Coach au franc-parler légendaire, Doug Moe (1938-2026) s’est éteint à l’âge de 87 ans. Figure du « run and gun » en NBA avec ses Nuggets au jeu totalement débridé, il était ainsi un vrai personnage.
Car s’il y a des entraîneurs qu’on peut résumer avec un système et d’autres avec un palmarès, Doug Moe se raconte lui mieux avec une scène. Une séquence de vie à la fois drôle et révélatrice de ce qu’il était : un coach brut, allergique au drame et à la suranalyse. Ainsi, au lendemain du match le plus prolifique de l’histoire NBA, perdu face aux Pistons, l’entraîneur n’a pas cherché une explication tactique. Il a plutôt cherché… un écran de cinéma.
« Je me suis réveillé ce matin et je n’ai pas pu lire les journaux », expliquait ainsi Doug Moe, ce 14 décembre 1983. « Je ne voulais pas qu’on me reparle de tout ça. Alors je suis allé voir Silkwood. C’était nul. J’ai aussi vu un film avec Clint Eastwood. Il tue environ 1 001 personnes dans ce film. J’ai adoré. »
Le Retour de l’inspecteur Harry, quatrième épisode de la saga, lui a donc vidé l’esprit, quand Le Mystère Silkwood, un drame porté par Meryl Streep qui raconte l’histoire vraie de Karen Silkwood, lanceuse d’alerte dans l’industrie nucléaire, qui a récolté de nombreuses nominations aux Oscars, l’a laissé froid…
L’inspecteur Harry pour se vider la tête
Le coach qui venait de perdre un match à 186 points encaissés avait ainsi trouvé son exutoire dans un film où le héros règle les problèmes à coups de revolver. Tout Doug Moe est là : l’humour sec, la punchline, l’anti-psychologie.
Évidemment, les Nuggets ne s’entraîneront pas ce jour-là, car tout le monde était épuisé suite à ce match en triple prolongation que Kiki Vandeweghe et ses coéquipiers avaient « quatre à cinq fois » eu l’occasion de gagner.
« Notre stratégie consiste à jouer le plus rapidement possible », résumait Doug Moe. « Il n’y a pas beaucoup de défense sur des contre-attaques rapides. Chaque année, on entend parler d’équipes comme Washington, qui misent tout sur la défense, mais nous gagnons plus souvent qu’eux. »
Car il ne faut pas oublier que s’il n’a finalement jamais remporté le titre, Doug Moe a tout de même emmené ses équipes (Spurs et Nuggets) en playoffs lors de chacune des 12 campagnes complètes qu’il a dirigées.
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