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Arrière-meneur · Illinois Fighting Illini
| Poste Arrière-meneur (SG/PG) | Université Illinois Fighting Illini | Taille / Poids 1,96m · 85kg | Envergure 1,99m |
| 17.9 Pts (44,5%) | 39.7% 3 points | 45.5% 3pts à 8m+ | 4.2 Passes | 5.1 Rebonds | 42% C&S sur passe |
De tous les joueurs qui seront appelés le 23 juin prochain par Adam Silver, Keaton Wagler est assurément celui que l’on avait le moins vu venir. À peine courtisé à sa sortie du lycée, arrivé sur la pointe des pieds à Illinois avant d’en devenir le leader absolu, il est une des très belles révélations de la saison NCAA. Et quelle révélation ! Recrue « seulement quatre étoiles », le voilà un an plus tard dans le deuxième cinq universitaire du pays et promis à la Lottery de la Draft.
Les amateurs des « guards » hyper athlétiques et spectaculaires passeront sans doute leur chemin face au profil de Keaton Wagler. Ceux plus portés sur la technique et le QI basket vont en revanche se régaler à l’arrivée du guard en NBA. Le Fighting Illini sort de nulle part ou presque, 261e dans la hiérarchie des lycéens 2025, quatre ans après avoir débarqué en high school à peine au-dessus du 1 mètre 70 et moins de 60 kilos. Le lycéen chétif est devenu une star universitaire, capable de mettre au supplice toutes les défenses NCAA. Plus arrière créateur que pur meneur, il est un régal pour les yeux. Toujours en contrôle, altruiste, il sait faire tourner son équipe comme un coucou offensivement. Et surtout comment la porter au scoring. De grande taille quel que soit son poste sur la ligne arrière, le joueur de 19 ans sera un des joueurs les plus convoités de cette cuvée.
Sa palette technique très avancée et une qualité de shooteur remarquable en font un joueur difficile à contenir, tant il dispose de cartes en main (un seul match sous les 8 points, une pointe à 46 unités à 13/17 dont 9/11 à 3-points et 11/13 aux lancers-francs face à Purdue). Très mature dans son jeu, keaton Wagler semble jouer à son propre rythme quel que soit le scénario du match ou le tempo imposé autour de lui. Serrez-le de trop près et il trouvera un moyen d’accéder au cercle par sa maîtrise des feintes et de ses appuis. Laissez-lui trop d’espace et il sera capable d’artiller de loin, avec confiance et réussite. Keaton Wagler pèsera moins de l’autre côté du parquet, où ses limites athlétiques auront leur importance. Mais il y a beaucoup à apprécier chez lui, qui a ce qu’il faut pour s’imposer en NBA dès sa première saison.
À 1,96m pour un arrière, Keaton Wagler a déjà une taille plus que correcte. S’il était utilisé comme meneur de jeu, il deviendrait alors un peu plus encore une opposition très compliquée à manœuvrer. Il sait utiliser son avantage de taille à son profit pour finir près du cercle, aller chercher la faute ou tirer par-dessus son défenseur. Un atout tout aussi précieux au rebond, notamment offensif : 1,9 prise par match, dans les 2% des joueurs NCAA avec le meilleur pourcentage de rebond offensif capté quand il est sur le parquet. S’il a encore pas mal de temps à passer à la musculation tant il est encore très fin, il a appris à utiliser à bon escient ses épaules pour faire la différence en pénétration.
Pas de problème, Keaton Wagler est prêt pour la ligne à 3-points distance NBA. Le joueur de 19 ans est capable d’artiller de très, très loin (près d’un cinquième de ses tirs à 3-points pris à huit mètres… et à 45,5% de réussite !) et avec une étonnante facilité. Il est dangereux derrière l’arc dans toutes les situations, que ce soit en sortie de dribble, d’écran, ou en catch-and-shoot. Ses 42% de réussite sur catch-and-shoot sont un très bon signe pour sa capacité à jouer davantage sans ballon en NBA.
Keaton Wagler a rendu fou plus d’un défenseur cette saison. Alors qu’il semble limité athlétiquement pour créer des différences, il parvient pourtant très souvent à trouver des solutions, sans forcer, et parfois à partir de rien ou presque. Agile comme une anguille pour se faufiler entre les défenseurs, il est imprévisible et créatif, en ne donnant que rarement le sentiment de forcer. Sa science des appuis est magnifique (décélération, utilisation du pied de pivot, longues enjambées pour aller au cercle grâce à sa taille…), et sa panoplie de feintes déjà très intéressante. Ajoutez-y un vrai QI basket pour lire le jeu et les défenses afin de mieux trouver un coéquipier libre, et vous obtenez un créateur complet, capable d’opérer indifféremment aux postes 1 et 2, et dans de nombreux registres.
Si sa taille est un vrai plus, on ne peut en dire autant de son gabarit au sens large. Keaton Wagler est frêle et va devoir travailler d’arrache-pied pour gagner en poids et en puissance. Ce déficit criant le met à la merci de défenseurs puissants, ou après un switch contre des intérieurs. Et il se fait trop facilement enfoncer par un adversaire en pénétration, où il peine à résister au contact. En plus de sa maigre carcasse, il n’est pas explosif pour un sou, notamment sur son premier pas, a une détente très moyenne et ne l’utilise pas en attaque (aucun dunk en NCAA !), et n’a pas non plus d’autres mensurations pour relever le niveau (envergure tout juste positive, mains parmi les plus petites mesurées au Draft Combine).
Keaton Wagler ne rentre pas dans la catégorie des « poids morts », fait les efforts et montre de la volonté pour contenir son joueur. Mais ses limites athlétiques se paient cash à ce stade. Elles devraient l’exposer encore davantage en NBA, où les équipes adverses chercheront certainement à envoyer leur meilleur attaquant lui faire face. Même sa longueur ne suffit pas à en faire un joueur qui crée beaucoup en défense (1,7% d’interception, un des plus médiocres pour un guard en NCAA), tandis que sa navigation sur les écrans adverses est très perfectible. Le travail sur son coffre devrait l’aider dans ce sens avec le temps. Mais il faudra vraisemblablement s’attendre à un défenseur moyen, voire correct comme plafond.
Pas explosif mais terriblement intelligent et bon shooteur, Keaton Wagler est aux arrières ce que Tyrese Haliburton est aux meneurs. Sa créativité au service de son scoring rappelle aussi Jamal Murray, ou Austin Reaves dans ses œuvres. Plus flatteur encore, son entraîneur à Illinois Brad Underwood le comparait au double MVP Shai Gilgeous-Alexander pour sa technique hors pair.
| Meilleur scénario All-Star | Pire scénario Remplaçant dans un rôle important |
Keaton Wagler a signé une progression météorique dans les mock drafts cette saison, au point d’être en bonne place dans la « deuxième division » de cette cuvée derrière le quatuor Dybantsa – Peterson – Boozer – Wilson. Il pourrait même être le premier appelé derrière ce groupe, alors que son profil de poste 1/2 a de quoi attirer les Clippers, qui comptent déjà Darius Garland à la mène. Si Los Angeles se tourne finalement vers un autre profil, les Nets qui ne manquent pourtant pas déjà de meneurs, seront sans doute à l’affût. Dallas rêverait sans doute de le voir glisser jusqu’en 10e place, tant il paraît complémentaire d’un noyau dur avec Kyrie Irving et Cooper Flagg.
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