Le match entre les Warriors et les Sixers de cette nuit avait tout d’une rencontre peu inspirante. Quatre stars (Curry, Butler, Embiid, George) absentes, les Sixers qui disputaient le deuxième match d’un back-to-back après être arrivés en retard au Chase Center en raison de bouchons dus au Super Bowl, le tout un mardi, deux jours avant la date limite des transferts et dix jours avant le All-Star Game…
Dans ce climat déjà morose planait également l’avenir de Draymond Green. Ce match anodin de début février pourrait-il être son dernier sous le maillot des Warriors ? Après James Harden, Darius Garland ou encore Jaren Jackson Jr., Draymond Green pourrait-il être le prochain à faire ses valises ?
Pour la première fois de sa carrière, l’option est sur la table, alors que Golden State tente de recruter Giannis Antetokounmpo. Et si, à en croire les Warriors, Jimmy Butler et son contrat sont assurés de rester dans la baie de San Francisco, l’équation salariale d’un transfert pour le « Greek Freak » devrait forcément inclure Draymond Green.
« Depuis que je suis ici, c’est sûrement la première fois que son nom est mentionné de façon sérieuse dans des rumeurs de transferts », confirmait Steve Kerr. « J’en ai parlé avec lui ce matin, car c’est une situation différente pour lui, pour nous. La saison dernière, avec le départ d’Andrew Wiggins, c’était déjà une situation difficile. C’est la même chose cette année, c’est beaucoup plus délicat que par le passé. »
Difficile d’imaginer Stephen Curry sans Draymond Green
Transférer Andrew Wiggins, adoré dans le vestiaire des Warriors, et potentiellement Draymond Green sont toutefois deux choses qui ne sont pas comparables.
Aux côtés de Stephen Curry et de Steve Kerr, Draymond Green est l’un des derniers piliers de la dynastie de Golden State. Il a passé l’intégralité de sa carrière (14 saisons) avec les Warriors. C’est l’âme de l’équipe, le chef d’orchestre de la défense, le yin du yang de Stephen Curry. L’envoyer à Milwaukee, ou potentiellement ailleurs, dans les prochaines 48 heures enverrait une onde de choc dans le vestiaire de Golden State. Le poids des rumeurs a déjà contribué au match sans relief des Warriors cette nuit contre les Sixers.
Si l’intéressé assurait il y a peu que ces rumeurs ne l’empêchaient pas de dormir, il sent que la pression monte.
« Quand Steve est venu me parler à l’entraînement il y a deux jours, et qu’il m’a demandé comment ça allait et comment ma femme gérait toutes les rumeurs, c’est là que c’est devenu réel pour moi », disait Draymond Green. « Du coup, j’en ai parlé avec mon fils en venant à la salle ce soir, et il ne comprenait pas pourquoi je pouvais être transféré. »
« Évidemment, c’est ce qu’on doit vous dire, mais je vous assure que nous avons tous du mal à trouver le sommeil à mesure que la date limite des transferts se rapproche », confessait Steve Kerr. « Même si Draymond est un vétéran et qu’il connaît très bien le business de la NBA, ça reste une situation délicate. C’est une profession bizarre quand on y pense. Oui, nous gagnons tous très bien notre vie, mais c’est une profession ô combien itinérante. Quasiment chaque joueur NBA se fait transférer à un moment ou à un autre de sa carrière, et c’est quelque chose que tous les entraîneurs et tous les joueurs doivent apprendre à gérer à cette période de l’année. »
“Je ne sais pas si je serai là jeudi… Toutes les bonnes choses ont une fin…”
L’entraîneur expliquait d’ailleurs que, même si les Warriors ont une séparation claire des pouvoirs entre le coach et le GM, son rôle le place dans une situation où il doit gérer les joueurs et leurs anxiétés avant la fin de la fenêtre des transferts, tout en participant à des discussions avec les dirigeants pour tenter d’améliorer l’effectif.
« Mike (Dunleavy Jr.) m’appelle si quelque chose est sur le feu pour avoir mon avis, mais je ne l’appelle pas pour lui donner des suggestions de joueurs. Je ne suis pas devant mon ordinateur à essayer de faire des transferts sur la trade machine pour lui dire ce qu’il doit faire », explique l’entraîneur avec un sourire en coin. « Par exemple, plus tôt aujourd’hui, il m’a appelé pour me tenir au courant des options possibles que nous avons. Je sais que mon opinion est prise en compte, mais au final, c’est à lui et à son staff de prendre la décision. »
S’ils avaient le choix, Steve Kerr, Stephen Curry et Draymond Green aimeraient terminer cette aventure ensemble. Toutefois, malgré tout le succès qu’ils ont connu, ce n’est pas une décision qui leur appartient.
« Je ne sais pas si je serai là jeudi… Toutes les bonnes choses ont une fin, et si la fin doit arriver dans les deux prochains jours ou dans un an, peu importe », disait encore Draymond Green après la défaite contre les Sixers. « Je suis tellement reconnaissant d’avoir passé 13 ans et demi dans la même franchise. Je n’aurais jamais pensé que ce soit possible quand je suis arrivé en NBA. Donc si j’ai joué mon dernier match pour les Golden State Warriors… ça aura été une aventure exceptionnelle. »
Propos recueillis à San Francisco.
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