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Le patron de Jordan Brand, Larry Miller, révèle son très lourd secret

NBA – C’est une petite bombe dans le monde du sport : Larry Miller, le boss de la marque Jordan, a révélé avoir tué un autre adolescent quand il avait 16 ans.

Avant de devenir le patron de la marque Jordan Brand, Larry Miller a connu plusieurs vies. Il a notamment été président des Blazers de 2007 à 2012. Avant ça, il avait travaillé pour les soupes Campbell, rendues célèbres pas Andy Warhol, mais aussi pour une entreprises de médias à Philadelphie.

Et encore avant cela, il avait grimpé les échelons dans l’immense empire de Kraft Foods, après s’être lancé dans le business au sein de la petite entreprise de Portland, Jantzen, spécialisée dans les maillots de bain.

Dans les gangs de Philly

Mais encore avant cette riche carrière, Larry Miller a fait de la prison. Car, dans les rues de Philadelphie, le jeune Miller s’est laissé happer par la rue. Par un des nombreux gangs qui règnent dans les rues de Philly, celui de Cedar Street en l’occurrence.

« J’étais le meilleur élève de ma classe, le chouchou des profs », avance-t-il dans Sports Illustrated. « Mais j’ai commencé à devenir plus intéressé par le fait d’impressionner les gens de la rue plutôt que mes professeurs et mes parents. Quand je suis arrivé à mes 16 ans, j’étais juste un vrai membre de gang, un voyou. Je buvais tous les jours. »

Tant et si bien que le soir du 30 septembre 1965, Larry Miller a commis l’irréparable. En guise de représailles après l’assassinat d’un des membres de son gang, il se saisit de son revolver, s’enfile une bouteille de vin avec ses trois camarades de virée, et part en mission. Le premier gars qui est associé de près ou de loin au gang rival va prendre pour les autres…

« On était tous ivres. J’étais dans le brouillard. Une fois que j’ai commencé à me rendre compte de ce que j’avais fait : ‘Oh merde, qu’est-ce que j’ai fait ?’ Ça m’a pris des années à comprendre le véritable impact de ce que j’avais fait. »

C’est au carrefour de la 53e rue et de Locust Street que ça s’est passé, et qu’un garçon de 18 ans va perdre la vie.

Larry Miller se débarrassera rapidement de l’arme du crime mais pas assez vite, car la police va bientôt la retrouver, et le rattraper lui aussi avant de le mettre sous les verrous. Mais le pire dans cette histoire, c’est que, encore aujourd’hui, Larry Miller reconnaît qu’il ne connaissait pas sa victime, ni même si elle était liée à l’assassinat de son ami, ou même si elle faisait bel et bien partie du gang rival…

« C’est ce qui rend les choses encore plus difficiles pour moi, parce qu’il n’y avait aucune raison. Il n’y avait pas de raison valide à ce que ça arrive. Et c’est avec ça que j’ai le plus de mal à vivre, c’est ce à quoi je pense chaque jour. J’ai fait ça à quelqu’un et il n’y avait aucune raison à cet acte. C’est ça qui me dérange vraiment. »

Enfouir le passé pour se réinsérer

Incarcéré à 16 ans, Larry Miller ne va pas perdre son temps en prison. À sa sortie à 30 ans, il est diplômé en comptabilité de l’Université de Temple. Quelques années plus tard, il complète son éducation avec un MBA acquis à l’Université de La Salle. Un exemple de réinsertion.

« Si je pouvais revenir en arrière et réécrire cette histoire, je le ferais vraiment. Mais je ne peux pas. Tout ce que je peux essayer de faire est d’aider les autres et essayer d’empêcher que cela arrive à quelqu’un d’autre. »

C’est pour cela qu’il a récemment décidé de raconter son histoire en intégralité, à travers une autobiographie intitulée Jump: My Secret Journey From the Streets to the Boardroomet écrite à quatre mains avec sa fille aînée, Laila Lacy.

« Ce fut une décision très difficile pour moi parce que, pendant quarante ans, j’ai fui ça. J’ai essayé de le cacher et j’espérais que personne ne le découvre », explique-t-il. « Il s’agit surtout pour moi de faire comprendre aux gens que les personnes incarcérées peuvent tout de même apporter à la société. Et qu’une erreur de parcours, la pire erreur qu’une personne puisse faire dans sa vie, ne devrait pas contrôler le reste de sa vie. »

Au cours de ses premières tentatives de retour à la vie normale, alors qu’il essayait de postuler à différents postes, Larry Miller voulait jouer franc-jeu, avouant qu’il avait bel et bien fait de la prison. Mais cette approche ne lui mettait que des bâtons dans les roues, comme chez Arthur Andersen, l’immense cabinet d’audit, qui a refusé de lui faire une offre après ces douloureux aveux.

Fini de vivre dans la peur

Il a donc décidé d’enterrer son secret au plus profond de lui. Sans mentir, mais en enfouissant le passé le plus loin possible. Et en profitant d’un détail technique bien utile pour entrer chez Campbell, où le formulaire demandait si le candidat avait eu des soucis avec la justice… sur les cinq dernières années !

Arrivé chez Nike en 1997, Larry Miller est devenu un pilier de la marque au swoosh, bientôt nommé vice-président puis dirigeant de la branche basket, puis carrément grand patron de la marque Jordan Brand. Proche de Michael Jordan forcément, il était aussi une figure visible en NBA, que ce soit avec son Altesse mais aussi plus tard de par ses fonctions avec les Blazers. Invité par les plus grands de ce monde, comme par exemple un dîner chez les Clinton, il vivait néanmoins dans la peur permanente de se faire démasquer.

« Que quelqu’un vienne me taper sur l’épaule et me dise : ‘Hey, ce n’est pas toi qui… ?’ ‘N’as-tu pas fait … ?’ Et puis, tout s’écroulerait comme un château de cartes », se souvient-il. « J’acceptais tous ces boulots de haut rang et je me disais : mais qu’est-ce qui cloche chez moi ? Pourquoi je m’expose comme ça ? »

« Rongé de l’intérieur » par ce secret qui le consumait depuis trop longtemps, Larry Miller a récemment ouvert son cœur, non seulement à ses proches, mais aussi à ses collaborateurs, dont Michael Jordan ou encore Adam Silver. Et la réaction de ces derniers l’a conforté dans son besoin de libérer sa parole.

« Comprendre ça te fait apprécier la vie à sa juste valeur. C’était une des différences pour moi dans la rue, et pour beaucoup de gens dans la rue : la vie n’a pas beaucoup de valeur dans la rue, ni la tienne, ni celle des autres. Nous étions en mission pour nous tuer nous-mêmes et c’est une chance qu’on ne l’ait pas fait. Mais ça me rend de plus en plus désolé de ce que j’ai fait. »

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