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Les New Jersey Nets, la série face aux Bucks, James Harden, Kevin Durant… La grosse interview de Kenny Anderson

NBA – Non sans humour, l’ancien meneur des Nets a répondu aux questions de Basket USA après l’incroyable performance de Kevin Durant dans le Game 5.

Présent mardi soir au Barclays Center, Kenny Anderson était tout sourire après le succès de Brooklyn. Toujours fidèle aux Nets, l’ancien meneur de New Jersey avait fait vibrer les fans aux côtés de Derrick Coleman et Drazen Petrovic au début des années 90. Trente ans plus tard, il revient sur la série face aux Bucks de Milwaukee, évoque Kevin Durant et James Harden, et juge de manière plus générale de la saison des hommes de Steve Nash.

Kenny Anderson, quelle prestation énorme des Nets lors de ce Game 5…

Oui, ça a été dur, très dur même pour les Nets, mais ils ont fait un énorme travail lorsqu’il le fallait, lors du money time. Leur défense a été exemplaire, les gars ont tout donné et ce succès va marquer la suite des playoffs pour les Nets, j’en suis convaincu. Quand tu gagnes avec ce genre d’attitude de « mort de faim », et que tu arrives à calmer les Bucks, c’est que tu as une p… de très grosse mentalité de vainqueur. Les Bucks m’ont quand même fait peur… Cette équipe joue vraiment bien et Giannis, c’est une p… de machine. Il a fait beaucoup dé dégâts, il est vraiment très fort. Il doit encore bosser son tir, car ce n’est juste pas possible d’être à ce niveau et d’être aussi faible aux lancers-francs. Mais bon, tant mieux pour nous ! Le public a été génial aussi, ça fait vraiment plaisir de voir les gens heureux d’être là et de juste kiffer.

Que dire de Kevin Durant ?

Je n’ai plus de mots pour définir KD ! (Rires). Il a été fantastique des deux côtés du parquet, et je l’adore pour une raison particulière : c’est qu’il porte ses c… quand il le faut. Les shoots qu’il met dans le troisième et quatrième quart sont très difficiles, et le gars fait ça comme si je jouais en playground à LeFrak (ndlr: son quartier de naissance dans le Queens) face à des gamins de 15 ans. C’est un joueur très, très spécial et les Nets savent parfaitement l’utiliser également. Coach Nash met de bons systèmes en place, il sait lui parler, il sait tirer le meilleur de lui. Il sait tirer le meilleur de tous ses joueurs, il a réussi à remettre Blake Griffin en selle aussi, il ne faut pas l’oublier. KD a marqué l’histoire lors de ce match, et il va en ressortir d’autres identiques à celui-ci avant la fin de la saison, j’en suis convaincu.

« Le James Harden des Nets est différent du Harden d’avant »

Quelle sera la clé pour le Game 6 à Milwaukee ?

Il faudra essayer de ne pas les laisser prendre trop confiance comme lors de ce Game 5, où les Bucks ont à peu près fait ce qu’ils voulaient durant la première période. Chez eux, ils savent qu’ils n’auront pas le choix, ils devront gagner où bien Giannis et compagnie iront à Ibiza ou pêcher dans les lacs du Wisconsin (rires). Il ne faudra surtout pas leur laisser mettre leur jeu trop en place et il faudra continuer à être agressifs sur leurs trois joueurs majeurs. Bousculer Giannis physiquement comme Blake Griffin a essayé de le faire lors du Game 5, forcer Holiday à dribbler en lui coupant les lignes de passe, et essayer d’être un peu plus physique sur Middleton.

Un mot d’ailleurs sur Holiday, la principale recrue des Bucks l’automne dernier ?

J’adore ce joueur, et je pense qu’il est bien plus dangereux que ce que les gens en pensent. Il sait tout faire, il est vraiment super efficace et il possède un QI basket énorme. Les fans vont être à fond là-bas, mais c’est eux qui auront la pression, pas nous. Si on ne finit pas le travail à Milwaukee, on le finira à la maison ce week-end.

En parlant de gestion du jeu, vous qui avez été meneur, qu’avez-vous pensé du retour de James Harden ?

Il a été bon je trouve. Il savait qu’il allait être un peu usé physiquement car pas trop dans le rythme après sa blessure, mais il a fait du très bon travail. Il a très bien géré le tempo, il a fait des passes sublimes et surtout, il a mis de l’intensité en défense, ce qui n’est pas toujours sa marque de fabrique. Le James Harden des Nets est différent du Harden d’avant : il en veut encore plus, il veut faire plus que des stats. Il veut gagner ! Ça se sent, il parle beaucoup plus à ses coéquipiers maintenant que lorsqu’il était aux Rockets, il se donne plus en défense. Il a quand même joué plus de 40 minutes pour son retour, et sa feuille de statistiques est quand même vraiment belle (ndlr: 5 points, 8 passes, 6 rebonds). Donnez-lui encore quelques jours, et il va revenir à son meilleur niveau. Il sera un atout énorme pour la suite de la saison en attendant de voir ce qu’il va se passer avec Kyrie.

« Steve Nash, c’est le genre de gars à qui tu donnerais les clés de ta maison »

Vous dites apprécier le coaching de Steve Nash, en quoi colle-t-il aussi bien avec cette équipe ?

Déjà, pour mettre les choses au clair avec les jeunes générations, Steve était un sacré joueur, un passeur hors pair qui a été MVP, et qui a porté les Suns à un niveau exceptionnel. Il y a une qualité chez un joueur, surtout chez un meneur qui est primordiale : il faut savoir rendre ses coéquipiers meilleur. Steve faisait partie de ces gars ! Chaque mec avec lequel il jouait, il le rendait meilleur. Je pense que les Suns de cette époque sont meilleurs que les Suns de cette année, même si CP3 et Booker font du très bon travail. Mais ce n’est que mon avis (rires) ! Ensuite, Coach Nash a un passé de joueur, ça parle aux gars, et il a vécu des expériences de coaching plus ou moins directe quand il était aux Warriors et avec l’équipe du Canada, où il a aidé beaucoup de jeunes talents à émerger. Si les Canadiens de NBA sont devenus aussi forts, c’est en grande partie grâce à lui et les Toronto Raptors qui ont boosté le sport au Canada. Steve, c’est aussi un super gars. Le genre de gars à qui tu donnerais les clés de ta maison. Le genre de gars à qui tu pourrais lui dire « Vas-y, coache mon équipe » et tu sais qu’il en fera quelque chose de bien. Quand il a été nommé coach des Nets, je me suis dit « c’est le meilleur choix possible ! »

Est-ce l’année du titre pour les Nets ?

Effectivement, je pense qu’on peut le faire dès cette saison. Avec l’équipe que l’on a, la mentalité de guerriers qu’il y a dans ce groupe et les trois stars, on a toutes les armes en main pour aller chercher une bague. On va d’abord finir cette série et passer à la suivante, mais je suis vraiment très convaincu que les Nets puissent gagner le titre dans les prochaines semaines. Quand on a KD, Harden, Kyrie, et les autres joueurs, on peut viser le sommet. Quand ils jouent à leur meilleur niveau, ils sont injouables, comme on l’a vu durant plusieurs matches cette saison. Ces Nets-là n’ont pas de limites.

À lire : le portrait de Kenny Anderson

On sent que vous vous régalez avec cette équipe…

Oui, vraiment, et à fond en plus (rires). Le basket me manque beaucoup, et j’essaye de vivre un peu leur succès par « procuration », sans aucune jalousie (sourire). Cette équipe des Nets, c’est ma maison, ce sont eux qui m’ont permis, même si c’était dans le New Jersey, de devenir et de faire la carrière que j’ai eue. Je suis attaché à cette équipe, à la franchise et je suis vraiment heureux d’être présent pour ces grands matches de playoffs. Ça joue un basket de très haut vol, on se régale, on passe un bon moment et surtout, on gagne ! Je pense aux fans des Nets qui nous suivaient à l’époque et qui suivaient aussi la génération des Jason Kidd, Vince Carter et Richar Jefferson, et qui rêvent de titre. Il n’a jamais été aussi proche, et si c’est le cas dès cette saison, vous ne pouvez pas vous imaginer le bonheur que ça créera pour plusieurs générations de fans.

Pour finir, est-ce qu’on peut trouver des comparaisons entre les Nets d’aujourd’hui et certains Nets de votre époque ?

L’époque n’est pas la même, le style de jeu est plus athlétique aujourd’hui mais nous étions aussi trois stars à l’époque (sourire). Pas avec le même « swag », mais trois stars quand même. J’essayais de briller et de faire briller mes coéquipiers. Derrick Coleman était un joueur très physique, une espèce de Blake Griffin avant l’heure avec quand même moins de détente. Quant à Drazen Petrovic, c’est mon ami pour l’éternité, un joueur qui avait une superbe intelligence de jeu, un peu comme James Harden aujourd’hui. Ça m’a beaucoup touché que l’équipe joue avec nos couleurs (ndlr: bleu ciel et rouge) et sur un parquet qui nous a rappelé nos années dans le New Jersey, c’était vraiment un geste super de la part de la franchise.

Propos recueillis au Barclays Center

Crédit photo : Neil Grabowsky / Montclair Film Festival

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