En l’espace de quelques semaines, Maxime Raynaud est passé du bout du banc au rôle du pivot titulaire des Kings. Le Français a profité de la blessure de Domantas Sabonis pour saisir sa chance et gagner la confiance de son entraineur, Doug Christie.
L’ancien étudiant de Stanford a débuté les seize derniers matchs de son équipe, et il se classe dixième meilleur scoreur et quatrième meilleur rebondeur chez les rookies. Après la lourde défaite des Kings à Golden State, il a tiré avec Basket USA un bilan de sa première partie de saison.
Maxime, il y a 84-84 à trois minutes de la fin du troisième quart-temps, et vous encaissez un 13-0 qui se transforme en 41-12 au début du dernier quart-temps. Qu’est-ce qui s’est passé ?
C’est le 13-0… Sur ce passage, il y a eu énormément de momentum. On n’a pas été adroits, on ne défend pas. Et ensuite, à partir de là, c’est compliqué de revenir. Ils sont en confiance, ils partagent très bien la balle, et nous, on stagne un petit peu offensivement. C’est dur de revenir quand il y a une montagne à gravir.
C’est votre septième défaite de suite, vous avez gagné seulement huit matchs cette saison. Pourquoi la mayonnaise ne prend pas ? Qu’est-ce qui fait que vous n’arrivez pas à avoir un déclic collectif ?
Je pense que c’est un peu compliqué. On doit déjà jouer un peu mieux en défense, créer des stops. Les quelques matchs où on a bien défendu, par exemple contre les Mavs, où on les tient à 100 points, c’était bien. Après, ce sont des matchs où on ne met pas nos tirs, donc c’est compliqué. Il faut revenir aux bases. Ça part de la défense. Il faut défendre fort si tu veux jouer sur jeu rapide et mettre tes tirs ouverts. Après, c’est compliqué : tu es à la moitié de la saison, c’est le moment où tout le monde est un peu fatigué. C’est dur d’avoir un déclic à ce moment-là.
Personnellement, quel bilan tirez-vous de cette première partie de saison ?
Juste de l’apprentissage. Beaucoup d’apprentissage. Pour moi, tout est nouveau : être sur le parquet, être aux entraînements, parler aux médias, parler à tout le monde. Tout est nouveau pour moi. J’apprends tous les jours, car tout est une première. C’est surtout ça que je retiens. Et puis après, évidemment, il y a quelques matchs où on réussit quand même… Par exemple Houston : on les emmène en prolongation, on les bat à la maison… On se bat bien. Après, il y a des matchs où il faut apprendre à limiter la casse. C’est un énorme processus d’apprentissage. C’est un baptême du feu : tu te jettes dedans et tu dois t’y faire.
Quelle routine avant chaque match ?
Votre entraîneur nous disait la même chose. La première chose qu’il a mentionnée, c’est le “Rookie Wall” et le travail sur le physique. Comment encaissez-vous l’impact physique et le nombre de matchs par rapport à ce que vous avez connu en NCAA ?
Tu as évidemment beaucoup plus de matchs, des matchs plus longs, contre des athlètes… Tous les meilleurs athlètes de la NCAA sont des joueurs “normaux” en NBA… Donc évidemment, tu veux être en bonne forme physique et commencer à te préparer pour l’année d’après. Il a complètement raison là-dessus. À chaque fois que tu arrives à un niveau supérieur, il y a toujours une transition.
D’un point de vue basket, pouvez-vous expliquer à un novice la différence de niveau, la différence de nuances avec le basket universitaire ?
C’est un tout. Ils mettent leurs tirs à un plus haut pourcentage, ça joue plus vite, il y a moins de déchets, c’est plus physique. Toutes les dimensions du jeu… tu montes tout de deux ou trois niveaux. C’est ça, la différence majeure.
On vous a vu faire un échauffement assez long avec de la vidéo et une vingtaine de minutes très minutieuses, avec beaucoup de travail d’appuis. Pouvez-vous nous décrire votre routine d’avant-match ?
Tu regardes de la vidéo. Et après, pendant l’échauffement, tu fais les tirs que tu trouveras en match. Vers la fin, tu travailles sur des angles que tu as envie de développer pour l’année d’après. Ensuite, grosse séance vidéo d’avant-match dans le vestiaire sur l’adversaire du soir. Puis échauffement classique avec toute l’équipe.
Tristan Thompson parmi ses modèles
Domantas Sabonis est blessé et absent depuis plusieurs semaines. Quelle est votre relation avec lui ?
Il est toujours là pour te parler. Je me suis entraîné un peu avec lui pendant l’été. C’est toujours un bon mentor.
Vous avez beaucoup de vétérans dans votre équipe, de grosses personnalités comme Russell Westbrook, DeMar DeRozan, Dennis Schröder. Est-ce intimidant d’arriver en tant que rookie dans ce genre de vestiaire ?
C’est intimidant les deux premières semaines. Et puis après, ça devient ton quotidien.
Y a-t-il des joueurs que vous étudiez particulièrement pour développer votre jeu ?
Tu regardes tout le monde. Tu regardes Şengün, tu regardes Jokic, tu regardes Rudy si tu veux travailler la défense. Je peux aussi regarder Tristan Thompson, à l’époque où il switchait sur tout le monde. C’est vraiment très varié.
Même si vous êtes toujours en Californie, est-ce particulier de jouer ici, à San Francisco, un peu plus proche de Stanford ?
C’est cool parce que j’ai toujours des amis ici. Et puis la Bay Area, c’est là où j’ai commencé. Donc évidemment, c’est sympa. Ça fait plaisir de revoir tout le monde.
Propos recueillis à San Francisco.
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