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Les pionniers du basket américain : les New York Rens (1923-1949)

rens

Le basket est aujourd’hui l’un des sports les plus populaires du monde et la NBA s’exporte sur tous les continents. Mais ce sport n’a pas toujours tenu le haut de l’affiche. Fondé en 1891 par James Naismith, le basket existait depuis plus de 50 ans avant la création de la NBA et une multitude d’équipes ont contribué à sa popularité et son expansion dans les gymnases américains. L’une d’entre elles, les Harlem Globetrotters, existe encore de nos jours, mais les autres grandes équipes d’avant-guerre ont disparu des parquets… mais pas des mémoires… 

NEW YORK RENS

Si les Harlem Globetrotters sont connus et reconnus pour être la plus grande équipe de basket afro-américaine de tous les temps, ils ne sont cependant pas la première équipe noire de l’histoire. En effet, quatre ans avant les Globetrotters, une autre équipe avait vu le jour : les New York Renaissance, plus connus sous le nom de « Rens ». Fondés en 1923 par Robert « Bob » Douglas, les Rens doivent leur nom au Renaissance Casino and Ballroom, lieu qu’ils avaient choisi comme camp de base pour jouer leurs matchs. Située au carrefour entre la 138th Street et la 7th Avenue, en plein coeur du quartier de Harlem, cette salle était parfaite pour le basket avec un terrain spacieux et des tribunes pour accueillir les spectateurs. Alors que Harlem Globetrotters étaient originellement basés à Chicago, les New York Rens étaient la véritable équipe du célèbre quartier du nord de Manhattan.

Premier trophée ? Le Colored Basketball World Championship

L’équipe devait au départ s’appeler les Spartan Braves mais William Roach, le propriétaire de la salle, a accepté de louer son enceinte à tarif réduit si Douglas changeait son nom en Renaissance afin de promouvoir son casino. Une fois le contrat signé, Douglas a engagé cinq joueurs pour former la première équipe professionnelle de l’histoire exclusivement composée de joueurs afro-américains. Parmi les premiers joueurs signés se trouvaient Clarence “Fats” Jenkins, James “Pappy” Ricks, ou encore Frank “Strangler” Forbes, trois légendes des années 1920. Ces trois joueurs, en plus de jouer au basket, évoluaient également au sein des Negro Leagues de baseball.

« Nous jouions deux fois par jour, même le dimanche » raconte Jim Usry. « Nous allions partout : Hartford, New Haven, Springfield. Souvent, nous affrontions une équipe à l’extérieur l’après-midi pour jouer un match à New York le soir, quelques heures plus tard. C’était notre rythme de vie. »

Victimes de racisme au quotidien

En 1925, moins de deux ans après leur création, les Rens remportent le Colored Basketball World Championship, le premier trophée d’une longue série. Les Rens allaient en effet dominer non seulement les autres équipes noires mais aussi tout le petit monde du basket en général. Mais dans l’Amérique de l’entre deux guerres, être noir n’est pas facile et la ségrégation se fait sentir partout et tout le temps. En déplacement, de nombreux blancs amateurs de basket refusaient de regarder les matchs des Rens, tout simplement en raison de la couleur de leur peau. Le soir, après leurs matchs, il leur était souvent difficile de trouver un hôtel qui acceptait d’héberger des personnes de couleur. Il fallait respecter des règles aussi bêtes que ne pas emprunter le trottoir réserver aux blancs ou ne pas se tromper de toilettes. Tout un symbole de l’ère pré « Civil Rights ».

« Parfois, nous entrions dans un restaurant et regardions le menu » raconte John Isaacs, un joueur des Rens dans les années 1930. « Le serveur nous ignorait pendant quelques minutes puis allait vers le fond du comptoir et revenait avec un fusil. Nous n’avions par d’autre choix que de partir. »

Malgré tout, quelques unes des meilleures équipes blanches ont accepté d’affronter les Rens comme les Original Celtics, les Philadelphia SPHAS ou encore les Oshkosh All Stars, et le plus souvent ce sont les noirs qui prenaient le dessus sur les blancs. Une hérésie à l’époque bien que ces rencontres attiraient toujours un public très nombreux.

« Il y avait des émeutes dans la rue lorsque nous affrontions les Rens » déclare Joe Lapchick, l’un des joueurs vedettes des Original Celtics. « Mais nous les joueurs savions que ces matchs allaient être des moments spéciaux dans nos vies d’hommes. »

Ils dominent les Harlem Globetrotters

Malgré leur rivalité sur le parquet, il existait un énorme respect entre les Celtics et les Rens en dehors des terrains. Ainsi, lorsque l’American Basketball League a refusé d’intégrer les Rens en 1925 en raison de la couleur des joueurs, les Celtics ont décidé de quitter temporairement ce championnat, qui était alors le meilleur du monde.

« Nous avons beaucoup appris des Celtics » ajoutwe John Isaacs. « Ils jouaient un jeu intelligent, très structuré et ont fait du basket un sport où la stratégie est critique pour gagner. Les Rens doivent une grande partie de leur succès aux Celtics. »

Dominateurs à la fin des années 1920, les Rens deviennent dans les années 1930 une machine pratiquement imbattable. Ainsi, lors de la saison 1932-1933, l’équipe compile un fabuleux bilan de 120 victoires pour 8 défaites (dont six rien que face aux Celtics). En 1939, le premier World Professional Basketball Tournament est organisé et regroupe les meilleures équipes de tout le pays (ndlr : notez que les Américains appellent déjà ça « World). Après avoir battu les Harlem Globetrotters, les Rens remportent le titre de champion en dominant les Oshkosh All-Stars (double champions de la National Basketball League) en finale sur le score de 34 à 25. Puggy Bell est élu MVP de la compétition et place les Rens au sommet de la hiérarchie du basket. Les Rens sont tout simplement la meilleure équipe du monde.

Recalés de la NBA à cause de leur couleur

Malgré le début de la Deuxième Guerre mondiale, les Rens restent l’une des équipes majeures du paysage sportif afro-américain. Alors que les mentalités commencent à changer, la NBL devient la première ligue blanche à accepter la présence de joueurs noirs. Les Rens se relocalisent alors à Dayton, dans l’Ohio, en 1948 pour la dernière année d’existance de cette ligue. En effet, la NBL fusionne avec la BAA en 1949 pour former la NBA. Les Rens ne sont pas invités à rejoindre ce nouveau championnat car la NBA est une ligue exclusivement blanche, et elle le sera d’ailleurs jusqu’en 1950. La fin de la NBL marque la disparition des Rens, qui quittent les parquets avec un bilan final de 2588 victoires pour 529 défaites.

« Je n’ai jamais vu jouer une meilleure équipe de basket » dira John Wooden, le légendaire coach d’UCLA, qui a affronté les Rens dans les années 1930. « Ils étaient de grands athlètes mais leurs qualités individuelles n’étaient rien en comparaison à leur jeu d’équipe. Leur jeu de passe était prodigieux et il le serait encore aujourd’hui. »

En 1963, l’équipe intègre le Hall of Fame et deux joueurs suivent quelques années plus tard à titre individuel : William “Pop” Gates (1989) et Charles “Tarzan” Cooper (1977). A noter que Cooper n’a pas intégrer le Hall of Fame comme joueur mais dans la catégorie « contributeur », un affront pour un joueur qui a été le premier vrai pivot de l’histoire du basket. Bob Douglas, le fondateur de l’équipe, a quant à lui intégré le Hall of Fame en 1972.

De 1923 à 1949, les New York Renaissance ont été un symbole d’abnégation et de courage dans une Amérique où le racisme et la xénophobie étaient dans les moeurs. Ils ont montré qu’une équipe composée de joueurs afro-américain pouvait dominer son sport et restent encore aujourd’hui la première grande équipe de Harlem. Désolé, chers Globetrotters…

Palmarès :

1925 – Colored Basketball World Championship
1939 – World Professional Basketball Tournament
1963 – Intronisation au Hall of Fame

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