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Kenny Atkinson, le plus français des coaches NBA

C’est le plus francophile des « head coachs NBA ». Ancien joueur à Montpellier, Golbey-Epinal ou encore à l’Hermine de Nantes, Kenny Atkinson a appris les ficelles du métier d’entraîneur dans l’Hexagone. C’était au Paris Basket Racing entre 2004 et 2006.

Une décennie plus tard, désormais coach des Nets, Atkinson n’a rien oublié de son passage en France. Le technicien de Brooklyn a évoqué avec Basket USA (et avec un plaisir non dissimulé) son parcours dans nos terroirs.

Avis à la Fédération Française, Kenny Atkinson est opé’ pour intégrer le staff des Bleus au besoin…

« On n’a pas de marge d’erreur »

Kenny, votre équipe s’est battue jusqu’au bout mais a dû s’avouer vaincue face à Portland. Que s’est-il passé selon vous ?

« Nos pertes de balle nous ont plombés dès le début du match. On ne dispose pas de cette marge d’erreur. On ne peut pas avoir ce type de temps faibles. L’écart s’est creusé et c’est compliqué après. Mais on s’est battu, on est bien revenu et on a tout de même produit du bon basket. »

Défensivement, êtes-vous satisfait du travail effectué sur les shooteurs adverses ?

« On leur a seulement autorisé 25 tentatives [à trois points], donc c’est positif. Aminu a été bon et puis, évidemment, Lillard et McCollum, vont toujours réussir à shooter. Ça faisait partie de notre plan : de bien défendre la ligne à trois points. On l’a bien fait mais du coup, on les a laissé prendre des tirs à haut pourcentage. Donc, il va falloir corriger ça. »

Vos remplaçants ont été productifs, avec Sean Kilpatrick à 20 points, ou encore Spencer Dinwiddie à 14 unités..

« Oui, le banc est bon depuis un certain temps. Nos jeunes gars nous donnent vraiment une belle étincelle en sortie de banc. Quincy Acy aussi. Je suis fier de nos remplaçants. »

Comment arrivez-vous à garder le moral de vos troupes au beau fixe malgré les défaites qui s’accumulent ? Vous reposez-vous sur vos vétérans ?

« Oui. Randy Foye a été très bien. Brook [Lopez] a été très bien, surtout sachant qu’il a été dans des bonnes équipes avant. Et puis, Jeremy [Lin] n’a malheureusement pas pu jouer autant de matchs qu’on aurait voulu mais il sait ce qu’on est en train de faire. Sa voix porte dans le vestiaire. On a besoin de ce type de gars avec du caractère qui savent bien ce qu’on veut construire ici. »

Une partie de sa famille vient de Picardie

Plus personnellement maintenant, que connaissiez-vous de la France avant d’y arriver en 1999 à Montpellier ?

« [rires] Je ne connaissais pas grand-chose. Je n’avais vraiment pas beaucoup d’expérience. En fait, ma famille a des racines françaises. Ma grand-mère, qui venait du Québec, parlait uniquement français. Mon arrière grand-mère était française, et je crois que sa famille était de Picardie. On a fait notre arbre généalogique. Et j’ai toujours eu une affection particulière pour la France. J’ai appris le français à la fac. J’ai toujours eu ce petit quelque chose en moi qui m’attirait inévitablement vers la France. »

Quel est votre meilleur souvenir de votre période en France ? 

« Ah, je ne sais pas, je suis simplement un francophile ! J’adore la nourriture, j’adore les gens. J’y ai passé des années merveilleuses en tant que joueur puis en tant qu’entraîneur. J’ai mangé la culture française [en français, ndlr]. Je me suis vraiment immergé dans la culture française. Je suis un bon vivant [en français également, ndlr]. J’aime la mentalité française et puis, c’est un pays magnifique. Que ce soit à Dijon, à Epinal, j’ai apprécié chaque ville où je suis passé. Et à chaque fois, j’ai appris quelque chose de nouveau sur moi-même, en tant qu’entraîneur mais aussi en tant qu’individu. Honnêtement, sans cette expérience en France, je ne pense pas que j’en serai là où j’en suis maintenant. J’ai beaucoup appris sur moi-même et ça m’a permis de mieux comprendre le monde en général. »

En quoi votre apprentissage du métier d’entraîneur a été différent du fait qu’il ait été effectué en France, au Paris Basket Racing à l’époque ?

« C’est une autre idée du basket. C’est une autre approche du jeu, avec des idées différentes de ce qui se fait aux Etats-Unis. Dans chaque culture, on fait certaines choses différemment et c’est ça que j’ai apprécié. J’ai appris des entraîneurs et des joueurs français. La ligue française est bien. Quand je coachais, je me souviens qu’il y avait de très bonnes équipes à affronter. »

Avez-vous encore le temps de venir en France ? 

« Non, malheureusement. Mais c’est tout en haut de ma liste. On doit y aller. Ma femme me le dit aussi : on doit y retourner. J’adorerais y retourner. Je sais qu’il y a de très bons joueurs en France. Après la saison, j’adorerais y aller et voir des matchs de Pro A. J’espère que je pourrai vendre ça à ma franchise : faire du scouting en France et un peu de tourisme [rires]. »

Et quel est votre plat préféré en France ?

« [il souffle] Il y en a tellement. Le foie gras. J’adore ça. »

Quelle est votre ville préférée en France ? Ou parmi celles que vous avez fréquentées ?

« Nantes est, comme vous dites, sous-estimée [en français, ndlr] mais bon, la plus belle ville, c’est Paris. Mais chaque ville où je suis passé, j’ai adoré. J’ai adoré Epinal, j’ai adoré Montpellier, j’ai adoré Mulhouse aussi. Mais Paris, c’est le top. Il y a tellement de choses à voir et à faire. »

Il y a une volonté affirmée de la franchise de Brooklyn de faire dans l’international en général : vous avez Chris Fleming (ancien sélectionneur de l’Allemagne notamment), Mike Batiste (ancien joueur du Panathinaikos) ou encore Adam Harrington (passé par Limoges) dans votre staff et Sean Marks (ancien international néo-zélandais) est votre GM…

« Oui, c’est l’idée. L’été passé, on a également reçu le coach d’Antibes [Julien Espinosa, ndlr] pour la ligue d’été. On garde le contact avec lui. On pense que c’est bon pour notre culture. On n’a pas toutes les réponses et échanger avec les coachs d’autres pays nous aide énormément. C’est très enrichissant. Et de toutes façons, comme on le disait avec Sean [Marks], c’est la direction que prend la NBA. Il y a de plus en plus de joueurs internationaux. Mon seul regret, c’est qu’on n’a pas de joueur français dans l’équipe…

Oui, j’allais vous le demander, avez-vous poussé pour en recruter un ?

« C’est encore tôt. Ça va venir. En tout état de cause, la NBA va dans ce sens et s’ouvre à l’international. »

« L’Equipe de France ? Assistant, oui… mais pas sélectionneur ! »

Je ne parle pas d’un futur proche mais dans l’idée, est-ce que vous seriez prêt à revenir en France pour entraîner ? 

« J’adorerais. J’adorerais vraiment. Mais c’est très difficile. Il y a déjà peu de boulot pour les entraîneurs français. Et il y a beaucoup de bons entraîneurs. J’irai même si c’est pour être un assistant. Peut-être plus tard dans ma carrière, je ne sais pas. Mais franchement, je le ferai même en tant qu’assistant. Pour l’expérience. C’est dire combien j’aime la France ! Je fais ce boulot, pas pour l’argent, mais pour apprendre. »

Et si jamais le poste de sélectionneur était ouvert…

« Non, non, non ! Vous avez le meilleur sélectionneur possible en ce moment [en Vincent Collet, ndlr]. Il y a trop de bons entraîneurs en France… Non, non, non ! Il y a trop de bons entraîneurs qui le mériteraient plus que moi. J’adorerais être un assistant ou aider. Mais j’ai trop de respect pour la Fédération, pour les résultats récents dans les compétitions internationales. Je suis un grand fan du basket français. Et il devrait obtenir plus de respect car c’est incroyable de voir le nombre de bons joueurs et de bons coachs qu’il a produit. Les gens qui sont dans le basket le savent, mais le grand public l’ignore. »

Dans l’Equipe, vous avez récemment déclaré votre amour pour l’INSEP et la formation « à la française »…

« Oui, j’ai visité l’INSEP et j’ai tellement appris. J’ai parlé à Jean-Marc Touzé, un préparateur physique… Il y a tellement de personnes à qui on peut parler. On partage la même culture. On est allé dîner ensemble au Cardinal à côté de Coubertin. C’est ce type de culture qu’on essaie de mettre en place chez les Nets. On va aller dîner après le match ce soir. On veut créer cet esprit d’équipe. »

 

Propos recueillis à Portland

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