News

Les valeurs de Gregg Popovich ont plané sur le jeu des Spurs

Pour le troisième match de suite, suite au décès de sa femme, Gregg Popovich n’était pas sur le banc des Spurs face aux Warriors. Son humour n’a pas irradié la conférence de presse d’avant-match, ses coups de gueule n’ont pas enflammé les temps-morts de son équipe. Pourtant, la performance de San Antonio, lors de ce dernier match de la saison, était symptomatique de sa personnalité et de son état d’esprit.

On ne remplace pas quelqu’un de la trempe de Gregg Popovich mais cette nuit, collectivement, les Spurs lui ont rendu le plus bel hommage possible en poussant les Warriors dans leurs derniers retranchements.

« Je ne peux pas être plus heureux de la copie que nous avons rendue ce soir, » expliquait Ettore Messina après la rencontre. « Les joueurs se sont battus et ont fait preuve d’un professionnalisme extrême car perdre leur leader dans des circonstances aussi difficiles et continuer à jouer, à être concentrés, à bosser dur tous les jours pour être prêt… On doit tous leur en être énormément reconnaissant. »

Steve Kerr : « Gregg, ton équipe est le reflet de la personne que tu es »

À bien des égards, ce dernier match résume parfaitement une saison remplie de haut et de bas, d’incertitudes et de courage, d’une maladresse chronique et d’une détermination infaillible. Derrière une défense hermétique et un LaMarcus Aldridge par moment héroïque, les Spurs ont cravaché pour valider leur billet pour les playoffs. Ce fut souvent peu gracieux. Les standards historiques ont dû être revus à la baisse mais sous l’égide de Gregg Popovich, l’ADN de cette franchise reste inchangée.

« Ce soir, ton équipe était le reflet de la personne que tu es, » lançait Steve Kerr en s’adressant directement à son ami et mentor. « Ils se sont battus jusqu’au bout et nous sommes chanceux d’avoir pu en sortir indemnes. »

Là où beaucoup d’équipes auraient abandonné, les Spurs ont persisté. Leur dureté défensive a limité Golden State à 30% de réussite dans le dernier quart-temps alors qu’Aldridge, auteur de 13 de ses 30 points dans cette période, leur a permis d’espérer. Comme souvent cette saison, ce ne fut pas suffisant mais comme l’indique Manu Ginobili, l’important n’est pas là.

« À -16, ça semblait compliqué mais nous n’avons jamais baissé les bras. Nous savions que nous n’avions plus rien à perdre donc on a continué à se battre, » décrivait l’Argentin. « Je suis fier de ça. »

Rudy Gay : « Je suis fier de pouvoir dire que j’ai fait partie de cette équipe »

Dans une ligue où le mot « culture » est utilisé souvent à tort et à travers, les Spurs sont systématiquement pris en exemple. Les résultats qui découlent de l’environnement créé par Gregg Popovich parlent d’eux-mêmes : 21 apparitions consécutives en playoffs, 20 saisons de suite à 50 victoires, cinq titres de champions NBA… Et pourtant, n’est-ce pas cette saison astérisque, celle qui fait tâche par rapport aux autres, qui démontre toute la solidité de la maison Spurs ?

Pour sa première saison à San Antonio, Rudy Gay, avec la voix pleine d’émotion, s’étonnait presque après le buzzer final du caractère affiché par cette équipe, malgré toutes les tribulations qu’elle a dû endurer.

« Vous devez applaudir cette équipe. Nous avons dû faire face à tellement d’adversité cette année et pourtant nous avons tout de même réussi à rester uni et en arriver jusque-là. Je suis fier de pouvoir dire que j’ai fait partie de cette équipe, » s’exclamait-il dans un vestiaire quasi déserté.

Dans un contexte similaire, combien de franchises auraient implosé en plein vol ? En nous concentrant sur les résultats, sommes-nous passés à côté de la plus grande victoire de Gregg Popovich ? Il a pourtant essayé de nous le faire remarquer à maintes reprises. Il s’agit d’une équation qui dépasse largement les lignes d’un terrain de basket.

Certes, les Spurs doivent faire face à l’intersaison la plus longue et la plus indécise de leurs 22 dernières années mais malgré tout, on pourra les retrouver tous ensemble dans un restaurant de San Francisco pour digérer cette défaite.

« Évidemment qu’on ne va pas déroger à la règle, c’est ce qui rend cette franchise si spéciale, » rappelle Ettore Messina. « On gagne ensemble, on perd ensemble. Je pense que c’est un aspect important du message, de la leçon que coach Pop nous a donnée à travers les années. Malgré son absence, rien ne change. »

Les Spurs sont morts. Vive les Spurs.

Propos recueillis à Oakland.

Basket USA

à lire aussi

Commentaires Forum (et HS)  |  +  |  Règles et contenus illicites  |  0 commentaire Afficher les commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *