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Près d’un an après son renvoi surprise de Denver, Calvin Booth assume ses choix

NBA – L’ancien GM des Nuggets estime qu’il y a eu beaucoup d’exagérations au sujet des frictions existantes avec Mike Malone, viré le même jour que lui.

Calvin Booth - Nuggets« Je pense que nous admettrions tous les deux que beaucoup de choses sont exagérées. » Ainsi s’exprime Calvin Booth lors de son passage sur le Kevin O’Connor Show pour évoquer son renvoi des Nuggets, il y a un peu moins d’un an, en même temps que Mike Malone. Et ce, à dix jours des playoffs. Une double décision qui avait beaucoup surpris.

On se souvient que les deux hommes étaient en désaccord profond sur la stratégie à adopter pour gagner un nouveau titre. Pour le GM, si le club voulait gagner d’autres titres dans la fenêtre de dix ans offerte par Nikola Jokic, il fallait développer les jeunes joueurs du groupe, comme Peyton Watson, même si ça signifiait leur laisser faire des erreurs. Là où le coach voulait à l’inverse privilégier les éléments d’expérience.

Le président Josh Kroenke avait fini par siffler la fin de la récréation en virant carrément les deux. Aujourd’hui, Calvin Booth estime que quatre facteurs ont convergé pour lui coûter son poste. Premièrement, l’effet Nikola Jokic : quand on dispose du meilleur joueur au monde, tout le reste est considéré comme acquis.

L’héritage de Tim Connelly

Deuxièmement, les frictions entre un entraîneur champion chevronné et un GM « rookie ». L’ancien pivot NBA a pris ce premier poste en 2022, héritant ainsi d’une situation idéale derrière Tim Connelly, qui avait fait une bonne partie du travail (sélections de Nikola Jokic, Jamal Murray et Michael Porter Jr, transfert pour Aaron Gordon…).

Troisièmement, la direction. Calvin Booth pense que la famille Kroenke, malgré tous ses succès sportifs, n’accorde pas la même valeur aux dirigeants que d’autres franchises. « Que ce soit Mark Warkentien (GM de 2006 à 2010), Tim ou Masai (Ujiri, GM de 2010 à 2013), il arrive toujours un moment où ils n’accordent plus cette valeur-là aux dirigeants », avance Calvin Booth.

Et quatrième facteur : « J’ai fait paraître les choses trop faciles. Quiconque est vraiment doué dans un domaine, quand il donne l’impression que c’est facile, c’est qu’il a fallu énormément de travail pour en arriver là. (Cela a nécessité) toute une vie passée à jouer au basket, à entraîner, à discuter, à recruter. Pour moi, arriver comme ça, assembler une équipe championne et remporter un titre. »

Le casse-tête de l’après-titre

Le titre de 2023 donc, après qu’il a monté un transfert pour récupérer Kentavious Caldwell-Pope et signé Bruce Brown. Le GM avait également drafté Christian Braun avec le 21e choix et a tout fait pour monter dans la Draft afin de sélectionner Peyton Watson en 30e position.

Le souci a été la gueule de bois d’après-titre. Bruce Brown a filé dans l’Indiana, et Jeff Green a reçu une meilleure offre à Houston. L’été suivant, « KCP » est parti pour Orlando. Calvin Booth a signé quelques vétérans, dont Russell Westbrook, Dario Saric et Justin Holiday. Mais sa priorité était de drafter de jeunes joueurs pour compenser un jour ce qui avait été perdu dans la rotation.

De quoi se retrouver face à des casse-têtes. « Vous voulez prendre un [médicament] pour faire passer ce mal de tête, mais cela vous donne envie de dormir. Voulez-vous vous débarrasser du mal de tête ou non ? Parce que si vous voulez vous en débarrasser, vous devez prendre le cachet entier. Vous ne pouvez pas dissocier Peyton Watson et Christian Braun de certaines autres choses, dont les gens n’étaient pas satisfaits. »

Les jeunes ont finalement pu se développer

« La réalité de la chose, c’est que si nous re-signons Bruce Brown, si nous re-signons KCP, ou s’ils partent et que nous signons des vétérans… est-ce que Christian Braun et Peyton Watson feraient ce qu’ils font actuellement ? Absolument pas », répond le dirigeant, conscient que les deux jeunes n’évoluaient pas à ce niveau à l’époque.

Sans doute pourra-t-il en dire autant, avec le recul, au sujet de Julian Strawther et Jalen Pickett, qu’il a récupérés à la Draft l’année suivante, en 2023. On comprendra que l’ancien dirigeant se félicite du flair dont il a pu faire preuve dans ses recrutements de jeunes, dont on peut aussi citer Collin Gillespie, qui a finalement filé à Phoenix où il est devenu titulaire cette saison.

Reste que la tension existante avec Mike Malone était trop forte pour rester en place. « Jamais d’altercation physique en public. Jamais d’altercation verbale en public. Alors, où est le problème ? », s’interroge l’ex-GM dans une drôle de formulation. « Dans combien d’équipes pensez-vous que cela se passe actuellement ? Je ne pense pas que ce soit propre à notre situation. Cela arrive à un certain degré dans chaque équipe NBA », évacue-t-il.

Dans l’attente d’un nouveau poste

Beau joueur, l’ancien décideur estime que son ancien partenaire de travail aux Nuggets mérite une nouvelle opportunité en NBA. « Commenter les matchs ne le dérange pas. Mais il mourrait probablement d’envie d’entraîner une équipe NBA dès demain. Et il le mérite. C’est un coach champion », souhaite celui qui officie comme consultant pour des programmes de basket universitaire.

Quant à lui, il attend encore un coup de fil d’une franchise… « C’est là que toute cette affaire a pris des proportions démesurées. Si l’on regarde concrètement ce que j’ai accompli – mon pourcentage de victoires, mes choix de Draft, le fait de travailler avec un entraîneur comme coach Malone pour un premier poste de GM – je ne comprends tout simplement pas pourquoi personne ne frappe à ma porte », termine-t-il.

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Content Editor Samuel Hauraix
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