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La vérité sur la rencontre entre John Thompson et Rayful Edmond, le baron de la drogue de Washington

À la fin des années 1980, la fac de Georgetown s’est retrouvée en liens étroits avec le monde de la drogue. Mais c’était sans compter sur la poigne de fer de John Thompson…

Décédé en août dernier à 78 ans, John Thompson était le coach légendaire des Georgetown Hoyas. Du haut de ses 2m08, il a d’abord été la doublure de Bill Russell chez les Celtics durant sa courte carrière NBA (de deux saisons, et autant de titres NBA) avant de devenir coach, et une figure tutélaire pour la communauté noire dans le sport.

Remercié par exemple par Allen Iverson lors de son intronisation au Hall of Fame, « pour lui avoir sauvé la vie », John Thompson était un personnage immense, dans tous les sens du terme. Sur le banc de Georgetown, il était inévitable avec sa carrure, ses coups de gueule et sa serviette sur l’épaule pour s’éponger fréquemment.

Et un épisode marquant dans sa carrière de coach a été la façon dont il a géré Rayful Edmond, le très dangereux baron de la drogue à Washington D.C.

Dealer et « baller »

On est 1987. Les Hoyas font partie des cadors de la « Big East », et plus généralement de la NCAA, après avoir remporté le titre en 1984 sur les épaules de Patrick Ewing. Coach Thompson s’est déjà bâti une solide réputation de formateur auprès des basketteurs noirs américains, et plus précisément des intérieurs. Comme lui par le passé.

Après Patrick Ewing, c’est un jeune prospect de Virginie qui atterrit sur le campus des Hoyas, Alonzo Mourning. Dans sa chambre, ce dernier fait connaissance avec John Turner, un ailier fort qui a grandi dans les quartiers de la capitale fédérale. Non loin de la maison familiale de Rayful Edmond, devenu baron de la drogue et notamment du crack dans la capitale, avec un « chiffre d’affaires » annuel de 300 millions de dollars et 150 « employés »…

Bon shooteur selon ses proches et grand fan de basket, et de Georgetown – au point de vêtir ses hommes tués dans « l’exercice de leurs fonctions » avec un maillot de la fac, Rayful Edmond s’acoquine avec certains membres des Hoyas. Durant les étés 1987 et 1988 notamment, il joue dans des tournois avec eux – pour lesquels il aurait payé les joueurs 1 000 dollars à chaque victoire. Mais plus encore, il s’invite bientôt sur le campus et passe du temps dans les dortoirs de quelques joueurs, avec son entourage.

Selon des rapports du FBI désormais disponibles, Rayful Edmond était même aux petits soins pour ses copains Hoyas en les amenant dans des soirées VIP en boîte de nuit, chez lui pour des soirées fastueuses ou même pour des dîners au restaurant et des achats dans des boutiques de luxe.

Absent durant cette période estivale, car nommé coach de l’équipe olympique pour les JO de Séoul – avec la médaille de bronze au final pour l’équipe menée par David Robinson, Mitch Richmond et Danny Manning entre autres, John Thompson revient au bercail et prend plutôt mal l’information. Quand il apprend qu’Alonzo Mourning et John Turner passent autant de temps avec le dealer le plus dangereux de la ville, alors que D.C. est frappé par une véritable épidémie de crack et de violence, le coach prend le taureau par les cornes.

« Je savais que Rayful était le plus gros dealer de Washington à l’époque, et j’étais extrêmement inquiet », explique John Thompson dans un extrait de son autobiographie révélée par The Undefeated. « D’abord, le futur d’Alonzo et de Turner en tant qu’hommes était en danger, sans parler de leur avenir en tant que joueurs de basket. Si Alonzo et Turner ne prenaient pas de cocaïne, est-ce qu’ils en vendaient ? Si ce n’était pas le cas, leur simple association avec un narcotrafiquant pouvait ruiner leurs vies. Il y avait aussi un grand danger que Georgetown voit sa réputation traînée dans la boue. J’avais une responsabilité pour protéger l’école. La presse commençait déjà à nous dépeindre comme des mauvais garçons, et je savais que certains journalistes auraient adoré écrire une histoire sur nos relations avec un vrai criminel. Je n’avais aucune idée du degré d’implication d’Alonzo et de Turner, donc la première chose à faire était de les questionner sur ce qui se passait. »

Une légende urbaine au long cours

Premier coach noir à décrocher le titre NCAA, et pas le dernier pour prendre des positions radicales et fermes sur certains sujets fondamentaux, John Thompson avait évidemment pas mal d’ennemis.

« Un mythe s’est créé, selon lequel j’ai menacé Rayful et je lui ai ordonné de laisser mes joueurs tranquille. Certains aimaient même dire que je me suis levé et je lui ai mis mon doigt en face du visage. Ce sont des conneries. Ce mythe est basé sur la perception que je suis intimidant. Comme avec les arbitres, à qui je fais peur, soi-disant. »

« Ma conversation avec Rayful était moins folle que ce qu’on dit, mais aussi plus importante qu’on le dit. C’était une discussion entre deux hommes noirs de Washington qui aiment tous deux le basket, se respectent en tant qu’être humain et qui ont suffisamment d’intelligence pour trouver une solution à notre problème. Pendant toute notre discussion, Rayful était aussi poli et coopératif que possible. J’étais poli aussi. Cela aurait été stupide de ma part de l’énerver… »

Pour John Thompson, il n’y avait nul besoin d’ajouter de l’huile sur le feu avec Rayful Edmond, d’autant que l’homme était très dangereux, son gang ayant la réputation de s’en prendre à tous ceux qui se dressaient sur sa route, avec 30 assassinats organisées sur une seule année. Pour l’entraîneur, il fallait couper les ponts en douceur.

Après avoir fait le point avec Alonzo Mourning et John Turner en interne, l’entraîneur décide donc de fixer un rendez-vous avec le baron de la coke, Rayful Edmond en personne. Mais la première tentative échoue…

« J’avais bientôt Bootney [un joueur de Division II et proche d’Edmond] au téléphone à nouveau. Il était sur le campus, dans un de nos dortoirs. Je lui ai dit : ‘Rayful n’est pas venu, est-ce que tu peux le faire venir pour qu’on se voit ? Je dois lui parler.’ J’ai ensuite entendu Bootney parler à quelqu’un d’autre et j’ai compris au moment même où je lui parlais qu’il était avec Rayful. Je les ai entendu discuter. Bootney a dit : ‘Oh, Coach, Ray a peur, mais il a dit qu’il viendra vous voir’. »

« Le lendemain, alors que j’observais mon équipe s’entraîner à McDonough, la porte s’est ouverte et Rayful est entré dans la salle. Il avait trois gars avec lui : Bootney, Melvin Middleton, un bon joueur de basket et le coéquipier de Bootney à Spingarn, et un autre jeune homme qui bossait dans les rues avec Rayful. Mes joueurs étaient sous le choc – on n’avait jamais vu autant de airballs ! Ils savaient déjà que j’avais bien compris leur petit manège avec Rayful, mais son arrivée envoyait un message que j’avais maintenant un temps d’avance sur eux. Oh, vous pensiez que c’était de la rigolade quand Rayful était dans votre dortoir ? Voyons comment vous réagissez quand il vient à la salle. Un de nos coachs a emmené nos visiteurs à l’étage et Rayful à la porte de notre loge. Je l’ai amené ensuite dans une autre pièce et j’ai fermé la porte derrière nous. Lui et moi, on allait discuter seuls. »

Une discussion d’homme à homme

Entrée dans la légende, à la fois pour John Thompson mais aussi pour Rayful Edmond (arrêté en 1989 et en prison depuis), cette rencontre n’a jamais été racontée. Jusqu’à aujourd’hui.

« C’était un moment stressant. Je ne connaissais pas Rayful, et lui ne me connaissait pas. Beaucoup de choses pouvaient mal tourner. Mon équipe était en grand danger, et si je ne pouvais pas résoudre le problème, tout pouvait s’écrouler. La réputation de l’école pouvait être endommagée. C’est beaucoup plus facile d’en parler maintenant a posteriori que de la vivre à l’époque. »

« Notre conversation était un peu comme du langage codé. On a discuté en contournant l’éléphant dans la pièce. On savait tous les deux ce que c’était. Je n’avais nul besoin d’en parler. La conversation était sérieuse et ferme, sans bavardage. Je suis allé droit au but. »

D’homme à homme, John Thompson et Rayful Edmond s’expliquent. Avec respect de part et d’autre.

« Je ne sais pas ce qui se passe pour vous, et je m’en fiche, ce sont vos affaires. Mais j’ai entendu certaines choses sur Alonzo et JT, et ce que j’entends pourrait nous causer beaucoup de problèmes. Cela pourrait affecter leurs carrières professionnelles. Je n’ai pas besoin de ça pour mes joueurs, l’école n’a pas besoin de ça, les joueurs n’ont pas besoin de ça. Je ne me mêle pas des affaires des autres, mais si quelque chose se trame, j’ai besoin que tu me le dises sur le champ. Rayful a répondu : ‘Il ne se passe rien, Coach Thompson. Les gens inventent des histoires. Tout ce qu’on fait, c’est qu’on joue au basket, on va chercher un truc à manger et on passe peut-être un peu de temps ensemble’. »

« Alors qu’est-ce qu’on peut faire ? Parce que je n’ai vraiment pas besoin de ce genre de choses dans ma vie. La carrière de mes joueurs pourrait être ruinée, la réputation de l’école pourrait être endommagée. Est-ce que tu peux contrôler cette situation ? On sait tous les deux ce qui ne devrait pas arriver. Est-ce que tu peux t’assurer qu’elles n’arrivent pas ? »

« Oui, bien sûr, sans problème », a répondu Rayful. « Vous n’avez aucun souci à vous faire. Pas avec Alonzo. »

« Attends un peu, tu parles d’Alonzo… Mais JT alors ? »

« Rayful a essayé d’amener la chose avec tact : « JT ne fait rien de mal, Coach Thompson, mais il aime traîner avec des gars qui pourraient bien, vous savez, faire certaines choses. Il est attiré par ce style de vie. Je lui ai dit de ne pas s’approcher mais vous savez comment il est. »

« Je ne te demande pas de me dire quoi que ce soit. Je te demande simplement de gérer ça, tu vois ce que je veux dire ? Parce que tu sais qu’il y a pas mal de monde qui voudraient bien nous voir tomber dans cette histoire. »

« J’ai compris, Coach Thompson. Vous n’avez aucun souci à vous faire pour Alonzo. Mais JT, je ne sais pas. »

« Coach Thompson est tellement cool ! »

Amis d’enfance de Rayful Edmond, ayant grandi dans le même quartier, racontant même avoir mangé les cookies et les gâteaux que préparaient la mère et la grand-mère d’Edmond dans le Nord Est de Washington, John Turner était un peu trop en admiration devant la richesse ostentatoire exhibée par les nouveaux riches du commerce illicite.

Cela lui jouera des tours, car, malgré les exhortations de Coach Thompson de ne plus traîner avec Edmond et son entourage, John Turner sera exclu des Hoyas, terminant sa carrière universitaire dans une petite fac du fin fond de l’Oklahoma (avant de faire carrière en Italie essentiellement après un an chez les Rockets en 1991-92)…

En attendant, John Thompson et Rayful Edmond ont réussi à trouver un terrain d’entente. Souvent présent en bord de terrain, et donc sur le campus voire dans les dortoirs, le trafiquant va accepter de prendre du recul et laisser les Hoyas tranquilles. Un an plus tard, il était arrêté par le FBI…

« Je n’ai jamais eu peur pour ma sécurité », conclut John Thompson. « Quelqu’un a comparé ça à recadrer Al Capone, mais c’était simplement que certaines personnes transféraient leur peur de Rayful sur moi. Ils ont pensé que la violence était la seule manière avec laquelle Rayful avait des relations. Mais on a fini notre discussion, on est sorti du bureau et on s’est dit au revoir. Rayful a descendu les escaliers en passant devant le terrain d’entraînement et il est parti avec Bootney, Melvin et son ami. Bootney et Melvin vont même travailler à Georgetown plus tard. Je me demande comment ça s’est fait ça, tiens…

« Selon Bootney, Rayful avait le sourire pendant tout le trajet de retour. Quand il lui demandait ce dont on avait parlé, tout ce que Rayful a dit, c’est, ‘Mec, Coach Thompson est tellement cool’ ! »

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Article rédigé en partenariat avec ESPN

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