Le basket américain perdrait-il du terrain sur le reste du monde ? Le débat est plus que jamais d’actualité et la NBA a même opté pour la première fois pour un format « USA vs Reste du monde » lors du dernier All-Star Game.
Un choix issu du constat que le basket international, européen en particulier, peut de plus en plus concurrencer l’hégémonie américaine. Même si Team USA règne toujours sur le basket mondial en ayant remporté les cinq dernières éditions des Jeux Olympiques, les Américains ne sont plus aussi dominateurs que par le passé : l’écart s’est réduit sur 40 minutes, surtout face à des équipes installées, avec des automatismes et des cadres identifiés.
De plus, sur le plan individuel, les joueurs internationaux n’ont jamais autant brillé en NBA. À tel point qu’il faut remonter à 2018 pour retrouver la trace d’un MVP de la saison américain (James Harden). Mais un tournoi FIBA récompense autant la cohésion, la continuité et la complémentarité que la somme des talents. La fédération américaine doit-elle s’inquiéter ? Pour Kevin Durant, le débat n’a même pas lieu d’être.
« Je n’aime tout simplement pas ce qui se dit sur le style américain par opposition au style européen dans l’approche du jeu », a-t-il récemment lancé. « Tout ce que j’entends, c’est : ‘L’AAU détruit le jeu, les Européens font les choses correctement, tandis que les Américains les font mal’. C’est vraiment n’importe quoi ».
Un contingent de joueurs de haut niveau bien plus quantitatif
Interrogé par BasketNews, Evan Fournier a plutôt abondé dans le sens de KD : le contingent américain reste selon lui au-dessus. Peut-être pas en « qualité pure » au sommet, mais clairement en quantité, c’est-à-dire en nombre de joueurs capables d’être dominants à haut niveau et d’assumer des responsabilités offensives majeures.
« Il n’a pas forcément tort », a ainsi glissé le joueur de l’Olympiakos. « Je pense que le monde et l’Europe s’améliorent, mais on n’est pas encore au niveau des États-Unis. Je veux dire, en termes de talent, nous n’en sommes tout simplement pas là, donc il n’a pas tort. Est-ce qu’on peut les battre en demi-finale ou en finale d’un tournoi FIBA ? Oui, c’est possible. On les a battus lors de la phase de groupes à Tokyo, ils ont failli perdre contre la Serbie en demi-finale des derniers JO. Donc c’est possible, mais les États-Unis ont une longueur d’avance en termes de développement des talents et de superstars. Il n’a pas tort à cet égard ».
La nuance est importante : l’Europe (et plus largement le reste du monde) produit aujourd’hui des superstars qui dominent en NBA. Mais quand il faut constituer une équipe sur une fenêtre courte, couvrir toutes les positions, multiplier les profils et absorber les absences, les États-Unis disposent d’un « vivier » encore très supérieur.
L’international tricolore est plutôt bien placé pour s’exprimer puisqu’il a été des dernières luttes entre la France et Team USA, et s’est souvent exprimé sur ce sujet, rappelant notamment que le niveau du basket NBA n’avait pas d’équivalent sur la planète et que cette densité de talent reste un avantage structurel pour les Américains.
« Wemby » aura-t-il les épaules pour rivaliser ?
Si les États-Unis peuvent logiquement être préoccupés par l’avenir alors que Stephen Curry, LeBron James et Kevin Durant se rapprochent de la retraite, Evan Fournier ne s’inquiète pas plus que ça pour Team USA, assurant que la relève est déjà en marche. Le défi, pour les Américains, sera moins de « trouver des stars » que de bâtir une équipe cohérente dans un format FIBA, avec des rôles clairs et de la continuité.
« Luka Doncic, Nikola Jokic et Giannis Antetokounmpo sont les principales têtes d’affiche (européennes), mais après eux, le niveau baisse considérablement », a-t-il ajouté. « L’absence de Steph, LeBron, KD et tous les autres ne fera que donner plus de place aux jeunes joueurs, comme Anthony Edwards, Jayson Tatum, Jaylen Brown et Jalen Brunson. Ces joueurs vont se démarquer. Ils ont tellement de talent. Ils n’ont peut-être plus de talents générationnels comme LeBron, Steph ou KD, ce genre de talent presque intouchable, mais ils ont tout de même un incroyable vivier de talents. C’est indéniable ».
Avant le trio Doncic-Antetokounmpo-Jokic, Evan Fournier a oublié le nom de celui qui fait trembler tous les Etats-Unis à seulement 22 ans et à un an et demi des Jeux Olympiques de Los Angeles : Victor Wembanyama.
Avec Zaccharie Risacher, Alex Sarr, Bilal Coulibaly et les autres jeunes Français à ses côtés, « Wemby » peut-il emmener la France sur la plus haute marche du podium olympique ? À Los Angeles ?
« Ma génération, les Rudy Gobert, Thomas Heurtel, Nicolas Batum, on a en quelque sorte suivi les traces des Boris Diaw, Tony Parker. Ces gars ont élevé le niveau du basket français et notre génération l’a encore élevé. Donc il faut espérer que la jeune génération puisse poursuivre la tradition en réalisant de grands tournois. On a eu quelques bons résultats, même si on n’a pas ramené de titre, on a fait de bonnes choses aux Coupes du Monde, aux Jeux Olympiques etc… On espère qu’ils continuent sur cette voie » conclut en tout cas Evan Fournier.
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