C’est toujours l’un des plus gros événements du calendrier sportif outre-Atlantique. C’est même le plus regardé en 2025 à l’échelle de la balle orange. La March Madness NCAA débute dans la nuit de mardi à mercredi avec le First Four, coup d’envoi d’une quinzaine de jours de folie comme seul le basket universitaire peut proposer.
Qui succédera à Florida, vainqueur en 2025 et de nouveau parmi les prétendants ? Les futures stars de la Draft 2026 peuvent-elles terminer leur cursus avec un trophée ? Un Français peut-il succéder à Joakim Noah et devenir champion à Indianapolis ? Voici quelques éléments de réponse.
Les favoris
Un an après avoir vu les quatre têtes de série numéro un participer au Final Four, la March Madness 2026 s’annonce plus indécise. Comme en 2025, Duke (32-2, #1 East) a terminé la saison avec le statut de leader du Top 25 d’AP, et #1 globale de l’épreuve. Les départs de Cooper Flagg, Kon Knueppel ou Khaman Maluach n’ont pas freiné les Blue Devils, autour du coach Jon Scheyer et de la star Cameron Boozer. Mais ce statut n’est en rien une assurance de résultat, comme l’effondrement en demi-finale la saison passée contre Houston en atteste. Surtout que le tirage a été tout sauf clément, avec St John’s (28-6, #5) ou Kansas (23-10, #4) comme possible adversaire dès le Sweet 16, puis Michigan State (25-7, #3) ou UConn (29-5, #2) lors de l’Elite Eight.
Parmi les tableaux des têtes de série avant le Final Four à Indianapolis, c’est peut-être même le plus compliqué, surtout avec les blessures des lieutenants Caleb Foster et Patrick Ngonba II. Michigan (31-3, #1 Midwest) semble avoir l’horizon autrement plus dégagé avec Iowa State, Virginia, Arkansas ou Texas Tech comme principales menaces. Les Wolverines ont fini fort la saison, et pointent dans le Top 5 des meilleures attaques et des meilleures défenses de NCAA sur ces deux derniers mois. Arizona (32-2, #1 West) peut en dire autant avec neuf succès de rang pour conclure la saison grâce à sa profondeur d’effectif (sept joueurs entre 9 et 15,9 points).
Ce trio semble avoir une longueur d’avance sur Florida (26-7, #1 South), dernière tête de série et champion en titre. Mais les Gators ont vécu une année jusque-là décousue, et une grosse déconvenue en demi-finale du tournoi SEC (74-91 contre Vanderbilt, 22e du Top 25 d’AP). Sa victime en finale 2025, Houston (28-6, #2 South), peut aussi nourrir quelques ambitions grâce au meneur Kingston Flemings, dont on reparlera certainement dans les prochaines semaines pré-Draft.
Les Cougars pourraient jouer une partie de leur tournoi à domicile puisque le Sweet 16 et l’Elite 8 de la partie South aura lieu dans la salle des Rockets. Vainqueur en 2023 et 2024, UConn reste un solide prétendant, avec un groupe aux qualités proches des équipes qui avaient signé le doublé.

Les invités surprises
Difficile de ne pas placer Miami (31-1, #11 Midwest) comme l’histoire la plus inattendue de la saison. La fac de… l’Ohio (à ne pas confondre avec les Hurricanes floridiens) est devenue la première équipe depuis Gonzaga en 2021 à terminer la saison régulière sans la moindre défaite. La défaite en quarts de finale de la Conférence MAC contre UMass, a un peu ramené les RedHawks sur terre, mais une qualification mercredi face à SMU lors du First Four serait déjà une belle récompense.
Miami (OH) et les autres tenteront de bouleverser la hiérarchie après une édition 2025 particulièrement sage où aucune université en dessous de la 10e tête de série n’avait dépassé le deuxième tour. South Florida (25-8, #11 East) et sa folle dynamique (3 défaites lors de leurs 22 sorties) ont le bon profil pour bouleverser quelques brackets, à commencer par un premier tour contre Louisville. Les Panthers de High Point (30-4, #12 West) avec leurs 14 succès d’affilée à près de 20 points d’écart moyen auront des arguments contre Wisconsin dans ce qui s’annonce être un des matchs les plus débridés du premier tour.
La palme de la « Cinderella Story » comme la March Madness sait en offrir revient à Hofstra (24-10, #13 Midwest). L’université de Long Island n’avait plus participé à la March Madness depuis 25 ans, un an après avoir vu le meneur Speedy Claxton s’envoler vers la NBA. Revenu à son ancienne fac comme assistant puis entraîneur principal, l’ancien « backup » de Tony Parker à la mène des Spurs va tenter de créer la surprise contre Alabama pour son entrée en lice.
Les grands absents
Présent au Final Four la saison dernière, Auburn (17-16) n’est cette fois pas dans les 68 équipes retenues pour prendre part à la Big Dance. Plusieurs autres solides programmes n’ont pas non plus eu cette chance malgré des bilans positifs comme Oklahoma (19-15), parti de trop loin après deux premiers tiers de saison très poussifs, San Diego State (22-11) qui a payé cash de ne pas avoir remporté la saison régulière ou le tournoi final de sa conférence MWC, ou encore Indiana (18-14, mais seulement 9-11 dans sa conférence Big Ten).
Les joueurs à suivre
Contrairement à la saison dernière où l’équipe de Rutgers menée par Dylan Harper et Ace Bailey, futurs deuxième et cinquième choix de la Draft 2025 ne s’était pas qualifiée, tous les principaux prospects de la prochaine cuvée seront de la partie. Cameron Boozer (22.7 points, 10.2 rebonds) va tenter de réussir là où Cooper Flagg avait échoué : terminer son parcours à Duke par un titre avant d’espérer être le premier appelé par Adam Silver en juin prochain. L’ailier-fort est sans doute le mieux placé des favoris au first pick pour décrocher le titre national.
Darryn Peterson (19.8 points, 4.4 rebonds) devra se sublimer pour emmener au bout une équipe de Kansas (23-10, #4 East) inconstante. Il aura lui aussi beaucoup à jouer après une saison perturbée par des blessures et des problèmes de crampes qui feraient désordre s’ils réapparaissaient dans le plus grand rendez-vous de la saison. AJ Dybantsa (25.3 points à 51.3 %, 6.7 rebonds, 3.8 passes) et sa fin de saison de feu sera peut-être encore plus attendu tant les espoirs de BYU (23-11, #6 West) reposent sur ses épaules après avoir perdu le shooteur Richie Saunders sur blessure.
Derrière ce trio vedette, plusieurs joueurs ont l’occasion de se mettre en avant. Pour Braden Smith (Purdue, 27-8, #2 West), il suffira de deux passes décisives lors du premier tour contre Queens pour faire les gros titres et battre le record de passes de toute l’histoire de la NCAA. Les Boilermakers et leur meneur devront toutefois montrer un meilleur visage que leur fin de saison cahin-caha (21-1 puis 6-7).
Si la March Madness voit souvent des scoreurs de talent briller, Darius Acuff Jr (22.2 points à 44% à 3-points, 6.4 passes) pourrait être une des stars de mars. Le meneur d’Arkansas (26-8, #4 West) voudra suivre la longue lignée des postes 1 mis en avant par le coach John Callipari lors du tournoi NCAA. Même profil, même possible scénario pour Labaron Philon Jr (21.5 points, 4.8 passes) avec Alabama (23-9, #4 Midwest), ou Mikel Brown Jr (18.2 points, 4.7 passes) avec Louisville (23-10, #6 East). Outsider avec Illinois (24-8, #3 South), l’arrière Keaton Wagler voudra confirmer sa très belle saison (17.9 points, 4.9 rebonds, 4.3 passes) comme leader d’une des meilleures attaques du pays.
Les Français
Après les seuls Dramane Camara et Kezza Giffa la saison passée, le contingent français à prendre part à la phase finale nationale est cette fois bien plus large. Ils seront dix sur la ligne de départ. Killyan Touré (Iowa State, 27-7, #2 Midwest) est sans doute celui qui pourrait le plus se mettre en avant. L’arrière, ancien membre du centre de formation de l’ASVEL, n’est pas un monstre statistique (8.3 points, 3.2 rebonds, 2.2 passes) mais son impact se fait sentir sur le jeu d’Iowa State, tête de série numéro 2 du quart Midwest. Ce n’est peut-être pas un hasard si la défense des Cyclones a davantage souffert en fin de saison (23-3 pour commencer, 4-4 depuis) alors que son temps de jeu a commencé à baisser.
Moins responsabilisé (2.5 points, 2.6 rebonds), le pivot remplaçant Kalifa Sakho (Houston, 28-6, #2 South) peut lui aussi espérer un long parcours avec le finaliste sortant. Un constat qui vaut peut-être encore plus pour Sven Djopmo Komguep (Arizona, 32-2, #1 West), parmi les favoris avec les Wildcats, mais qui ne devrait pas fouler les parquets sauf en cas de matchs pliés rapidement (30 minutes jouées seulement cette saison).
Yacine Toumi (Hawaï, 24-8, #13 West), va vivre sa première March Madness pour sa cinquième et dernière saison NCAA. L’ailier franco-tunisien, qui joue une dizaine de minutes par rencontre, espère faire partie d’une des belles histoires de cette édition 2026 alors que la fac insulaire n’avait plus participé à la March Madness depuis dix ans. Il y aura toutefois très fort à faire au premier tour face à Arkansas du coach légendaire John Calipari.
Le Franco-Ivoirien Dominique Diomande (BYU), se contente lui des miettes en sortie de banc (6,1 minutes), notamment derrière la star AJ Dybantsa. La situation est encore plus bouchée pour Clarence Fondeur Massamba (Tennessee, 22-11, #6 Midwest), 36 minutes sur le parquet cette saison et Martin Carrère (Virginia, 29-5, #3 Midwest), 4.1 minutes de moyenne en 15 rencontres, qui pourraient se retrouver au deuxième tour, ou pour le Franco-Allemand Mathieu Grujicic (Ohio State, 21-12, #8 East) qui n’a plus joué depuis le 23 décembre à cause de blessures.
Quant à l’intérieur Jazz Gardner (Saint Mary’s, 27-5, #7 South) et à l’ailier Noah Badibanga (Santa Clara, 26-8, #10 Midwest), ils sont bien qualifiés pour la March Madness, mais n’ont pas disputé une seule minute de la saison en tant que « redshirts».
Les dates
- First Four : 17 et 18 mars
- Premier tour : 19 et 20 mars
- Deuxième tour : 21 et 22 mars
- Sweet 16 (demi-finales régionales) : 26 et 27 mars
- Elite Eight (finales régionales) : 28 et 29 mars
- Demi-finales : 4 avril
- Finale : 6 avril
Comment suivre la March Madness ?
Comme la saison passée, BeIN Sports devrait diffuser une vingtaine de matchs, dont l’intégralité du Final Four. Mais nouveauté 2026, pour ceux qui ne voudraient rien louper de la compétition, Disney+ diffusera l’intégralité des tournois masculins et féminins, via ESPN.
Et chez les femmes ?
Qui va bien pouvoir faire chuter le tenant du titre UConn ? Connecticut a logiquement été nommé tête de série numéro 1 après une saison jusqu’ici parfaite : 34 victoires en autant de rencontres, un écart moyen de 37.8 points, et une victoire dans le tournoi de la Big East de 39 unités. Le duo Sarah Strong (18.5 points, 7.6 rebonds, 3.4 interceptions, 1.6 contre) – Azzi Fudd (17.7 points et favorite pour être numéro un de la prochaine Draft WNBA) tourne à plein régime.
Le Final Four 2026, disputé à Phoenix, pourrait ressembler en tous points à celui de 2025. Outre les Huskies, UCLA, South Carolina et Texas, dans le dernier carré il y a un an, sont également tête de série numéro un de leur quart de tableau. UCLA (31-1) fait office de principal outsider avec ses 25 succès consécutifs et la pivot Lauren Betts (16,4 points, 8,6 rebonds) comme principale arme. Attention cependant aux Longhorns de Texas (31-3), seule équipe à avoir battu la fac de Los Angeles cette saison, et également vainqueur du tournoi de la conférence SEC en dominant nettement South Carolina (31-3) en finale.

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