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Interview Victor Wembanyama : « Je suis à 15% de mes capacités »

NBA – Grand favori pour le trophée de Rookie Of The Year, Victor Wembanyama n’a pas déçu pour sa première saison aux Spurs.

Victor Wembanyama

Attendu comme l’une des figures de proue des Jeux olympiques de Paris 2024, Victor Wembanyama a signé une saison rookie exceptionnelle, terminée comme meilleur contreur de la NBA, avec des records personnels à 40 points, 20 rebonds ou encore 10 contres. Au moment de refermer ce premier chapitre, le pivot des Spurs a accordé une interview aux médias français qui l’ont suivi toute l’année à San Antonio.

Vous semblez avoir dépassé les attentes pour votre première saison en NBA. Êtes-vous de cet avis ?

Pas vraiment. C’est peut-être le cas mais ce n’est pas ce que je ressens. Chaque jour, j’essaie de me surpasser, d’établir de nouveaux records, de gagner plus de matchs. Mais le lendemain, je me dis toujours que je n’en ai pas fait assez, pour me pousser encore plus. J’aurais aimé jouer tous les matchs et n’en rater aucun mais je suis assez d’accord avec la manière dont on a géré la saison. Pour une première, c’est satisfaisant.

Votre première saison NBA est-elle conforme à vos attentes ?

Oui, globalement, c’était conforme à mes attentes. Je n’ai jamais eu aucun doute sur ma capacité à être performant car je suis la personne qui me connaît le mieux. Je sais le travail qui a été fait donc il n’y a aucune raison de s’inquiéter.

Quelles sont vos plus grandes fiertés de la saison ?

Il y en a plusieurs. L’une d’entre elles, ce sont mes lignes de statistiques uniques, notamment dans les victoires. Le fait de sortir des performances qui n’ont jamais été réalisées auparavant en est une. Il y a aussi le fait d’être le meilleur rookie dans la plupart des catégories statistiques et le meilleur contreur de la ligue (3,6 contres par match).

Apprendre des plus grands joueurs

Quelle est la chose la plus importante que vous avez apprise cette saison ?

On m’a enseigné plein de choses, plus que je ne pourrais en nommer. Mais on m’a beaucoup appris au niveau physique, du développement et de la santé. J’ai également beaucoup appris des grands joueurs de la ligue et de leur régularité, que ce soit de (Joel) Embiid, (Nikola) Jokic et Giannis (Antetokounmpo). Ils répondent présents à chaque match tout au long de la saison et passent rarement de mauvaises soirées. Ils ne se contentent pas de briller occasionnellement car cela ne suffit pas.

Comment s’est passée votre première saison sous la houlette de Gregg Popovich ?

Ce qui m’a marqué, c’est à quel point il se soucie de ses joueurs. Il considère d’abord les personnes que nous sommes, avant les joueurs. Cela ne m’a pas surpris longtemps, car il l’a fait savoir dès le premier jour, voire un peu avant. Dans de nombreux cas, que ce soit en NBA ou ailleurs, la relation entre les entraîneurs et les joueurs est loin d’être parfaite donc je suis heureux que ça se passe bien ici.

Les Spurs ont enchainé des séries de défaites, parfois conséquentes. Comment l’avez-vous vécu ?

Il y a eu un moment où c’était assez dur de perdre tous ces matchs et de retourner le lendemain ou deux jours après et de se retaper des gros balèzes en match (rires). Mais c’était aussi le but. Si la saison n’avait pas été drainante mentalement et physiquement, ça aurait signifié que je ne m’étais pas assez mis en difficulté. Donc j’ai essayé vraiment de me pousser le plus possible. Mais c’est sûr qu’il faut s’y attendre et que c’est fatigant physiquement et mentalement. C’est pour ça qu’il faut tout donner pendant la saison pour ensuite se reposer et le mériter.

Vous êtes en course avec votre compatriote Rudy Gobert (Minnesota) pour le titre de défenseur de l’année. Pensez-vous le mériter ?

On verra bien. Ce serait loin d’être un vol si Rudy l’obtenait mais je pense que beaucoup de choses ont changé depuis le début de la saison. Qu’importe le résultat, ça restera un beau combat. Ce qui me satisfait le plus, c’est d’avoir deux Français en tête du classement.

L’envie de tester de nouveaux dunks, de nouveaux moves

Et concernant le titre de rookie de l’année ?

Les résultats le diront mais je n’ai pas de regret vis-à-vis de cela. C’était un objectif mais pas le but premier de ma saison. Je voulais avant tout aider l’équipe à s’améliorer et à grandir. Je sais très bien que la meilleure façon d’aider l’équipe est d’être performant individuellement.

Vous avez régalé les fans avec de nombreux highlights qui ont fait le tour des réseaux sociaux. Est-ce quelque chose auquel vous accordez une importance ?

J’aime ça, oui. Pour moi, les highlights sont comme de l’art, de la danse. À l’échauffement, j’essaie toujours de tester de nouveaux dunks, de nouvelles techniques et parfois même, des actions que je ne pensais pas être capable de faire. C’est vraiment un univers à explorer.

Vous êtes-vous rendu compte que votre nouveau statut de star NBA dépassait le simple cadre du basket ?

Bien sûr. Mais dans ma vie privée, je suis absolument déconnecté de tout cela, je ne me considère pas comme une star. Mais ce qui m’a marqué lors de chacune de mes sorties, c’est l’impact qu’on peut avoir en tant que joueur sur beaucoup de gens, sur la jeunesse.

Qu’est-ce que cela vous fait d’avoir été suivi par trois journalistes français à l’année ?

Il ne faut pas que je dise n’importe quoi (rires). Déjà, j’apprécie que la France mette autant de moyens pour faire grandir le basket et suivre ma carrière. J’ai tendance à un peu surestimer la puissance des médias aux États-Unis et de sous-estimer celle des médias en France parce que ce sont deux mondes totalement différents. En étant loin, c’est difficile de voir l’impact qu’on peut avoir.

Justement, qu’est-ce que la France pense de vous, à votre avis ?

Peut-être que je me trompe mais j’ai le sentiment que mes performances restent principalement dans la sphère basket et que contrairement aux États-Unis, le grand public ne s’y intéresse pas trop. Mais je pense que je ne réalise pas la grandeur de mes performances en France.

La France manque à Victor Wembanyama

Après une saison complète en NBA, la France vous manque-t-elle ?

Oui, je suis impatient d’y retourner depuis déjà un certain temps. Je vais aller voir mes grands-parents que je n’ai pas vus depuis mon départ pour les États-Unis. Je vais aussi retrouver ma sœur (Ève, internationale française 3×3) et mon frère (Oscar, pensionnaire du centre de formation de l’Asvel), j’aimerais bien aller voir quelques-uns de leurs matchs. La nourriture me manque également. J’irai manger un grec, peut-être ? Ça serait pas mal (rires).

À quel niveau de vos capacités maximales êtes-vous ?

C’est difficile à dire. Je dirais que je suis actuellement à 15 % de mes capacités, entre mon premier match NBA et ce que j’espère être mon “prime”.

Vous parlez souvent de votre amour pour le basket. À quel point cela vous a-t-il aidé au cours de la saison, face aux difficultés ?

Avant 95 % des matchs, j’essaie de réaliser à quel point j’ai de la chance d’être sur le parquet. Parfois, c’est très difficile parce que le match va commencer dans l’instant et je suis extrêmement fatigué. Je me dis que j’en ai joué un hier, un autre il y a trois jours et j’en jouerai un autre demain. Mais à chaque fois, j’essaye de me souvenir de la chance que j’ai d’être sur le terrain. C’est mon destin, entre guillemets. Ce sont ces raisons intérieures et fortes qui me poussent à continuer, parce que parfois c’est très dur.

Se donner à 200% aux Jeux olympiques

Le cap des J-100 avant les Jeux olympiques de Paris va bientôt être franchi, qu’est-ce que cela vous inspire ?

Ça va être énorme. Quand je serai sur le terrain, je me donnerai à 200 %, comme je le fais à chaque fois que je porte ce maillot. Ce sera extraordinaire et je serai là, comme un enfant à profiter du moment.

À quoi ressemblerait une saison réussie pour vous l’année prochaine ?

Je ne veux surtout pas que la prochaine saison se termine aussi tôt. Je veux aller le plus loin possible et bien évidemment participer aux playoffs. Idéalement, j’aimerais remporter tous les matchs mais pour gagner, il y a beaucoup de petites détails à ajuster. Il ne suffit pas de dire qu’on souhaite remporter un titre ou atteindre les playoffs, c’est chaque jour qu’il faut ajouter une nouvelle brique, et c’est ainsi que nous bâtirons la maison.

Quel est votre programme jusqu’aux Jeux olympiques ?

Je vais rester à San Antonio pendant quelques jours pour les tests médicaux de fin d’année, continuer à m’entraîner, puis je vais rentrer en France. Je ne sais pas encore quel jour, mais ça va arriver très vite. Malheureusement, j’y serai pour moins de trois semaines.

Par Théo Quintard, correspondant à San Antonio (États-Unis).

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