Le public de la Vivint Smart Home Arena commençait à sérieusement se poser des questions. Le « vrai » Mike Conley, c’est pour quand ? Pour ce soir. Il ne faut que quelques minutes de jeu pour comprendre que l’ancien meneur des Grizzlies prend le chemin d’une belle soirée. Son « floater » main droite, qu’il peinait à convertir jusqu’ici, rentre rapidement cette fois. Une montée en température tranquille avant le coup de chaud intégral.
Un feu d’artifice dans le troisième quart-temps
Le troisième quart-temps, là où se joue la rencontre, est le sien. À quoi sent-on un joueur qui retrouve confiance ? Des tirs en première intention, un dribble dans le dos dans le trafic et un joueur plus à l’aise ballon en main… Et de l’adresse bien sûr. En plus de ses finitions main droite près du cercle, Mike Conley retrouve la mire longue distance.
Un écran de Rudy Gobert en tête de raquette, un dribble et boum. Complétement en feu, le meneur, qui n’oublie pas de récompenser son pivot en l’envoyant au alley-oop, aligne ainsi les tirs primés dans le délire collectif où joueurs du Jazz et leur public communient pour célébrer le « retour », ou plutôt l’arrivée de leur recrue estivale. Avec ses 18 points dans ce quart-temps, et un 26-4 du Jazz, il permet à son équipe de s’envoler au score (84-63).
Voilà pour la belle histoire de la soirée du Jazz. Pas certain pour autant que Quin Snyder ait apprécié toute la physionomie de cette rencontre. Car Utah, profitant de l’absence de Kawhi Leonard en face, prend à deux reprises ses distances dans ce match. Grâce à Mike Conley donc, mais également un peu plus tôt dans le second quart-temps, s’offrant jusqu’à 14 points d’avance.
Avec un Donovan Mitchell dans le bon tempo et un Bojan Bogdanovic convaincant, malgré ses pertes de balles (fautes offensives et marchés), Utah semble avoir relégué ses soucis offensifs de début de saison. Si ce n’est durant cette longue période de sécheresse offensive dont les Clippers profitent pour recoller au score à la pause.
Utah se fait peur en fin de match
La faute à un Lou Williams, introduit dans le cinq, seule véritable menace offensive adverse qui martyrise Joe Ingles avec ses pénétrations. Il compte déjà 18 points à l’entame de la seconde période avant que l’homme de l’ombre, Royce O’Neale, ne se charge de le sortir complétement de son match, à l’image de ce vilain airball.
Le second gros coup de mou du Jazz survient dans l’ultime période, au moment où, étrangement, les titulaires locaux doivent contrôler les remplaçants adverses. Ce qu’ils ne parviennent pas à faire. Rudy Gobert rechigne à sortir sur l’étonnant JaMychal Green qui aligne les tirs à 3-points en tête de raquette. Puis Jerome Robinson l’imite et Los Angeles colle un 16-3 pour revenir à 10 points avec cinq minutes à jouer (99-89). Mais le Français remet un peu d’ordre en terminant un alley-oop envoyé par l’inévitable Mike Conley.
Et le Jazz (4-1) de s’imposer avant de rendre visite aux Kings vendredi. Les Clippers (3-2) accueillent les Spurs, avec Kawhi Leonard cette fois.