La NBA a déplacé tout son décorum jusqu’en Europe ces derniers jours, pour deux rencontres entre le Magic et les Grizzlies à Berlin puis Londres. Mais c’est davantage en coulisses que la ligue nord-américaine s’est déployée.
Adam Silver, son bras droit Mark Tatum, le directeur de la NBA pour l’Europe et le Moyen-Orient George Aivazoglou… Les têtes pensantes du projet NBA Europe étaient toutes sur le Vieux Continent pour discuter et négocier les contours de leur future ligue. Et si ces derniers jours, le Real Madrid a fait un grand pas vers cette nouvelle entité, pour certains clubs, les approches sont plus compliquées.
Au-delà même des volontés, la NBA se heurte parfois à des contraintes « techniques ». C’est le cas pour le FC Barcelone. Le média catalan Mundo Deportivo, toujours très au fait de l’actualité des Blaugrana, explique ce lundi la problématique que la NBA Europe génère pour le club barcelonais.
Une réunion a eu lieu avec certains de ses représentants et les cadres de la NBA dimanche, avec comme intermédiaire Pau Gasol, ancienne légende du Barça, puis des Lakers. Le double champion d’Europe a prolongé sa licence pour poursuivre avec l’Euroleague, mais garde un œil sur la NBA Europe. « La NBA veut le Barça dans sa future ligue, mais le Barça ne le voit pas aussi clairement » résume Mundo Deportivo.
Le modèle du Barça l’empêche actuellement de rejoindre la NBA Europe
La structure même du club est en question. Le FC Barcelone – comme trois autres clubs en Espagne, le Real Madrid, l’Athletic Bilbao et Osasuna – bénéficie d’un statut commercial à part, celui d’une organisation à but non lucratif. Le Barça appartient à ses adhérents, les socios, qui détiennent le pouvoir en élisant le président du club tous les deux ans et demi. Ce modèle est à l’opposé de celui commercial que nécessiterait un passage vers la NBA Europe.
Pour y parvenir, le FC Barcelone devrait se transformer en SAD (pour Sociedad Anonima Deportiva, société sportive anonyme), ce à quoi le club a toujours catégoriquement refusé de se résoudre pour conserver son exception culturelle historique. Seule option restante : la création d’une société commerciale, qui récupérerait les droits commerciaux et d’exploitation du Barça tout entier, et permettrait surtout l’arrivée d’un investisseur extérieur afin de régler le ticket d’entrée de la NBA Europe, fixé entre 500 millions et un milliard de dollars. Une somme dont ne dispose pas le FC Barcelone, ou aucun autre club de basket européen.
Une clause pour que les clubs puissent quitter l’Euroleague ?
« Les fonds pourraient potentiellement venir, tout au moins dans un premier temps, des clubs de la ligue » a expliqué Adam Silver lors d’une conférence de presse jeudi dernier. « D’une manière similaire au lancement de l’aventure de n’importe quelle startup, les participants seraient aussi les investisseurs. Et avec le temps, nous espérerions un retour sur investissement. […] Si nous devions lancer cette nouvelle ligue avec succès, cela prendrait du temps avant que ce soit une entreprise viable d’un point de vue commercial. »

Dans le cas du FC Barcelone, la création d’une filiale commerciale financée par un acteur extérieur soulèverait un doute sur le poids de cet investisseur dans les choix sportifs des Culés, non seulement pour sa section basket mais pour ses autres composantes. Mundo Deportivo assure qu’aucun acteur ne s’est jusqu’ici manifesté. Les Catalans restent ainsi ouverts à une intégration future à la NBA Europe, mais souhaitent davantage de visibilité sur la santé économique du projet. Le quotidien précise dans ce sens que le Barça dispose d’une clause dans son contrat avec l’Euroleague, à hauteur de 10 millions d’euros, pour quitter l’actuelle principale compétition européenne.
Manchester United et Manchester City pas intéressés
Pour trouver des partenaires aux fonds suffisamment conséquents, la NBA a aussi toqué à la porte de plusieurs clubs de football européen, comme le Paris Saint-Germain, qui intéresse grandement Adam Silver. Le commissionner de la Ligue se serait toutefois heurté à une fin de non-recevoir de la part de Manchester United et de Manchester City assure la BBC, malgré des discussions avec les deux géants du football anglais. « Nous avons des conversations avec tout le monde, et c’est en partie ce qui explique pourquoi ce processus dure depuis si longtemps » a expliqué Adam Silver à BBC Sport. La NBA avait annoncé qu’une équipe devrait voir le jour à Manchester pour la première mouture de sa ligue européenne.
Elle pourrait avoir plus de chances avec d’autres mastodontes du ballon rond européen lors d’une réunion qui se déroule ce lundi, le « NBA NEXT : Europe » en présence de représentants de plusieurs formations d’après Eurohoops. Le FC Barcelone, le Real Madrid, le Bayern Munich, le Panathinaikos mais aussi l’EA7 Milan, tous pour le moment présents en Euroleague. L’ALBA Berlin, transfuge de l’Euroleague à la Champions League depuis cette saison 2025/26 est aussi de la partie. L’invité « surprise » est l’AC Milan, club mythique du football italien, mais qui n’a jamais tenté l’aventure dans le basket transalpin. La perspective d’un club dans la cité lombarde, évoquée par la NBA, pourrait bouleverser la donne.
Cette réunion a pour but de présenter aux clubs des projections financières sur ce que pourrait proposer la NBA Europe, en comparaison notamment aux différentes compétitions européennes de football, et de rencontrer de potentiels investisseurs et partenaires commerciaux. De nouveaux détails sur cette nouvelle ligue, notamment ses participants, devraient être communiqués dans les prochains jours, assure Eurohoops.
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