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Racisme : Kareem Abdul-Jabbar se demande comment provoquer de réels changements

Dans une nouvelle tribune, le meilleur marqueur de l’histoire NBA veut des outils tangibles pour que le mouvement né de la mort de George Floyd ne soit pas qu’un autre espoir déçu.

Juste après la mort de George Floyd et les manifestations qui ont suivi dans tous les États-Unis, Kareem Abdul-Jabbar avait publié une forte tribune dans le Los Angeles Times, afin de mettre des mots sur cette colère.

Plus d’un mois plus tard, il a repris la plume, pour expliquer que ce mouvement ne sera rien s’il n’apporte pas de réels changements. Voici la traduction complète de cette tribune, qui mérite d’être lue en entier.

« J’entends chanter l’Amérique, j’entends ses diverses chansons.

Mon ancien entraîneur à UCLA, John Wooden, avait l’habitude de souvent citer ce poème de Walt Whitman, et j’en entends les échos dans les rues ces derniers temps. Les gens qui protestent contre le racisme systémique et qui promettent le changement « chantent à tue tête leurs chansons mélodieuses » sur l’Amérique qui pourrait exister – qui devrait exister.

Mais en 60 ans d’activisme social, j’ai déjà entendu ces chants gospel et ma crainte est qu’une fois les projecteurs éteints, le public attentif – maintenant ému aux larmes par le refrain – rentre simplement chez lui, les paroles des chansons étant rapidement oubliées.

On ne peut pas s’investir dans la réforme sociale sans un profond réservoir d’espoir et de foi dans la bonté générale des gens. Et une partie de ma foi a été récompensée ces derniers jours : les gouvernements des villes et des États mettent en place des réformes de la police, les entreprises privées élaborent des politiques plus inclusives, les sociétés privées licencient des cadres, des acteurs et des écrivains qui ont eu des comportements racistes ou misogynes. Des célébrités et des hommes politiques font des déclarations publiques pour soutenir Black Lives Matter et d’autres organisations progressistes. Les organisations sportives présentent leurs excuses pour les actes d’exclusion passés.

Mon optimisme s’est encore accru lorsque j’ai vu des dizaines de policiers à travers le pays embrasser des manifestants et lier leurs bras avec ceux des protestataires. Mon père était un officier de police décoré et je pense qu’il aurait fait face aux manifestants avec sympathie plutôt qu’avec mépris. Mais j’ai déjà ressenti un tel espoir. Et les larmes d’espoir dans ce pays ont souvent été remplacées par des larmes de frustration et de rage.

Les militants des droits civiques ne sont pas là pour flatter la conscience du public, et « l’égalité pour tous » n’est pas un refrain nostalgique, afin de revivre Woodstock. C’est une question de vie ou de mort. C’est une question d’accès déséquilibré aux soins de santé, d’enfants privés d’une même éducation et donc incapables de prétendre à un avenir économique sûr.

Tout au long de ma vie, j’ai été témoin de ces cycles d’indignation, de protestations publiques et de promesses politiques. Il suit alors un glissement silencieux vers le statu quo, jusqu’à ce qu’un autre événement horrible attire à nouveau notre attention.

Le cri pour les droits civiques est comme un élastique : le soutien intermittent et passionné du public l’étire vers l’avant, alors que ceux qui sont ancrés dans le passé le tirent vers l’arrière. Il s’étire et s’étire jusqu’à ce que ce soutien commence à s’éloigner pour se diriger vers quelque chose de plus brillant et de neuf – puis il se replie. L’étirement l’a un peu allongé, ce qui fait qu’il y a des progrès – trois pas en avant, deux en arrière, c’est encore un pas en avant – mais c’est loin de ce qui avait été promis. Et nous attendons un autre acte horrible pour que les personnes non affectées reviennent afin de nous aider à avancer de nouveau.

Cela peut sembler un peu grossier ou ingrat, mais je ne peux m’empêcher de me demander pourquoi tant d’organisations expriment leur indignation maintenant, au lieu de l’année dernière, ou de l’année précédente – ou il y a cinq ans, lorsqu’un Eric Garner désarmé a été étranglé à mort en prononçant les mêmes mots que George Floyd : « Je ne peux pas respirer ». Pourquoi la mort soudaine de Floyd est-elle une révélation, une épiphanie, alors que celle de Garner ne l’était pas ? En 2015, la police a tué plus de 100 noirs non armés.

La NFL dit que les vies noires comptent, mais jusqu’à récemment, elle punissait encore les joueurs qui exprimaient ce sentiment. Target, Walmart et Facebook, parmi beaucoup d’autres, soutiennent soudainement BLM. C’est une bonne nouvelle qu’ils se mobilisent tous, mais ceux d’entre nous qui y participent depuis longtemps savent que la lutte pour l’égalité des droits est un engagement à vie, pas un job d’été.

Des progrès significatifs et mesurables pour tout groupe marginalisé – les minorités, les immigrants, les femmes, les personnes LGBTQ+, les musulmans, les juifs – ne peuvent être réalisés que lorsque tous ces groupes en difficulté se serrent les coudes, sans attendre ou avoir besoin de convaincre d’autres personnes qui ne sont pas confrontées aux mêmes défis. Nous les voulons avec nous, nous les accueillons, nous apprécions leur soutien, mais nous ne pouvons pas dépendre d’eux. Ce que le révérend Martin Luther King Jr. a écrit dans sa « Lettre d’une prison de Birmingham » en 1963 est toujours vrai :

« Tout d’abord, je dois avouer qu’au cours des dernières années, j’ai été gravement déçu par les modérés blancs. J’en suis presque arrivé à la regrettable conclusion que la grande pierre d’achoppement du noir dans sa marche vers la liberté n’est pas le membre du White Citizen’s Council ou du Ku Klux Klan (deux organisations suprémacistes blanches), mais le modéré blanc, qui est plus intéressé par l’ordre que par la justice, qui préfère une paix négative qui est l’absence de tension à une paix positive qui est la présence de la justice, qui dit constamment : ‘Je suis d’accord avec vous dans le but que vous cherchez, mais je ne peux pas être d’accord avec vos méthodes d’action directe’. »

Il est épuisant et frustrant d’essayer de convaincre ces personnes que le racisme systémique imprègne tous les aspects de la vie américaine. C’est comme parler à quelqu’un qui pense que la Terre est plate. Les preuves sont inutiles. Leur refus obstiné de croire les centaines d’études réalisées par d’éminents scientifiques me rappelle le Dr Ignaz Semmelweis, un médecin hongrois, responsable de millions de vies sauvées en découvrant que les décès à l’hôpital pouvaient être réduits de façon drastique simplement en se lavant les mains avec un désinfectant. La plupart des membres de la communauté médicale ont rejeté sa conclusion – malgré les preuves croissantes qu’il avait raison. Il a finalement été interné dans un asile, où il a été battu par des gardiens et est mort 14 jours plus tard. Ce n’est qu’après sa mort que ses théories ont été largement acceptées.

Ils ne pouvaient pas voir les germes, donc ils n’étaient pas réels. Ça vous dit quelque chose ? Dans « The Usual Suspects », le personnage de Verbal Kint dit : ‘Le plus grand tour que le Diable ait jamais joué a été de convaincre le monde qu’il n’existait pas’. J’aimerais modifier un peu ça. L’autre grand tour est de convaincre le monde que le racisme n’existe pas. Nous devons arrêter d’essayer de faire monter ces idiots conscients au sommet de la montagne parce que, comme Sisyphe, nous n’arriverons jamais à leur faire voir le paradis possible de l’autre côté.

Où seront les Afro-Américains dans 90 jours ? Les gens continueront-ils à croire les preuves qui leur sont présentées alors même que la nation commence à rouvrir et que les manifestations se font plus petites et moins fréquentes, puis disparaissent ? Alors que les gros titres seront dominés par la deuxième vague du Covid-19, par les vaccins potentiels et les anti-vaccins, par les illusions du président Trump, les gaffes de Joe Biden et les faux pas des célébrités, y aura-t-il encore des mentions de racisme systémique ? Des changements réels auront-ils eu lieu ?

Il y a des choses que nous pouvons faire, des points de repère sur lesquels nous pouvons insister, pour faire avancer le train de la liberté. Au cours des dernières semaines, j’ai entendu d’excellentes suggestions pour réformer nos systèmes de justice, de police, de santé, d’éducation et de sécurité économique, qui donnent tous la préférence aux blancs. Ce ne sont pas les bonnes idées qui manquent. Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est d’un moyen de mesurer les améliorations, idéalement par le biais d’un site web permettant de suivre les propositions, de vérifier les progrès, d’identifier les obstacles et de centraliser les informations accessibles à tous. Un utilisateur pourrait se rendre sur ce site pour voir quelle législation est proposée pour empêcher la brutalité policière, qui la soutient, qui s’y oppose. On pourrait se tenir informé de la mise en œuvre des solutions et savoir quand faire pression. Un tel site pourrait mobiliser l’action et attirer l’attention sur des solutions pratiques, en fournissant un thermomètre pour mesurer la santé de la justice sociale.

L’univers moral ne penche pas vers la justice, à moins que des pressions ne soient exercées. Au cours de ma septième décennie d’espoir, je suis à nouveau optimiste quant à la possibilité d’exercer collectivement cette pression, non seulement pour remplir les promesses révolutionnaires de la Constitution américaine, mais aussi parce que nous voulons vivre et nous épanouir. »

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