces derniers mois. De joker offensif aux côtés de Mark Sears, entrevu cette saison à Milwaukee, Labaron Philon est devenu un vrai leader d’attaque complet, et un des meilleurs « go-to-guy » offensifs de NCAA. Il figurait dans le troisième meilleur cinq du championnat, une juste récompense pour sa production mais plus encore pour sa progression spectaculaire. Labaron Philon a plus que doublé sa moyenne de points (de 10,6 à 22 unités) en élargissant sensiblement sa palette offensive. Déjà réputé pour sa capacité à attaquer le cercle par sa rapidité et un dribble dévastateur, le meneur a ajouté un tir extérieur de premier ordre pour devenir une menace complète.
Très bon scoreur, passeur très solide, il a le jeu pour s’épanouir en NBA, où le spacing devrait encore bonifier sa capacité à agresser les défenses. Il devra toutefois s’étoffer sérieusement pour faire le poids à court et moyen terme chez les professionnels. De son utilisation par sa future franchise pourrait aussi dépendre sa production en défense, à ce stade encore une inconnue après deux saisons universitaires très contrastées de ce côté du terrain. Pour ce qui est du cœur, de l’envie et de « l’effet wow », Labaron Philon ne manque pas d’arguments.
Plutôt étiqueté « slasher » à ses débuts en NCAA, Labaron Philon s’est imposé comme un des meilleurs scoreurs universitaires au sens large. Ses 22 points de moyenne lui ont fait tutoyer le Top 10 national. Plus impressionnant encore, il fait de gros dégâts avec une efficacité remarquable, à 50/40/80 d’adresse en 2025/26. En travaillant son tir à 3-points, et avec un volume important (plus de six tentatives de moyenne), le joueur d’Alabama ouvre de nouvelles perspectives sur son profil. Il pourrait ainsi être utilisé comme meneur créateur, mais aussi sans ballon : 37% à 3-points en sortie de dribble, 40% sur réception de passe, et dans des volumes quasi identiques. Rapide et vif, il sait trouver des solutions pour finir près du cercle — avec un bon floater qu’il utilise régulièrement (43,8% de réussite) pour contrer son faible gabarit — ou provoquer des fautes. Et s’il n’est pas un chef d’orchestre par nature, il sait trouver efficacement ses coéquipiers libérés par le danger qu’il crée, notamment sur pick-and-roll.
Labaron Philon est un des joueurs les plus sûrs ballon en main de cette Draft. Son dribble est intense et créatif. Surtout, il sait maintenir le cuir très rapproché de lui, ce qui le rend difficile à stopper une fois lancé dans ses œuvres. Crossover, step-back, changement de direction, et des deux mains… Le meneur est imprévisible pour son vis-à-vis, et il sait utiliser son « handle » pour mettre la pression sur la défense. On mise volontiers sur sa place dans un ou plusieurs Tops 10 après avoir mis son adversaire au sol rapidement à son arrivée dans la ligue.
Un changement de rôle entre sa saison freshman et sophomore aurait pu conduire à un nécessaire temps d’adaptation. Mais Labaron Philon a montré qu’il était prêt à assumer ces nouvelles responsabilités avec une grosse dose de travail sur son shoot. Même en ayant davantage le ballon en main, il a gagné en efficacité au tir, en agressivité vers le panier, et n’a pas vu sa moyenne de balles perdues exploser. À se demander quels paliers il peut encore aller chercher ces prochaines années…
L’analyse mérite d’aller au-delà des chiffres bruts. Ceux-ci laissent imaginer un défenseur médiocre, aux stats avancées à peine meilleures que celles d’un Darius Acuff pourtant qualifié d’absent de ce côté du terrain. Sa production brute a même chuté entre sa première et sa deuxième année malgré un temps de jeu en hausse. Et c’est peut-être là que se niche la clé pour Labaron Philon. Le joueur d’Alabama avait été plutôt bon dans ce secteur lors de sa saison freshman, et il tournait entre 2,3 et 2,6 interceptions par match lors de chacune de ses quatre années au lycée. Sa débauche d’énergie comme première option offensive semble avoir pesé sur sa capacité à répéter les efforts en défense. Ses débuts en NBA devraient lui laisser davantage de jus à offrir de ce côté du terrain. D’autant qu’il montre une certaine envie, surtout en un-contre-un. Sa lecture des écrans adverses est toutefois pénalisante à ce stade, autant que son petit gabarit.
C’est peut-être là qu’une partie de la carrière de Labaron Philon va se jouer. Le meneur d’Alabama est un des joueurs les plus frêles de la Draft, bien plus que la moyenne des joueurs NBA à son poste. Défensivement, il va souffrir face à des postes 1 plus musculeux, et pourra difficilement être placé sur d’autres postes plus grands et lourds encore. Gagner en muscles et en poids pourrait aussi l’aider à résister au contact lors de ses pénétrations, même s’il a déjà commencé à trouver des parades. Labaron Philon n’a pas non plus la verticalité pour compenser son poids plume.
La capacité de Labaron Philon à scorer à volonté malgré un gabarit plus limité ressemble à celle d’un Payton Pritchard. Son scoring, son tir extérieur et des qualités correctes à la passe évoquent aussi ce que peut apporter Immanuel Quickley. Visuellement, il rappelle aussi Andrew Nembhard, avec un peu plus de créativité dans son dribble, mais moins de potentiel défensif.
| Meilleur scénario All-Star | Pire scénario Remplaçant |
Labaron Philon paie un peu la quantité de très bons profils à son poste plus haut dans la hiérarchie. Certaines équipes plus bas dans la Draft, et peut-être plus compétitives, devraient en profiter. Comme Miami avec le 13e choix, qui aurait bien besoin d’un scoreur sur les lignes arrières pour soulager Tyler Herro. Chicago (15e choix) pourrait aussi avoir besoin d’un joueur dans ce registre après avoir laissé filer Coby White la saison dernière. À moins que Dallas au 9e rang, voire Milwaukee un pick plus tard, n’arrivent après la bataille pour les tops meneurs de la cuvée et ne se laissent tenter.
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