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La fin des dynasties | 1969, Bill Russell a perdu son feu sacré

Alors que « The Last Dance » raconte la fin de la dynastie des Bulls de Michael Jordan, gros plan sur la fin d’autres équipes qui ont dominé la NBA. Comme les Celtics de Bill Russell.

Pour ESPN, c’est la plus grande dynastie de l’histoire et il est difficile de le contester. Entre la Draft de Bill Russell en 1956 et sa retraite en 1969, les Celtics remporteront 11 titres en 13 ans, avec notamment huit bagues consécutives entre 1959 et 1966, laissant donc deux pauvres miettes aux St. Louis Hawks de Bob Pettit en 1958 et aux Philadelphia 76ers de Wilt Chamberlain en 1967.

Cette défaite face au meilleur ennemi de Bill Russell aurait d’ailleurs pu marquer la fin de la dynastie, alors que l’équipe vieillissait, et que les 76ers semblaient désormais mieux armés autour de « The Stilt ».

Wilt Chamberlain disparaît lors du Game 7

Avec le meneur Hal Greer, l’ailier Chet Walker et le sixième homme de luxe Billy Cunningham, la troupe d’Alex Hannum avait encore fini première à l’Est (62 victoires – 20 défaites), devant les Celtics (54 – 28) et semblait avoir l’avantage dans leur duel en finale de conférence, malgré la blessure au poignet de Billy Cunningham.

D’ailleurs, Philadelphie mène 3-1 dans cette finale de conférence 1968 et peut éliminer Boston pour la deuxième année de suite. La série se joue pourtant dans des circonstances étranges, quelques jours après l’assassinat de Martin Luther King, et les 76ers ont perdu la première manche, à domicile, avec la tête ailleurs.

Même diminués par les blessures, ils remportent les trois suivantes pour prendre un avantage que tout le monde pense décisif, aucune équipe n’ayant alors lâché une série de playoffs après avoir mené trois victoires à une.

Sauf que John Havlicek et les Celtics forcent un Game 7 à Philadelphie, en profitant de la maladresse générale des 76ers dans les Games 5 et 6. Les 76ers ont tout de même une ultime balle de match à domicile, mais l’équipe s’écroule, et en particulier Wilt Chamberlain, qui ne tente pas un seul shoot dans la deuxième mi-temps du match…

Habituellement servi près de 60 fois par match poste bas, le pivot ne reçoit ce jour-là que 23 fois le ballon à son spot préféré, dont seulement deux fois dans le dernier quart-temps. Son coach Alex Hannum regrettera que son géant ait été autant oublié, ce dernier expliquant que son entraîneur ne lui avait pas demandé de shooter. Un argument qui rendra furieux le technicien, qui répliquera qu’il « n’avait jamais eu besoin de lui dire de shooter auparavant ».

La défaite marqua en tout cas l’explosion de cette équipe des 76ers, Wilt Chamberlain étant transféré aux Lakers l’été suivant. En bisbille avec le propriétaire Irv Kosloff sur un contrat, qui lui aurait offert 25% de la franchise à sa retraite, et désireux de côtoyer davantage de célébrités et de femmes, « The Stilt » réclame en effet un trade, qu’il obtient, suite également au départ du coach Alex Hannum, parti rejoindre sa famille sur la côte Ouest. Des troubles internes dont les Celtics ont profité, filant en Finals pour remporter un 10e titre en 12 ans. Face aux Lakers.

Relégués à la 4e place à l’Est, les Celtics s’en sortent encore

L’année suivante est encore plus compliqué pour Boston. Les blessures s’accumulent, les problèmes internes sont de plus en plus évidents, le lien avec les fans tendu et l’équipe n’est clairement plus aussi brillante.

John Havlicek, Baily Howell, Sam Jones, Larry Siegfried, Don Nelson, Tom Sanders et leurs coéquipiers ne terminent qu’à une pénible 4e place à l’Est (48 victoires – 34 défaites), alors que Bill Russell ne tourne plus qu’à 9.9 points de moyenne. Trois ans auparavant, Red Auerbach a ainsi quitté le banc pour les bureaux du club, laissant son pivot assumer un rôle de coach/joueur afin de le garder investi au sein du groupe.

Mais à 34 ans, et avec des blessures et des douleurs récurrentes aux genoux, sa motivation s’étiole petit à petit.

Il ne lui faut pourtant pas grand chose pour la retrouver, et son feu intérieur est toujours la source des succès et des miracles de Boston. Lors des Finals 1969, les Celtics sont encore obligés de jouer un Game 7 à l’extérieur, face aux Lakers de Jerry West, Elgin Baylor… et Wilt Chamberlain.

Los Angeles a déjà préparé la célébration du titre, avec des ballons « World Champion Lakers » au plafond et des brochures détaillant le programme des festivités. Des brochures qui circulent dans le vestiaire de Boston avant le match, et Boston arrache un 11e titre en 13 ans, grâce notamment à un shoot décisif (et chanceux) de Don Nelson.

Bill Russell et Boston ont encore montré toute leur force de caractère lors de ces deux dernières saisons difficiles, mais personne n’imagine la plus grande dynastie de l’histoire NBA prendre fin dans la foulée de ce titre.

Un professionnel, pas un mercenaire

Et pourtant, le 4 août, le pivot/coach annonce à Sports Illustrated qu’il a perdu le feu sacré…

« Depuis 1943, et la première fois que j’ai vu un ballon de basket, j’ai participé à 3 000 matchs, organisés ou pas. Je pense que c’est suffisant. Il y a des professionnels et des mercenaires dans le sport. La différence, c’est que les professionnels sont impliqués. Je n’ai jamais été un mercenaire. Si je continue de jouer, je deviendrais un mercenaire parce que je ne suis plus impliqué. J’ai joué parce que j’aimais ça, mais il y a davantage. J’ai joué parce que je voulais être le meilleur. Je faisais partie d’une équipe, et je voulais que cette équipe soit la meilleure. Pour moi, l’une des plus belles choses à voir, c’est un groupe d’hommes qui coordonnent leurs efforts pour atteindre un but commun, en alternant la subordination et la mise en avant d’eux-mêmes pour mettre en place un vrai travail collectif. J’ai essayé de faire ça, et nous avons essayé de faire ça, avec les Celtics. Je pense qu’on a réussi. Souvent, dans mon esprit, je prenais du recul et je les regardais. Je trouvais ça beau. Mais c’est aussi beau dans d’autres domaines que le sport… Faire partie des Celtics a été très important pour moi. Ça m’a aidé à grandir, et je pense que ça m’a préparé pour autre chose que jouer au basket. Mais en ce qui concerne le jeu, j’ai perdu mon esprit de compétition. Si je vais sur le terrain maintenant, les autres gars verraient que je m’en moque désormais. Ce n’est pas une façon de jouer, et ce n’est pas une façon de faire, peu importe le domaine. »

Malgré une dernière année sur son contrat, bien rémunéré pour l’époque, Bill Russell décide donc de s’en aller, expliquant s’être rendu compte qu’il était temps de partir le 15 mars, lors d’un match à Baltimore.

Alors que le match est très serré, le pivot est submergé par l’adrénaline et réunit ses troupes pour leur dire qu’ils tiennent leurs adversaires. « Allons-y et tuons-le ! » hurle-t-il. Mais alors que ses joueurs attendent ses instructions, l’entraîneur se met à rire frénétiquement.

Ses coéquipiers lui demandent alors ce qui est si drôle, et Bill Russell répond : « Hey, c’est vraiment quelque chose. Je suis un adulte, j’ai 35 ans, je cours à moitié nu devant des centaines de personnes à Baltimore, je joue à un jeu et je hurle sur le fait de tuer des gens. Qu’est-ce que ça veut dire ? »

Pour le pilier des Celtics, cela voulait dire qu’il était temps de passer à autre chose.

« Ce match a confirmé mon choix de prendre ma retraite. Si j’avais des doutes, ils s’étaient envolés. Durant toutes mes années où j’ai ri en jouant au basket, je ne m’étais jamais moqué du jeu en lui-même. Et on ne peut pas donner au jeu ce qu’il réclame si on commence à se focaliser sur ses aspects ridicules. »

Après la retraite de Bill Russell, les Celtics manqueront les playoffs deux saisons de suite, avant tout de même de vite rebondir suite aux arrivées de Dave Cowens and Jo Jo White, pour remporter le titre en 1974 et 1976.

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