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Tariq Abdul-Wahad, à jamais premier (les années NCAA)

Pour le n°200 de « Mondial Basket », nous voulions interviewer Tariq Abdul-Wahad qui s’était déjà exprimé dans le n°100. Tariq n’a pas souhaité nous répondre.

Cela fait longtemps que le n°11 de la draft 1997 n’a pas causé basket. L’écriture de son autobiographie, programmée il y a plusieurs années, a été annulée. « Trop de truth dedans… », nous a expliqué Tariq qui a vécu une histoire tumultueuse avec l’équipe de France. Et qui a, semble-t-il, tourné la page de la balle orange.

Personne n’oubliera que celui que l’on connut d’abord sous le nom d’Olivier Saint-Jean devint, en 1997, le premier Français à jouer en NBA. A travers lui, ce sont des milliers d’ados qui réalisèrent un rêve impossible. Pour eux, Tariq avait ouvert et commenté son album photo.

Aujourd’hui, les années NCAA et la draft.

J’ai fait mes cinq visites pendant la saison. Je filais dès que j’avais un week-end de libre. Je traversais l’Atlantique en 48 heures et je rapportais plein de cadeaux à tout le monde. Je portais les tuniques des universités que j’allais visiter. C’était délirant ! J’étais très chaud pour rejoindre North Carolina mais Rasheed Wallace, le meilleur lycéen US de l’époque, y a signé. Du coup, il n’avait plus de bourse disponible pour moi.

Alors, j’ai choisi Michigan. Pourquoi Michigan ? A l’époque, la finale universitaire opposait North Carolina à Michigan. C’était donc la deuxième meilleure équipe NCAA du pays. Encore aujourd’hui, ça me donne des frissons de savoir que j’ai été pratiquement recruté par les deux meilleures facs américaines. Eux, ils devaient savoir quelque chose sur moi que j’ignorais… Michigan c’était un campus impressionnant, 30 000 personnes, des joueurs adulés comme des stars. Sincèrement, ce n’était pas un endroit pour moi. Et ça, ma mère me l’avait dit dès le début. Je n’ai pas voulu l’écouter. J’étais tellement impressionné que je ne me rendais pas compte de ce qui se passait.

La première année, j’étais en dortoir. Je suis resté en contact avec les potes en France, surtout ceux qui n’avaient rien à voir avec le basket. Ils m’encourageaient, m’envoyaient des courriers, me disaient de tenir bon. Certaines personnes ont cru en moi dès le début. Les images de mon premier match restent floues dans ma tête. Je passais tout de même d’un public de Pro B, à Evreux, à 20 000 personnes. A la fin de l’année, j’ai commencé à trouver mes marques, à gagner du temps de jeu (ndlr : 3.6 pts et 2.3 rbds de moyenne en 13 mn sur la saison 1993-94).

Je n’avais pas besoin de grand-chose pour être satisfait. Pourtant, j’ai commencé à réfléchir. J’avais passé une année extra mais je souffrais d’une grosse tendinite à un genou qu’il me fallait soigner. Pendant l’été, je me suis fait opérer par le professeur Saillant à Paris. J’ai réalisé que c’était un traitement important pour la suite de ma carrière. Je me suis mis à penser à la NBA. Je l’avais déjà en tête avant mon départ pour les Etats-Unis. Mais comme je n’y étais pas encore, j’ai gardé cette envie pour moi. Maintenant, j’étais en NCAA, un formidable tremplin. Je me suis dit qu’il fallait penser à l’étape suivante, donc jouer. Et Michigan, qui venait de recruter cinq super joueurs universitaires, ne m’offrait pas cette opportunité. Il fallait que je parte.

Quand je suis revenu pour ma deuxième année à Michigan, la fac ne savait pas que je m’étais fait opérer. J’ai suivi ma rééducation, je me suis remusclé la jambe et je suis allé voir le coach, Steve Fisher, pour lui dire que je voulais partir. Il m’a demandé d’attendre encore un semestre. Keith Moss venait d’être embauché comme assistant coach à San José State. Depuis notre rencontre au camp, j’étais resté en contact avec lui. On se parlait deux à trois fois par semaine. II m’encourageait énormément. Quand je lui ai dit que je voulais quitter Michigan, il m’a donné une liste d’universités qui se trouvaient pas loin de chez lui.

San José State était tellement faible qu’il n’a pas osé me suggérer d’y aller. Je lui ai dit : « Je vais venir à San José State, bosser avec toi, progresser comme je le souhaite ». Il m’a répondu : « Ecoute, si tu prends ce pari, dans deux ans, je te mets en NBA »… Je n’y croyais pas. Keith avait confiance en moi. Je n’oublierai jamais mon départ d’Ann Arbor, la ville où se trouve le campus de Michigan. J’avais classé mes affaires, nettoyé mon casier, tout rangé dans ma voiture. Je l’ai stationnée à la gare et j’ai pris mon train pour Chicago. Cette bagnole, je ne sais pas ce qu’elle est devenue. Je n’aime pas trop regarder derrière moi, alors j’ai foncé.

A San José State, les dirigeants m’ont pris pour un martien. Un mec qui quitte Michigan pour venir chez eux, ça paraissait tellement incroyable… Ils ne pouvaient pas m’offrir de bourse. J’ai bossé pour payer mes études. J’ai demandé de l’aide à des proches comme Philippe Restout, vice-président de la Fédération et par ailleurs médecin de famille. Il m’avait connu quand j’apprenais à marcher. C’était un peu mon père spirituel. Il m’a envoyé un chèque. Il me fallait justifier cette confiance. Je ne me suis jamais entraîné aussi dur. J’ai tellement travaillé que je suis devenu un prédateur.

Quand les choses ne tournaient pas rond, j’étais capable de me battre avec mes coéquipiers sur le terrain. L’équipe a progressé alors que je ne jouais pas encore. J’avais un emploi du temps dément. J’assurais mes cours, mon job et six heures d’entraînement par jour. Certains soirs, je rentrais à la maison avec les larmes aux yeux. Mais c’était le prix à payer pour réussir. Je n’avais pas le choix. Pour moi, c’était le minimum. Quand j’ai eu ma bourse, j’ai redoublé d’efforts, transformé mon registre. Dribbler, shooter, passer : je devais tout savoir faire. Le jour où j’ai sorti un match à 33 points et 18 rebonds, j’ai compris que j’étais devenu « inarrêtable » au niveau universitaire (ndlr : 23.8 pts et 8.8 rbds de moyenne en 1996-97, lors de sa saison senior).

Il fallait foncer à la draft. Je me sentais prêt. Au camp pré-draft de Chicago, le scénario fut identique à celui du fameux camp de Los Angeles. Je suis arrivé, j’étais très relax. Pour le premier match, j’étais sur un nuage. Les dirigeants des Hawks, qui avaient le 20e choix, sont venus me dire que je m’étais mis hors de leur portée. Après Chicago, tout a changé. Les Kings m’ont invité. La veille de la draft, ils m’ont dit : « Si tu es encore disponible à la 11e place, on te prend ».

Le jour de la draft, j’étais content pour tous ceux qui aimaient ce sport et qui rêvaient d’être à cette place. J’étais content pour ceux que je rendais heureux. J’ai été choisi par Sacramento, comme prévu. Mon frère et ma femme, Khadija, ont pleuré. David Stern m’a accueilli en parlant français.

Ensuite, j’ai eu une pointe d’amertume et de déception en repensant à tous les gens qui n’avaient pas cru en moi. Quand on regarde bien, j’ai fait le parcours le plus audacieux de ma vie. Franchement, qui aurait cru que je me retrouverais un jour en NBA ?

J’espérais un peu de reconnaisance de la part de plusieurs personnes qui m’en devaient. A mon retour en France, je me suis rendu compte que quelque chose d’énorme s’était passé. Mais on ressentait aussi énormément d’hypocrisie. Ceux qui ne n’aimaient pas vraiment essayaient de faire un effort.

J’avais hâte que la saison démarre. Je voulais réaliser quelque chose de grand. Chez les Kings, je me retrouvais comme lors de ma première saison à Michigan. Je devais m’imposer et me montrer patient en même temps. Je voulais travailler dur, me donner à fond et progresser en attendant mon heure.

A suivre…

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