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Interview Evan Fournier : « Ce qui est flippant avec les Warriors, c’est qu’ils sont jeunes »

Evan FournierLe poignet entouré de glace après la défaite du Magic à l’Oracle Arena, c’est dans le vestiaire d’Orlando que nous avons échangé avec Evan Fournier. L’arrière de l’équipe de France analyse de façon très lucide la portée de la saison historique des Warriors, revient sur celle du Magic, sur son année et les conséquences pour la free agency avant d’aborder l’apport de Brandon Jennings et d’Ersan Ilyasova. Enfin, pour terminer, le numéro 10 d’Orlando se met à notre place en posant une question à son ami Rudy Gobert, qui se déplacera à Oakland dans la nuit de mercredi à jeudi.

« Les Warriors te rendent paranos »

Avant d’aborder la rencontre de cette nuit, comment va votre poignet ?

Ça va. J’ai repris un coup dessus mais ça ira.

Cette nuit, votre début de match vous met dans le dur mais vous avez bien réagi en deuxième mi-temps, même si vous échouez de peu. Comment analysez-vous la défaite de ce soir ?

La vraie raison, c’est qu’ils sont juste meilleurs que nous. D’un point de vue technique, je trouve qu’on a mis du temps à s’adapter au pick & roll entre Curry et Green. On a laissé beaucoup de points sur ça mais on s’est bien ajusté après. Après, battre les Warriors chez eux… Personne ne l’a fait cette année, c’est un très gros challenge. Je trouve qu’on s’est bien battu, on est bien revenu dans le match mais ce n’est pas suffisant. Et puis, Klay Thompson te marque un trois points dans le corner très improbable. C’est tout le temps comme ça. L’année dernière, on est devant tout le match et c’est Curry qui nous tue à 10 mètres au buzzer. C’est leur force aussi.

Peu importe le scénario du match, on a l’impression que rien ne peut leur arriver. Ils trouvent toujours un moyen de l’emporter. En tant qu’adversaire, quel impact ça a sur le moral d’une équipe ?

Ils te mettent dans une espèce de paranoïa. Même quand t’es devant, tu sais quand même qu’ils peuvent prendre feu à tout moment. Tu es constamment en train d’essayer d’empêcher Curry de tirer à trois points. Avec eux, tu deviens parano.

En parlant de Curry, vous les jouez à domicile, il prend feu et met 51 points. Ce soir, vous commencez le match en leur offrant des tirs ouverts à trois points. Comment expliquer ce début de match similaire au match aller ? Est-ce que vous aviez mis en place une stratégie pour éviter ça et elle a volé en éclat ?

C’est une bonne question. Je dirais qu’on n’était pas prêt pour le défi, tout simplement. On s’est fait surprendre sur les back doors et sur d’autres points que nous connaissons. En fait, tu sais ce qu’ils vont faire mais tu n’arrives pas à le stopper. C’est vraiment ça qui a été frustrant en première mi-temps, on s’est bien ajusté sur la fin mais c’était sans doute trop tard.

« C’est triste d’entendre les anciens joueurs dénigrer les Warriors »

En tant qu’adversaire mais aussi en tant que fan, comment digérer ce que les Warriors sont en train de réaliser ?

Pour moi, il faut leur donner énormément de crédit. Je trouve ça triste d’entendre les anciens joueurs qui dénigrent ce qu’ils font. Ce n’est pas normal. Ils sont en train de rentrer dans l’histoire de notre sport et il faut leur donner cette reconnaissance. Je trouve que c’est vraiment bien pour le basket parce qu’ils donnent vraiment une image d’une équipe altruiste, qui fait l’extra passe, qui se donne les uns pour les autres. Leur superstar, c’est un mec qui est normal. Tout le monde peut s’identifier à eux.

Avec le recul, en pensant aux playoffs avec Denver, est-ce que vous auriez pu imaginer qu’ils allaient avoir une telle trajectoire ?

Non. J’étais à des années-lumière de penser qu’ils allaient passer ce cap là. Ce qui est flippant, c’est qu’ils sont jeunes… Ils sont en train de faire la meilleure saison de l’histoire mais leur cinq majeur a 25/26 ans de moyenne d’âge. Tu te demandes s’ils peuvent progresser en plus. Donc voilà, c’est à eux d’écrire l’histoire de ce sport.

« Stephen Curry te montre comment jouer de la bonne manière »

Et un mot sur Stephen Curry… Comment défendre sur un joueur qui peut tirer à 10/11 mètres de la même façon qu’il peut tirer à mi-distance ?

Il faut essayer de lui rendre la vie misérable mais il manie tellement bien le ballon qu’il trouve toujours un petit espace. C’est inévitable. Quand Bogut te pose un écran, tu vas être un tout petit peu en retard, je ne te parle pas d’être largué, mais c’est suffisant pour faire la différence. Et puis, il est très lucide. il fait tout le temps les bonnes passes, il fait quasiment tout le temps les bons choix. Il coupe au bon moment… (il soupire). Je trouve que c’est une très bonne chose pour le basket parce qu’il montre comment jouer de la bonne manière. Ce n’est pas un gars comme Kobe, ce n’est pas un monstre athlétique, lui c’est tout dans la technique, dans le sens du jeu et je pense que c’est vraiment bénéfique pour notre sport.

Brandon Jennings et Ersan Ilyasova ont rejoint Orlando à la deadline, qu’est-ce qu’ils apportent à votre équipe ?

Ce sont des joueurs d’expérience qui font très peu d’erreurs. Ce sont des joueurs qui ont connu les playoffs. En termes de basket pur, Brandon c’était un très gros joueur quand il était avec Milwaukee, même avec Detroit, mais malheureusement il s’est grièvement blessé. Il va retrouver son niveau tranquillement. Et puis Ersan, on sait que c’est un mec qui joue très dur, qui va nous apporter des points sur le tir extérieur, qui se bat. Il était très bon avec Milwaukee et je pense d’ailleurs que s’ils font une mauvaise saison, c’est aussi à cause de son départ.

D’un point de vue collectif, jusqu’à présent, comme jugez-vous votre saison ?

Ce qui est frustrant, c’est qu’on est l’équipe qui a perdu le plus de matches d’une possession. Je crois qu’on en est à douze. Si on avait pu en prendre la moitié, ça changerait complètement la donne. On en parle souvent entre nous. Vers 30/35 matchs, on était encore 4e à l’Est et on s’est écroulé. On a eu une série de treize défaites en quinze matchs, et ça nous a vraiment mis dans le dur. C’est frustrant.

Vous le mettez sur le compte de l’inexpérience ?

En fait, ça a plutôt commencé à cause des blessures. On a eu deux blessés, on a commencé à perdre trois, quatre matchs et une fois qu’on est revenu au complet, j’avais l’impression que nous avions perdu cette confiance et le rythme qu’on avait. L’addition est salée, malheureusement.

D’un point de vue personnel, comment jugez-vous cette saison ?

Ma saison est exactement à l’image de l’équipe. J’ai eu une série de quinze matchs où je suis passé au travers. Statistiquement, ça me coûte très cher mais sinon je fais une bonne saison. Je m’adapte au poste 3. Je navigue entre les postes 2 et 3, je trouve ça très intéressant. Ça me rajoute de l’expérience. Vu que je joue plus sur le poste 3, il va falloir que je reprenne du poids parce que quand je me coltine LeBron, Kawhi etc… ce sont des joueurs qui sont plus costauds alors qu’en 2, c’est l’inverse : c’est plutôt moi qui suis plus physique que les autres. Il va falloir que je m’adapte.

Considérez-vous le transfert de Tobias Harris comme un vote de confiance de la part des dirigeants avant cet été ?

Franchement, je vois ça comme… En fait, je ne vois rien. Tu ne sais jamais à quoi pensent tes dirigeants. Personnellement, je me sens très bien ici. Je l’ai déjà dit plein de fois. Je n’ai aucune raison particulière de partir. Après, il faut voir ce qui va se passer. Il reste 20 matchs, et il peut se passer beaucoup de choses. Tu vois le fait que Tobias se fasse transférer, ce n’est pas anodin. Les trois matchs où il ne joue pas, ils me décalent en 3. Je fais trois belles performances, on bat Atlanta deux fois en back-to-back et on perd au buzzer contre les Spurs. Après ça, il se fait transférer. Je ne pense pas que ce soit anodin et la fin de saison sera déterminante pour ce qu’ils veulent faire.

« Il y a le contrat de ma vie à la clé »

Est-ce que vous pensez déjà à la free agency, et éventuellement à certaines équipes ?

Non, je me concentre sur aucune équipe… mais c’est inévitable. Je suis constamment en train de dire qu’il faut que je termine fort ma saison, et je le pense vraiment, mais il y a le contrat de ma vie à la clé. C’est inévitable de penser à tout ça, c’est clair. Après, quoi qu’il arrive, Orlando pourra s’aligner vu que je serai free agent protégé et c’est un processus qui est différent de celui de Nico [Batum] par exemple. Mais j’ai bon espoir de rester ici.

Pour finir, Rudy Gobert joue contre Golden State dans deux jours, un message ou une question à transmettre ?

(rires) Rudy ! Alors un message : qu’il ne se fasse pas tomar dessus par Barnes comme il s’est fait tomar dessus par Derozan… Et une question : « En tant que big man, quand tu as Stephen Curry qui t’attaques, à quoi penses-tu ? »

Propos recueillis à Oakland

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