Sur un nuage depuis le début de la compétition, notamment à longue distance (48,5% de réussite), l’Equipe de France ne redescend pas. Ce jeudi, elle a même décroché son billet pour les demi-finales de la Coupe du Monde féminine en dominant largement la Chine (90-61).
Face aux vice-championnes du monde en titre, les Bleues n’ont pas fait de détail et ont livré une prestation particulièrement aboutie. Pour la première fois du Mondial, quatre joueuses de l’effectif de Jean-Aimé Toupane ont ainsi dépassé la barre des 10 points : Janelle Salaün, Gabby Williams, Marine Johannès et Leïla Lacan.
« On ne s’est pas fait peur »
Une puissance collective qui leur a permis de ne jamais réellement être inquiétées.
« La sérénité, c’est le mot », s’est exclamée Dominique Malonga. « On connaissait le plan de jeu et on l’a appliqué du début à la fin. On ne s’est pas fait peur. C’est ce qui fait la beauté de cette équipe. Aujourd’hui, on a tellement confiance en nous que même si des fois, ça a du mal à démarrer comme au début, on sait très bien qu’à un moment, on va trouver notre rythme. »
L’intérieure du Storm n’a pas été immédiatement impliquée en attaque. Mais pas de quoi perturber la jeune poste 5, qui a pu se concentrer sur d’autres secteurs alors que ses coéquipières faisaient la différence au scoring.
« On a tellement de scoreuses que finalement, aujourd’hui, mon impact défensif me suffit pour être importante. Je ne suis pas du tout inquiète par mon impact en attaque quand on sait que mes performances en défense sont comme ça. Je suis vraiment contente. À l’intérieur, on a fait le boulot. Et c’était le focus de ce soir, c’était de leur rendre la tâche difficile. Il fallait qu’on verrouille cette raquette. Je suis contente qu’on ait pu le faire. »
Défi relevé haut la main
Car malgré une opposition de taille, au sens propre comme au figuré, face à l’immense Zhang Ziyu (2,23 m), Dominique Malonga n’a pas été dominée. En première mi-temps, son activité et son agressivité physique ont quasiment annihilé l’impact de la pivot chinoise, longtemps incapable de trouver ses positions préférentielles.
« J’ai été physique avec elle et ne l’ai pas laissée s’installer en la poussant tout le temps », a-t-elle analysé. « Je lui ai mis beaucoup de contact. Et puis, même avec le déficit de taille, je ne suis pas petite non plus [rires], je pense que les bras levés, je la gênais un peu en faisant le moins de fautes possibles. Parce que l’enjeu, c’est de rester clean avec ce genre de choses et de ne jamais relâcher le boulot pendant 24 secondes. »
Encore un profil atypique rencontré par les Bleues dans ce tournoi. Après un premier tour largement maîtrisé, les Françaises ont désormais été confrontées à plusieurs styles de jeu, de quoi nourrir encore leur confiance.
« On a vu de tout », estime Dominique Malonga. « Des équipes grandes et physiques, d’autres plus petites qui courent partout. On avait déjà l’expérience avant cette même Coupe du Monde, même pendant les fenêtres, pendant l’Euro l’année dernière. Cette expérience-là, c’est ce qui nous permet d’être vraiment sereines. »
« On ne veut pas s’arrêter là »
Avec cette qualification, les Bleues ont mis fin à 73 ans d’attente avant de retrouver le dernier carré mondial. Une étape historique, mais certainement pas un aboutissement pour un groupe qui refuse déjà de s’en satisfaire.
« C’est une étape, pas un soulagement. On est venues avec cet objectif-là, ça aurait été une déception si on n’avait pas été dans le dernier carré, forcément. Maintenant qu’on y est, les choses sérieuses commencent. On doit être encore plus concentrées que tout ce qu’on a fait jusqu’ici. On n’a jamais été dans cette position. Donc là, il va falloir aller chercher des choses qu’on n’a pas forcément l’habitude de sortir en nous. »
Même discours chez l’ancienne capitaine tricolore Valériane Ayayi, déjà tournée vers la suite.
« Dans chaque compétition le but c’est de rejoindre le dernier carré. Maintenant nous on ne veut pas s’arrêter là. C’était un match de plus, on est déjà focus sur le prochain. »
Et ce prochain rendez-vous aura lieu samedi, face à la Belgique ou à l’Allemagne, avec cette fois une place en finale de la Coupe du Monde au bout. « Des nations qu’on connaît bien », glisse d’ailleurs Dominique Malonga.
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